Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

vanter dans le Littré

1 article· 20 citations· rimes· synonymes· conjugaison

vanter v. a. (van-té)

  1. 1Louer extrêmement.

  2. 2Se vanter, v. réfl. Se louer excessivement.

    • Tant il eut une honte extrêmeDe s'être ainsi vanté soi-même Scarron, Virg. VIII
    • C'est le défaut de tous les héros de Corneille de se vanter toujours Voltaire, Comm. Corn. Rem. Sertor. III, 2
    • Les demeures de nos pères ne nous conviennent non plus aujourd'hui que leurs lois ; et, comme nous valons mieux qu'eux à tous égards, sans nous vanter, ce me semble... Paul-Louis Courier, Simple discours.
  3. 3Se vanter de, se faire gloire de, se faire honneur de.

    • Et bien ! à vos dépens vous verrez que SévèreNe se vante jamais que de ce qu'il peut faire Corneille, Poly. v, 6
    • Là Mégère punit les langues indiscrètes, Surtout ceux qui, tachés du plus noir des forfaits, Se sont vantés d'un bien qu'on ne leur fit jamais La Fontaine, Psyché, II, p. 194
    • Quel objet a-t-il en tout cela [un joueur de billard] ? celui de se vanter demain entre ses amis de ce qu'il a mieux joué qu'un autre Pascal, Pens. IV, 2, éd. HAVET.
    • Quoiqu'elle ne se vantât jamais des belles actions qu'elle faisait, vous pouviez vous vanter des vôtres avec elle en toute sûreté Marivaux, Marianne, 4e part.
    • Une fille d'Agrippa fut cette Bérénice célèbre pour avoir été aimée d'un des meilleurs empereurs dont Rome se vante Voltaire, Dict. phil. Juifs.
    • Il n'y a pas de quoi se vanter, se dit de quelqu'un qui a fait une action blâmable, honteuse.

    • Se vanter que....

      • Que dites-vous de mes canons ? .. je puis me vanter au moins qu'ils ont un grand quartier de plus que tous ceux qu'on fait Molière, Préc. 10
  4. 4Se faire fort de.

    • Je ne me vante pas de pouvoir le fléchir Corneille, Pomp. IV, 2
    • Gorgias fut le premier qui osa se vanter dans un nombreux auditoire, qu'il était prêt à répondre sur quelque matière qu'on voulût lui proposer Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 765, dans POUGENS.
    • Il [Paracelse] se vantait de conserver un homme en vie pendant plusieurs siècles, et il mourut lui-même âgé de quarante-huit ans Rollin, Hist. anc. XXVI, IV, 3
  5. 5Se vanter de, dire hautement, publiquement.

    • Je ne m'en vante pas, il ne s'en vante pas, se dit d'une action qu'on a faite, mais qu'on a quelque raison de cacher à ceux qu'elle intéresse.

      • Je lui ai conseillé de ne rien épargner ; mais je ne m'en vante pas à Mme la duchesse de Noailles Mme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 25 nov. 1700
    • Il fait bon battre un glorieux, il ne s'en vante pas, voy. GLORIEUX.

Étymologie

Lat. vanitare, qui est dans saint Augustin, Op. t. I, p. 437 et 761, de vanus, vain. Le provenç. vanar, ital. vanare, dérivent du lat. vanare, mentir, qui vient aussi de vanus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander