Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Ou l'Intéressée

La Rapinière

Barquebois· créée en 1692, imprimée en 1683· 5 actes· 1 822 vers· 15 personnages

Représentée pour la première fois le 27 Février 1692 au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain.

Personnages

  • LA RAPINIÈRE, Fermier général des droits de la République de Gênes, amoureux de Léonore, tuteur du frère et de la soeur
  • DORANTE, frère de Léonore, amant d'Isabelle
  • LÉONORE, soeur de Dorante, amante de Fernand
  • FERNAND, frère d'Isabelle, amant de Léonore
  • ISABELLE, soeur de Fernand, amante de Dorante
  • MONSIEUR LE BLANC, sous-Fermier
  • BÉATRIX, suivante de Léonore
  • LA ROCHE, Commis de Monsieur la Rapinière
  • JASMIN, valet de Fernand et Commis de Monsieur La Rapinière
  • MASCARILLE, autre valet de Fernand
  • LA FLEUR, Sergent de la Compagnie de Fernand
  • LE CLERC DU NOTAIRE
  • UN CROCHETEUR
  • OLIVE, blanchisseuse
  • UNE PAYSANNE
PRÉFACE

Il est bien difficile de reprendre les vices et de plaire en même temps aux vicieux. Quelque air que l'on emploie pour cacher l'amertume de la censure, les personnes qui trouvent quelque utilité dans leurs défauts n'écoutent que la voix de leurs passions, et font comme ces malades cacochymes qui ne pouvant faire un bon usage des remèdes, à cause de leur mauvais tempérament, insultent à l'art du Médecin, et rejettent sur lui la cause de leurs maladies incurables.

C'est pourtant le but de la Comédie de purger les passions, c'est à dire de corriger les défauts en divertissant. Horace a bien remarqué de quelle conséquence était cette manière de reprendre : et notre Satyrique moderne allant encor plus avant, a bien osé dire :

Et qui ne craint point Dieu, craint Tartuffe et Molière.

Cette entreprise est d'autant plus difficile que le nombre de ceux qu'on attaque est grand et d'autan plus hasardeuse, que ces gens sont puissants par leur intrigues et par les raisons qui attachent plusieurs personnes de crédit à leurs intérêts.

Qn m'a donné avis que de certaines gens, qui ont cru être intéressés dans la représentation de cette pièce ont employé tout ce qu'ils avaient de pouvoir et d'amis pour la faire défendre, ou du moins pour en empêcher la réussite. Mais malgré leur cabale, je puis dire sans vanité, que jamais Piece n'a plus diverti la Cour depuis longtemps, et l'on en a vu fort peu de cette espèce dans Paris, qui ait eu une plus grande affluence d'auditeurs.

Les Critiques de profession, qui se sont fait une habitude de ne rien approuver, avouent qu'à la vérité il y a de fort beaux endroits dans cette pièce, mais qu'il y en a de bien faibles. À cela, je réponds que le théâtre est un tableau, où l'on représente les moeurs et les actions des hommes, que c'est le contraste et le prudent ménagement des clairs et des ombres qui fait la beauté d'un tableau, et que si tout y était d'une égale force, on n'y discernerait plus ni reliefs, ni contours, ni saillie, ni enfoncement ; mais ce ne serait plus qu'une peinture plate, désagréable et sans goût. Ils disent que les actions qui finissent les II. III. et IV. Actes sont trop triviales, plus propres pour le théâtre des Italiens, que pour celui des Français, et que je pouvais facilement m'exempter de les y faire paraître. Et moi j'ai cru que mes valets déguisés devoient faire ainsi des fourberies burlesques à des fripons de Commis, qui veulent sans aveu, faire des exactions impertinentes et ridicules. D'ailleurs, la scène étant en Italie, j'ai trouvé à propos de suivre le génie du pays.

Je sais que bien des gens ont fait de malicieuses applications de mes pensées à plusieurs personnes qui sont dans les Fermes du Roi, et qu'ils ont cru en voir des portraits fort fidèles. Mais je leur déclare que je ne connais pas un de ces Messieurs, et que si j'ai rencontré à les faire ressembler, c'est un pur effet d'hasard.

D'autres prétendent que les exactions qu'y font les Commis, sortent du vraisemblable et qu'elles sont trop outrées. À cela, je réponds que l'Italie est le berceau te l'Académie des Impôts ; qu'il n'y a point d'Etat dans l'Europe, où ils se payent avec tant d'exactitude, et que s'ils avaient eu le Chapitre des Richesses de Gênes, ils y auraient vu que *des moindres choses qui entrent dans Gênes, prises des jardins et des vignes, on en paye le droit au Prince et à la Seigneurie.

* Daviti chap. de Genes.

ACTE I

SCÈNE I. Fernand, Dorante.

FERNAND

Non.

FERNAND

J'entends.

DORANTE

Appelez-les.

SCÈNE II. Fernand, Dorante, Mascarille, Jasmin.

MASCARILLE

Mon Maître.

JASMIN

D'accord.

FERNAND, à Dorante

Hé bien ?

DORANTE

Oui.

JASMIN

Non. J'en connais seulement la demeure et le nom, Pour avoir quelquefois par l'ordre de mon Maître, Été vous y trouver, ce que j'en puis connaître. De plus, c'est son renom d'insigne maltôtier, Et de Fesse-Mathieu, c'est-à-dire usurier, D'être en argent comptant un Crésus, mais plus chiche, Et plus vilain cent fois encore qu'il n'est riche. Mais pardon, car peut-être est-il de vos amis.

Maltôtier : est celui qui éxige des droits qui ne sont point dûs, ou qui sont imposés sans autorité légitime. [T]

Fesse-mathieu : On appelle ainsi Un usurier, un homme qui prête sur gage. [Acad. 1762]

Crésus : Homme extrêmement riche. [L]

JASMIN

De ses Commis, Monsieur ? Quoi, de ces rats de caves ?

Rat de cave : On appelle ironiquement rat de cave, un Commis des Aides qui va visiter et marquer les tonneaux des Cabaretiers, pour en faire payer le Gros et le Huitième. [T]

SCÈNE III. Fernand, Mascarille.

FERNAND

Oui, toi.

MASCARILLE

Bon !...

MASCARILLE

Quoi ?

FERNAND

Oui.

FERNAND

Après.

SCÈNE IV. Fernand, Mascarille, La Fleur.

LA FLEUR

Tu vois, Morguié, tout prêt à boire quatre coups. Je suis depuis dîné, venu sans boire goutte, Et jamais je ne vis une si triste route.

Morguié : Altération pour Morgué qui une altération pou Morbleu. Sorte de jurement en usage même parmi les gens de bon ton.

LA FLEUR

Oui.

MASCARILLE

De certains bijoux qu'ils saisiront demain, Sans doute leur pourront affrioler la main.

Affrioler : Terme populaire. Affriander, attirer par quelque amorce de plaisir. [F]

FERNAND, à La Fleur après l'avoir lu

J'y répondrai demain.

MASCARILLE

Je vous demande encor, Par grâce, qu'aux dépens de ces gens de barrière, Vous nous laissez tous deux, un peu donner carrière.

Barrière : Bureaux établis aux portes et aussi à certaines limites de territoire pour la perception des droits d'entrée. [L]

Carrière : Donner carrière, laisser le champ libre. [L]

SCÈNE V. La Rapinière, Monsieur Le Blanc, Fernand.

MONSIEUR LE BLANC

Mais...

MONSIEUR LE BLANC

Non, Monsieur.

LA RAPINIÈRE

Hé bien donc ?

MONSIEUR LE BLANC

Le haut prix, Que...

MONSIEUR LE BLANC

Depuis quatorze mois.

LA RAPINIÈRE

Abus.

LA RAPINIÈRE

Abus.

MONSIEUR LE BLANC

Les pensions...

SCÈNE VI. La Rapinière, Fernand.

LA RAPINIÈRE, bas

Oui-da, pour m'affronter.

LA ROCHE, dans le Bureau

Oui, Monsieur.

LA RAPINIÈRE, à Fernand

Serviteur.

SCÈNE VII. La Rapinière, La Roche.

SCÈNE VIII. La Rapinière, Isabelle, Léonore.

LA RAPINIÈRE

L'on appelle ainsi dans la Romagne, Un cousin qui sur nous a le germain.

Romagne : Région italienne au nord de la Toscane sur l'Adriatique.

Germain : Cousin remué de germain, se disait autrefois pour cousin issu de germain. Substantivement. Il a le germain sur moi, il est cousin germain de mon père ou de ma mère.

ISABELLE

J'entends.

LA RAPINIÈRE

Vous ne connaissez point Le plaisir que l'on goûte, à gagner des pistoles.

Pistole : monnaie qui vaut dix francs.

LÉONORE

Moi ? Non.

LA RAPINIÈRE

Oh, oh !

LA RAPINIÈRE

Le goût du gain est bon, de quelque endroit qu'il vienne, Et pour moi j'eus toujours l'âme vespasienne.

Âme vespasienne : Quand on a l'âme vespasienne on ne pense pas à l'origine de ce qui nous rapporte de l'argent, mais à l'argent que cela nous rapporte.

LÉONORE

[De grâce], je vous prie . . . . . . . .

Ici il manque un début de vers de 9 pieds.

LÉONORE

Tant mieux.

LA RAPINIÈRE, bas

Tant pis.

LA RAPINIÈRE, bas

Tant pis.

LA RAPINIÈRE, haut

Tant pis.

LA RAPINIÈRE

Quelque jour...

SCÈNE IX. La Rapinière, La Roche, Un Crocheteur.

LA ROCHE

C'est un faquin, Monsieur, que j'ai surpris ici, Avecque ce quartaut.

Faquin : Crocheteur, homme de la lie du peuple, vil et méprisable. [F]

Quartaut : Petite pièce de vin qui contient le quart d'un tonneau, ou presque un demi-muid. {F]

LA RAPINIÈRE

Qu'est-ce ?

LE CROCHETEUR

Bon !

LA ROCHE

Serviteur.

ACTE II

SCÈNE I.

SCÈNE II. La Rapinière, Jasmin vêtu en Gentilhomme ruiné.

LA RAPINIÈRE, lit

Sur l'assurance que vous m'avez donnée, Monsieur, de m'obliger, quand vous en trouveriez l'occasion, vous voulez bien que Monsieur du Jasmin, notre ami, vous salue aujourd'hui de ma part, pour vous offrir ses services : C'est un Gentilhomme qui a autant de mérite, [que] de naissance, et que la fortune envieuse n'a pas nourri fort favorablement. Il aussi honnête homme qu'entendu dans les affaires ; et vous me ferez un sensible plaisir de l'employer. Je suis, Monsieur,

Votre Serviteur. HARPIN.

Oui-da. Vous avez eu déjà quelques emplois ?

JASMIN

Oui, Monsieur, j'ai longtemps contrôlé les Exploits.

Exploit : Acte que fait un huissier pour assigner, saisir, etc. [FC]

LA RAPINIÈRE

Quoi ?

SCÈNE III. La Rapinière, La Roche.

LA RAPINIÈRE

Hé bien ?

LA RAPINIÈRE le faisant passer à la gauche

Est-ce là votre place, incivil animal ?

LA ROCHE

J'ai saisi deux cochons, qui devant cette porte Couraient comme Sergents que le Démon emporte, Pour n'avoir pas payé les droits du Pied fourché.

Pied fourché : Droit qu'on lève aux portes de Paris : ainsi dit des boeufs, des vaches, des moutons, et autres bêtes qui ont le pied fourchu, sur lesquelles ce droit se lève. [Ménage]

LA RAPINIÈRE

Et le Maître ?

SCÈNE IV. La Rapinière, Léonore, Béatrix.

LA RAPINIÈRE

C'est assez d'avoir et brocard et tabis.

Brocard : Étoffe brochée de soie, d'or ou d'argent. [Acac. 1762]

Tabis : Sorte de gros taffetas ondé. [Acad. 1762]

LA RAPINIÈRE

Ce l'est là ?

SCÈNE V. Dorante, Fernand, Isabelle, Léonore, Béatrix.

LÉONORE

Oui.

FERNAND

Bien.

SCÈNE VI. Jasmin, La Roche, La Fleur en boulanger.

LA ROCHE

Comment ?

LA ROCHE

Hé bien ?

JASMIN, le retenant

Tu crois donc de la sorte échapper de ce lieu ? Ma foi, mon pauvre ami,

Il lui fait signe de donner de l'argent.

Tu sais peu le grimoire.

Grimoire : Livre dont on dit que les Magiciens se servent pour évoquer les démons, etc. On dit figurément et populairement, qu'Un homme sait le grimoire, entend le grimoire, pour dire, qu'Il est habile dans les choses dont il se mêle. [Acad. 1762]

LA FLEUR

Messieurs, pourrait-on pas, en vous donnant pour boire, S'il vous plaît, espérer un peu plus de douceur ?

Pour boire : Petite libéralité que l'on donne en sus du prix convenu et comme signe de satisfaction. [L]

LA FLEUR

Pour des hommes d'honneur. Messieurs, je vous lairrai de bon coeur la cassette ; Mais laissez-moi du moins emmener ma charrette : Que vous reviendrait-il de confisquer mon pain ?

Lairrer : Autrefois on disait, et aujourd'hui encore le peuple dit, je lairrai, pour je laisserai, je lairrais, pour je laisserais.

LA FLEUR

Tenez.

LA FLEUR

Encor ?

LA FLEUR

Oui Monsieur.

LA ROCHE

Serviteur.

LA FLEUR

Oui Monsieur.

SCÈNE VII. La Roche, Jasmin.

JASMIN

C'est un carré de toilette, Tout garni de bijoux.

Carré de toilette : Coffret où les femmes mettaient leurs peignes, etc. [L]

JASMIN

Donnez vite, voici nouvelle tablature.

Tablature : Arrangement de plusieurs lettres ou marques sur des lignes, pour marquer le chant à ceux qui chantent, ou qui jouent des instruments. On dit aussi figurément, Donner de la tablature à quelqu'un, pour dire, Lui donner de l'embarras, lui susciter quelqu'affaire fâcheuse. [Acad. 1762]

SCÈNE VIII. Jasmin, La Roche, Mascarille ivre.

MASCARILLE, chantant

Vous n'avez que du vent...

MASCARILLE

Je le crois que c'en est,

Après avoir vidé la bouteille.

Et d'une, voyons l'autre.

MASCARILLE

Ah ! Vous n'en croquerez, ma foi, que d'une [dent].

À Jasmin.

Parle donc mon ami, tu fais bien le fendant, Avec ton bel habit,

À l'autre bouteille en buvant.

Allons ma mignonne, entre Et cherche ta compagne.

Fandant : Celui qui veut se faire passer pour brave, se faire craindre. Faire le fendant. [L]

MASCARILLE, les faisant courir, chante

Un mitron de Gonesse Soupirant près d'un four...

Gonesse : Ville du nord de Paris, intégré à sa banlieue.

ACTE III

SCÈNE I. La Rapinière, Léonore, Béatrix.

LA RAPINIÈRE

Taisez-vous.

BÉATRIX, à Léonore

Répondez donc.

LA RAPINIÈRE, à Béatrix

Que raisonnez-vous là ?

BÉATRIX, bas à Léonore

Quoi, vous voulez toujours ici faire l'oison ? Et ne répondre rien ? Quoi, pour être en tutelle, Vous vous laisser mener...

Oison : Fig. et familièrement. Un oison, un homme, une femme sans intelligence, imbécile. [L]

LA RAPINIÈRE

Mais...

LA RAPINIÈRE

Moi.

LÉONORE

Vous ?

LA RAPINIÈRE

Quoi ?...

LA RAPINIÈRE

Ah Béatrix !...

LA RAPINIÈRE

Plutôt deux.

LA RAPINIÈRE

Tu crois donc...

SCÈNE II. Léonore, Béatrix.

LÉONORE

Pourquoi ?

SCÈNE III. Béatrix, La Roche, Jasmin.

JASMIN

Oui ?

SCÈNE IV. Jasmin, La Roche, Olive avec une hotte.

OLIVE

Hé...

LA ROCHE, à part

Ah ! Qu'entends-je ?

OLIVE

Chez nous ? Ils mangent du poisson cuit à la matelote. Quelquefois ces Monsieurs...

Matelote : Mets composé de plusieurs sortes de poissons apprêtés à la manière dont on prétend que les matelots les accommodent. [L]

JASMIN

Mais...

JASMIN

Hon...

SCÈNE V. Dorante, Isabelle, Fernand, Béatrix.

BÉATRIX

Mais, Monsieur, n'est-ce point de ces tours que Jeandève Pratiquait à Paris, ils y sentent la Grève Terriblement, ici, les Galères en moins.

La Grève : Place de Paris sur le bord de la Seine, à côté de l'hôtel de ville, où se faisaient les exécutions juridiques. [L]

DORANTE

Madame...

SCÈNE VI. Jasmin, La Roche.

SCÈNE VII. Jasmin, La Roche, Mascarille déguisé en vinaigrier.

MASCARILLE, criant

Au vinaigre, au verjus.

Il se met à travers de la porte.

Reposons-nous un peu.

MASCARILLE, criant

Moutarde.

MASCARILLE, se rangeant d'un côté

Je veux me reposer.

MASCARILLE

Mais...

MASCARILLE

Plaît-il ?

MASCARILLE

Comment ?

SCÈNE VIII. Jasmin, La Roche.

SCÈNE IX. Jasmin, La Roche, La Fleur en vendeur d'allumettes.

LA FLEUR

À part.

Voici mes alguazils.

Criant.

Voilà pour les fusils, les fusils, les fusils. Allumettes.

Parlant.

Messieurs, faut-il point d'allumettes.

Alguazil : C'est un mot Espagnol qui est connu depuis quelque temps en France pour signifier un Sergent ou Exempt. [F]

LA ROCHE

Oui, va-t'en.

LA ROCHE, regardant dans la boîte

Qu'est-ce donc que cela ?

LA ROCHE

Ah ! Bon Dieu, quel fracas !

Le feu prend aux pétards qui sont dans la boîte.

La Fleur s'enfuit, et les Commis courent après.

Arrête.

ACTE IV

SCÈNE I. Fernand, Léonore, Béatrix.

FERNAND

J'y consens.

LÉONORE

Volontiers.

BÉATRIX

Poussez votre fortune, Cela vaut fait, allez.

Cela vaut fait : Tenir lieu de, avoir la signification de. [L]

SCÈNE II. Dorante, Isabelle, Fernand, Léonore, Béatrix.

DORANTE

Bon.

SCÈNE III. La Rapinière, Dorante, Isabelle, Fernand, Léonore, Béatrix.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. La Rapinière, Jasmin, La Roche.

LA RAPINIÈRE

Qui ?

JASMIN

Voyons.

JASMIN

Oui-da, nous le pouvons, et j'en ferai le pleige.

Pleige : Caution judiciaire, qui s'oblige devant le Juge de représenter quelqu'un, ou de payer ce qui sera jugé contre lui. [F]

SCÈNE VI. Jasmin, La Roche.

JASMIN

Hem ?

SCÈNE VII. Jasmin, La Roche, Mascarille en Savoyard bossu.

JASMIN

Oui.

JASMIN, découvrant la fourberie

Ha, ha, fourbe aposté, vous jouez de ces tours ? Ha, ma foi, vous irez prisonnier dans les tours.

Aposté : Mettre quelqu'un en avant pour épier, surprendre, tromper, insulter, etc.

MASCARILLE, s'enfuyant

Oui, zeste.

SCÈNE VIII. Jasmin, La Roche.

SCÈNE IX. Jasmin, La Roche, La Fleur en Apothicaire.

JASMIN

Voyons.

LA ROCHE

On traite mal ici les gens qui sont si rogues. Et quel homme êtes-vous, pour refuser ainsi ?...

Rogue : Superbe, fier, altier, méprisant, peu courtois. [F]

LA FLEUR

Le miel ?

ACTE V

SCÈNE I. Jasmin, La Roche.

SCÈNE II. La Roche, Jasmin, Le Rôtisseur en Marquis dans une chaise.

LA ROCHE, aux porteurs

Arrêtez.

LE ROTISSEUR

Coquins !

LA ROCHE

Bas, bas.

LE ROTISSEUR, découvert

Ah ! Maudite canaille.

JASMIN

Vite la bandoulière.

Bandoulière : Large baudrier de cuir ou d'étoffe. Bandoulière d'un garde-chasse, d'un suisse. [L]

LE ROTISSEUR

Tenez.

SCÈNE III. La Rapinière, Dorante, Jasmin.

SCÈNE IV. La Rapinière, Jasmin.

LA RAPINIÈRE

Si fait.

JASMIN, à part

Bon, comme si l'amour se mêlait de maltôte.

Maltôte : Perception d'un droit qui n'est pas dû. [L]

LA RAPINIÈRE

C'est assez.

LA RAPINIÈRE

Et la collation ?

LA RAPINIÈRE

Quoi tout ?

JASMIN

Oui tout.

LA RAPINIÈRE

Sans doute.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. La Rapinière, Dorante, Léonore, Fernand, Isabelle, Béatrix.

SCÈNE VII. La Rapinière, Fernand, Léonore, Dorante, Isabelle, Jasmin, Béatrix, Le Clerc du Notaire.

LA RAPINIÈRE

Je le lirai, donnez.

LE CLERC

Tenez Monsieur, lisez.

À Dorante et Fernand.

Messieurs, cela va bien.

LA RAPINIÈRE

Ah ! Signez.

LA RAPINIÈRE

Donnez-moi donc la plume ; Puisque c'est l'ordre ;

Le Clerc laisse exprès tomber la plume, en la présentant à la Rapinière ; et pendant que celui-ci la ramasse, l'autre met un autre Contrat en la place de celui qui était sur la table.

Bon, elle est tombée à bas. Peste du maladroit.

LA RAPINIÈRE après l'avoir signé

Êtes-vous satisfaits ?

JASMIN

Oui, Monsieur, et de reste.

Et de reste : adv. Plus qu'il n'est nécessaire. [FC]

BÉATRIX

Que j'ai sujet, Monsieur, de me louer de vous !

Fernand et Léonore s'en vont avec le Clerc, qui emporte le Contrat.

SCÈNE VIII. La Rapinière, Dorante, Isabelle, Jasmin, Béatrix, La Roche, Une Paysanne avec un grand panier.

LA PAYSANNE

Treize.

LA RAPINIÈRE

Hé, comment ?

DORANTE

Fernand.

LA RAPINIÈRE

Leur Contrat ?

SCÈNE IX. Dorante, Isabelle, Jasmin, Béatrix.

1 822 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica