transfuge s. m. (tran-sfu-j')
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1Celui qui, à la guerre, abandonne son drapeau pour passer dans les rangs ennemis.
On a su par un transfuge qui s'est venu rendre à Maestricht, que les Hollandais avaient déjà perdu devant Grave bien près de quatre mille hommes
PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 170Les transfuges, qui étaient environ neuf cents, voyant qu'il n'y avait point de quartier à espérer pour eux
Rollin, Hist. anc. Œuv. T. I, p. 555, dans POUGENSMithridate put les armer [ses soldats] et les instruire dans l'art militaire des Romains, et former des corps considérables de leurs transfuges
Montesquieu, Esp. XXI, 12
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2Fig. Celui qui abandonne son parti pour passer dans le parti contraire.
Le témoignage seul d'un homme obscur, d'un transfuge de toutes les religions
Massillon, Carême, Doutes sur la relig.
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On dit dans un sens analogue : transfuge de la vertu, des bons principes.
Ce sont des transfuges qui craignent les lois qu'ils ont violées, et regrettent les vertus qu'ils ont perdues
BARTHÉLEMY, Anach. ch. 48
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En un sens qui n'est pas défavorable.
Transfuge des routes ingrates De l'infructueux Hélicon, Dans les retraites des Socrates J'allais jouir de ma raison
Gresset, Chartr.- Rousseau, riche d'une âme indépendante et fière,Transfuge des châteaux, revole à la chaumière MILLEVOYE, Indép. de l'h. de lettres.
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Par exagération, qui va d'une demeure à une autre.
Du palais des représentants à l'Élysée [où demeurait Napoléon Ier], on se voit à nu ; et tout est mis à jour par de fréquents transfuges
VILLEMAIN, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. XI
Remarque
Vaugelas se trompe ; le mot n'est pas nouveau ; seulement il était tombé en désuétude, ou du moins il a été employé par Bercheure, qui le tirait de Tite-Live.
Étymologie
Lat. transfuga, de trans, au delà, et fugere, fuir.