Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

transfuge dans le Littré

1 article· 8 citations· rimes· synonymes

transfuge s. m. (tran-sfu-j')

  1. 1Celui qui, à la guerre, abandonne son drapeau pour passer dans les rangs ennemis.

    • On a su par un transfuge qui s'est venu rendre à Maestricht, que les Hollandais avaient déjà perdu devant Grave bien près de quatre mille hommes PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 170
    • Les transfuges, qui étaient environ neuf cents, voyant qu'il n'y avait point de quartier à espérer pour eux Rollin, Hist. anc. Œuv. T. I, p. 555, dans POUGENS
    • Mithridate put les armer [ses soldats] et les instruire dans l'art militaire des Romains, et former des corps considérables de leurs transfuges Montesquieu, Esp. XXI, 12
  2. 2Fig. Celui qui abandonne son parti pour passer dans le parti contraire.

    • Le témoignage seul d'un homme obscur, d'un transfuge de toutes les religions Massillon, Carême, Doutes sur la relig.
    • On dit dans un sens analogue : transfuge de la vertu, des bons principes.

      • Ce sont des transfuges qui craignent les lois qu'ils ont violées, et regrettent les vertus qu'ils ont perdues BARTHÉLEMY, Anach. ch. 48
    • En un sens qui n'est pas défavorable.

    • Par exagération, qui va d'une demeure à une autre.

      • Du palais des représentants à l'Élysée [où demeurait Napoléon Ier], on se voit à nu ; et tout est mis à jour par de fréquents transfuges VILLEMAIN, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. XI

Remarque

Vaugelas se trompe ; le mot n'est pas nouveau ; seulement il était tombé en désuétude, ou du moins il a été employé par Bercheure, qui le tirait de Tite-Live.

Étymologie

Lat. transfuga, de trans, au delà, et fugere, fuir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander