Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

tribut dans le Littré

1 article· 22 citations· rimes· synonymes

tribut s. m. (tri-bu ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des tri-bu-z onéreux)

  1. 1Ce qu'un État paye ou fournit à un autre État pour marque de dépendance.

    • Après divers avis on résout, on conclutD'envoyer hommage et tribut La Fontaine, Fabl. IV, 12
    • Carthage fut obligée à payer tribut Bossuet, Hist. I, 8
    • Affranchir l'Espagne de l'infâme tribut de cent filles que son oncle Mauregat avait accordé aux Maures Bossuet, Hist. I, 11
    • Pompée.... content du tribut qu'il leur imposa.... leur laissa leur prince [aux Juifs] avec toute la juridiction Bossuet, Hist. II, 10
    • La guerre contre les Saxons avait commencé pour un tribut de trois cents chevaux et quelques vaches que Pepin avait exigé d'eux ; et cette guerre dura trente années Voltaire, Mœurs, 15
    • Le souverain de la Perse osa demander un tribut au vainqueur ; Albuquerque fit apporter, devant l'envoyé, des boulets, des grenades et des sabres : voilà, leur dit-il, la monnaie des tributs que paye le roi de Portugal Raynal, Hist. phil. I, 14
    • Enfants de tribut, les enfants que le Grand Seigneur lève en certains pays par forme de tribut sur les chrétiens qui sont ses sujets.

  2. 2Impôt que lèvent les gouvernements.

    • Ils [les sénateurs, à Rome] déchargèrent le menu peuple de tout impôt, ajoutant que les pauvres payaient un assez grand tribut à la république, en nourrissant leurs enfants Bossuet, Hist. III, 6
    • Lorsqu'il fut question de payer le tribut à César Massillon, Carême, Aumône.
    • Les tributs doivent être si faciles à percevoir et si clairement établis, qu'ils ne puissent être augmentés ni diminués par ceux qui les lèvent Montesquieu, Esp. XIII, 10
    • Il n'y a point d'État où l'on ait plus besoin de tributs que dans ceux qui s'affaiblissent Montesquieu, Rom. 18
  3. 3Fig. Ce qu'on est obligé d'accorder, de souffrir, de faire.

    • Payer le tribut à la mer, se dit d'un homme qui, embarqué pour la première fois, a le mal de mer.

    • Payer le tribut à la nature, mourir.

      • C'est une loi de la nature, que ce qui est mortel doit le tribut à la mort Bossuet, 1or sermon, Assompt. de la Ste Vierge, 1
  4. 4Dans le langage de la galanterie, hommage amoureux.

  5. 5Rétribution.

  6. 6Fig. et poétiquement. Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes, ils s'y jettent.

Remarque

Il ne faut pas confondre payer tribut et payer le tribut. Payer tribut, c'est être tributaire. Payer le tribut, c'est acquitter l'imposition fixée.

Étymologie

Prov. trabug, trabus, trahut, traut, treu, et aussi tribut, trebut ; esp. et ital. tributo ; du lat. tributum, de tribuere, distribuer, qui vient de tribus, tribu, et signifie répartir par tribu.

Supplément

TRIBUT. - Ajoutez : L'e de treü, qui est l'ancienne forme, se trouve dès le VIe siècle : trebuetur, dans MONE, Mess. III, 20, 13.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander