Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

école dans le Littré

1 article· 34 citations· rimes· synonymes

école s. f. (é-ko-l')

  1. 1Établissement où l'on enseigne les éléments des lettres, des sciences, des arts. Ouvrir une école. Maître d'école. École de dessin. École primaire.

    • .... Les loups de son temps n'allaient point à l'école Régnier, Sat. III
    • Écoles chrétiennes, écoles instituées au commencement du XVIIe siècle par Lasalle pour les enfants pauvres.

    • Écoles charitables, institut pour enseigner aux enfants à lire, à écrire et à connaître, aimer et servir Dieu ; il fut fondé en 1686 par un minime d'Amiens, le P. Barri.

    • Tenir école, enseigner.

    • Il en tiendrait école, c'est-à-dire il sait très bien cela.

    • Renvoyer quelqu'un à l'école, lui faire sentir son ignorance.

    • Faire l'école buissonnière, manquer la classe en parlant d'un écolier, et, figurément, manquer à des exercices, à des fonctions (voy. BUISSONNIER).

    • Prendre le chemin de l'école, prendre le chemin le plus long.

    • Dire les nouvelles de l'école, découvrir le secret d'une compagnie, d'une coterie, dire ce qu'il faudrait taire.

  2. 2Établissement d'un ordre plus élevé ou d'un ordre plus spécial. Entrer à l'École polytechnique, à l'École normale.

    • Réformer le corps des sciences ou l'ordre établi dans les écoles pour les enseigner Descartes, Méth. II, 2
    • Il me semblait n'avoir fait autre profit, en tâchant de m'instruire, sinon que j'avais découvert de plus en plus mon ignorance ; et j'étais en l'une des plus célèbres écoles de l'Europe, où je pensais qu'il devait y avoir de savants hommes, s'il y en avait en aucun endroit de la terre Descartes, ib. I, 6
    • Il y en eut [des prisonniers suédois transportés en Sibérie] qui enseignèrent les langues, les mathématiques ; ils y établirent même des écoles publiques qui, avec le temps, devinrent si utiles et si connues, qu'on y envoyait des enfants de Moscou Voltaire, Charles XII, 4
    • École centrale, nom des écoles publiques créées dans chaque département par la Convention en 1795.

    • École centrale des travaux publics, nom primitif de l'École polytechnique, en 1795.

    • Aujourd'hui, École centrale des arts et manufactures, établissement où l'on forme des ingénieurs civils.

    • École polytechnique, école où l'on donne une instruction générale dans les sciences mathématiques, physiques et chimiques à des jeunes gens pour les préparer à différents services publics, civils et militaires.

    • École normale, établissement où l'on forme les jeunes gens pour le professorat dans les lycées.

    • École de St-Cyr, établissement où l'on forme des officiers pour l'infanterie et la cavalerie.

    • Écoles d'application, nom donné en général aux écoles spéciales dans lesquelles ne sont admis que les sujets qui ont terminé leurs études générales. École d'application du corps d'état-major, école destinée à former des officiers pour le service de l'état-major. École d'application du génie maritime, école destinée à former des ingénieurs pour la construction des vaisseaux et les travaux de la marine. École d'application d'artillerie et du génie, école de Metz qui ne reçoit que des jeunes gens sortant de l'École polytechnique et qui forme des officiers pour l'artillerie et le génie.

    • École des arts et métiers, établissement où l'on enseigne les arts mécaniques.

    • École des beaux-arts, école où l'on enseigne la peinture, la sculpture et l'architecture.

    • En parlant du vaisseau sur lequel est établie l'école de marine, on dit le vaisseau-école. Il est professeur sur le vaisseau-école.

  3. 3Le local où l'école est établie.

  4. 4Par extension, tous les élèves d'une école. Toute l'école est à la promenade.

    • Les écoles, les élèves des écoles de droit, de médecine, polytechnique, normale, etc.

  5. 5Terme militaire. École de peloton, école de bataillon, les exercices de peloton, de bataillon.

  6. 6Fig. Se dit de ce qui forme ou éclaire par l'expérience.

  7. 7Manière, ton d'écolier ; manières gauches, pédantes. Il sent l'école.

  8. 8Enseignement de la théologie et de la philosophie suivant la méthode et les principes des écoles du moyen âge. Saint Thomas d'Aquin est appelé l'ange de l'école.

    • J'userai, s'il vous plaît, librement des mots de l'école Descartes, Méth. IV, 4
    • Philippe Auguste aima les lettres, accueillit et protégea les savants ; les écoles de Paris devinrent célèbres ; on y accourut des provinces et des pays étrangers ST-FOIX, Ess. Paris, Œuvres, t. III, p. 16
  9. 9Secte ou doctrine de quelque philosophe ou docteur célèbre. L'école de Platon, d'Aristote. L'école d'Hippocrate.

    • Il sortit de l'école de Pythagore d'illustres disciples qui firent un honneur infini à leur maître Rollin, Hist. anc Œuvres, t. III, p. 473, dans POUGENS
  10. 10Caractère commun à des œuvres d'art, de littérature ou de science. L'école classique. L'école romantique. L'école de Port-Royal. L'école de Voltaire.

    • École flamande, école d'Italie, école française, etc. suite de peintres célèbres qui ont travaillé dans le goût de ces pays, et dont la plupart étaient Flamands, Italiens, Français, etc.

    • Faire école, se dit d'un homme de lettres, d'un artiste dont le genre ou la manière ont des imitateurs.

    • En termes de musique. Il y a de l'école dans ce chœur. C'est un morceau d'école.

  11. 11École historique, manière d'écrire l'histoire où l'on cherche surtout à déduire les causes et l'enchaînement des événements, la suite des institutions et l'état des mœurs, par opposition à école descriptive, laquelle s'occupe surtout de raconter.

    • En Angleterre, l'école historique éprouvait le besoin de donner à toutes choses, non pas la régularité formaliste du dix-septième siècle, mais une sorte de justesse philosophique VILLEMAIN, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 4e leç.
    • École historique, opinion qui veut faire prévaloir dans la politique les données de l'histoire. École historique, se dit souvent par opposition à école rationaliste ou école philosophique.

  12. 12Terme de manége. Ce cheval a de l'école, il a été dressé au manége.

    • Basse école, les exercices par lesquels les élèves apprennent à monter à cheval.

    • Haute école, les exercices de la voltige.

    • Cheval hors d'école, cheval qui a oublié son exercice.

    • Pas d'école, allure employée pour modérer l'ardeur d'un jeune cheval.

  13. 13Terme de trictrac. Faire une école, oublier de marquer les points que l'on gagne, ou en marquer mal à propos.

    • Mettre à l'école, marquer l'école, marquer pour soi les points que l'adversaire a oublié de marquer ou a marqués de trop. On ne compte pas, on ne marque pas l'école de l'école, c'est-à-dire que, si l'adversaire a oublié de marquer une école, on ne peut pas compter cette école.

    • Fig. Il a fait une école, il a fait une faute de conduite.

    • Par exclamation. Quelle école ! c'est-à-dire, quelle sottise !

  14. 14École d'artillerie, école qui comprend les établissements, le matériel et le personnel nécessaires à l'instruction des officiers et des troupes de l'artillerie.

  15. 15Terme de pêche. Rassemblement des morues pour frayer.

    • La saison de la pêche [de la morue] est ordinairement en janvier et mai ; une immense école se réunit au mois de janvier à George-Bank sur un fond vaseux pour frayer.... une autre école se forme dans la même intention au mois d'avril au cap Breton, et une troisième dans la baie de Fundy Journ. offic. 11 juill. 1876. p. 5028, 3e col.

Étymologie

Wallon, sicoll, sukall ; provenç. escola ; espagn. escuela ; ital. scuola ; du latin schola, du grec σχολὴ, temps de loisir, de repos, et, par suite, temps donné aux travaux d'esprit. C'est par ellipse qu'on a dit école au trictrac pour exprimer la faute : l'expression pleine était envoyer à l'école, parce que, les coups étant très variés à ce jeu, il faut avoir une très grande habitude pour ne rien oublier. On a dit ensuite école pour l'oubli qui faisait renvoyer à l'école, puis faire une école, compter une école, l'école de l'école, etc. de là le mot a passé dans le langage général.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander