Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Lyncée

Gaspard Abeille· créée en 1678, imprimée en 1681· 5 actes· 1 496 vers· 7 personnages

Représenté pour la première fois le 25 février 1678 à l'Hôtel de Bourgogne.

Personnages

  • DANAÜS, presque époux d'Erigone
  • ÉRIGONE, promise à Danaüs
  • IPHIS, fils d'Erigone et amant d'Hypermestre
  • LYNCÉE, Amant d'Hypermestre
  • HYPERMESTRE, fille de Danaüs, Amante de Lyncée
  • LYCASTE, Gouverneur d'Iphis
  • DIRCÉ, Confidente d'Erigone

ACTE I.

SCÈNE I. Érigone, Iphis.

IPHIS

Madame...

SCÈNE II. Érigone, Dircé.

ÉRIGONE

Venez Dircé.

ÉRIGONE

Il le croit, ce plaisir, Dircée, lui doit suffire, Et si j'obtiens du Ciel la faveur que j'attends, Il n'aura pas celui de s'en flatter longtemps.

Dircée : Dans la mythologie grecque, femme de Lycos, régent de Thèbes. Suppliciée par l'attachement à la queue d'un taureau indompté et démembrée sur des rochers.

ÉRIGONE

Hypermestre l'engage, Dircé. Peut il en moi rien voir que d'ennuyeux, Et l'amour aux amants laisse-t-il de bons yeux ? Il est vrai jusqu'ici j'ai caché ma pensée, Ma constance au besoin ne m'a point délaissée, Il ne m'est échappé que des soupirs perdus, Que Lyncée a causés et n'a pas entendus. Il est temps de parler ; Dircé, je sais ton zèle, Aujourd'hui j'en demande une preuve nouvelle. Admire où me conduit le caprice du sort : De tous mes ennemis j'ai conspiré la mort, L'amour a fait tomber Danaüs dans ma chaîne, Ses neveux sont venus chercher ici ma haine, Je les ai de l'Afrique attirés sous mes coups, J'allais laisser sur eux répandre mon courroux ; Déjà dans chaque Prince envisageant ma proie, De leur trépas futur je prévenais la joie, Et je considérais d'un regard curieux, Par quel endroit chacun m'était plus odieux. À peine hélas ! Mes yeux virent ceux de Lyncée, Que d'un trait imprévu je me sentis blessée ; L'ardeur de le revoir croissait de jour en jour, J'y cherchais de la haine et j'y pris de l'amour. Ah qu'il m'a fait sentir des coups bien plus sévères, Que tous ceux qu'en secret je prépare à ses frères ! Ma vengeance dès lors fut pour moi sans plaisir, Des qu'il me regardait j'en perdais le désir, J'aurais tout pardonné. Mais son indifférence Vient soutenir ma haine et hâter ma vengeance, Ils périront. Lui seul plus coupable qu'eux tous, Puis je le dérober moi-même à mon courroux ? Oui, c'est par là qu'il faut que mon amour éclate, Que le poids du bienfait accable une âme ingrate, Qu'au milieu de l'horreur du plus affreux trépas, Au centre du péril je conduise ses pas, Et que là ma pitié lui permettant de vivre, Pour prix d'un tel effort son coeur au mien se livre ; Ou que, s'il m'y contraint, pour prix de ses dédains, Moi-même je le livre à ses cruels destins. C'est là Dircé qu'il faut signaler ta prudence, L'aller trouver...

SCÈNE III. Danüs, Érigone.

ACTE II

SCÈNE I. Lyncée, Hypermestre.

SCÈNE II. Danaüs, Lyncée, Hypermestre.

SCÈNE III. Danaüs, Hypermestre.

HYPERMESTRE

Ô Dieux !

SCÈNE IV.

ACTE III

SCÈNE I. Érigone, Dircé.

SCÈNE II. Iphis, Érigone.

SCÈNE III. Danaüs, Érigone.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Érigone, Dircé.

SCÈNE VI. Lyncée, Érigone, Dircé.

LYNCÉE

Hypermestre.

SCÈNE VII. Hypermestre, Lyncée.

ACTE IV

SCÈNE I. Danaüs, Iphis, un Garde.

Scène II. Danaüs, Hypemestre, un Garde.

SCÈNE III. Iphis, Danaüs, Hypemestre.

DANAÜS

Ô Dieux !

SCÈNE IV.

DANAÜS

Ô vous, par mes hauts faits si longtemps soutenues, Grandeur, gloire, vertu, qu'êtes vous devenues ? Barbare Danaüs, où me vois je réduit ? Vois je le jour après cette sanglante nuit ? Tyran couvert du sang des plus nobles familles, Bourreau de mes neveux, séducteur de mes filles, Criminel tant de fois haï dans tous les coeurs, Et ce qui de mes jours va combler les horreurs, Après tant d'attentats, de coups illégitimes, Malheureux, et privé du fruit de tous mes crimes, Qu'ai je fait, et quel prix me suis je proposé ? Un seul coeur qu'à aimer je croyais disposé ; L'ardeur de cet amour m'a fait aimer la vie, C'est à cet amour seul que je vous sacrifie : Filles, neveux, sujets, grandeur, gloire, vertu. Amour, cruel amour, m'abandonnerais-tu ? Érigone oubliant sa conduite passée, Aurait elle tourné ses regards vers Lyncée ? Et par quelle autre voie aurait-il donc appris, Que c'est par ses conseils que j'ai tout entrepris, Qu'hier même à l'aspect de cette nuit sanglante, Elle enhardit au coup mon âme chancelante ? La perfide a tout dit, son crime est trop certain, Roi, père, amant, je hais et j'aime donc en vain. Je hais ; mon ennemi prêt à subir sa peine, Par une fille impie, est soustrait à ma haine ; J'aime ; et l'objet fatal dont je me crois vainqueur, Offre à mon ennemi l'empire de son coeur. Qui de vous, fille ingrate et maîtresse infidèle, Ou me fut la plus chère ou m'est la plus cruelle. Vains oracles à qui je me suis trop soumis, Pourquoi me cachiez vous mes plus grands ennemis ? Je fuis des assassins dont la mer me sépare, Et tiens à mes côtes une fille barbare, Une amante perfide et je vois en un jour, S'élever contre moi la nature et l'amour. Et bien bravons aussi l'amour et la nature, Étouffons pour jamais leur insolent murmure, Je ne veux plus chez moi de tyrans absolus, J'étais amant et père et je ne le suis plus.

SCÈNE V. Danaüs, Érigone.

SCÈNE VI. Lycaste, Danaüs.

ACTE V

SCÈNE I. Érigone, Iphis.

IPHIS

Madame...

SCÈNE II.

SCÈNE III. Danaüs, Hypermestre, Érigone.

DANAÜS

Demeurez.

SCÈNE IV. Hypemestre, Érigone.

SCÈNE V. Érigone, Hypemestre, Lycaste, Dircé.

HYPERMESTRE

Juste Ciel !

SCÈNE VI et DERNIÈRE. Lyncée, Hypermestre.

1 496 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0