truie s. f. (truie)
-
1La femelle du verrat.
La truie que l'on mettait anciennement sur la porte des temples pour en étranger [éloigner] les juifs
NAUDÉ, Rosecroix, IX, 5La truie doit avoir le corps long, le ventre ample et large, les mamelles longues
Buffon, Quadrup. t. I, p. 298Vingt-cinq truies ont fait leurs petits après des gestations de 109 à 133 jours, ou quatre mois et treize jours ; il y en a eu cinq au 113e
TESSIER, Instit. Mém. scienc. 1817, t. II, p. 12
-
Fig. Tourner la truie au foin, changer de discours, parler d'autre chose, éviter de répondre.
-
Il en avalerait autant qu'une truie de lait clair, se dit d'un gourmand qui mange avidement de quelque chose.
-
C'est une bonne truie à pauvre homme, se dit d'une femme qui fait beaucoup d'enfants.
-
2Un des noms donnés au zée forgeron, poissons acanthoptérygiens.
-
Truie de mer, la scorpène scrofe, acanthoptérygiens de Cuvier, la scorpène truie de Lacépède.
-
-
3Truie ou plate, nom qu'on donne, à Granville, à la morue préparée en vert quand elle est maigre et plate.
Étymologie
Wallon, trauie ; génev. cela s'en va en chair de truie, cela se détériore, se perd ; bourguign. treue ; Berry, treue, true, truie et cloporte, treu, un homme malpropre ; provenç. trueia, truiga, truoia ; catal. truja ; ital. troia ; bas-lat. troga, truiga, truia. D'après Diez, qui écarte la fausse citation de Pomponius Sabinus dans du Cange, la plus ancienne mention du mot est donnée par les Gloses de Cassel. Il faut y joindre ce témoignageci qui n'est pas moins ancien : Truyes est une localité dans l'arrondissement de Loches dite en latin Troicis en 844, Troium en 860, Troilis en 1010. Truyes est au pluriel et représente le pluriel troicis, dont le singulier est troica. On avait songé au latin sus trojanus, porc farci, ainsi dit du cheval de Troie rempli d'hommes et d'armes. Diez, qui a conçu de son côté cette étymologie, l'a fortifiée. Suivant lui le sus trojanus a donné porco di Troia, abrégé en troia ; il cite un ancien auteur espagnol qui a nommé troya un sac rempli de comestibles, et cavallo di Troya, nom que les Napolitains donnent à un goinfre, à celui qui se remplit le ventre. Cela est très ingénieux et certainement très possible. Mais, dans cette hypothèse, que faire du c que présente la plus ancienne forme, celle de l'an 844 ; c qui se retrouve dans le bas-lat. troga et dans le provençal truiga ? On peut penser que le celtique (gaélique, torc, verrat, bas-bret. tourc'h) rend mieux compte de la forme et pour le moins aussi bien du sens.