Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

vaquer dans le Littré

1 article· 16 citations· rimes· synonymes· conjugaison

vaquer v. n. (va-ké ; au XVIIe siècle, on prononçait il vâque, et l'on prononce encore ainsi en Normandie)

  1. 1Être vacant, n'être point occupé, en parlant d'emplois, d'offices, de dignités, etc.

    • Il a les yeux ouverts sur tout ce qui vaque, poste, abbaye.... La Bruyère, VIII
    • La chaire de Ramus pour les mathématiques, qui se donne au concours, étant venue à vaquer au Collége royal, il se prépara à entrer dans la lice Fontenelle, Sauveur.
    • Les fiefs qui vaquaient par la mort du possesseur Montesquieu, Esp. XXXI, 5
    • Le procureur général Jean de Saint-Romain a remarqué que, du temps de Pie II, vingt-deux évêchés ayant vaqué en France pendant trois années, il fallut porter à Rome cent vingt mille écus Voltaire, Dict. phil. Annates.
    • Impersonnellement.

      • Il a vaqué chez Monsieur une charge de vingt mille écus Mme de Sévigné, 19 juillet 1671
      • Il vaque, à votre nomination, une cure considérable Bossuet, Lett. rel. 90
  2. 2Être libre, disponible, en parlant des logements. Il vaque, dans sa maison, un appartement que vous pourrez louer.

    • On dit de même : Il vaque un lit dans cet hôpital.

  3. 3Il se dit des tribunaux lorsque les fonctions ordinaires y cessent pendant quelque temps. La cour vaque pendant tel temps.

  4. 4Vaquer à, se livrer, s'adonner à, s'occuper de (pour la transmission du sens d'être vacant au sens de s'occuper, comparez se livrer à, qui vient du latin liberare).

    • Comme l'ours en un jour ne disait pas deux mots,L'homme pouvait sans bruit vaquer à son ouvrage La Fontaine, Fabl. VIII, 10
    • Et bien vous prend, ma sœur, que son noble génieN'ait pas vaqué toujours à la philosophie Molière, Femm. sav. I, 1
    • Je dis toujours que rien n'est si occupé qu'un homme qui n'est point amoureux ; avant qu'il ait vaqué à madame de..., madame de..., madame de..., madame de..., le jour et la nuit sont passés Mme de Sévigné, 343
    • Et dedans et dehors on [Louis XIV] sera également sur ses gardes ; voyez combien de troupes et quelle puissance il faut avoir pour vaquer à tant de choses à la fois Mme de Sévigné, 12 janv. 1689
    • Si nous pouvions faire la paix en Italie et en Allemagne, nous vaquerions à cette guerre anglaise et hollandaise avec plus d'attention Mme de Sévigné, 5 janv. 1689
    • Et n'est-ce pas l'orgueil, chrétiens, qui a retiré tant de philosophes du milieu de la multitude ? nous voulons, disaient-ils, vaquer à nous-mêmes Bossuet, Sermons, Loi de Dieu, 2
    • La dissipation du monde qui nous empêche de vaquer à Dieu Bourdaloue, 14e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 383
    • C'était s'aveugler en quelque sorte que de s'enfermer dans un tombeau, comme on dit qu'il [Démocrite] faisait, pour vaquer plus librement à la méditation Rollin, Hist. anc. XXVI, 1re part. III, II, 2
    • Ils tentent de vaquer à la prière ; et leur cœur, fermé à la vérité, ne s'y repaît que de fantômes et de chimères Massillon, Carême, Dégoûts.
    • Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

  5. 5Avoir un congé, en parlant d'un écolier.

    • De conseil pris avec M. de Montausier, je ferai la leçon demain ; et l'après-midi, monsieur, nous ferons vaquer Monseigneur [le Dauphin] Bossuet, Lett. à Huet, dans Correspond. 25 déc. 1876, p. 1084

Étymologie

Provenç. vacar ; espagn. vagar ; ital. vacare ; du lat. vacare, être vide. Il y a dans l'ancienne langue des confusions entre vaguer et vaquer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander