1ure s. m. (u-r')
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Aurochs, taureau sauvage.
Étymologie
Lat. urus, mot germanique introduit anciennement dans le latin : anc. haut-allem. ûr, ûro ; sanscrit, usra, taureau.
Aurochs, taureau sauvage.
Lat. urus, mot germanique introduit anciennement dans le latin : anc. haut-allem. ûr, ûro ; sanscrit, usra, taureau.
1Qui sera. Le temps futur.
Grâces aux immortels, l'effort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrageCorneille, Nicom. II, 3
Le passé n'a point vu d'éternelles amours, Et les siècles futurs n'en doivent point attendreSAINT-ÉVREMOND, dans RICHELET
Choses futures, tout ce qui peut arriver.
L'homme est assurément trop infirme pour pouvoir juger sainement de la suite des choses futuresPascal, Lett. à Mme Périer, 17 oct. 1651
Ancien terme de chancellerie. Examen à futur, enquête qui se faisait en vertu de lettres de chancellerie.
2Terme de pratique. Le futur mariage, le mariage dont on dresse le contrat.
On dit également : les futurs époux, les futurs conjoints, les deux personnes qui contractent ensemble pour se marier ensuite.
On dit de même : le futur époux, la future épouse, son futur époux, sa future épouse, etc.
Substantivement, les futurs, le futur, la future.
Oui, cousine, oui, maîtresse, oui, charmante future, et tout ce qui m'est le plus cher dans le mondeMarivaux, Pays. parv. 2e part.
On dit aussi dans le langage ordinaire : son gendre futur ; son beau-père futur ; sa belle-mère future, etc.
Terme de jurisprudence. Épouser par paroles de futur, se dit pour fiancer ; à la différence d'épouser par paroles de présent.
3S. m. Ce qui sera.
Il y en a qui ne prennent rien à cœur, qui se donnent à qui est présent et n'ont du futur aucune inquiétudeBossuet, Pensées détachées, 1
Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible qu'on ne peut jamais assignerFénelon, Exist. II, 2, Éternité.
Son dédain [de la duchesse d'Orléans] ferma son esprit à toute vue d'un futur que l'âge et la santé du roi montraient fort éloignéSaint-Simon, 270, 142
4Terme de grammaire. Temps du verbe qui exprime une action, un état qui seront. Le présent, le passé et le futur. Futur actif. Futur passif. Le futur du participe, ou, adjectivement, le participe futur.
Futur simple, futur formé par la seule terminaison. Amabo en latin, aimerai en français sont des futurs simples.
Futur composé, futur formé avec un verbe auxiliaire, comme je dois partir. En grec moderne, en allemand, en anglais, le futur est composé.
Futur antérieur, ou futur passé, temps qui exprime une action à venir qui doit précéder une autre action également à venir, par exemple : J'aurai fini quand il arrivera.
Futur prochain, celui qui exprime une action future, mais très voisine : Je vais sortir.
Terme de grammaire latine. Futur périphrastique, temps composé avec le participe futur en rus ou en dus et le verbe sum.
Paulo-post-futur, voy. ce mot à son rang.
5Terme de logique. Futur contingent, ce qui peut arriver ou n'arriver pas.
Il parle de tout ce qu'on aurait pu faire, de tout ce qui pourrait arriver ; c'est le recueil des futurs contingentsVoltaire, Mél. hist. Exam. du test. d'Albéroni.
6A futur, dans le temps futur, à l'avenir.
Ce que je conteste, c'est le droit de supprimer, à futur, des associations qui ne seraient pas établies en fraudeJourn. offic. 9 mars 1872 p. 1670, 3e col.
FUTUR, AVENIR. Le futur est ce qui sera ; l'avenir est ce qui adviendra. Ces deux sens se confondent dans l'usage presque toujours : les siècles à venir ou les siècles futurs ne présentent pas d'autre nuance que celle qui est dans la notion même d'être ou de venir. Il n'y a que dans la langue du droit où futur ne peut être remplacé par à venir : les futurs conjoints. On dirait cependant l'héritier à venir aussi bien que le futur héritier.
Prov. futur ; esp. et ital. futuro ; du latin futurus, participe du radical qui est dans fui, je fus (voy. FUS).
1Qui n'est pas pur. Des eaux impures. Des métaux impurs.
2Qui a une impureté religieuse.
Je suis persuadé, selon la doctrine du Seigneur Jésus, que rien n'est impur de soi-même, et qu'il n'est impur qu'à celui qui le croit impurSaci, Bible, St Paul, Ép. aux Rom. XIV, 14
3Qui a une impureté morale.
Quel chemin peut conduire à cette cour impure, à ce séjour de crime où j'ai reçu le jour ?Voltaire, Oreste, II, 1
Les esprits impurs, les démons.
Il se dit aussi des choses.
Être né d'un sang impur, être né de parents malhonnêtes, déshonorés.
On dit dans le même sens : une race impure.
S. m. L'impur, ce qui est moralement impur.
4Impudique. Une femme impure.
Il se dit des choses. Pensées impures. Des mœurs impures.
Pour les fables païennes, une fille sera heureuse de les ignorer toute sa vie, à cause qu'elles sont impures et pleines d'absurdités impiesFénelon, Éduc. filles, ch. 6
Les étincelles impures qui allumèrent son cœurMassillon, Carême, Enf. prod.
Lat. impurus, de in négatif, et purus, pur.
1Qui est arrivé au point de se détacher spontanément ou d'être cueilli, en parlant des fruits. Ces pêches ne sont pas mûres.
2Fig. Il se dit des personnes qui ont atteint un certain point de développement.
Le seul fait qui me semble douteux, c'est que, dans un climat aussi froid, les femmes soient mûres d'aussi bonne heureBuffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuvres, t. XI, p. 225, dans POUGENS.
Par ironie. Une fille mûre, une fille qui a passé la jeunesse, et qu'il serait grand temps de marier.
Dans un sens analogue. Déjà un peu âgé.
Un amant fait et mûr...Regnard, le Joueur, I, 2
Mûr pour le ciel, en langage mystique, se dit d'une personne morte jeune, ou, simplement, dont la vie a été bien remplie.
J'ai vu tendre aux enfants une gorge assurée à la sanglante mort qu'ils voyaient préparée, Et tomber sous le coup d'un trépas glorieux Ces fruits à peine éclos, déjà mûrs pour les cieuxRotrou, Saint Genest, II, 7
Si les autres affaires ont leur temps particulier, l'affaire du salut est de tous les temps, et tout âge est mûr pour le cielBourdaloue, Pensées, t. I, p. 144
Pleine de bonnes œuvres, mûre pour le cielMassillon, Myst. Assomp.
On dit de même : mûr pour l'éternité.
3Fig. Il se dit des choses qui sont arrivées à un certain point.
Ô cité mûre pour ta ruineChateaubriand, Itin. 7e partie.
Vin mûr, vin qui n'a plus de verdeur et qui est bon à boire.
Cet abcès est mûr, il est près de crever, de percer, ou il est temps de l'ouvrir.
Cet habit est mûr, est bien mûr, il est vieux, usé, facile à déchirer.
Voyez cet homme dont l'habit est un peu mûr, c'est un dîneur en villePICARD, Provinc. à Paris, II, 1
Cette affaire est mûre, il est temps de s'en occuper, de la terminer.
Ce projet n'est pas mûr encore, et je vous en rendrai compte dans quelques mois, si, comme je l'espère, il vient à bienD'Alembert, Lett. à Voltaire, 4 déc. 1770
4Âge mûr, âge qui suit la jeunesse.
Homme mûr, esprit mûr, homme, esprit sage, posé, réfléchi.
La troisième espèce [des dialogues de Platon] est de ceux qui sont propres aux personnes déjà mûresFénelon, Platon.
La lecture de ses ouvrages [de Hobbes] demande un homme mûr et circonspect ; personne ne marche plus fermement et n'est plus conséquentDiderot, Opin. des anc. philos. Hobbisme.
Courage mûr, courage éprouvé.
Mûre délibération, délibération où tout a été examiné avec beaucoup d'attention.
5En physiologie, il se dit d'un ovule prêt à se détacher de l'ovaire.
Dans l'élève des vers à soie, il se dit de ceux qui sont prêts à faire le cocon. Ces vers à soie sont mûrs.
Entre deux vertes une mûre
, se dit de quelque chose de bon qu'on trouve entre plusieurs choses mauvaises. Il faut attendre à cueillir la poire qu'elle soit mûre
, il ne faut point précipiter une affaire. La poire est mûre
, la poire n'est pas mûre
, l'affaire est arrivée, n'est pas arrivée au point précis où il convient de s'en occuper.
Wallon, maweur ; namur, meûr ; Hainaut, meur, fém. meurte, murte ; Berry, meûr, et aussi meux, fém. meuse, des poires meuses ; génev. meur, fém. meure ; bourg. meur, meu ; picard, meur ; provenç. madur ; espagn. maduro ; ital. maturo : du lat. maturus. On lit dans Bèze : " meur ; l'usage s'est introduit de prononcer mur. "
1Qui est sans mélange. Du vin pur. Il vomit du sang pur.
Médée.... Prépare de l'eau pure et des herbes sans forceCorneille, Médée, I, 1
L'eau pure ne suffirait pas aux hommes de travail pour maintenir leurs forcesBuffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 129
Le violet pur règne sur la tête, le cou et tout le dessus du corpsBuffon, Ois. t. VI, p. 63
Fleur pure, fleur qui n'est point panachée, qui est toute d'une couleur.
Fig. La démocratie pure dégénère quelquefois en anarchie.
2Il se dit de la race, du sang. Une race pure. L'espèce de l'aigle commun est moins pure que celle du grand aigle.
Tous [vos aïeux] avec moi vous parlent à genoux Pour le plus pur du sang qu'ils ont transmis en nousRacine, Baj. V, 6
Fig. Le plus pur du sang, ce qu'on a de plus cher.
Terme hippique. Pur sang, voy. SANG.
3Que rien ne vicie, n'altère, ne corrompt. Un air pur.
Mille petits ruisseaux d'une onde pure arrosaient ces beaux lieuxFénelon, Tél. XIX.
Une lumière pure, une clarté pure, un jour pur, une lumière, une clarté que rien n'altère, n'obscurcit.
Une lumière pure et douce se répand autour des corps de ces hommes justes [dans les champs Élysées]Fénelon, Tél. XIX.
Un ciel pur, un ciel sans nuage.
Fig. Un ciel pur, une vie, une condition heureuse et calme.
4Il se dit des choses qui ne font pas contracter des souillures selon les préceptes de certaines religions. Des victimes pures.
Il me semble que les choses ne sont en elles-mêmes ni pures ni impuresMontesquieu, Lett. pers. XVII
5Au sens moral, qui est sans mélange. Aimer Dieu d'un amour pur. Une félicité pure.
L'homme est né pour penser.... mais les pensées pures, qui le rendraient heureux s'il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattentPascal, Pass. de l'amour.
Adieu, monsieur, adieu, madame ; parlez-moi de votre joie, et si elle vous a coûté bien des craintes ; on ne les a guère toutes pures [les joies]Mme de Sévigné, à Guitaut, 26 mai 1681
Elle [ma fille] se porte mieux ; mais comme un bien n'est jamais pur en ce monde....Mme de Sévigné, 20 juill. 1679
6Fig. Qui est sans tache, sans souillure, sans corruption.
Il est écrit que rien n'est pur sur la terre, et que celui qui dit qu'il ne pèche pas, se trompe lui-mêmeBossuet, Mar.-Thér.
Ames pures et innocentes, âmes vierges, comme les appelle saint JeanBossuet, ib.
Une gloire si pure, une si belle réputation est un parfum précieux qui réjouit le ciel et la terreBossuet, ib.
Jéhu.... N'a pour servir sa cause et venger ses injures [de Dieu] Ni le cœur assez droit, ni les mains assez puresRacine, Athal. III, 6
Et, comme tout est pur à ceux qui sont purs, tout devient souillé à celui qui l'était déjà par sa transgressionMassillon, Carême, Prosp. temp.
Il se dit aussi des personnes. C'est un homme pur.
Saint Louis, toujours pur et toujours saint dès son enfanceBossuet, Mar.-Thér.
7Particulièrement. Chaste. Vierge très pure.
Dieu veuille que son mari la trouve aussi belle et aussi pure que Fatima !Montesquieu, Lett. pers. 71
8En théologie, l'état de pure nature, l'état où était Adam avant le péché.
En philosophie, l'état de pure nature, l'état de l'homme tel qu'on le suppose antérieurement à toute civilisation.
Voilà l'état de la pure natureVoltaire, Mondain.
Familièrement et par plaisanterie. Être en état de pure nature, être sans vêtement.
En métaphysique, esprit pur, l'esprit considéré sans égard à son union avec la matière.
[Suivant Porphyre] Le dieu suprême.... étant un esprit pur, tout ce qui est matériel est impur pour luiVoltaire, Dict. phil. Reliques.
Raison pure, l'intelligence qui perçoit les vérités nécessaires.
9Mathématiques pures, celles qui considèrent la grandeur sans aucune application astronomique ou physique.
10Terme de jurisprudence. Obligation pure et simple, promesse pure et simple, mainlevée pure et simple, démission pure et simple, obligation, promesse, mainlevée, démission sans aucune condition, sans aucune restriction.
La faculté d'élire qui était restreinte et conditionnelle, devint pure et simpleMontesquieu, Espr. XXXI, 17
11En parlant de style, du langage, correct, exact, régulier. Style pur. Une latinité pure. Le peuple de la Toscane parle l'italien le plus pur.
Ô ciel ! ô puissances éternelles ! mon oiseau parle le pur chaldéen !Voltaire, la Princ. de Babyl. 3
Il se dit aussi des écrivains. Il est peu de poëtes aussi purs que Racine.
En termes de dessin, correct, exact, élégant. Un dessin pur. Des formes pures.
En termes de musique, d'une exécution exacte, parfaite. Voix pure et suave. Exécution pure et brillante. Accords purs, accords brillants et gracieux.
12Terme de blason. Qui n'a que l'émail du champ de l'écu, sans aucune pièce héraldique. Il porte d'argent pur, de gueules pur.
On dit aussi plein dans le même sens.
13Pur de, dépourvu de ce qui gâterait, souillerait. Une liqueur pure de tout mélange.
Fig.
Ce saint homme [Tobie].... sut non-seulement se conserver pur des idolâtries de ses frères, mais encore pratiquer la loiBossuet, Hist. II, 4
Pouvait-il faire à Dieu un plus beau sacrifice, que de lui offrir une âme pure de l'iniquité de son siècle, et dévouée à son prince et à sa patrie ?Bossuet, le Tellier.
Le jugement que j'en forme est pur de toute préventionMarivaux, dans DESFONTAINES
Jusqu'ici ma plume, hardie à dire la vérité, mais pure de toute satire, n'a jamais compromis personneJ.-J. Rousseau, Lett. à l'archev. de Paris.
14Pur placé devant le substantif a le sens de uniquement, exclusivement, ne.... que.
Sachant bien que c'est pure faveur que vous m'avez faiteGuez de Balzac, liv. I, lett. 4
Il [Montaigne] est pur pyrrhonien ; sur ce principe roulent tous ses discoursPascal, Entret. avec M. de Saci.
Gardez-vous d'y toucher [à vos lettres], vous en feriez des pièces d'éloquence ; cette pure nature dont vous parlez est précisément ce qui est bon, ce qui plaît uniquementMme de Sévigné, 6 juin 1672
M. le chancelier [d'Aligre] est mort de pure vieillesseMme de Sévigné, 27 oct. 1677
Paul de Samosate.... enseigna son opinion judaïque sur la personne de Jésus-Christ, qu'il ne faisait qu'un pur hommeBossuet, Hist. I, 10
Puisque les assemblées de la réforme les plus ecclésiastiques sont composées d'anciens, c'est-à-dire de purs laïques plus que de ministresBossuet, Déf. Var. 1er disc. 32
Si nous étions, comme les anges, de purs esprits, toutes nos vertus devraient se ressentir de la condition et de l'excellence de cet étatBourdaloue, 6e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 1
Je ne suis chargée de rien ; c'est une pure question que je vous faisMme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 18 oct. 1695
Quand César voulut imiter les rois d'Asie, il désespéra les Romains pour une chose de pure ostentationMontesquieu, Esp. X, 14
C'est le pur hasard qui m'a procuré le seul artiste qui travaille à ces petits prodiges [les montres en bague]Voltaire, Lett. d'Aranda, 20 déc. 1771
L'habitude de mettre pur en ce sens avant le substantif n'était pas prise anciennement.
On vous a rapporté, dites-vous, que je vais au prêche des calvinistes ; c'est une calomnie très pureDESCARTES, Lett. 33
En cet emploi, quand pur est accompagné de tout, il se met après son substantif.
Voilà sans doute le semi-pélagianisme tout pur dans les luthériensBossuet, 2e avert. 13
Le reste est l'ouvrage tout pur du tempérament et de la natureMassillon, Confér. Zèle contre les vices
Racine n'a pas écrit plus correctement ; c'est Despréaux tout purDiderot, Lett. sur les sourds et muets
15S. m. Les purs, les vrais fidèles, nom qu'ont pris divers sectaires.
16À pur et à plein, entièrement, sans réserve. Un compte soldé à pur et à plein. Être absous à pur et à plein.
J'ai demandé à M. de Louvois le régiment de Sanzei à pur et à plein, en cas que le pauvre Sanzei fût mortMme de Sévigné, 26 août 1675
Car d'acheter l'enseigne à pur et à plein, et que le guidon nous demeure sur les bras, ce n'est pas une chose possibleMme de Sévigné, 1er déc. 1675
17En pur don, se dit d'un don fait sans condition.
18En pure perte, se dit d'une perte qui n'est compensée par aucun avantage. Cela tombe en pure perte pour lui.
Fig. Inutilement, vainement. Vous vous tourmentez en pure perte.
19Anciennement. En pur chef, tête nue.
Nous leur faisons faire amende honorable [aux condamnés] tête nue, ou, comme porte l'ancienne formule, en pur chef, qui est en un mot sans chaperonGARASSE, Recherche des recherches, p. 570, dans LACURNE
Provenç. pur ; espagn. et ital. puro ; du lat. purus, racine sanscrite pu, laver, purifier.
1Qui a un goût acide et aigre. Ce fruit est sur. L'oseille est sure.
2Eau sure, préparation dans laquelle on met les cuirs pour les amollir.
Résidu des eaux mères dont on a tiré le sel.
Préparation d'où l'on a tiré l'amidon.
Wallon, seur ; du germanique : suéd. sûr, aigre ; allem. sauer ; angl. sour ; comparez le celtique : gaél. et armor. sùr, acide.
1Qui compte fermement sur.
Je vais chercher la solitude et la santé, bien plus sûr de l'une que de l'autre, mais plus sûr encore de votre amitiéVoltaire, Lett. d'Argental, 9 déc. 1754
Je ne suis pas sûr du lendemain....Voltaire, Lett. Mme Denis, 18 janv. 1752
Être sûr de quelqu'un, pouvoir compter sur lui, être assuré qu'il ne nous manquera pas au besoin.
Quand elle me proposa de quitter ma patrie, elle était déjà sûre de moiMontesquieu, Ars. et Ism.
Sûr de soi-même, qui est assuré de ne pas faillir.
Vivre dans un pays [la Hollande] où les lois nous mettent à couvert des volontés des hommes, et ou, pour être sûrs de tout, nous n'ayons qu'à être sûrs de nous-mêmesST-ÉVREM., Œuv. t. II, p. 229
Il n'y a qu'une femme bien sûre d'elle-même et de sa réputation qui ose tenir de pareils discoursFONT., Lett. gal. II, 23
2Qui ne peut manquer d'avoi ; d'obtenir.
On n'eût point vu Madame s'attirer la gloire avec une ardeur inquiète et précipitée ; elle l'eût attendue sans impatience, comme sûre de la posséderBossuet, Duch. d'Orl.
On n'est jamais sûr de rien en ce mondeVoltaire, Oreilles, 6
Être sûr de son fait, être certain de ce qu'on dit.
Être sûr de son fait, de son coup, avoir la certitude du succès de ce qu'on a entrepris.
Don Joseph était si sûr de son fait....Lesage, Est. Gonz. 14
Terme de musique. Être sûr de sa partie, la savoir de telle manière qu'on est sûr de la chanter ou de l'exécuter sans faire de faute.
Au jeu, être sûr de la partie, avoir fait sa partie de manière qu'on est certain de gagner.
Fig. et familièrement. Être sûr de sa partie, avoir si bien pris ses mesures dans une affaire, que le succès en est certain.
3En qui on peut avoir confiance.
Sa place eût été donnée, si on eût pu la remplir d'un homme aussi sûrBossuet, le Tellier.
Sûre et secrète jusqu'au mystèreMme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 137, dans POUGENS
M. Tronchin, banquier ; c'est un homme sûr de toutes les manièresVoltaire, Lett. d'Argental, 9 déc. 1754
Je sais par expérience que c'est un ami sûrD'Alembert, Lett. à Voltaire, 24 août 1752
Il n'y avait là, me disait-on, que d'honnêtes gens, des gens sûrsMarmontel, Mém. VI
Il se dit des choses dans un sens analogue. L'instinct est un guide sûr.
Un homme d'une si grande capacité que M. le Tellier et d'une conduite si sûre dans les affairesBossuet, le Tellier.
Ne parlons pas des vivants dont les vertus, non plus que les louanges, ne sont jamais sûres dans le variable état de cette vieBossuet, ib.
M. de Turenne publiait de son côté qu'il agissait sans inquiétude, parce qu'il connaissait le prince et ses ordres toujours sûrsBossuet, Louis de Bourbon.
Sans la crainte de Dieu toute probité humaine est fausse, ou du moins elle n'est pas sûreMassillon, Pet. carême, Fauss. de la gloire hum.
Main sûre, mains sûres, personne en qui on peut se fier. Vos papiers, vos titres sont en main sûre, en mains sûres.
Temps qui n'est pas sûr, temps sur lequel on ne peut compter, qui menace de devenir pluvieux.
Ma canne, mon chapeau, mon parapluie ; le temps n'est pas sûrPICARD, M. Musard, sc. 18
4Qui sait d'une manière certaine. Je suis sûr de ce que je vous dis. Je suis sûr de l'avoir entendu. Je suis sûr que cela est.
Qui fait exactement ce que ma loi commande, A pour moi, dit ce Dieu, l'amour que je demande : Faites-le donc ; et, sûr qu'il nous veut sauver tous, Ne vous alarmez point par quelques vains dégoûtsBoileau, Épît. XI
5Qui ne se trompe pas.
Il tire d'un déserteur, d'un prisonnier, d'un passant ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et même ce qu'il ne sait pas ; tant il est sûr dans ses conséquences !Boileau, Louis de Bourbon.
Mémoire sûre, mémoire qui ne fait jamais défaut.
Avoir le goût sûr, apprécier parfaitement la qualité des mets, des vins.
Il a surtout un palais sûr, qui ne prend point le change, et il ne s'est jamais vu exposé à l'horrible inconvénient de manger un mauvais ragoûtLa Bruyère, XI
Fig. Avoir le goût sûr, bien juger des ouvrages d'esprit.
Il y a peu d'hommes dont l'esprit soit accompagné d'un goût sûr et d'une critique judicieuseLa Bruyère, I
On dit de même : avoir le jugement, le tact sûr.
Main sûre, main ferme dans ce qu'elle fait. Ce chirurgien a la main sûre.
Et d'un dard lancé d'une main sûre, Il lui fait dans le flanc une large blessureRacine, Phèd. v, 6
Ai-je la main bien sûre ? dit-il [Cambyse, qui venait de tuer d'un coup de flèche le fils d'un de ses courtisans]Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 327, dans POUGENS
Ce cheval a le pied sûr, la jambe sûre, il est sûr, il ne bronche jamais.
Avoir le coup d'œil sûr, juger à la simple vue, d'une manière suffisamment exacte, l'étendue, la distance, le volume, le poids, etc.
Fig. Coup d'œil sûr, intelligence qui pénètre et saisit sans se tromper.
6En parlant des lieux, à l'abri de tout danger, à l'épreuve de toute violence. Ce port est très sûr.
Rien ne paraissait à la princesse Anne ni agréable, ni sûr que la solitudeBossuet, Anne de Gonz.
Il ne fait pas sûr en ce lieu-là, on n'y est pas à l'abri du danger.
Il ne fait pas sûr de...., on n'est pas à l'abri de péril en....
Mais savez-vous.... Qu'il ne fait pas bien sûr, à vous le trancher net, D'épouser une fille en dépit qu'elle en aitMolière, Femm. sav. v, 1
Mettre quelqu'un en lieu sûr, le mettre en un lieu où il n'a rien à craindre.
Mettre quelqu'un en lieu sûr, le tenir en lieu sûr, le mettre en prison ou du moins dans un lieu où l'on soit assuré de sa personne.
7L se dit de certaines choses dont on peut se servir sans danger. Cette échelle est sûre.
8Où l'on ait de la sécurité.
Je suis affligée de cette cruelle néphrétique qui accable ce pauvre homme [Lamoignon] à tout moment : point de jours sûrs, c'est un rabat-joie continuelMme de Sévigné, 4 fév. 1685
9Certain, dont on ne peut douter. Je vous donne cela pour sûr.
L'affabilité est comme le caractère inséparable et la plus sûre marque de la grandeurMassillon, Pet. carême, Human. des grands.
Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne tient qu'à lui d'être heureuxDiderot, Sur le livre d'Helvétius.
Familièrement. Bien sûr ? c'est-à-dire : est-ce chose certaine ?
L'affaire est sûre, le succès en est certain.
Il est à Paris, où il suit un procès important qui est presque sûrMarivaux, Préj. vaincu, sc. 4
10Qui doit arriver infailliblement, ou que l'on prévoit devoir arriver nécessairement. Rien n'est si sûr que la mort.
11Qui ne peut manquer de réussir, en parlant des choses.
Je penserais comme vous si j'étais à votre place ; cette manière de jurer est fort sûreMme de Sévigné, 8 déc. 1679
S'il fallait faire réussir une grande affaire, d'autres auraient choisi les moyens les plus éclatants, il [M. de Lamoignon] choisissait les plus sûrs et les plus utilesFléchier, Lamoign.
Aux jeux de cartes, avoir jeu sûr, avoir si beau jeu qu'il est impossible qu'on ne gagne pas.
Fig. et familièrement. Jouer à jeu sûr, être certain du succès des moyens qu'on emploie.
Fig. Parier à jeu sûr, à coup sûr, parier sur un fait dont on a la certitude.
Substantivement et absolument. Le plus sûr, le meilleur moyen. Le plus sûr est de ne pas s'y fier.
Ne point mentir, être content du sien, C'est le plus sûrLa Fontaine, Fabl. v, 1
Vous prendrez votre temps avec prudence, et pour le plus sûr suivant mes intérêtsMme de Sévigné, à d'Hérigoyen, 20 juil. 1686
12Qui produit ordinairement ou, par exagération, infailliblement, son effet. Un remède sûr.
Avoir un coup sûr à quelque jeu, à quelque exercice, avoir un coup presque immanquable.
13Pour sûr, loc. adv. Certainement, infailliblement.
14À coup sûr, loc. adv. Immanquablement. Nous réussirons à coup sûr.
Pour se guider dans les sens divers de ce mot, on observera que, le sens étymologique étant securus, de sine cura, sans souci, l'acception primitive appartient aux personnes et est : qui compte fermement. De là se déduisent facilement, quant aux personnes, les autres acceptions. Quant aux choses, la première acception est où l'on est sans inquiétude, en sûreté ; celle-ci fournit ensuite les autres.
Bourguig. et Berry, seur ; provenç. segur ; espagn. seguro ; ital. sicuro ; du lat. securus, de se, pour sine, sans, et cura, soin, souci.
Voy. SURATE.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander