Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

usé dans le Littré

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1usé, ée part. passé (u-zé, zée)

  1. 1Qui a subi détérioration, diminution par l'usage, par le frottement.

    • S. m. L'usé, la partie usée d'une chose.

  2. 2Terre usée, terre devenue stérile, parce qu'on lui a fait trop produire, ou produire toujours la même chose.

  3. 3Fig. Très affaibli par le travail, les maladies ou les excès, en parlant des personnes.

  4. 4Fig. Il se dit des gens, des sentiments, qui, par excès, par abus, se sont éteints.

    • Une passion usée, un amour refroidi, diminué par le temps.

    • Avoir le goût usé, avoir le goût émoussé par les ragoûts épicés, les liqueurs fortes.

    • Il se dit des personnes en un sens analogue.

      • Ils sont la plupart usés sur tous les plaisirs, par cela même qu'ils ne leur coûtent aucunes peines BERN. DE ST-PIERRE, Paul et Virg.
  5. 5Fig. Il se dit des idées, des expressions qu'un très fréquent usage a rendues communes, banales.

    • Cette folie [plaisanterie au sujet de Mme de Grignan] n'est point encore usée, et nous a fait rire deux ou trois fois Mme de Sévigné, 30 juill. 1689
    • Un grand défaut des images fabuleuses, qui viendra, si l'on veut, de leur excellence, c'est d'être extrêmement usées Fontenelle, Sur la poés. en gén. Œuv. t. III, p. 294, dans POUGENS.
    • Le Système de la nature.... livre stérile en bons raisonnements et pernicieux par les conséquences, mais éblouissant dans un petit nombre de pages par la peinture, quoique usée, de nos misères Voltaire, Mél. litt. Sur un écrit anonyme.
    • On dit de même : Ce sujet est usé, ces moyens sont usés.

      • Il [Montesquieu] donna le traité sur la grandeur et la décadence des Romains, matière usée qu'il rendit neuve par des réflexions très fines et des peintures très fortes Voltaire, Louis XIV, Montesquieu.
      • Les réticences perfides, le silence affecté dans certaines occasions, sont encore des moyens employés avec autant de succès, que s'ils n'étaient pas usés depuis des siècles Mme de Genlis, Mme de Maintenon, t. I, p. 238, dans POUGENS
  6. 6Fig. Il se dit des choses qui cessent de faire impression sur nous.

    • Tout est déjà usé pour eux à l'entrée même de la vie ; et leurs premières années éprouvent déjà les dégoûts et l'insipidité que la lassitude et le long usage de tout semble attacher à la vieillesse Massillon, Pet. carême, Malheur des gr.
    • Le monde usé pour moi n'a plus rien qui me touche Gresset, Sidney, II, 2
    • Ce César l'entendait bien mieux, et aussi c'était un autre homme [que Napoléon] ; il ne prit point de titres usés, mais il fit de son nom même un titre supérieur à celui de roi Paul-Louis Courier, Corresp. mai 1804

2infus, use adj. (in-fû, fu-z')

  1. 1Répandu dans, en parlant de choses intellectuelles et morales, de qualités, de sentiments.

    • Cette bonne grâce qui reluit sur tout ce qu'il fait est infuse dans des qualités solides BALZAC, le Romain.
    • Peu de gens que le ciel chérit et gratifieOnt le don d'agréer infus avec la vie La Fontaine, Fabl. IV, 5
    • Toutes les langues et toutes les sciences lui sont infuses [à Angélique, fille d'Arnaud d'Andilly] ; enfin c'est un prodige, d'autant plus qu'elle est entrée à six ans en religion Mme de Sévigné, 388
    • Claire connaissance de Dieu, amour infus de ce premier être Bossuet, Élévat. sur myst. IV, 6
    • La raison se développe peu à peu [dans l'enfant] ; et la foi, infuse par le baptême, en fait de même Bossuet, Réfl. sur un écrit de M. Claude, 6
    • Ces grâces stériles qui, quoique infuses de Dieu, ne rendent l'homme ni plus juste ni plus agréable à Dieu Bourdaloue, 5e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 217
    • Polissez votre style et choisissez vos termes ; à la force du sens unissez l'harmonie infuse dans vos périodes pour charmer l'oreille.... Paul-Louis Courier, Lett. X
    • Terme de théologie. Science infuse, science qu'Adam possédait par la nature qu'il tenait de Dieu.

    • Familièrement. Il croit avoir la science infuse, se dit, par raillerie, d'un homme qui se croit savant sans avoir étudié, et aussi du présomptueux.

  2. 2Pénétré de.

    • Toutes vos pensées sont comme infuses de l'un et de l'autre [l'utile et l'agréable] Paul-Louis Courier, Lett. I, 114

Étymologie

Provenç. enfus ; espagn. et ital. infuso ; du lat. infusus, part. passif de infundere, verser dans (voy. INFONDRE).

3obtus, use adj. (ob-tû, tu-z')

  1. 1Terme d'histoire naturelle. Qui est comme émoussé, au lieu d'être anguleux et pointu. Les feuilles de cette plante sont obtuses.

  2. 2Terme de géométrie. Angle obtus, angle plus grand qu'un angle droit.

  3. 3Fig. Esprit obtus, esprit peu pénétrant.

    • Sens obtus, sens dont les perceptions manquent de vivacité, de netteté.

      • Le toucher, si obtus, si incertain pour le commun des hommes, devient pour vous [aveugles] si exquis, si sûr, qu'il semble suppléer en quelque sorte au défaut de la vue Bonnet, Contempl. nat. V, 9

Étymologie

Lat. obtusus, de ob, et tusus, part. passif de tundere, frapper : proprement, qui est émoussé. Le radical sanscrit est tud, frapper, vexer.

4rétus, use adj. (ré-tû, tu-z')

  1. Se dit, en botanique et en entomologie, de ce qui est très obtus et plus ou moins déprimé.

Étymologie

Lat. retusus, participe passif de retundere, de re, et tundere.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander