Comédie en prose· Joué sur la scène du théâtre du Gymnase le 1er janvier 1880
Les Honnêtes Femmes Comédie en un Acte
Représenté pour la première fois au Théâtre du Gymnase le 1er janvier 1880.
Personnages
- LAMBERT
- MADAME CHEVALIER
- LOUISE
- GENEVIÈVE
LES HONNÊTES FEMMES
Le théâtre représente un salon donnant sur un parc. Au fond, deux portes-fenêtres séparées par une console, la console est surmontée d'une glace sans tain et garnie de fleurs. Portes latérales, à deux battants. En scène, sur la gauche, au premier plan, une table entre deux fauteuils se faisant vis-à-vis ; sur cette table et sur les sièges voisins, des robes, des vêtements d'enfant, du linge de toute sorte. En scène également, à droite, au premier plan, un canapé ; près du canapé, un guéridon ; sur le guéridon, un plateau avec une bouteille, deux verres et une assiette de pâtisseries. Meubles et objets luxueux qui figurent une pièce élégante et ordonnée.
SCÈNE PREMIÈRE. Madame Chevalier, Louise.
Au lever du rideau, Madame Chevalier, installée près de la table, dans le fauteuil à gauche et les pieds sur une chaise, travaille.
LOUISE, entrant et s'approchant
Monsieur_Lambert, Madame.
DELPHINE
Qu'il entre.
La rappelant.
Louise !
LOUISE
Madame ?
DELPHINE
Les enfants sont bien ?
LOUISE
Oui, Madame.
DELPHINE
Qu'est-ce qu'ils font ?
LOUISE
Ils jouent.
DELPHINE
Vous ne les perdez pas de vue ?
LOUISE
Non, Madame.
DELPHINE
Faites entrer.
SCÈNE II.
LAMBERT, allant à Madame Chevalier, qui lui donne la main
Comment allez-vous, Madame ?
DELPHINE
Paisiblement, vous voyez.
LAMBERT
Je ne vous dérange pas ?
DELPHINE
Vous me faites plaisir.
Montrant le fauteuil à droite de la table.
Qu'est-ce qu'il y a sur ce fauteuil ?
LAMBERT
Des serviettes.
DELPHINE
Marquées ?
LAMBERT
Marquées.
DELPHINE
Posez-les là... là... là... et asseyez-vous. Vous me regardez. Je suis bonne, n'est-ce pas, au milieu de toutes mes hardes ?
LAMBERT
Vous travaillez donc quelquefois ?
DELPHINE
Quelquefois ? Toujours ! J'ourle, je marque, je mets des pièces, je fais tout chez moi... excepté les torchons. Pourquoi pas les torchons comme le reste, c'est bien un préjugé. Si je n'avais pas cette sagesse, ma maison serait jolie avec deux enfants qui occupent la femme de chambre du matin au soir. Et ils usent, ces marmots, ils usent ! Quand les bras me tombent, que ma tête s'engourdit et que je sens que je vais m'endormir.
Montrant le guéridon.
Je trempe le bout d'un biscuit dans un demi-verre de ce petit vin blanc, la seule boisson qui me dise quelque chose. Vous allez y goûter avec moi.
LAMBERT
Je vous remercie.
DELPHINE
Laissez-vous faire.
LAMBERT
Plus tard.
DELPHINE
C'est là. Quand vous en voudrez, vous le direz.
Pause.
LAMBERT
Me voici heureux, Madame.
DELPHINE
De quoi ?
LAMBERT
De me trouver où je suis. On est bien chez vous, on y respire.
DELPHINE
Venez quand vous voudrez, je ne ferme pas ma porte.
LAMBERT
Quelle bonne chance j'ai eue, en venant passer l'été ici, de rencontrer une femme comme vous. C'est bien bonnet de coton ici, convenez-en.
Madame Chevalier ne répond pas.
Il est certain que vous seule m'y avez retenu.
DELPHINE
Je m'en félicite, vous ne deviez pas nous quitter.
LAMBERT
Vous ne faites rien pour plaire et vous n'en plaisez que davantage.
DELPHINE
Je suis naturelle. Il y a quelques bonnes gens encore, pas beaucoup, qui aiment cette note-là.
LAMBERT
Les adorateurs ne vous manquent pas pourtant.
DELPHINE
J'en ai un, je le sais.
Mouvement de Lambert.
Le général. Nous sommes très bons amis ensemble et nous nous entendons parfaitement. Il me conte quelquefois des histoires, le général, qu'il pourrait garder pour lui. Mais il est vieux, il voit que je l'écoute, et, si j'ai le malheur de rire, il va, il va, on ne peut plus l'arrêter. - Êtes-vous retourné chez les Langlois, depuis leur fête ?
LAMBERT
Je m'y ennuie.
DELPHINE
Ah ! - Et la famille Rousselin, l'avez-vous vue ?
LAMBERT
Elle m'assomme, la famille Rousselin.
DELPHINE
Oh ! - Madame_Papillon ?
LAMBERT
Je ne la salue plus.
DELPHINE
Très bien. Qu'est-ce que dit votre tante de tout ça ?
LAMBERT
Nous ne nous parlons pas pour le moment.
DELPHINE
C'est complet. Prenez garde, Monsieur_Lambert, prenez garde, vous resterez garçon.
LAMBERT
Soit ! Je resterai garçon ! On n'en vit pas plus mal.
DELPHINE
Ni mieux. Je vous donne tort, moi, vous savez. Qu'est-ce que vous reprochez à notre petite société de Fontainebleau ? Elle est simple, gaie, heureuse ; elle a été parfaite pour vous, parfaite. Mais voilà. Quand on a pris l'habitude d'un certain monde, on se trouve dépaysé et mal en train dans l'autre.
LAMBERT
Non.
DELPHINE
Si. On repousse de haut des obligations même agréables, après avoir accepté ailleurs les servitudes les plus révoltantes.
LAMBERT
Non.
DELPHINE
Si. Ailleurs on était aimable, galant, prodigue ; il semble qu'avec nous on n'ait plus qu'à se fermer la bouche, et à faire des économies.
LAMBERT
Non.
DELPHINE
Si. Voyons, Monsieur_Lambert, un peu de franchise, je ne vous trahirai pas. Est-ce qu'elles sont bien extraordinaires, toutes vos cocotes ?
LAMBERT
Extraordinaires, oui, Madame.
DELPHINE
L'hiver dernier, mon mari m'a menée au Palais-Royal, nous en avions une dans la loge à côté de la nôtre. Je ne mens pas. Il est bien venu la voir une vingtaine de jeunes gens. Les jeunes gens aujourd'hui se montrent en public avec ces femmes-là. L'un lui a apporté des fleurs, un autre des bonbons, un autre un éventail et elle les recevait, leurs personnes et leurs cadeaux, avec des airs d'impératrice ! Ils l'appelaient... Esther, la connaissez-vous ?
LAMBERT
Esther !... Une grande... très sèche et très maquillée... qui a des cheveux magnifiques. Elle ne compte pas.
DELPHINE
Comment, elle ne compte pas ! Il paraît que vous faites des différences entre les unes et les autres. Pourquoi Mademoiselle Esther ne compte-t-elle pas ? Dites. Dites-moi, ça ne fait rien.
Il se lève et lui parle à l'oreille.
Vraiment ! Tout le monde ! Je la plains alors, la pauvre enfant !
LAMBERT
Vous avez donc causé avec ma tante ?
DELPHINE
Oui.
LAMBERT
Que vous a-t-elle dit ?
DELPHINE
Ça vous intrigue ?
LAMBERT
Elle me plaisante et me maltraite partout.
DELPHINE
Nulle_part. Ce serait bien maladroit, avouez-le, pour une femme qui ne songe qu'à vous marier.
LAMBERT
Vous l'approuvez ?
DELPHINE
Assurément. Pourquoi ne faites-vous pas ce plaisir à votre tante, en accomplissant pour vous-même le plus sage de tous les actes ?
LAMBERT
J'hésite. Je me tâte.
La regardant.
J'ai une raison peut-être.
DELPHINE
Laquelle ?
LAMBERT
Vous ne la soupçonnez pas un peu ?
DELPHINE
Pas le moins du monde.
LAMBERT
Je pourrais rencontrer une vraie femme... qui vaudrait mieux que son existence et que son entourage... et qui voudrait se créer une affection.
DELPHINE
Toujours des cocotes ! Vous n'en sortirez pas.
LAMBERT
Mon_Dieu, Madame, quelle opinion avez-vous donc de moi ? Je ne suis pas un prud'homme, mais je ne suis pas un outrancier non plus. J'ai fait quelques folies, lorsque j'étais très jeune, et elles m'ont coûté fort cher, ce qui ne m'a pas donné envie de continuer. Je connais un peu le monde parisien, par mes amis, par les journaux, par mon cercle, un cercle fort modeste où je dîne plutôt qu'ailleurs et où je ne joue jamais. Je vais au théâtre, je vois des tableaux, j'achète quelques livres, on ne peut pas se conduire plus raisonnablement. Cette existence a peut-être ses jours de soleil et ses jours d'orage...
MADAME CHEVALIER, l'interrompant
Taisez-vous un peu.
LAMBERT
Qu'est-ce qu'il y a ?
DELPHINE
Vous n'avez rien entendu ?
LAMBERT
Rien.
DELPHINE
Je me serai trompée. Je croyais que mes enfants m'appelaient. Continuez.
LAMBERT
Cette existence, je vous disais, a peut-être ses jours de soleil...
On entend les voix de deux enfants qui crient en pleurant : « Maman, Maman. »
DELPHINE
Voyez-vous, je savais bien que ces enfants demandaient leur mère.
Se levant.
Vous permettez ? Je vais voir ce qui se passe et je reviens.
SCÈNE III.
LAMBERT
Est-elle honnête ? C'est probable. Ne l'est-elle pas ? C'est possible. On rencontre tant de femmes aujourd'hui, échevelées et pot-au-feu, qui trompent si parfaitement bien leur monde. Je piétine sur place. J'en dis assez pour qu'elle me devine et pas assez pour qu'elle se prononce. Aventurez-vous donc avec une personne comme celle-là. Elle vous reçoit... Ce n'est pas au milieu de ses chiffons qu'elle vous reçoit... C'est entre deux piles de serviettes ; à droite, celles qui sont marquées, à gauche, celles qui ne le sont pas. De la bonne grâce, oui, beaucoup de bonne grâce, mais pas de coquetterie. Des amitiés, mais pas d'avances. Elle ne veut pas ou elle ne sait pas faire une véritable avance. On est interrompu tout_à_coup par des moucherons qui piaillent, quand le moment psychologique serait peut-être venu de pousser une charge à fond de train. La voici.
SCÈNE IV. Lambert, Madame Chevalier.
LAMBERT
Eh bien, Madame, ces enfants...
DELPHINE
Ne m'en parlez pas. Je crois qu'ils le font exprès et qu'ils ne crient que pour me déranger. Ils sont si jeunes, on ne peut pas les punir ; quand on les gronde, ça n'en finit plus ; la femme de chambre vient de les porter sur leur lit, c'est un moment de repos pour tout le monde.
Tout en parlant, Madame Chevalier, qui est venue se placer près du guéridon, a débouché la bouteille et rempli les deux verres.
Cette fois, Monsieur_Lambert, vous ne pourrez pas me refuser.
LAMBERT, allant à elle
Puisque vous le voulez, Madame...
MADAME CHEVALIER, en lui donnant un verre
Il est gentil, n'est-ce pas, mon petit vin ?
LAMBERT
Quand vous le servez surtout.
DELPHINE
Merci.
Lui présentant l'assiette de pâtisseries.
Un gâteau ?
LAMBERT
Non, pas de gâteau.
DELPHINE
Allons, trinquons un peu, à l'ancienne mode.
Ils choquent leurs verres.
On me dit souvent que je tiens de ma grand'mère, et en effet je regrette plus d'une bonne habitude de son temps.
LAMBERT
Vous êtes la grâce en personne.
DELPHINE
Quelle plaisanterie !
LAMBERT
Si, si. Je m'y connais un peu.
DELPHINE
C'est bien flatteur alors.
LAMBERT
Que de jolies choses ! L'ensemble, les détails, tout est exquis.
DELPHINE
Cessez. Vous ne pouvez pas rester trois quarts d'heure auprès d'une femme sans arriver aux compliments.
LAMBERT
Je n'y arrive pas, je m'y arrête.
DELPHINE
C'est assez maintenant. Et puis ce n'est pas l'heure. Attendez que votre tante nous fasse danser chez elle, j'écouterai tout ce que vous voudrez, entre deux figures.
Elle retourne à la table et y fait quelques petits rangements.
LAMBERT, qui est venu se placer derrière elle
Si l'on nous avait vus trinquer ensemble ?
MADAME CHEVALIER, après un mouvement de surprise
On le pouvait bien facilement.
LAMBERT
Qu'est-ce qu'on aurait pensé ?
DELPHINE
On aurait ri peut-être. On aurait dit : Voilà des personnes qui ne se font pas de bile et qui trinquent dans le milieu de la journée.
LAMBERT
Croyez-vous ? Une femme si jeune et si jolie...
DELPHINE
Je suis une ménagère.
LAMBERT
Qui reçoit si bien un homme... présentable.
DELPHINE
Vous êtes un ami.
LAMBERT
On n'aurait pas soupçonné entre eux un bout de roman ?
MADAME CHEVALIER, froidement
On se serait trompé, voilà tout.
Il la quitte, se montre impatienté, prend une détermination et se rapproche d'elle.
LAMBERT
Je me demande s'il faudra tomber à vos genoux pour que vous vous aperceviez de quelque chose.
DELPHINE
C'est inutile. Je viens de vous comprendre. À quoi pensez-vous donc ? Je suis mariée. Je le suis depuis six ans sans que personne encore m'ait contrainte à le lui rappeler. Vous convoitez la femme d'un autre et vous rêvez d'intrigue auprès d'une mère de famille. J'ai eu tort avec vous de ne pas prévoir ce qui m'arrive. J'aurais dû ne vous recevoir qu'à moitié et à distance. J'aurais dû me rendre compte de vos visites et ne pas me tromper sur tous ces compliments qui ne me paraissaient que prétentieux et fades. Nos relations, Monsieur_Lambert, s'arrêteront là. Je tiens à vivre avec tous ceux qui m'approchent en parfaite innocence, et je veux que dans leur conduite comme dans la mienne il n'y ait ni équivoque, ni sous-entendu, pas la plus petite incertitude.
Lambert, très décontenancé, ne sait que dire ; il fait un pas vers elle, elle l'invite à se retirer.
LAMBERT, allant à la table où il a posé son chapeau
Est-elle honnête ?
SCÈNE V. Les mêmes, Louise.
LOUISE
Mademoiselle_Dupont, Madame.
MADAME CHEVALIER, étonnée
Geneviève ?
LOUISE
Oui, Madame.
DELPHINE
Avec sa mère alors ?
LOUISE
Non, Madame, avec sa gouvernante.
MADAME CHEVALIER, montrant la porte de droite
Elle est là ?
LOUISE
Oui, Madame.
MADAME CHEVALIER, allant à la porte
Entre donc, mon enfant, entre donc.
SCÈNE VI. Les mêmes, Geneviève, en costume de voyage, un sac à la main.
GENEVIÈVE
Bonjour, Madame.
DELPHINE
C'est toi !... Mais que je t'embrasse d'abord.
GENEVIÈVE
Vous êtes surprise ?
DELPHINE
Un peu.
GENEVIÈVE
Pour rien au monde, je n'aurais laissé passer cette année sans voir Madame_Chevalier, de Fontainebleau.
DELPHINE
Tu es bien gentille, bien gentille ; il fallait décider ta mère à t'accompagner.
GENEVIÈVE
Elle ne pouvait pas. Son mari, sa maison... et puis deux personnes qui seraient tombées subitement dans la vôtre. J'ai une lettre de maman... si je ne l'ai pas perdue... qui vous demande l'hospitalité pour moi.
DELPHINE
Elle n'avait pas besoin de me l'écrire.
GENEVIÈVE, lui donnant la lettre
Lisez-la. - Louise !
LOUISE
Mademoiselle ?
GENEVIÈVE
Les enfants vont bien ?
LOUISE
Oui, Mademoiselle.
GENEVIÈVE
Qu'est-ce qu'ils font ?
LOUISE
Ils dorment.
GENEVIÈVE
Vous ne leur direz pas que je suis là, je veux les surprendre moi-même.
MADAME CHEVALIER, lisant la lettre
« Ma bonne amie, ma fille me tourmente depuis longtemps pour aller passer quelques jours avec toi et je n'ai pas osé lui refuser cette distraction, elle en a si peu, malgré l'embarras que cette grande enfant va te causer. Je lui ai bien recommandé d'être paisible, de retenir sa langue le plus possible, et de mettre son séjour à profit en s'imprégnant de ton admirable raison. « Ma Geneviève, chère et bonne amie, est entrée dans sa vingt et unième année, et, quoique je pleure bien souvent en cachette, en pensant qu'il faudra me séparer d'elle, le moment est venu de songer à la marier. À bon entendeur, salut. »
Madame Chevalier plie la lettre et en se retournant elle aperçoit Lambert et Geneviève qui échangent un salut.
Eh bien ! Voilà l'affaire ! Ils se conviennent parfaitement l'un et l'autre.
GENEVIÈVE
Vous voulez bien me garder, Madame ?
DELPHINE
Certainement je veux te garder, un mois, deux mois, tant que tu ne t'ennuieras pas avec nous.
GENEVIÈVE
Merci. Quel est ce monsieur ?
DELPHINE
Un voisin.
GENEVIÈVE
Marié ?
DELPHINE
Oui, marié. Comment le trouves-tu ?
GENEVIÈVE
Ordinaire.
DELPHINE
Ordinaire. Voyez-vous ça, Mademoiselle. Je t'ai trompée, c'est un garçon, regarde-le mieux.
GENEVIÈVE
Il est bien.
DELPHINE
Donne-moi ce sac. Ôte ton chapeau.
Elle lui enlève son chapeau, la recoiffe et la rajuste.
Tu vas te reposer un instant pendant que j'irai avec Louise te préparer ta chambrette.
Allant à Lambert embarrassé de son approche ; en souriant.
Restez.
Étonnement de Lambert. En souriant toujours.
J'ai changé d'avis. Je veux que vous restiez maintenant.
LAMBERT
Tiens ! Tiens ! Elle s'humanise !
SCÈNE VII. Lambert, Geneviève.
GENEVIÈVE
Vous connaissez beaucoup Madame_Chevalier ?
LAMBERT
Je l'ai vue fréquemment, Mademoiselle, depuis mon séjour ici.
GENEVIÈVE
Quelle charmante femme, n'est-ce pas ?
LAMBERT
Tout à fait charmante.
GENEVIÈVE
Et heureuse !
LAMBERT
L'est-elle bien réellement ?
GENEVIÈVE
Heureuse ! Heureuse ! Heureuse !
LAMBERT
Je croyais que Madame_Chevalier se laissait vivre, sans trop regretter ce qui lui manque.
GENEVIÈVE
Qu'est-ce qui lui manque ? Tout ce qu'une femme peut désirer, elle l'a. Une position honorable et solide ; un mari qu'elle mène par le bout du nez ; deux enfants, un garçon et une fille. Vous les connaissez, ses enfants, vous avez joué avec eux, des amours.
LAMBERT
Oui. J'ai aperçu dernièrement Mademoiselle_Berthe qui donnait une raclée à son frère.
GENEVIÈVE
Elle le bat comme plâtre. Deux amours !
LAMBERT
Ces petits bambins vont être bien contents, Mademoiselle, en voyant arriver une bonne amie pour eux.
GENEVIÈVE
Oh ! Une très bonne amie ! J'aime beaucoup Madame_Chevalier, beaucoup, c'est une seconde maman pour moi ; il me semble pourtant que j'aime encore mieux Gaston et sa soeur. Je ne les ai pas beaucoup vus depuis qu'ils sont au monde et je pense constamment à eux. Si on s'attache autant aux enfants des autres, comment doit-on aimer les siens, je suis bien curieuse de le savoir.
LAMBERT
Vous le saurez plus tard.
GENEVIÈVE
Certainement.
LAMBERT
Et vous serez, on le voit, une excellente mère.
GENEVIÈVE
On le voit, n'est-ce pas ? Quel plaisir vous me faites en me disant cela ! Serai-je une excellente femme, c'est une autre affaire. Je pense beaucoup à me marier, naturellement, comme toutes les jeunes filles, mais quelle conduite tiendrai-je dans mon intérieur, je ne le sais pas bien. Je ne sais pas non plus quel est le mari que je désire. Un jour, je le veux brun, maigre, sérieux, et il sera le maître chez lui, c'est décidé. Le lendemain, je penche pour un blond, un peu gros, un bon vivant, qui me laissera la haute main sur tout. Finalement, j'épouserai celui qu'on me présentera. C'est si peu de chose, un mari, dans un ménage ! Il va, il sort, il s'absente, il a des occupations, des rendez-vous, on ne l'a jamais. Regardez Madame_Chevalier avec le sien, elle ne le voit pour ainsi dire pas.
LAMBERT
Son grand bonheur vient peut-être de là.
GENEVIÈVE
Peut-être ! - C'est très mal ce que vous me faites dire, très mal.
LAMBERT
Bah ! Les maris ont si bon caractère.
GENEVIÈVE
Pas toujours ! Pas toujours ! Je les ai observés autour de moi, les maris, les vieux et les jeunes. Il y en a de bien maussades, qui grognent perpétuellement chez eux, et, lorsqu'on les voit dehors, ils ne se ressemblent plus. Approuvez-vous ça ? Il y en a de cachottiers qui ont des clefs à eux et qui ne parlent jamais de leurs affaires. Nous ne sommes pas des servantes, nous sommes des compagnes. Il y en a aussi qui regardent d'autres femmes lorsque la leur est là. C'est très blessant. Et si la pauvre petite n'est pas jolie, jolie, jolie, elle fait des réflexions qui ne sont pas couleur de rose.
LAMBERT
On se console avec les enfants.
GENEVIÈVE
Vous avez raison. Les enfants pour une femme, c'est la moitié de sa vie. Elle a aimé ses parents dans la première, elle aime ses enfants dans la seconde ; qu'est-ce que c'est que tout le reste ?
LAMBERT
Il y a la toilette aussi qui intéresse bien un peu.
GENEVIÈVE
La toilette... Oui... On y pense... aux commencements de saison.
LAMBERT
Et puis... et puis...
Il imite avec sa bouche le bruit d'une personne qui parle, qui parle, qui parle.
GENEVIÈVE
Ça, ça compte davantage. Une femme ne pourrait pas vivre, si elle ne pouvait pas parler. Nous avons toutes besoin de parler, toutes. Madame Chevalier elle-même, qui me reproche avec maman d'être bavarde, elle aime bien aussi à faire la conversation. Il est vrai qu'elle y apporte tant de jugement. Quelle charmante femme, n'est-ce pas ?
LAMBERT
Tout à fait charmante.
GENEVIÈVE
Et heureuse !
Lambert sourit.
C'est juste. Je l'ai déjà dit. Voilà l'écueil, quand on parle beaucoup, on se répète. Une jeune fille surtout, les grands sujets lui sont défendus.
SCÈNE VIII. Les mêmes, Madame Chevalier.
DELPHINE
Allons, Geneviève, Louise t'attend pour te conduire chez toi. Si tu veux te recoiffer, mon enfant, et changer de robe, tu n'as pas de temps à perdre. Vous prendrez les enfants, vous descendrez des ombrelles, des chapeaux_de_paille, tout ce qu'il faut, et nous irons faire une visite à la tante de monsieur.
Lambert sourit.
SCÈNE IX. Lambert, Madame Chevalier.
DELPHINE
J'ai été sotte tout à l'heure... Je suis montée sur mes grands chevaux... On ne se fâche pas, parce qu'on lui a plu, avec un aimable garçon qu'on estime et qu'on apprécie soi-même.
LAMBERT, à part
Ça marche.
DELPHINE
Mon mari aussi a beaucoup d'amitié pour vous.
LAMBERT, à part
Parfait ! Parfait !
DELPHINE
Tout le monde vous aime. C'est ce qui me dispose si bien en votre faveur, quoique je ne vous connaisse pas encore suffisamment.
LAMBERT, à part
Elle est perdue.
DELPHINE
Asseyez-vous.
Il s'assied sur le canapé ; allant à lui.
Poussez-vous un peu pour me faire une place...
Il se recule à peine.
Plus loin.
LAMBERT
Je vais trop vite.
Pause
DELPHINE
Quel âge avez-vous ?
LAMBERT, étonné, après un petit sourire
Trente ans.
DELPHINE
Pas plus ?
LAMBERT
Pas plus.
DELPHINE
Trente ans. L'âge est bien. Votre santé est bonne ?
LAMBERT, même jeu
Excellente.
DELPHINE
Vous ne me trompez pas ?
LAMBERT
Je suis... très robuste.
DELPHINE
Vous possédez ?...
Étonnement de Lambert, avec une nuance d'effroi.
Je vous demande ce que vous possédez. Un chiffre exact.
LAMBERT
Cent mille francs... et quelques petites choses.
DELPHINE
Disons cent mille francs. En valeurs sûres et négociables ?
LAMBERT
En valeurs sûres et négociables.
DELPHINE
C'est bien. Je ne parle pas de votre tante, ça viendra quand ça viendra.
Elle se rapproche de lui avec amitié ; il se recule avec une épouvante comique.
Monsieur_Lambert, je vous ai trouvé une femme.
LAMBERT, stupéfait et accablé
Comment, Madame, vous m'avez retenu.
DELPHINE
Pour vous marier, oui. Il me semble que mon interrogatoire était très clair.
LAMBERT
Oh, très clair assurément.
DELPHINE
Et j'ajouterai bien naturel... Après votre entrevue avec cette jeune fille.
LAMBERT
Mais, Madame...
DELPHINE
Écoutez-moi. Est-ce que vous n'êtes pas las et honteux, à votre âge, de courailler encore comme un véritable gamin ? Est-ce qu'en voyant à tous vos amis femme, enfants, maison montée, un intérieur. Enfin, vous ne faites pas une comparaison pénible entre leur existence et la vôtre ? Est-ce qu'il ne faut pas toujours en venir là, au mariage, sous peine de tomber dans quelque liaison inavouable, qui a mille fois ses inconvénients sans avoir un seul de ses avantages ?
LAMBERT
Vous avez la voix de ma tante en ce moment.
DELPHINE
Quel ensemble de sécurités pour un homme, lorsque la personne qu'il épouse est bien de son monde, et que toutes les convenances d'âge, de famille, d'argent, se trouvent réunies.
LAMBERT
La voix de ma tante !
DELPHINE
Présentement, il ne s'agit pas d'une jeune fille en l'air, qui habiterait Bordeaux ou Amsterdam, et qu'on vous destinerait de cinq cents lieues. Vous connaissez votre prétendue, vous venez de la voir, vous lui avez parlé. Il est impossible que vous portiez sur elle un jugement défavorable. Répondez.
LAMBERT
Mon_Dieu, Madame, cette jeune fille ne m'a ni plu ni déplu.
DELPHINE
C'est énorme, ça, énorme.
LAMBERT
Quant à l'impression que j'ai pu lui faire moi-même...
DELPHINE
Vous l'avez frappée.
LAMBERT
Ah !
DELPHINE
Frappée.
LAMBERT
Elle vous l'a dit ?
DELPHINE
Non, une jeune fille ne dit jamais de ces choses-là. Mais ou je me trompe fort ou vous l'avez frappée bien vivement. Ne répétez pas cela, n'est-ce pas ?
LAMBERT
Oh ! Madame.
DELPHINE
Remarquez bien, Monsieur_Lambert, qu'en vous proposant ma petite Geneviève... Geneviève, quel joli nom !... Je travaille pour vous et non pas pour elle. Ce n'est pas un rossignol que je cherche à placer, loin de là. Geneviève est très recherchée, elle a refusé plusieurs partis, et des partis, permettez-moi de vous le dire, beaucoup plus brillants que le vôtre.
LAMBERT
En quoi ?
DELPHINE
En tout, je ne vous le cache pas, en tout.
Un temps.
LAMBERT
Elle apporte ?
DELPHINE
Vous entreriez dans une famille honorable.
LAMBERT
Oui, c'est quelque chose. Elle apporte ?
DELPHINE
Et quelle éducation ! La meilleure, une éducation de province.
LAMBERT
Oui, on est plus tranquille. Elle apporte ?
DELPHINE
Elle apporte deux cent mille francs, je ne vous l'ai pas dit ?
LAMBERT
Deux cent mille francs ?
DELPHINE
Deux cent mille francs !
LAMBERT
En valeurs sûres et négociables ?
DELPHINE
En valeurs sûres et négociables. C'est une dot.
LAMBERT
C'est une dot.
Il se lève comme un homme indécis et violenté ; pause.
MADAME CHEVALIER, se levant à son tour
Eh bien, Monsieur_Lambert, ce mariage est-il fait ?
LAMBERT
Pas encore, Madame.
DELPHINE
C'est bien long ! Pourquoi ?
LAMBERT
Je me tâte.
DELPHINE
Vous ne pouvez pas vous tâter éternellement.
LAMBERT
La jeune fille est charmante, je la vois mieux maintenant, elle a beaucoup de choses pour elle ; mais, si je l'épouse, je serai marié, n'est-ce pas ?
DELPHINE
C'est bien sûr. Un mariage de deux cent mille francs ne se refuse pas d'habitude... Et je n'ai pas voulu vous parler des espérances.
LAMBERT
J'y songe ; je les ai évaluées déjà approximativement.
DELPHINE
Concluons alors.
LAMBERT
Concluons, concluons. Je vois bien les raisons qui pourraient me décider, mais je vois aussi celles qui me retiennent.
DELPHINE
Lesquelles ?
LAMBERT
Il me semble que je suis encore jeune.
DELPHINE
Tous les hommes le croient jusqu'à soixante ans.
LAMBERT
J'ai une tante, vous le savez ; me charger encore d'une belle-mère.
DELPHINE
Oh ! Pas ça, pas ça.
LAMBERT
À peine si Mademoiselle_Geneviève et moi nous nous sommes trouvés ensemble.
DELPHINE
Bah ! Vous aurez bien le temps de vous connaître.
LAMBERT
Êtes-vous certaine qu'une jeune personne frivole, superficielle, sans sérieux dans l'esprit, c'est de son âge, s'accordera avec un homme du mien ?
DELPHINE
L'équilibre se fait bien vite, allez.
LAMBERT
Et puis une éducation de province, avec mes habitudes un peu passionnées...
DELPHINE
Le mariage vous calmera. Il paraît que c'est son office.
LAMBERT
Cette jeune fille me le faisait comprendre elle-même, son mari ne comptera pas pour elle.
DELPHINE
C'est une enfant qui ne sait rien encore, vous l'aurez toujours pendue à votre cou.
LAMBERT
Mais, Madame, prenez garde, vous dites le blanc, vous dites le noir...
DELPHINE
Eh ! Oui, Monsieur, je dis blanc, je dis noir, je ne fais pas plus attention à ce que je vous réponds qu'à ce que vous me demandez. Voulez-vous savoir pourquoi ? Parce qu'il y a de tout dans le mariage et que sans le mariage il n'y a rien. Êtes-vous satisfait ?
Pause.
Vous épouserez Mademoiselle_Esther.
LAMBERT
Non, Madame.
DELPHINE
Vous épouserez Mademoiselle_Esther.
LAMBERT
Non, Madame.
DELPHINE
Vous épouserez Mademoiselle_Esther.
LAMBERT
Non, Madame, non.
Pause.
MADAME CHEVALIER, allant à lui, avec volubilité
Je parle à un homme judicieux, n'est-ce pas ?
LAMBERT
Bien sûr.
DELPHINE
Qui apprécie une existence régulière ?
LAMBERT
Évidemment.
DELPHINE
Que le mariage seul peut lui donner ?
LAMBERT
Sans contredit.
DELPHINE
Celui que je vous propose est raisonnable ?
LAMBERT
Certainement.
DELPHINE
Avantageux ?
LAMBERT
Avantageux.
DELPHINE
Et très convenable sous tous les rapports ?
LAMBERT
Il l'est.
DELPHINE
Vous dites oui alors ?
LAMBERT
Je ne dis pas oui.
DELPHINE
Mais vous ne dites pas non ?
LAMBERT
Je ne dis pas non. Je vais voir, je réfléchirai.
DELPHINE
Qu'est-ce qu'il vous faut de temps ? Vingt-quatre heures ? Voulez-vous plus ? Voulez-vous deux jours ? Soit ! Prenez deux jours pleins, ça vaudra mieux. De cette manière, il n'y aura pas surprise de votre part ni pression de la mienne.
Pause.
LAMBERT
Je ne suis pas bien triomphant, Madame, vous devez le penser.
DELPHINE
Pourquoi ?
LAMBERT
Pourquoi ? Je veux bien que le mariage soit préférable à l'amour, mais se présenter pour l'un et être renvoyé à l'autre il n'y a rien de plus désagréable.
DELPHINE
Vous revenez là-dessus !
LAMBERT
En passant seulement.
DELPHINE
C'est déjà trop.
LAMBERT
On parle souvent de l'imagination des femmes, il ne faudrait pas juger de la leur sur la vôtre.
DELPHINE
Qui sait ?
LAMBERT
Je n'ai pas réussi alors à vous enflammer.
DELPHINE
C'est plus probable. Vous me plairez peut-être beaucoup dans votre ménage, mais je ne vous ai jamais vu dans le mien.
LAMBERT
Je vous trouvais parfaite.
DELPHINE
Pourquoi pas ?
LAMBERT
Vous m'aviez conquis entièrement.
DELPHINE
La belle avance !
LAMBERT
Je vous aurais peut-être aimée toujours.
DELPHINE
Ne regrettez rien, croyez-moi. Félicitez-vous plutôt d'avoir rencontré une brave et sage amie qui vous pousse, un peu rudement peut-être, dans votre chemin. Je sais ce qu'il vous faut, mieux que vous-même. Un âge arrive, n'est-ce pas vrai, où le plaisir devient ennui, il répugne presque ; on ne se passionne plus pour des coureuses. Le vilain monde a perdu de son entrain et montre la corde. Ce jour-là, les hommes bien nés, vous êtes du nombre, se retournent instinctivement vers les maisons honnêtes. En entrant dans la mienne, vous lui avez demandé ce qu'elle ne pouvait pas contenir pour vous. Faites-vous-en une autre, à son image. Madame_Chevalier n'y sera pas, Madame_Lambert y sera ; c'est la même chose, nous nous ressemblons toutes. Vous posséderez avec elle, et bien plus légitimement, tout ce que vous espériez avec moi. Cette femme que vous aimez ici, que vous trouvez simple, franche, bonne, qui vous paraît si désirable dans son intérieur où l'on respire, vous ne voyez donc pas que c'est la vôtre.
À ce moment, par une des portes-fenêtres, on voit approcher Geneviève qui porte le garçon de Madame Chevalier sur son bras droit et tient la petite fille de la main gauche ; Louise est derrière, étendant sur eux une ombrelle. Toilettes claires et pimpantes pour compléter un tableau séduisant. Madame Chevalier continue.
Tournez-vous et regardez ce petit groupe qui vient nous chercher si à propos. La voilà, cette jeune fille, qui sera votre femme demain. Est-elle fraîche, et rose, et candide ! Quel bon petit coeur sommeille sous cette poitrine de vingt ans. On vous donne deux cent mille francs avec cette enfant-là, c'est une honte, vous devriez les refuser. Voyez un peu, elle fait déjà son apprentissage de mère. Supposez que ces deux enfants, au lieu d'être à moi, soient à vous, et vous comprendrez alors tout ce qu'il y a de tendresse et de joie aussi bien que de dignité et de bon sens dans l'avenir où je vous conduis. Allons, vous êtes convaincu. Vous ne me demandez plus quarante-huit heures ni vingt-quatre, parce qu'il ne faut qu'une minute pour décider du bonheur de toute sa vie.
SCÈNE X. Les mêmes, Geneviève, Louise, Les enfants.
GENEVIÈVE
Nous voilà.
DELPHINE
Remets ces enfants à leur bonne et approche un peu. Je te présente Monsieur_Lambert, un de nos bons amis, que tu auras ce soir pour voisin de table.
Lambert et Geneviève se saluent.
Ta gouvernante est encore là ?
GENEVIÈVE
Oui, Madame, elle attend l'heure de repartir.
DELPHINE
Je vais lui donner une lettre pour ta mère.
Elle va à la table, et, pendant que Lambert cause à voix basse avec Geneviève, les enfants près d'eux, elle écrit la lettre suivante.
« Ma chère amie, deux lignes seulement pour t'annoncer l'arrivée de Geneviève, et te faire part de son prochain mariage, si tu achèves ce que mon admirable raison a commencé. « J'avais justement chez moi un jeune homme, incertain sur sa vocation, qui hésitait entre les rôles d'amoureux et l'emploi de mari. Il est sympathique. »
S'interrompant pour regarder Lambert.
Pas de charme...
Reprenant sa lettre.
« très convenable »
S'interrompant encore.
aucun éclat.
Reprenant sa lettre.
« plein de bonnes qualités que le mariage développera. »
S'interrompant encore.
Voilà celui qui voulait me faire oublier mes devoirs...
Reprenant sa lettre.
« Et il rendra sa femme très heureuse. »
texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica