Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

venu dans le Littré

1 article· 25 citations· rimes· synonymes

venu, ue part. passé (ve-nu, nue)

  1. 1Qui s'est transporté d'un lieu à un autre. Venu à Paris.

    • Qui a été transporté d'un lieu à un autre. Des marchandises venues de loin.

  2. 2Succédant selon l'ordre du temps. L'heure venue, il prit congé.

    • Le printemps venu, il rassembla toutes ses forces à Éphèse Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 257, dans POUGENS
  3. 3Né, issu.

    • À peine fut-il assuré du trône, qu'il fit tuer tous ses frères venus du mariage de son père avec une fille d'Antiochus Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 545, dans POUGENS
    • J'ai commencé par choisir, dans un canton de mes bois, cent chênes.... afin d'avoir du bois venu en même terrain Buffon, Hist. nat. Part. exp. t. VIII, p. 168
  4. 4Mal venu, qui n'a pas bien crû, bien poussé. Un enfant mal venu.

  5. 5Mal venu, se dit d'une opération qui n'a pas réussi. Épreuve mal venue. Statue en fonte mal venue.

  6. 6Bien venu, bien accueilli. Être bien venu partout.

    • Soyez le bien venu, la bien venue, formule de politesse qu'on adresse à une personne qui arrive.

    • On écrit aussi bienvenu, bienvenue en un seul mot.

    • Bien venu de, bien accueilli par.

    • Être bien venu à, trouver facilité à.

      • Nul n'est si bien venu à demander des grâces pour lui-même que pour un autre ; ainsi celui qui désire en obtenir tâche d'engager un autre à parler pour lui J.-J. Rousseau, Hél. IV, 10
    • Mal venu, mal accueilli.

      • Au hasard d'être la mal venue Corneille, Mélite, IV, 2
      • Je ne suis pas mal venu dans la maison J.-J. Rousseau, Ém. v.
    • Être mal venu à, s'exposer à une réprimande, à une résistance, etc.

    • Dans le même sens, ironiquement, être bien venu.

      • Vous n'aviez qu'à le faire, vous auriez été bien venu ! Molière, G. Dand. I, 6
      • Qu'on s'avise de remarquer en eux quelques-uns des défauts dont ils se reprennent, on y sera bien venu Diderot, Père de famille, I, 12
  7. 7Nouveau venu, nouvellement arrivé.

    • Substantivement. Un nouveau venu. Une nouvelle venue. Les nouveaux venus. Les nouvelles venues.

      • Morbleu ! monsieur le nouveau venu, qui faites l'homme d'importance, ce n'est pas votre affaire Molière, l'Av. III, 6
      • Comme il n'y avait quasi que moi de nouvelle venue, il [le roi] eut quelque plaisir de voir mes sincères admirations sans bruit et sans éclat Mme de Sévigné, 521
      • Si les femmes cherchent à donner du ridicule à une nouvelle venue, il est sûr qu'elle est plus jolie qu'elles Voltaire, Facéties, sur l'Encyclopédie.
  8. 8Le premier venu, la première venue, celui, celle qui arrive avant les autres ; au pluriel, les premiers venus, les premières venues.

    • Fig. Toute personne indistinctement.

      • Vous me demandez qui sera mon médecin, quand je n'aurai plus le grand Tronchin ; je vous répondrai : personne ou le premier venu, cela est absolument égal à mon âge Voltaire, Lett. d'Argental, 24 janv. 1766
      • Il n'y a point de vent, madame, point de premier venu dans le monde Beaumarchais, Barb. de Sév. II, 4
    • Il se dit, en parlant des choses, de ce qui se trouve facilement, de ce qui tombe sous la main.

  9. 9Le dernier venu, la dernière venue, celui, celle qui arrive le dernier, celui, celle qui est admise le dernier, la dernière (au pluriel, les derniers venus, les dernières venues).

    • Et ces derniers venus auront droit de nous dire,Qu'ils auront en ces lieux établi notre empire ? Corneille, Sertor. II, 2
    • Ah ! vraiment, vous voilà bien plaisante avec votre amour maternel, quelle folie ! est-ce qu'on aime cela ?... M. de Grignan fait fort bien d'en être jaloux : vous le quittez, dit-il, pour le premier venu [un enfant nouveau-né] ; c'est pour le dernier venu qu'il veut dire Mme de Sévigné, 102
    • Le dernier venu a toujours raison A. DUVAL, Proj. de mar. sc. 1

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander