Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

ure dans le Littré

8 articles· 164 citations· synonymes

1ure s. m. (u-r')

  1. Aurochs, taureau sauvage.

Étymologie

Lat. urus, mot germanique introduit anciennement dans le latin : anc. haut-allem. ûr, ûro ; sanscrit, usra, taureau.

2futur, ure adj. (fu-tur, tu-r')

  1. 1Qui sera. Le temps futur.

    • Choses futures, tout ce qui peut arriver.

      • L'homme est assurément trop infirme pour pouvoir juger sainement de la suite des choses futures Pascal, Lett. à Mme Périer, 17 oct. 1651
    • Ancien terme de chancellerie. Examen à futur, enquête qui se faisait en vertu de lettres de chancellerie.

  2. 2Terme de pratique. Le futur mariage, le mariage dont on dresse le contrat.

  3. 3S. m. Ce qui sera.

    • Il y en a qui ne prennent rien à cœur, qui se donnent à qui est présent et n'ont du futur aucune inquiétude Bossuet, Pensées détachées, 1
    • Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible qu'on ne peut jamais assigner Fénelon, Exist. II, 2, Éternité.
    • Son dédain [de la duchesse d'Orléans] ferma son esprit à toute vue d'un futur que l'âge et la santé du roi montraient fort éloigné Saint-Simon, 270, 142
    • Je ne viens point traîner dans vos riants asilesLes regrets du passé, les songes du futur Lamartine, Méd. II, 15
  4. 4Terme de grammaire. Temps du verbe qui exprime une action, un état qui seront. Le présent, le passé et le futur. Futur actif. Futur passif. Le futur du participe, ou, adjectivement, le participe futur.

    • Futur simple, futur formé par la seule terminaison. Amabo en latin, aimerai en français sont des futurs simples.

    • Futur composé, futur formé avec un verbe auxiliaire, comme je dois partir. En grec moderne, en allemand, en anglais, le futur est composé.

    • Futur antérieur, ou futur passé, temps qui exprime une action à venir qui doit précéder une autre action également à venir, par exemple : J'aurai fini quand il arrivera.

    • Futur prochain, celui qui exprime une action future, mais très voisine : Je vais sortir.

    • Terme de grammaire latine. Futur périphrastique, temps composé avec le participe futur en rus ou en dus et le verbe sum.

    • Paulo-post-futur, voy. ce mot à son rang.

  5. 5Terme de logique. Futur contingent, ce qui peut arriver ou n'arriver pas.

    • Il parle de tout ce qu'on aurait pu faire, de tout ce qui pourrait arriver ; c'est le recueil des futurs contingents Voltaire, Mél. hist. Exam. du test. d'Albéroni.
  6. 6A futur, dans le temps futur, à l'avenir.

    • Ce que je conteste, c'est le droit de supprimer, à futur, des associations qui ne seraient pas établies en fraude Journ. offic. 9 mars 1872 p. 1670, 3e col.

Synonymes

FUTUR, AVENIR. Le futur est ce qui sera ; l'avenir est ce qui adviendra. Ces deux sens se confondent dans l'usage presque toujours : les siècles à venir ou les siècles futurs ne présentent pas d'autre nuance que celle qui est dans la notion même d'être ou de venir. Il n'y a que dans la langue du droit où futur ne peut être remplacé par à venir : les futurs conjoints. On dirait cependant l'héritier à venir aussi bien que le futur héritier.

Étymologie

Prov. futur ; esp. et ital. futuro ; du latin futurus, participe du radical qui est dans fui, je fus (voy. FUS).

3impur, ure adj. (in-pur, pu-r')

  1. 1Qui n'est pas pur. Des eaux impures. Des métaux impurs.

  2. 2Qui a une impureté religieuse.

  3. 3Qui a une impureté morale.

  4. 4Impudique. Une femme impure.

Étymologie

Lat. impurus, de in négatif, et purus, pur.

4mûr, ûre adj. (mur, mu-r')

  1. 1Qui est arrivé au point de se détacher spontanément ou d'être cueilli, en parlant des fruits. Ces pêches ne sont pas mûres.

  2. 2Fig. Il se dit des personnes qui ont atteint un certain point de développement.

    • Le seul fait qui me semble douteux, c'est que, dans un climat aussi froid, les femmes soient mûres d'aussi bonne heure Buffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuvres, t. XI, p. 225, dans POUGENS.
    • Par ironie. Une fille mûre, une fille qui a passé la jeunesse, et qu'il serait grand temps de marier.

    • Dans un sens analogue. Déjà un peu âgé.

    • Mûr pour le ciel, en langage mystique, se dit d'une personne morte jeune, ou, simplement, dont la vie a été bien remplie.

      • J'ai vu tendre aux enfants une gorge assurée à la sanglante mort qu'ils voyaient préparée, Et tomber sous le coup d'un trépas glorieux Ces fruits à peine éclos, déjà mûrs pour les cieux Rotrou, Saint Genest, II, 7
      • Si les autres affaires ont leur temps particulier, l'affaire du salut est de tous les temps, et tout âge est mûr pour le ciel Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 144
      • Pleine de bonnes œuvres, mûre pour le ciel Massillon, Myst. Assomp.
    • On dit de même : mûr pour l'éternité.

  3. 3Fig. Il se dit des choses qui sont arrivées à un certain point.

    • Ô cité mûre pour ta ruine Chateaubriand, Itin. 7e partie.
    • Vin mûr, vin qui n'a plus de verdeur et qui est bon à boire.

    • Cet abcès est mûr, il est près de crever, de percer, ou il est temps de l'ouvrir.

    • Cet habit est mûr, est bien mûr, il est vieux, usé, facile à déchirer.

      • Voyez cet homme dont l'habit est un peu mûr, c'est un dîneur en ville PICARD, Provinc. à Paris, II, 1
    • Cette affaire est mûre, il est temps de s'en occuper, de la terminer.

      • Ce projet n'est pas mûr encore, et je vous en rendrai compte dans quelques mois, si, comme je l'espère, il vient à bien D'Alembert, Lett. à Voltaire, 4 déc. 1770
  4. 4Âge mûr, âge qui suit la jeunesse.

    • Homme mûr, esprit mûr, homme, esprit sage, posé, réfléchi.

      • La raison n'est pas mûre en si verte saison Rotrou, Antig. IV, 6
      • La troisième espèce [des dialogues de Platon] est de ceux qui sont propres aux personnes déjà mûres Fénelon, Platon.
      • La lecture de ses ouvrages [de Hobbes] demande un homme mûr et circonspect ; personne ne marche plus fermement et n'est plus conséquent Diderot, Opin. des anc. philos. Hobbisme.
    • Courage mûr, courage éprouvé.

    • Mûre délibération, délibération où tout a été examiné avec beaucoup d'attention.

  5. 5En physiologie, il se dit d'un ovule prêt à se détacher de l'ovaire.

    • Dans l'élève des vers à soie, il se dit de ceux qui sont prêts à faire le cocon. Ces vers à soie sont mûrs.

Proverbes

Entre deux vertes une mûre, se dit de quelque chose de bon qu'on trouve entre plusieurs choses mauvaises. Il faut attendre à cueillir la poire qu'elle soit mûre, il ne faut point précipiter une affaire. La poire est mûre, la poire n'est pas mûre, l'affaire est arrivée, n'est pas arrivée au point précis où il convient de s'en occuper.

Étymologie

Wallon, maweur ; namur, meûr ; Hainaut, meur, fém. meurte, murte ; Berry, meûr, et aussi meux, fém. meuse, des poires meuses ; génev. meur, fém. meure ; bourg. meur, meu ; picard, meur ; provenç. madur ; espagn. maduro ; ital. maturo : du lat. maturus. On lit dans Bèze : " meur ; l'usage s'est introduit de prononcer mur. "

5pur, ure adj. (pur, pu-r')

  1. 1Qui est sans mélange. Du vin pur. Il vomit du sang pur.

    • Fleur pure, fleur qui n'est point panachée, qui est toute d'une couleur.

    • Fig. La démocratie pure dégénère quelquefois en anarchie.

  2. 2Il se dit de la race, du sang. Une race pure. L'espèce de l'aigle commun est moins pure que celle du grand aigle.

  3. 3Que rien ne vicie, n'altère, ne corrompt. Un air pur.

    • Une lumière pure, une clarté pure, un jour pur, une lumière, une clarté que rien n'altère, n'obscurcit.

      • Une lumière pure et douce se répand autour des corps de ces hommes justes [dans les champs Élysées] Fénelon, Tél. XIX.
    • Un ciel pur, un ciel sans nuage.

    • Fig. Un ciel pur, une vie, une condition heureuse et calme.

  4. 4Il se dit des choses qui ne font pas contracter des souillures selon les préceptes de certaines religions. Des victimes pures.

    • Il me semble que les choses ne sont en elles-mêmes ni pures ni impures Montesquieu, Lett. pers. XVII
  5. 5Au sens moral, qui est sans mélange. Aimer Dieu d'un amour pur. Une félicité pure.

    • L'homme est né pour penser.... mais les pensées pures, qui le rendraient heureux s'il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent Pascal, Pass. de l'amour.
    • Adieu, monsieur, adieu, madame ; parlez-moi de votre joie, et si elle vous a coûté bien des craintes ; on ne les a guère toutes pures [les joies] Mme de Sévigné, à Guitaut, 26 mai 1681
    • Elle [ma fille] se porte mieux ; mais comme un bien n'est jamais pur en ce monde.... Mme de Sévigné, 20 juill. 1679
    • Vous qui goûtez ici des délices si pures Racine, Esth. Prologue.
    • Les destins n'ont jamais de faveurs qui soient pures André Chénier, l'Aveugle.
  6. 6Fig. Qui est sans tache, sans souillure, sans corruption.

  7. 7Particulièrement. Chaste. Vierge très pure.

    • Dieu veuille que son mari la trouve aussi belle et aussi pure que Fatima ! Montesquieu, Lett. pers. 71
  8. 8En théologie, l'état de pure nature, l'état où était Adam avant le péché.

    • En philosophie, l'état de pure nature, l'état de l'homme tel qu'on le suppose antérieurement à toute civilisation.

      • Voilà l'état de la pure nature Voltaire, Mondain.
    • Familièrement et par plaisanterie. Être en état de pure nature, être sans vêtement.

    • En métaphysique, esprit pur, l'esprit considéré sans égard à son union avec la matière.

      • [Suivant Porphyre] Le dieu suprême.... étant un esprit pur, tout ce qui est matériel est impur pour lui Voltaire, Dict. phil. Reliques.
    • Raison pure, l'intelligence qui perçoit les vérités nécessaires.

  9. 9Mathématiques pures, celles qui considèrent la grandeur sans aucune application astronomique ou physique.

  10. 10Terme de jurisprudence. Obligation pure et simple, promesse pure et simple, mainlevée pure et simple, démission pure et simple, obligation, promesse, mainlevée, démission sans aucune condition, sans aucune restriction.

    • La faculté d'élire qui était restreinte et conditionnelle, devint pure et simple Montesquieu, Espr. XXXI, 17
  11. 11En parlant de style, du langage, correct, exact, régulier. Style pur. Une latinité pure. Le peuple de la Toscane parle l'italien le plus pur.

    • Il se dit aussi des écrivains. Il est peu de poëtes aussi purs que Racine.

    • En termes de dessin, correct, exact, élégant. Un dessin pur. Des formes pures.

    • En termes de musique, d'une exécution exacte, parfaite. Voix pure et suave. Exécution pure et brillante. Accords purs, accords brillants et gracieux.

  12. 12Terme de blason. Qui n'a que l'émail du champ de l'écu, sans aucune pièce héraldique. Il porte d'argent pur, de gueules pur.

    • On dit aussi plein dans le même sens.

  13. 13Pur de, dépourvu de ce qui gâterait, souillerait. Une liqueur pure de tout mélange.

    • Fig.

      • Ce saint homme [Tobie].... sut non-seulement se conserver pur des idolâtries de ses frères, mais encore pratiquer la loi Bossuet, Hist. II, 4
      • Pouvait-il faire à Dieu un plus beau sacrifice, que de lui offrir une âme pure de l'iniquité de son siècle, et dévouée à son prince et à sa patrie ? Bossuet, le Tellier.
      • De tous péchés rends-nous purs à tes yeux Racine, Hymnes, le Lundi à matines.
      • Le jugement que j'en forme est pur de toute prévention Marivaux, dans DESFONTAINES
      • Jusqu'ici ma plume, hardie à dire la vérité, mais pure de toute satire, n'a jamais compromis personne J.-J. Rousseau, Lett. à l'archev. de Paris.
  14. 14Pur placé devant le substantif a le sens de uniquement, exclusivement, ne.... que.

    • Sachant bien que c'est pure faveur que vous m'avez faite Guez de Balzac, liv. I, lett. 4
    • Tu veux rendre, Asdrubal, par une pure fable,Le coupable innocent et l'innocent coupable MAIRET, Mort d'Asdr. II, 3
    • Mais par un pur effet de générosité.... Corneille, Théod. IV, 6
    • J'avouerai, s'il le faut, que c'est un pur caprice,Un pur aveuglement qui leur fait injustice Corneille, Œdipe, I, 3
    • Il [Montaigne] est pur pyrrhonien ; sur ce principe roulent tous ses discours Pascal, Entret. avec M. de Saci.
    • Gardez-vous d'y toucher [à vos lettres], vous en feriez des pièces d'éloquence ; cette pure nature dont vous parlez est précisément ce qui est bon, ce qui plaît uniquement Mme de Sévigné, 6 juin 1672
    • M. le chancelier [d'Aligre] est mort de pure vieillesse Mme de Sévigné, 27 oct. 1677
    • Paul de Samosate.... enseigna son opinion judaïque sur la personne de Jésus-Christ, qu'il ne faisait qu'un pur homme Bossuet, Hist. I, 10
    • Puisque les assemblées de la réforme les plus ecclésiastiques sont composées d'anciens, c'est-à-dire de purs laïques plus que de ministres Bossuet, Déf. Var. 1er disc. 32
    • Si nous étions, comme les anges, de purs esprits, toutes nos vertus devraient se ressentir de la condition et de l'excellence de cet état Bourdaloue, 6e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 1
    • Je ne suis chargée de rien ; c'est une pure question que je vous fais Mme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 18 oct. 1695
    • Quand César voulut imiter les rois d'Asie, il désespéra les Romains pour une chose de pure ostentation Montesquieu, Esp. X, 14
    • C'est le pur hasard qui m'a procuré le seul artiste qui travaille à ces petits prodiges [les montres en bague] Voltaire, Lett. d'Aranda, 20 déc. 1771
    • L'habitude de mettre pur en ce sens avant le substantif n'était pas prise anciennement.

    • En cet emploi, quand pur est accompagné de tout, il se met après son substantif.

      • Voilà sans doute le semi-pélagianisme tout pur dans les luthériens Bossuet, 2e avert. 13
      • Nous suivons seulement la raison toute pure QUIN., Pausan. I, 4
      • Le reste est l'ouvrage tout pur du tempérament et de la nature Massillon, Confér. Zèle contre les vices
      • Racine n'a pas écrit plus correctement ; c'est Despréaux tout pur Diderot, Lett. sur les sourds et muets
  15. 15S. m. Les purs, les vrais fidèles, nom qu'ont pris divers sectaires.

  16. 16À pur et à plein, entièrement, sans réserve. Un compte soldé à pur et à plein. Être absous à pur et à plein.

    • J'ai demandé à M. de Louvois le régiment de Sanzei à pur et à plein, en cas que le pauvre Sanzei fût mort Mme de Sévigné, 26 août 1675
    • Car d'acheter l'enseigne à pur et à plein, et que le guidon nous demeure sur les bras, ce n'est pas une chose possible Mme de Sévigné, 1er déc. 1675
  17. 17En pur don, se dit d'un don fait sans condition.

  18. 18En pure perte, se dit d'une perte qui n'est compensée par aucun avantage. Cela tombe en pure perte pour lui.

    • Fig. Inutilement, vainement. Vous vous tourmentez en pure perte.

  19. 19Anciennement. En pur chef, tête nue.

    • Nous leur faisons faire amende honorable [aux condamnés] tête nue, ou, comme porte l'ancienne formule, en pur chef, qui est en un mot sans chaperon GARASSE, Recherche des recherches, p. 570, dans LACURNE

Étymologie

Provenç. pur ; espagn. et ital. puro ; du lat. purus, racine sanscrite pu, laver, purifier.

6sur, ure adj. (sur, su-r')

  1. 1Qui a un goût acide et aigre. Ce fruit est sur. L'oseille est sure.

  2. 2Eau sure, préparation dans laquelle on met les cuirs pour les amollir.

    • Résidu des eaux mères dont on a tiré le sel.

    • Préparation d'où l'on a tiré l'amidon.

Étymologie

Wallon, seur ; du germanique : suéd. sûr, aigre ; allem. sauer ; angl. sour ; comparez le celtique : gaél. et armor. sùr, acide.

7sûr, ûre adj. (sur, su-r' ; au XVIe s. on écrivait seur ; mais Bèze remarque que l'usage s'était introduit de prononcer sur)

  1. 1Qui compte fermement sur.

    • Être sûr de quelqu'un, pouvoir compter sur lui, être assuré qu'il ne nous manquera pas au besoin.

      • Quand elle me proposa de quitter ma patrie, elle était déjà sûre de moi Montesquieu, Ars. et Ism.
    • Sûr de soi-même, qui est assuré de ne pas faillir.

      • Vivre dans un pays [la Hollande] où les lois nous mettent à couvert des volontés des hommes, et ou, pour être sûrs de tout, nous n'ayons qu'à être sûrs de nous-mêmes ST-ÉVREM., Œuv. t. II, p. 229
      • Il n'y a qu'une femme bien sûre d'elle-même et de sa réputation qui ose tenir de pareils discours FONT., Lett. gal. II, 23
  2. 2Qui ne peut manquer d'avoi ; d'obtenir.

    • Être sûr de son fait, être certain de ce qu'on dit.

    • Être sûr de son fait, de son coup, avoir la certitude du succès de ce qu'on a entrepris.

      • Don Joseph était si sûr de son fait.... Lesage, Est. Gonz. 14
    • Terme de musique. Être sûr de sa partie, la savoir de telle manière qu'on est sûr de la chanter ou de l'exécuter sans faire de faute.

    • Au jeu, être sûr de la partie, avoir fait sa partie de manière qu'on est certain de gagner.

    • Fig. et familièrement. Être sûr de sa partie, avoir si bien pris ses mesures dans une affaire, que le succès en est certain.

  3. 3En qui on peut avoir confiance.

    • Sa place eût été donnée, si on eût pu la remplir d'un homme aussi sûr Bossuet, le Tellier.
    • Sûre et secrète jusqu'au mystère Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 137, dans POUGENS
    • M. Tronchin, banquier ; c'est un homme sûr de toutes les manières Voltaire, Lett. d'Argental, 9 déc. 1754
    • Je sais par expérience que c'est un ami sûr D'Alembert, Lett. à Voltaire, 24 août 1752
    • Il n'y avait là, me disait-on, que d'honnêtes gens, des gens sûrs Marmontel, Mém. VI
    • Il se dit des choses dans un sens analogue. L'instinct est un guide sûr.

      • Le songe est un tableau des passions humaines,Un confident peu sûr, un parleur indiscret Rotrou, Bélisaire, III, 4
      • Un homme d'une si grande capacité que M. le Tellier et d'une conduite si sûre dans les affaires Bossuet, le Tellier.
      • Ne parlons pas des vivants dont les vertus, non plus que les louanges, ne sont jamais sûres dans le variable état de cette vie Bossuet, ib.
      • M. de Turenne publiait de son côté qu'il agissait sans inquiétude, parce qu'il connaissait le prince et ses ordres toujours sûrs Bossuet, Louis de Bourbon.
      • Sans la crainte de Dieu toute probité humaine est fausse, ou du moins elle n'est pas sûre Massillon, Pet. carême, Fauss. de la gloire hum.
    • Main sûre, mains sûres, personne en qui on peut se fier. Vos papiers, vos titres sont en main sûre, en mains sûres.

    • Temps qui n'est pas sûr, temps sur lequel on ne peut compter, qui menace de devenir pluvieux.

      • Ma canne, mon chapeau, mon parapluie ; le temps n'est pas sûr PICARD, M. Musard, sc. 18
  4. 4Qui sait d'une manière certaine. Je suis sûr de ce que je vous dis. Je suis sûr de l'avoir entendu. Je suis sûr que cela est.

    • Qui fait exactement ce que ma loi commande, A pour moi, dit ce Dieu, l'amour que je demande : Faites-le donc ; et, sûr qu'il nous veut sauver tous, Ne vous alarmez point par quelques vains dégoûts Boileau, Épît. XI
  5. 5Qui ne se trompe pas.

    • Il tire d'un déserteur, d'un prisonnier, d'un passant ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et même ce qu'il ne sait pas ; tant il est sûr dans ses conséquences ! Boileau, Louis de Bourbon.
    • Mémoire sûre, mémoire qui ne fait jamais défaut.

    • Avoir le goût sûr, apprécier parfaitement la qualité des mets, des vins.

      • Il a surtout un palais sûr, qui ne prend point le change, et il ne s'est jamais vu exposé à l'horrible inconvénient de manger un mauvais ragoût La Bruyère, XI
    • Fig. Avoir le goût sûr, bien juger des ouvrages d'esprit.

      • Il y a peu d'hommes dont l'esprit soit accompagné d'un goût sûr et d'une critique judicieuse La Bruyère, I
    • On dit de même : avoir le jugement, le tact sûr.

    • Main sûre, main ferme dans ce qu'elle fait. Ce chirurgien a la main sûre.

    • Ce cheval a le pied sûr, la jambe sûre, il est sûr, il ne bronche jamais.

    • Avoir le coup d'œil sûr, juger à la simple vue, d'une manière suffisamment exacte, l'étendue, la distance, le volume, le poids, etc.

    • Fig. Coup d'œil sûr, intelligence qui pénètre et saisit sans se tromper.

  6. 6En parlant des lieux, à l'abri de tout danger, à l'épreuve de toute violence. Ce port est très sûr.

  7. 7L se dit de certaines choses dont on peut se servir sans danger. Cette échelle est sûre.

  8. 8Où l'on ait de la sécurité.

    • Je suis affligée de cette cruelle néphrétique qui accable ce pauvre homme [Lamoignon] à tout moment : point de jours sûrs, c'est un rabat-joie continuel Mme de Sévigné, 4 fév. 1685
  9. 9Certain, dont on ne peut douter. Je vous donne cela pour sûr.

    • L'affabilité est comme le caractère inséparable et la plus sûre marque de la grandeur Massillon, Pet. carême, Human. des grands.
    • Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne tient qu'à lui d'être heureux Diderot, Sur le livre d'Helvétius.
    • Familièrement. Bien sûr ? c'est-à-dire : est-ce chose certaine ?

    • L'affaire est sûre, le succès en est certain.

      • Il est à Paris, où il suit un procès important qui est presque sûr Marivaux, Préj. vaincu, sc. 4
  10. 10Qui doit arriver infailliblement, ou que l'on prévoit devoir arriver nécessairement. Rien n'est si sûr que la mort.

  11. 11Qui ne peut manquer de réussir, en parlant des choses.

    • Je penserais comme vous si j'étais à votre place ; cette manière de jurer est fort sûre Mme de Sévigné, 8 déc. 1679
    • S'il fallait faire réussir une grande affaire, d'autres auraient choisi les moyens les plus éclatants, il [M. de Lamoignon] choisissait les plus sûrs et les plus utiles Fléchier, Lamoign.
    • De cette passion la sensible peintureEst pour aller au cœur la route la plus sûre Boileau, Art p. III
    • Aux jeux de cartes, avoir jeu sûr, avoir si beau jeu qu'il est impossible qu'on ne gagne pas.

    • Fig. et familièrement. Jouer à jeu sûr, être certain du succès des moyens qu'on emploie.

    • Fig. Parier à jeu sûr, à coup sûr, parier sur un fait dont on a la certitude.

    • Substantivement et absolument. Le plus sûr, le meilleur moyen. Le plus sûr est de ne pas s'y fier.

      • Ne point mentir, être content du sien, C'est le plus sûr La Fontaine, Fabl. v, 1
      • Vous prendrez votre temps avec prudence, et pour le plus sûr suivant mes intérêts Mme de Sévigné, à d'Hérigoyen, 20 juil. 1686
  12. 12Qui produit ordinairement ou, par exagération, infailliblement, son effet. Un remède sûr.

    • Avoir un coup sûr à quelque jeu, à quelque exercice, avoir un coup presque immanquable.

  13. 13Pour sûr, loc. adv. Certainement, infailliblement.

  14. 14À coup sûr, loc. adv. Immanquablement. Nous réussirons à coup sûr.

Remarque

Pour se guider dans les sens divers de ce mot, on observera que, le sens étymologique étant securus, de sine cura, sans souci, l'acception primitive appartient aux personnes et est : qui compte fermement. De là se déduisent facilement, quant aux personnes, les autres acceptions. Quant aux choses, la première acception est où l'on est sans inquiétude, en sûreté ; celle-ci fournit ensuite les autres.

Étymologie

Bourguig. et Berry, seur ; provenç. segur ; espagn. seguro ; ital. sicuro ; du lat. securus, de se, pour sine, sans, et cura, soin, souci.

8sura, ûre

  1. Voy. SURATE.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander