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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Ou le Mort Supposé

Les Etourdis

François Andrieux· créée en 1816, imprimée en 1788· 3 actes· 1 140 vers· 9 personnages

Représentée pour la première fois, au Théâtre Français, par les comédiens ordinaires de l'Empereur, le 6 mars 1816.

Personnages

  • MONSIEUR DAIGLEMONT, oncle. M. COURCELLES
  • DAIGLEMONT, son neveu. M. RAYMOND
  • FOLLEVILLE, M. GRANGER
  • JULIE, fille de M. Daiglemont. Mlle. CARLINE
  • L'HÔTESSE, Mme GONTHIER
  • DESCHAMPS, M. VALLEROY
  • JOURDAIN, M. PERIGNY
  • MICHEL, M. THOMASSIN
  • UN VALET

ACTE PREMIER

Le Theâtre représente un salon. Sur l'un des côtés une porte qui donne dans un cabinet.

SCÈNE I. Daiglemont, Folleville.

DAIGLEMONT

Fort mal.

FOLLEVILLE, déclamant

Non ; pour être approuvés, De semblables desseins veulent être achevés.

Mithridate, Acte III, Scene 1. [v. 789-790]

SCÈNE II. Folleville, Daiglemont, Deschamps entre, une lettre à la main.

DESCHAMPS

Non, Monsieur.

À Folleville.

C'est pour vous.

FOLLEVILLE, qui a décacheté, dit avec joie :

Nous sommes trop heureux, mon pauvre Daiglemont. Embrasse-moi.

DAIGLEMONT

Pourquoi ?

FOLLEVILLE

Tu peux voir.

DAIGLEMONT

De mon oncle ?

DAIGLEMONT

Mais comment ?

FOLLEVILLE

Lui même.

FOLLEVILLE

Je le pense.

FOLLEVILLE

Un peu.

SCÈNE III. Daiglemont, Deschamps.

DESCHAMPS

Bon.

DESCHAMPS

Quoi ?

SCÈNE IV.

SCÈNE IV. Daiglemont, Deschamps.

DAIGLEMONT

C'est bon.

SCÈNE VI.

DAIGLEMONT, seul

Faisons notre travail. Justement, c'est Jourdain Dont le compte d'abord me tombe sous la main. Voyons-le. « Dix coupons de belle mousseline ; « Trente aunes de basin, cent-vingt de toile fine. » Je n'en ai pas levé de quoi faire un mouchoir ; J'achetais le matin pour revendre le soir... « Total, six_mille_francs », Juif, comme tu me voles ! C'est beaucoup si j'en ai tiré deux cents pistoles... Allons ; mettons-nous bien en situation ; Prêchons à mon voleur la restitution.

Il se met à écrire.

- Bon ! Superbe début ! C'est un trait de génie ! - Écrivons gravement ; je suis à l'agonie. - L'écriture tremblée. - Il n'aura nul soupçon. - Mon épître vaudra celles de Cicéron. - Cela va bien. - Oui. - C'est ainsi qu'il faut s'y prendre. - Quel ton persuasif ! - Monsieur_Jourdain doit s'y rendre. Relisons. « Vieux coquin, dans une heure au plus tard, Je serai mort ; adieu. Toute rancune à part, Je veux bien te donner des avis salutaires. Amende-toi, renonce à tes gains usuraires ; Songe qu'en l'autre monde, où je vais aujourd'hui On est fort mal reçu, chargé du bien d'autrui. Je crois pouvoir, sans qu'on me blâme, De ton mémoire au moins retrancher la moitié : Ce que j'en fais, mon cher, c'est par pure amitié, Et pour le salut de ton âme. De ton mémoire ainsi réduit, Mon oncle recevra copie ; Il te paiera sans scandale et sans bruit : Mais si, pour ton malheur, il te prend fantaisie De vouloir contester, tu peux compter, vieux fou. Qu'exprès je reviendrai pour te tordre le cou ».

SCÈNE VII. Daiglemont, Deschamps.

MONSIEUR DAIGLEMONT, oncle, derrière le Théâtre

Entrons dans la maison.

DESCHAMPS

Votre oncle ?

DAIGLEMONT

Eh ! Vite, cachons-nous.

Ils emportent les papiers, et se sauvent dans le cabinet.

SCÈNE VIII. Monsieur Daiglemont, Julie, L'Hôtesse.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Tant mieux.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Non.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Ne puis-je pas le voir ?

MONSIEUR DAIGLEMONT, tourne la clef et ne peut pas ouvrir

Eh bien donc.

L'HÔTESSE

Poussez ferme.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Mais je crois qu'on retient la porte.

On met un verrou en dedans.

Ah ! L'on s'enferme,

SCÈNE IX. L'Hotesse, Julie.

SCÈNE X. L'Hotesse, Julie, Deschamps fort du cabinet.

SCÈNE XI. L'Hotesse, Dëschamps.

L'HÔTESSE

Oui, vraiment.

L'HÔTESSE

Vous me flattez.

ACTE II.

SCÈNE I.

SCÈNE II. Folleville, Monsieur Daiglemont.

MONSIEUR DAIGLEMONT, entrant tout d'un coup par un autre côté

Me voici..

MONSIEUR DAIGLEMONT

Vous le voyez ; moi-même.

FOLLEVILLE

Moi ? Non.

FOLLEVILLE

Vous croyez ?

MONSIEUR DAIGLEMONT

J'en suis sûr.

FOLLEVILLE

Pas beaucoup.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Je vous suis obligé.

FOLLEVILLE

Vous serez mal ici ; la maison est mesquine.

Mesquin : Qui est de pauvre et chétive apparence. [L]

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Folleville, Daiglemont, Deschamps.

FOLLEVILLE, va à la porte du cabinet

Hé, notre ami, sais-tu que ton oncle lui-même...

DAIGLEMONT

Je le crois.

DAIGLEMONT

Quel est-il ?

FOLLEVILLE

Je l'espère.

DAIGLEMONT

Pas encore.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Monsieur Daiglemont, Deschamps.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Tu servais mon neveu ?

SCÈNE VII. Monsieur Daiglemont, Deschamps, Folleville sort du cabinet.

SCÈNE VIII. Monsieur Daiglemont, Folleville.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Comment l'entendez-vous ?

MONSIEUR DAIGLEMONT

Oui ? Comment ?

MONSIEUR DAIGLEMONT

Vous me le remettrez ?

MONSIEUR DAIGLEMONT

C'est bon.

SCÈNE IX. Les mêmes, Julie.

SCÈNE X.

SCENE XIII. Julie, DAIGLEMONT fort du cabinet.

La numérotation des scènes est incorrecte. La scène 13 est le onzième.

SCÈNE XIV. Julie, Daiglemont, L'Hôtesse.

L'HÔTESSE

Voyons donc.

SCÈNE XV. L'Hotêsse, Julie.

JULIE, souriant

Mais je le crois aussi.

ACTE III

SCÈNE I.

SCÈNE II. Monsieur Daiglemont, Folleville, Monsieur Jourdain, Monsieur Michel, Julie.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Eh ! Que faisais-tu là ?

MONSIEUR DAIGLEMONT

Bonjour.

SCÈNE III. Les précédents, excepté Julie.

MICHEL

Bien vu.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Décidément ?

JOURDAIN

Très fort.

SCÈNE IV. Jourdain, Michel.

MICHEL

Un peu ?

JOURDAIN

Mais.

DAIGLEMONT dans le cabinet, sans montrer, et grossissant sa voix

Vous êtes un fripon.

DAIGLEMONT, de même

Vous êtes un coquin.

SCÈNE V. Jourdain, Michel, Daiglemont sort du cabinet, souffle les bougies ; on baisse les lampes ; le théâtre est dans l'obscurité.

DAIGLEMONT

Scélérats !

Jourdain et Michel tombent par terre de frayeur.

SCÈNE VI. Jourdain, Michel.

SCÈNE VII. Les mêmes, Monsieur Daiglemont. Un Valet l'éclaire ; on relève les lampes.

MONSIEUR DAIGLEMONT

J'ai cru ma fille ici.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Eh ! Qui ?

MONSIEUR DAIGLEMONT

Comment ?

MONSIEUR DAIGLEMONT

Mais comptez donc votre or.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Adieu, Messieurs.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX. Monsieur Daiglemont, L'Hôtesse.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Très satisfait.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Adieu.

SCÈNE X.

SCÈNE XI. Monsieur Daiglemont, Deschamps.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Fourbe !

DESCHAMPS, bas

Plus haut.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Coquin !

MONSIEUR DAIGLEMONT

Bas.

Si ; cela fera bien.

Haut, en le rossant.

Tiens ; voilà ton salaire.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Non.

MONSIEUR DAIGLEMONT

Sors vite, ou je t'assomme !

SCÈNE XII. Monsieur Daiglemont, Julie.

SCÈNE XIII. Monsieur Daiglemont, Julie, Folleville.

MONSIEUR DAIGLEMONT, à Folleville

Ah ! Ah ! c'est vous, Monsieur ?

À Julie.

Tu sors ?

FOLLEVILLE

Oui ?

FOLLEVILLE

Monsieur !...

FOLLEVILLE, avec vivacité

Lui, Monsieur ?

SCÈNE XIV et DERNIÈRE. Les mêmes, Daiglemont sort ducabinet ,et se présente à son oncle d'un air humilié.

1 140 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica