tripot s. m. (tri-po : le t ne se lie pas dans le parler ordinaire)
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1Jeu de paume, lieu pavé ou carrelé et entouré de murailles dans lequel on joue à la courte paume.
- Là l'on bâtit une taverne,Et là l'on bâtit un tripot SCAR., Virg. trav. I
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Terme vieilli. On dit maintenant jeu de paume.
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Fig.
On dit qu'un homme est dans son tripot, pour dire qu'il est dans un lieu où il a de l'avantage pour la chose dont il s'agit
Dict. de l'Acad. 1694Le P. Bourdaloue prêche divinement bien aux Tuileries ; nous nous trompions dans la pensée qu'il ne jouerait bien que dans son tripot ; il passe infiniment tout ce que nous avons ouï
Mme de Sévigné, 3 déc. 1670Ah ! grand héros [Turenne] ! faut-il que l'on vous sacrifie ? ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on offense les héros, quand ils ne sont pas dans leur tripot
Mme de Sévigné, 4 sept. 1675Noailles avait l'air consterné, agité, et une contenance fort embarrassée, lui ordinairement si libre et si maître du tripot
Saint-Simon, 514, 72
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Fig. Battre un homme dans son tripot, le vaincre dans son fort.
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Fig. Tirer un homme de son tripot, le tirer de son fort.
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Fig.
Les intérêts particuliers nuisent au bien général dans tous les tripots
Voltaire, Lett. d'Argental, 28 août 1772
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2Par extension et par dénigrement, maison de jeu.
Deux jeunes cavaliers jouaient ensemble aux cartes dans ce tripot où vous voyez tant de lampes et de chandelles allumées
Lesage, Diable boit. 3Venait-elle de dépouiller un homme d'affaires, elle en partageait les dépouilles avec le premier chevalier de tripot qu'elle trouvait à son gré
Lesage, Gil Bl. v, 1
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3Fig. Maison où s'assemble mauvaise compagnie.
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4Le tripot comique, ou, simplement, le tripot, se dit quelquefois, par dénigrement ou par plaisanterie, de l'assemblée des comédiens, du théâtre.
Béni soit Dieu, qui vous donne la persévérance dans le goût des beaux-arts et surtout du tripot de la comédie !
Voltaire, Lett. d'Argental, 3 mars 1757Il y a bien des tripots : celui de la Sorbonne, celui de la comédie et celui que vous avez quitté sont les trois plus pitoyables ; je quitterai bientôt le grand tripot de ce monde, et je n'y regretterai guère que vous
Voltaire, ib. 19 févr. 1768- Je cabalai, je fis tant qu'à la finJe comparus au tripot d'Arlequin Voltaire, le Pauvre diable.
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5Fig. Intrigue, tripotage.
N'y aurait-il pas un peu de tripot dans tout ceci ?
Mme DE CHATEAUROUX, Correspond. t. II, p. 91, dans POUGENS
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6Grande cuve employée dans certaines salines.
Étymologie
Picard, tripot, ménage, cuisine ; norm. tripot, marché, tumulte. La racine paraît être l'anc. verbe triper, sauter, danser, trépigner.