tribunal s. m. (tri-bu-nal, au pluriel, tribunaux)
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1Siége du juge, du magistrat. Être assis sur un tribunal.
Plus grand aux yeux de Dieu lorsque, dans le fond d'une sombre allée et sur un tribunal de gazon, il avait assuré le repos d'une pauvre famille, que lorsqu'il décidait des fortunes les plus éclatantes sur le premier trône de la justice
Fléchier, Lamoignon.
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2Juridiction d'un magistrat ou de plusieurs qui jugent ensemble ; les magistrats mêmes. Tribunal civil. Tribunal criminel. Tribunal de première instance. Tribunal d'appel.
La justice passe du prince dans les magistrats, et du trône elle se répand dans les tribunaux
Bossuet, le Tellier.- Un tribunal de sang te condamne au supplice Voltaire, Alz. v, 4
Il fallut toujours rendre la justice ; point de société sans tribunal
Voltaire, Hist. parl. av.-propos.
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Prendre la voie des tribunaux, avoir recours à la justice pour faire décider une affaire.
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Tribunal révolutionnaire, celui qui fut établi par la Convention en 1793.
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Tribunal de famille, assemblée de parents qui jugent les contestations élevées entre mari et femme, père et mère, frère et sœur, etc.
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Le tribunal des maréchaux de France, l'assemblée des maréchaux de France devant laquelle se portaient certaines affaires relatives au point d'honneur.
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À Rome, tribunal domestique, assemblée d'agnats présidée par le père de famille pour punir certains méfaits domestiques.
L'institution du tribunal domestique suppléa à la magistrature établie chez les Grecs
Montesquieu, Esp. VII, 10
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3Lieu où siégent des juges.
- Le peuple au tribunal précipite ses pas Voltaire, Tancr. III, 3
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4Le tribunal de la pénitence, ou, simplement, le tribunal, le confessionnal, où le prêtre administre le sacrement de la pénitence.
Ces tribunaux de miséricorde, qui justifient ceux qui s'accusent
Bossuet, Reine d'Anglet.Je dois demain, je dois dans quelques jours comparaître au tribunal de la pénitence
Bourdaloue, 13e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 374Et cependant vous vous retrouvez le même au sortir du tribunal
Massillon, Carême, Rechute, 1
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5Le tribunal de Dieu, la justice de Dieu.
Si, sortant du palais des rois, elle [Mme de Montausier] se fût trouvée devant le tribunal de Dieu, je ne parlerais de sa mort qu'en tremblant
Fléchier, Mme de Mont.Ce fut alors qu'elle [Mme d'Aiguillon] épancha son âme devant Dieu, avant qu'elle parût devant son redoutable tribunal
Fléchier, Aiguillon.
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6Il se dit de la juridiction de choses morales que l'on considère comme des juges. Le tribunal de l'opinion publique, de la postérité.
L'honneur a son tribunal, et la médisance a le sien
Raynal, Hist. phil. XIII, 5
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7Fig. Ce qui juge en nous-mêmes. Le tribunal de la conscience.
Quel plus doux sommeil, plus libre et plus tranquille, se peut-on imaginer, que celui qui se prend après s'être recueilli de la sorte [avoir fait son examen de conscience chaque soir], avoir rendu de tels comptes devant le tribunal intérieur et s'être endormi sur de semblables méditations ?
LAMOTHE LE VAYER, Vertu des païens, II, Sénèque.Chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance
Bossuet, Reine d'Anglet.Le premier tribunal où il monta [M. de Lamoignon] fut celui de sa conscience pour y sonder le fond de ses intentions
Fléchier, Lamoignon.
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8Fig. Un tribunal de littérature, un salon où l'on s'occupe de littérature et de choses d'esprit.
J'aimerais cent fois mieux une fille simple et grossièrement élevée qu'une fille savante et bel esprit qui viendrait établir dans ma maison un tribunal de littérature dont elle se ferait la pédante
J.-J. Rousseau, Ém. v.
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9Terme d'architecture. La partie postérieure des basiliques, qui a souvent la forme d'un hémicycle.
Étymologie
Prov. et esp. tribunal ; ital. tribunale ; du lat. tribunal, dérivé de tribunus, tribun.