Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

tyrannie dans le Littré

1 article· 21 citations· rimes· synonymes

tyrannie s. f. (ti-ra-nnie)

  1. 1Domination usurpée et illégale, bien ou mal exercée (sens ancien).

    • Nous savons que ce prince magnanime [Charles II] eût pu hâter ses affaires, en se servant de la main de ceux qui s'offraient à détruire la tyrannie [Cromwell] par un seul coup Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Je l'avoue franchement, la tyrannie ne me donnait aucun plaisir Fénelon, Dial. morts anc. (Solon, Pisistrate).
    • Le mot tyrannie, qui avait été pris en bonne part, ne servit plus qu'à exprimer la cruauté jointe à l'usurpation du pouvoir LÉVESQUE, Instit. Mém. sc. mor et pol. t. II, p. 51
  2. 2Gouvernement injuste et cruel, légitime ou non.

    • Toujours la tyrannie a d'heureuses prémices Racine, Brit. I, 1
    • Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie La Bruyère, X.
    • Tous les coups portèrent sur les tyrans, aucun sur la tyrannie Montesquieu, Esp. III, 3
    • Sous quelle tyrannie aimeriez-vous mieux vivre ? sous aucune ; mais, s'il fallait choisir, je détesterais moins la tyrannie d'un seul que celle de plusieurs Voltaire, Dict. phil. Tyrannie.
    • La tyrannie d'un corps est toujours plus impitoyable que celle d'un roi Voltaire, Mœurs, 182
  3. 3Toute sorte d'oppressions et de violences.

    • Il se dit aussi de l'abus de l'empire sur les animaux.

      • Si l'on ajoute aux causes naturelles d'altération dans les animaux libres celle de l'empire de l'homme sur ceux qu'il a réduits en servitude, on sera surpris de voir jusqu'à quel point la tyrannie peut dégrader, défigurer la nature Buffon, Quadrup. t. VII, p. 200
  4. 4Humeur, conduite impérieuse et violente dans les rapports de famille ou de société.

    • On a souvent besoin de force et de prudence pour les opposer à la tyrannie de la plupart de nos amis, qui se font un droit sur notre confiance et qui veulent tout savoir de nous LAROCHEFOUC., Réfl. div. p. 115
    • La tyrannie consiste au désir de domination universelle et hors de son ordre Pascal, Pens. VI, 37, éd. HAVET.
    • La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu'on ne peut avoir que par une autre Pascal, ib. VI, 10
    • Nous exerçons sur nos frères une espèce de tyrannie, nous prenons contre eux un esprit d'aigreur ou un esprit de dédain Bossuet, Serm. Samedi de la 3e sem. de carême, Jugem. hum. 1
    • Il n'y a point de plus maligne tyrannie que de forcer un homme de nous être obligé malgré lui, et c'est indignement abuser du nom de grâce que de le donner à un traitement forcé, plus cruel que le châtiment J.-J. Rousseau, Dial. I
    • Elle [sa femme] m'accuserait de caprice et peut-être de tyrannie C. DE BERNARD, la Chasse aux amants, III
  5. 5Fig. Pouvoir que certaines choses ont d'ordinaire sur les hommes. La tyrannie de la beauté. La tyrannie des bienséances.

Étymologie

Prov. tirannia ; esp. tirania ; ital. tirannia ; du grec τυραννία, qui vient de τύραννος.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander