vain, aine adj. (vin, vè-n')
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1Proprement, vide, ce qui est le sens étymologique conservé seulement dans les locutions suivantes : vaine pâture, terres où il n'y a ni semences, ni fruits, et, par suite, où tous les habitants d'une commune peuvent conduire leurs bestiaux ; terres vaines et vagues, terres incultes qui ne rapportent rien.
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Temps vain, temps bas et couvert, accompagné d'une chaleur étouffante (locution vieillie).
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Terme de vénerie. Fumées vaines, ou, substantivement, les vaines, fumées des bêtes fauves, qui sont légères et mal pressées.
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2Fig. Qui est comme vide, qui n'a qu'une apparence.
Non, ce n'est pas une vaine ombre ! je le tiens, je l'embrasse, mon cher Mentor
Fénelon, Tél. IVL'éloquence d'Iphicrate est pompeuse et vaine, celle de Timothée plus simple et plus persuasive
Barthélemy, Anach. ch. 7Chez les Grecs, lorsque l'éloquence devint oiseuse, elle fut vague et vaine
Marmontel, Œuvres, t. IV, p. 372, dans POUGENS
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3Qui est sans valeur.
être brave [bien mis] n'est pas trop vain ; car .... c'est montrer par ses cheveux qu'on a un valet de chambre, un parfumeur ; par son rabat, le fil, le passement....
Pascal, Pens. V, 12, édit. HAVET.Tout est vain en l'homme, si nous regardons ce qu'il donne au monde ; mais au contraire tout est important, si nous considérons ce qu'il doit à Dieu
Bossuet, Duch. d'Orl.- Quittez ces vains plaisirs dont l'appât vous abuse Boileau, Sat. IX
- De la Grèce déjà vous vous rendez l'arbitre :Ses rois, à vous ouïr, m'ont paré d'un vain titre Racine, Iphig. IV, 6
- Peut-être un songe vain m'a trop préoccupée Racine, Athal. II, 5
Oh ! qu'il me paraît vain et frivole ce monde que vous quittez !
Mme de Genlis, Mères riv. t. III, p. 354, dans POUGENS
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Il se dit quelquefois, en ce sens, des personnes.
Il [l'homme] est si vain, qu'étant plein de mille causes essentielles d'ennui, la moindre chose, comme un billard et une balle qu'il pousse, suffisent pour le divertir
Pascal, Pens. IV, 1Qui ne voit pas la vanité du monde, est bien vain lui-même
Pascal, ib. VI, 59 bis.Et vains, ils [les hommes illustres du paganisme] ont reçu une récompense aussi vaine que leurs désirs
Bossuet, la Vallière.
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Terme de manége. Cheval vain, celui qui est faible par trop de chaleur ou d'ardeur, ou pour avoir pris quelques remèdes.
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4Qui est sans effet. De vains efforts.
- Daignent les justes dieux rendre vain ce présage ! Corneille, Rodog. III, 6
- Sa vaine inimitié n'est pas ce que je crains Racine, Phèdre, I, 1
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5Sans talent, sans succès.
Imite mon exemple, et lorsqu'une cabale, Un flot de vains auteurs follement te ravale....
Boileau, Ép. VII
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6Qui n'a aucun fondement raisonnable, sérieux.
Ils les mettent [les vers de certains poëtes] au rang des plus vaines sornettes
Régnier, Sat. IV- Grâces aux dieux, Cinna, ma frayeur était vaine ;Aucun de tes amis ne t'a manqué de foi Corneille, Cinna, III, 4
Le Seigneur connaît les pensées des hommes ; et il sait qu'elles sont vaines
Saci, Bible, Ps. XCIII, 11Toutes les vaines excuses dont vous couvrez votre impénitence vous vont être ôtées
Bossuet, Anne de Gonz.L'espérance la plus vaine Flatte un malheureux amant
QUIN., Phaét. V, 3- Combien nos jugements sont injustes et vains ! Voltaire, Tancr IV, 6
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7Qui se prise au delà de son mérite.
Te mesurer à moi, qui t'a rendu si vain, Toi qu'on n'a jamais vu les armes à la main ?
Corneille, Cid, II, 2Cette femme ambitieuse et vaine croit valoir beaucoup quand elle s'est chargée d'or, de pierreries....
Bossuet, la Vallière.Un homme vain trouve son compte à dire du bien ou du mal de soi
La Bruyère, XICelui qui s'empresse pour se faire honorer, ne sait pas encore l'art d'être vain
Massillon, Orais. fun. Villars.Les nations libres sont superbes ; les autres peuvent plus aisément être vaines
Montesquieu, Esp. XIX, 27Vous voyez que je vous ai deviné ; et voilà ce qui me rend si vain
Voltaire, Lett. Chauvelin, 17 oct. 1762Nous en savons assez pour être sage et point assez pour être vains
Bonnet, Paling. XIII, 8Son bon naturel l'empêchait d'être vaine, c'est-à-dire sotte
COMTE DE CAYLUS, Cadichon, Œuv. t. IX, p. 402Il est deux choses que les hommes vains ne trouvent jamais trop fortes, la flatterie pour eux-mêmes, la médisance contre les autres
Marmontel, Œuv. t. VI, p. 149
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Vaine gloire, orgueil, infatuation.
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Substantivement. Faire le vain, se livrer à la vaine gloire.
- Et dans ces grands tombeaux, où leurs âmes hautainesFont encore les vaines, Ils sont mangés des vers Malherbe, I, 3
Je puis dire, sans faire le vain, que les folies de mon enfance ont été plus sérieuses que ces belles fleurs de rhétorique
Guez de Balzac, liv. I, lett. 17- Hélas ! et croyez-vous que l'on se mette en peineDe ce nombre d'amants dont vous faites la vaine ? Molière, Mis. III, 5
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8En vain, loc. adv. Inutilement.
Les princes et les peuples gémissaient en vain ; en vain Monsieur, en vain le roi même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements ; elle leur échappait....
Bossuet, Duch. d'Orl.Avant lui [Louis XIV], la France, presque sans vaisseaux, tenait en vain aux deux mers
Bossuet, Mar.-Thér.Les empereurs grecs avaient oublié que ce n'était pas en vain qu'ils portaient l'épée
Montesquieu, Esp. VI, 21Dieu ne fait rien en vain ; il a donné aux bêtes les mêmes organes de sentiments qu'à moi ; donc, si les bêtes n'ont point de sentiment, Dieu a fait ces organes en vain
Voltaire, Mél. litt. au P. Tournemine.
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Prendre le nom de Dieu en vain, l'employer dans un serment sans nécessité.
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9Terme de forestier. Semence vaine, semence qui ne germe pas.
Il est prudent de rejeter les premières semences tombées : elles sont généralement piquées ou vaines
G. BAGNERIS, Manuel de sylvicult. p. 232, Nancy, 1873
Étymologie
Provenç. van, va ; catal. va ; espagn. et ital. vano ; portug. vão ; du lat. vanus ; comparez le goth. vans ; anc. scand. vanr, défectueux.