Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

venue dans le Littré

2 articles· 38 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· prononciation

1venue s. f. (ve-nue)

  1. 1Action de venir.

    • Sa venue en ces lieux cache quelque mystère Corneille, Sertor. v, 2
    • J'ai employé deux actes entiers à préparer la venue de mon scélérat Molière, Tart. Préf.
    • Je vois bien que je vous embarrasse, et que vous vous passeriez fort aisément de ma venue Molière, Festin, IV, 6
  2. 2L'arrivée d'un personnage sur la scène des événements.

    • Les nouvelles de sa venue [de Cyrus] venaient de loin à loin comme avait prédit Jérémie Bossuet, Hist. II, 4
    • La venue du Messie, son premier avénement.

      • Il y avait toujours au cœur de la Judée des hommes choisis qui prédisaient la venue de ce Messie, qui n'était connu que d'eux Pascal, Pens. XI, 5 bis, édit. HAVET.
      • Un des auteurs païens qui a le plus servi à faire croire que les oracles avaient cessé à la venue de Jésus-Christ, c'est Plutarque Fontenelle, Oracl. II, 1
    • La venue du Fils de l'homme, la seconde venue de Jésus-Christ, quand il viendra juger les vivants et les morts.

      • Cette révolution générale qui doit précéder la venue du Fils de l'homme Bourdaloue, 2e avent, Jugem. dern. p. 333
  3. 3Allées et venues, action d'aller et de venir plusieurs fois. Ses allées et venues dans la même maison.

    • Par extension, courses et démarches pour une affaire. Enfin, après bien des allées et venues, l'affaire se conclut.

    • Fig.

      • La nature de l'homme n'est pas d'aller toujours, elle a ses allées et venues Pascal, Pens. XXIV, 89
  4. 4Terme du jeu de quilles. Par opposition à rabat, premier coup de la boule, qui se joue en la poussant, en la jetant de l'endroit convenu.

  5. 5Fig. Quelque chose qui survient inopinément.

    • C'est que je vois que, sans nécessité, tu vas courir risque de t'attirer une venue de coups de bâton Molière, Fourber. III, 1
    • Populairement. Il en a eu d'une venue, on lui en a donné d'une venue, se dit d'un homme qu'on a maltraité, ou à qui il est arrivé quelque mésaventure, ou à qui on a gagné beaucoup d'argent.

  6. 6Fig. Il se dit de la manière de pousser des plantes. Ce cerisier est d'une belle venue.

    • La forêt, lorsqu'elle était en pleine venue.... Buffon, Hist. min. Introd. t. VII, p. 69
    • Fig. Il est d'une belle venue, se dit d'un jeune homme grand et bien fait.

    • Être tout d'une venue, se dit d'un homme grand et mal fait, d'une taille longue et droite qui n'est marquée ni aux épaules ni aux hanches.

      • [D'Huxelles] c'était un assez gros homme, tout d'une venue Saint-Simon, 116, 7
      • Et moi, mon cher époux, c'est bien pis, on me trouve tout d'une venue LEGRAND, la Nouveauté, sc. 12
    • Populairement. Il a la jambe tout d'une venue comme la jambe d'un chien, ou, simplement, il a la jambe tout d'une venue, se dit d'un homme qui n'a pas le gras des jambes marqué.

      • [M. de Vaudemont] une très bonne santé, la tête parfaite, la taille la plus belle du monde et fort haute, les jambes seulement tout d'une venue Saint-Simon, 52, 121
  7. 7À la bonne venue, au hasard, à la grâce de Dieu, quoi qu'il arrive.

Étymologie

Venu ; provenç. venguda. On trouve aussi au XVe siècle venure.

2venu, ue part. passé (ve-nu, nue)

  1. 1Qui s'est transporté d'un lieu à un autre. Venu à Paris.

    • Qui a été transporté d'un lieu à un autre. Des marchandises venues de loin.

  2. 2Succédant selon l'ordre du temps. L'heure venue, il prit congé.

    • Le printemps venu, il rassembla toutes ses forces à Éphèse Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 257, dans POUGENS
  3. 3Né, issu.

    • À peine fut-il assuré du trône, qu'il fit tuer tous ses frères venus du mariage de son père avec une fille d'Antiochus Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 545, dans POUGENS
    • J'ai commencé par choisir, dans un canton de mes bois, cent chênes.... afin d'avoir du bois venu en même terrain Buffon, Hist. nat. Part. exp. t. VIII, p. 168
  4. 4Mal venu, qui n'a pas bien crû, bien poussé. Un enfant mal venu.

  5. 5Mal venu, se dit d'une opération qui n'a pas réussi. Épreuve mal venue. Statue en fonte mal venue.

  6. 6Bien venu, bien accueilli. Être bien venu partout.

    • Soyez le bien venu, la bien venue, formule de politesse qu'on adresse à une personne qui arrive.

    • On écrit aussi bienvenu, bienvenue en un seul mot.

    • Bien venu de, bien accueilli par.

    • Être bien venu à, trouver facilité à.

      • Nul n'est si bien venu à demander des grâces pour lui-même que pour un autre ; ainsi celui qui désire en obtenir tâche d'engager un autre à parler pour lui J.-J. Rousseau, Hél. IV, 10
    • Mal venu, mal accueilli.

      • Au hasard d'être la mal venue Corneille, Mélite, IV, 2
      • Je ne suis pas mal venu dans la maison J.-J. Rousseau, Ém. v.
    • Être mal venu à, s'exposer à une réprimande, à une résistance, etc.

    • Dans le même sens, ironiquement, être bien venu.

      • Vous n'aviez qu'à le faire, vous auriez été bien venu ! Molière, G. Dand. I, 6
      • Qu'on s'avise de remarquer en eux quelques-uns des défauts dont ils se reprennent, on y sera bien venu Diderot, Père de famille, I, 12
  7. 7Nouveau venu, nouvellement arrivé.

    • Substantivement. Un nouveau venu. Une nouvelle venue. Les nouveaux venus. Les nouvelles venues.

      • Morbleu ! monsieur le nouveau venu, qui faites l'homme d'importance, ce n'est pas votre affaire Molière, l'Av. III, 6
      • Comme il n'y avait quasi que moi de nouvelle venue, il [le roi] eut quelque plaisir de voir mes sincères admirations sans bruit et sans éclat Mme de Sévigné, 521
      • Si les femmes cherchent à donner du ridicule à une nouvelle venue, il est sûr qu'elle est plus jolie qu'elles Voltaire, Facéties, sur l'Encyclopédie.
  8. 8Le premier venu, la première venue, celui, celle qui arrive avant les autres ; au pluriel, les premiers venus, les premières venues.

  9. 9Le dernier venu, la dernière venue, celui, celle qui arrive le dernier, celui, celle qui est admise le dernier, la dernière (au pluriel, les derniers venus, les dernières venues).

    • Et ces derniers venus auront droit de nous dire,Qu'ils auront en ces lieux établi notre empire ? Corneille, Sertor. II, 2
    • Ah ! vraiment, vous voilà bien plaisante avec votre amour maternel, quelle folie ! est-ce qu'on aime cela ?... M. de Grignan fait fort bien d'en être jaloux : vous le quittez, dit-il, pour le premier venu [un enfant nouveau-né] ; c'est pour le dernier venu qu'il veut dire Mme de Sévigné, 102
    • Le dernier venu a toujours raison A. DUVAL, Proj. de mar. sc. 1

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander