Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

vanité dans le Littré

1 article· 47 citations· rimes· synonymes

vanité s. f. (va-ni-té)

  1. 1Caractère de ce qui est vain, vide, sans solidité, sans durée.

    • Tous les hommes qui n'ont pas la connaissance de Dieu ne sont que vanité Saci, Bible, Sagesse, XIII, 1
    • Qu'une chose aussi visible qu'est la vanité du monde soit si peu connue.... Pascal, Pens. VI, 59, édit. HAVET.
    • Le sentiment de la fausseté des plaisirs présents, et l'ignorance de la vanité des plaisirs absents causent l'inconstance Pascal, ib. VI, 45
    • Vanité des vanités, et tout est vanité.... j'ai pris sans étude et sans choix les premières paroles que me présente l'Ecclésiaste, où, quoique la vanité ait été si souvent nommée, elle ne l'est pas encore assez à mon gré pour le dessein que je me propose Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Ô vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées ! Bossuet, ib.
    • Si M. de Turenne n'avait su que combattre et vaincre ; s'il ne s'était élevé au-dessus des vertus humaines.... je laisserais à la vanité le soin d'honorer la vanité Fléchier, Tur.
    • Vanité des vanités ! mais tout n'est pas vanité ; ma tendre reconnaissance pour mes amis, et surtout pour vous, madame, n'est pas vanité Voltaire, Lett. Mme Necker, 21 juin 1770
    • Je me félicite, sire, de penser comme Votre Majesté sur la vanité et la futilité de la métaphysique D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 17 sept. 1764
    • Un roi, je dirai plus, un sageÉcrit que tout est vanité,Tout, y compris la majesté,Même l'amour, et c'est dommage M. J. CHÉNIER, la Retraite.
    • De toutes les couronnes que j'avais rêvées, l'amour d'une grande dame était celle qui flattait le plus ma vanité REYBAUD, Jér. Patur. II, 16
  2. 2Désir d'approbation qui se manifeste au dehors, désir de produire de l'effet.

    • La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie LA ROCHEFOUC., Max. 200
    • Si la vanité ne renverse pas entièrement les vertus, du moins elle les ébranle toutes LA ROCHEFOUC., ib. 388
    • La vanité nous fait faire plus de choses contre notre goût que la raison LA ROCHEFOUC., ib. 467
    • Curiosité n'est que vanité ; le plus souvent on ne veut savoir que pour en parler Pascal, Pens. II, 6
    • Un dénombrement exact de tous les ornements de la vanité Bossuet, la Valliere.
    • Quoique Dieu et la nature aient fait tous les hommes égaux, en les formant de même boue, la vanité humaine ne peut souffrir cette égalité, ni s'accommoder à la loi qui nous a été imposée de les regarder tous comme nos semblables Bossuet, Gornay.
    • On ne voit point mieux le ridicule de la vanité, et combien elle est un vice honteux, qu'en ce qu'elle n'ose se montrer, et qu'elle se cache souvent sous les apparences de son contraire La Bruyère, XI
    • Que faut-il donc penser de la vanité ? à un certain point, c'est vice ; un peu en deçà, c'est vertu Fontenelle, Dial. I, Morts mod.
    • La vanité qui se montre n'est ni la plus habile, ni la plus à craindre Massillon, Or. fun. Villars.
    • L'orgueil d'un Espagnol le portera à ne pas travailler ; la vanité d'un Français le portera à savoir travailler mieux que les autres Montesquieu, Esp. XIX, 9
    • Il y a bien des sortes de vanité ; mais la plus belle est celle qui, ne s'arrogeant aucun titre, rend presque tous les autres ridicules Voltaire, Dict. phil. Quakers.
    • La vanité, exigeant tout et n'accordant rien, est toujours inique, au lieu que l'amour, donnant autant qu'il exige, est par lui-même un sentiment rempli d'équité J.-J. Rousseau, Ém. v.
    • La vanité est la mère des ridicules, comme l'oisiveté est la mère des vices Marmontel, Œuv. t. IX, p. 352
  3. 3Acte de vanité.

  4. 4Au plur. Des personnes vaines.

    • Facilités offertes à certaines vanités pour arriver à la conquête de titres.... Journ. offic. 24 fév. 1872, p. 1316, 2e col.

Étymologie

Prov. vanitat, vanetat ; esp. vanidad ; ital. vanità ; du lat. vanitatem, de vanus, vain.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander