trafic s. m. (tra-fik)
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1Commerce de marchandises.
Un marchand grec en certaine contrée Faisait trafic...
La Fontaine, Fabl. VIII, 18Carthage enrichie par son trafic, voyait tous ses citoyens attachés à leurs richesses
Bossuet, Hist. III, 6Le trafic lui avait donné la naissance [à Carthage] ; le trafic lui donna l'accroissement, et la mit en état de disputer longtemps à Rome l'empire du monde
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. x, 409, dans POUGENSOn tâche autant qu'on peut, dans son petit trafic, à gagner ses dépens en servant le public
Regnard, le Joueur, v, 2Il faudra se souvenir que les marchands, de quelque espèce qu'ils soient, ne font que le commerce de commission, commerce que je nommerai quelquefois trafic
Condillac, Comm. gouv. I, 5
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Fig.
Quel marché veut-il faire avec ce pauvre homme ? oh ! l'admirable trafic, le riche et précieux échange ! il veut avoir l'habit de ce pauvre, et pour cela il lui donne le sien
Bossuet, Panég. St Franç. d'Assise, I
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2Fig. et en mauvaise part, profit que l'on tire de certaines choses.
Quel trafic on fait aujourd'hui des bénéfices !
Pascal, Prov. VIÔ mon Dieu.... depuis que vos ministres eux-mêmes en ont fait [de votre maison] une maison de trafic, d'ennui et d'avarice
Massillon, Carême, Temples.Ces hommes infâmes qui font un trafic honteux de la vérité
Massillon, Pet. carême, Obstacles.Il [Attila] envoyait à Constantinople ceux qu'il voulait récompenser, afin qu'on les comblât de biens, faisant un trafic continuel de la frayeur des Romains
Montesquieu, Rom. 19Je sais bien qu'il y a des âmes aussi basses que jalouses qui pourront me reprocher de rendre à M. de Saint-Lambert éloges pour éloges, et de faire avec lui trafic d'amour-propre
Voltaire, Mél. litt. à M. Dupont.
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3Particulièrement, dans les chemins de fer, transport des marchandises, par opposition au transport des voyageurs.
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4Terme d'arquebuserie. Espèce de cheville creuse que le forgeur adapte à un canon de fusil, et qui lui sert à le manier.
Étymologie
Génev. trafi ; prov. trafec, trafey ; catal. trafag, trafic ; espagn. tráfago, tráfico ; portug. tráfego, tráfico ; ital. tráfico. On remarque qu'en espagnol, en portugais et en italien l'accent est sur la première syllabe. Diez, observant que le portug. trasfegar, qui signifie transvaser, signifie aussi trafiquer, et que le catal. trafag, trafic, signifie aussi transvasement, conjecture qu'on a là une composition de la préposition tra ou tras, et fag, fec, fic, représentant le latin vices, échange ; vices ayant pris l'f, provenç. fetz, franç. fois. La conjecture est plausible.