Comédie en prose· - Guignol Locataire -
Propriétaire et Locataire
Personnages
- GUIGNOL
- LE CONCIERGE
- MAÎTRE FURET
- LE PROPRIÉTAIRE
- LE GENDARME
- LE COMMISSAIRE
ACTE I
SCÈNE PREMIÈRE.
GUIGNOL, entrant
Plus moyen de trouver un sou ! C'est fini. Mon pauvre Guignol, tu y es. Mais là, en plein, dans la panade. J'ai visité tous mes amis ; ceux qui avaient ne voulaient pas ; ceux qui voulaient, n'avaient pas. Comment faire ? Ce qui me gêne le plus, c'est mon propriétaire. Voilà trois fois qu'il envoie le concierge ; et voilà trois fois que je prie cet estimable fonctionnaire de revenir. Et il revient toujours ! Il y a des gens qui ont vraiment de la constance. Et puis payer, c'est bien facile à dire. Il faut pouvoir. Quelle invention bête que les créanciers, et que ces gens-là sont vraiment mal appris de venir nous réclamera tout instant ce qu'on a eu la faiblesse de leur emprunter ! En attendant je vais me coucher. Je rêverai peut-être que je suis millionnaire, et que c'est moi qui suis à mon tour le créancier de ma propriétaire. Il passerait un joli quart d'heure, je ne vous dis que ça. Allons !
Au moment où il va pour sortir, on entend frappera la porte.
On frappe ! Qui peut bien venir à cette heure ? Si c'était la fortune ! Elle ne s'annoncerait pas autrement.
On frappe encore.
On y va ! On y va !
Il va ouvrir.
Le concierge ! Encore. Ah ! Il m'ennuie à la fin !
SCÈNE II. Le Concierge, Guignol, puis Maître Furet.
GUIGNOL
Encore vous !
LE CONCIERGE
Encore moi ! Tout à votre service.
GUIGNOL
Et quel heureux hasard me procure l'honneur de votre visite ?
LE CONCIERGE
Oh ! Mon_Dieu, pas grand'chose.
Lui montrant un papier.
Ceci.
GUIGNOL
Quoi ?
LE CONCIERGE
Votre quittance de loyer.
GUIGNOL
Je ne lis jamais ces choses-là.
LE CONCIERGE
Il ne s'agit pas de lire, mais de payer.
GUIGNOL
Payer ? Pourquoi faire ?
LE CONCIERGE
Comment ! Pourquoi faire ?
GUIGNOL
Oui, expliquez-moi ! Parce que, au fond, voyez-vous, moi je ne demande pas mieux que de payer.
LE CONCIERGE, furieux
Vous allez payer !
GUIGNOL
Je ne dis pas cela.
LE CONCIERGE
Mais vous devez ?
GUIGNOL
Je ne l'ai jamais nié.
LE CONCIERGE, en colère
Ainsi vous ne voulez pas payer !
GUIGNOL
Oh ! Fi, le vilain homme, qui me parle dans le nez.
LE CONCIERGE
Une fois, deux fois, trois fois, vous ne voulez pas !
GUIGNOL
Si...
LE CONCIERGE
Ah !
GUIGNOL
Combien dois-je ?
LE CONCIERGE
Trente-deux_francs.
GUIGNOL
Parfait. Payez pour moi, prêtez m'en dix-huit et ce sera cinquante francs que je vous devrai.
LE CONCIERGE
Ah ! C'est ainsi ! Vous voulez vous moquer de moi ! Vous allez voir.
Se tournant vers la porte.
Entrez, maître Furet.
Maître Furet entre.
GUIGNOL
Qu'est-ce que c'est que ça !
LE CONCIERGE
Ça ! C'est un huissier.
GUIGNOL
Il en a bien l'air.
MAÎTRE FURET
Insolent !
GUIGNOL
Ah ! Tu sais, toi ! Ne m'échauffe pas la bile, ou je cogne.
LE CONCIERGE
Ne prêtez pas attention à ce que dit cet homme, et faites votre devoir.
MAÎTRE FURET
Je vais inventorier.
GUIGNOL
Inven... quoi !
LE CONCIERGE
Inventorier votre mobilier.
GUIGNOL
Mon mobilier ?
MAÎTRE FURET
Aux fins de saisie.
Il écrit.
Item : une table, dito..
GUIGNOL, à part
Attends, je vais t'en donner de l'item et du dito.
LE CONCIERGE
Et surtout n'oubliez rien.
MAÎTRE FURET, écrivant toujours
Soyez tranquille... Rien ne m'échappe !
GUIGNOL
Tu ne m'échapperas pas, non plus, vieux melon I
MAÎTRE FURET
Vous dites ?
GUIGNOL
Je dis : vieux melon !
MAÎTRE FURET
J'avais bien entendu. Je vous remercie.
LE CONCIERGE
Avez-vous tout noté, tout écrit ?
MAÎTRE FURET
J'ai tout noté.
GUIGNOL, qui est allé chercher un balai
Et ça !
Il lui en donne des coups sur la tête et sur le dos.
Et ça ! Notez ! Écrivez ! N'oubliez rien. Mais écrivez donc ! Et aïe donc ! Et aïe donc !
LE CONCIERGE
Au secours !
GUIGNOL
Ah ! Tu en veux aussi ! Distribution générale.
Il lui donne des coups de bâton.
Pas de jaloux ! Il y en a pour tout le monde.
LE CONCIERGE et MAÎTRE FURET
À l'assassin !
GUIGNOL, les poursuivant et les frappant toujours
Voulez-vous bien vous taire ! Vous allez ameuter le quartier.
Le concierge et maître Furet, après une poursuite folle, s'enfuient en criant.
GUIGNOL
Et aïe donc ! Et aïe donc ! Ouf ! M'en voilà débarrassé ! C'est dur un concierge et un huissier. J'aurais dû me munir d'un balai neuf.
Regardant son balai.
Il m'en ont faussé le manche. Je vais maintenant pouvoir dormir tranquille.
On frappe.
Encore ? Serait-ce un autre huissier ? Attends.
On frappe.
Quelle baraque que cette maison ! On ne peut pas rester une heure en repos.
SCÈNE III. Le Propriétaire, Guignol.
Le propriétaire entre, en bonnet grec, robe de chambre.
GUIGNOL
Tiens ! C'est mon propriétaire, mon aimable propriétaire, mon adorable propriétaire !
LE PROPRIÉTAIRE
Oui ! Monsieur Guignol, c'est moi. Je...
GUIGNOL
Vous allez bien ?
LE PROPRIÉTAIRE
Très bien. Je viens pour....
GUIGNOL
Et votre femme ?
Chaque fois que le propriétaire veut parler, il l'arrête.
Et vos enfants ? Votre petit dernier ! En voilà un qui est mignon par exemple ! Tout votre portrait. Mange-t-il bien ? Dort-il bien ? Et votre chien est-il guéri ? Et votre chat l'avez-vous retrouvé ?...
LE PROPRIÉTAIRE
Mais me laisserez-vous parler à la fin...
GUIGNOL
Vous ne me répondez pas...
LE PROPRIÉTAIRE
J'ai bien autre chose à faire. Il parait que vous ne voulez pas sortir d'ici ? Vous ne voulez pas payer, et vous voulez rester ?
GUIGNOL
Je me trouve si bien.
LE PROPRIÉTAIRE
Ça m'est égal.
GUIGNOL
Je préfère votre maison à toutes les autres. Le schah_de_Perse m'a fait offrir un de ses palais. - J'ai refusé.
LE PROPRIÉTAIRE
Vous avez roué de coups mon concierge et mon huissier.
GUIGNOL
Moi ! Oh ! Si on peut dire !
LE PROPRIÉTAIRE
Oui ! - Ils sont arrivés chez moi, criant au secours, disant que vous aviez voulu les tuer.
GUIGNOL
Il y a des gens qui exagèrent tout.
LE PROPRIÉTAIRE
Vous ne les avez pas roués de coups ?
GUIGNOL
Non. J'ai tout bonnement pris mon balai comme ceci, puis je me suis approché comme cela, et vlan, vlan, tout doucement, je leur ai secoué un peu leurs vêtements ?
Tout en disant cela, il a pris le balai et frappe sur le propriétaire.
LE PROPRIÉTAIRE
Merci, je comprends.
GUIGNOL
Vous voyez bien. Et maintenant bonsoir, je vais me coucher.
LE PROPRIÉTAIRE
Vous coucher ? Vous allez sortir d'ici, et tout de suite ! Vous ne me payez pas, je vous mets dehors.
GUIGNOL
Dehors ! Répète un peu ça peur voir, vieille morue !
LE PROPRIÉTAIRE
Morue !
GUIGNOL
Espèce de chauffe la couche !
LE PROPRIÉTAIRE
Chauffe la couche !
GUIGNOL
Melon, si tu aimes mieux ! Mais voyez-moi donc ce pot à tabac, à qui je fais des politesses depuis une heure, et qui parle de me chasser ! Essaye un peu pour voir !
LE PROPRIÉTAIRE
Ah ! C'est trop fort ! - Je ne serai pas maître chez moi ?
GUIGNOL
Chez toi ? On n'est jamais sûr d'être chez soi !
LE PROPRIÉTAIRE
Je suis propriétaire.
GUIGNOL
Quand tu serais le Grand_Turc ! Allons, houste ! File ou je cogne.
LE PROPRIÉTAIRE
Il oserait.
GUIGNOL
Tu vas voir.
Il cogne.
LE PROPRIÉTAIRE
À l'assassin ! À la garde ! Au secours ! À moi !
GUIGNOL, même jeu
Mais ne crie donc pas comme ça ! On croirait que je te fais du mal !
Ils se battent.
LE PROPRIÉTAIRE
À la garde !
Le propriétaire cherche à prendre le bâton ; - il s'empare d'un bout, Guignol de l'autre.
SCÈNE IV. Guignol, Le Propriétaire, Le Gendarme.
LE GENDARME
Il passe d'abord doucement la tète et regarde.
Qui appelle au secours ?
LE PROPRIÉTAIRE
Moi ! Monsieur le gendarme. - Entrez [ !] - Je tiens l'assassin.
LE GENDARME
Il n'y a pas de danger, je peux donc entrer.
Il entre.
LE PROPRIÉTAIRE
Venez ! Venez m'aider à punir cet homme, qui a osé lever la main sur moi...
GUIGNOL
Oh ! La main, le balai tout au plus.
LE GENDARME
La main ? - Le balai ? Voyons, expliquez-vous sur ce point.
GUIGNOL et LE PROPRIÉTAIRE, ensemble
Voilà, c'est monsieur qui, malgré moi, n'a pas voulu sortir d'ici...
LE GENDARME
Sapristi ! Si vous parlez tous les deux à la fois, nous ne pourrons jamais nous entendre ! ...
GUIGNOL
La voix est plus forte pourtant, en parlant à deux.
LE GENDARME
Possible ! Mais un gendarme n'écoute pas comme les autres.
LE PROPRIÉTAIRE
Voici le fait...
GUIGNOL, l'interrompant
Non, voici...
LE PROPRIÉTAIRE, même jeu
Monsieur...
GUIGNOL, id
Est venu !
LE PROPRIÉTAIRE, id
Je suis venu.
LE GENDARME
Qui ?...
GUIGNOL
Moi !
LE GENDARME
Lui...
GUIGNOL
Non...
LE PROPRIÉTAIRE
Oui...
LE GENDARME
Comprends plus.
GUIGNOL
C'est pourtant bien simple !
LE PROPRIÉTAIRE
Très simple. Monsieur ne veut pas s'en aller.
GUIGNOL
Non, c'est lui qui veut rester.
LE GENDARME
Eh bien alors ?
LE PROPRIÉTAIRE
Mais puisque je vous dis...
LE GENDARME
Silence ! Je comprends bien, mais je ne saisis pas encore.
GUIGNOL
Si nous remettions cela à demain ?
LE PROPRIÉTAIRE
Comment, gendarme, vous n'allez pas le conduire en prison ?
LE GENDARME
Si ça peut vous être agréable ! D'ailleurs vous avez raison. Vous vous expliquerez bien mieux devant le commissaire. Allons, en route !
LE PROPRIÉTAIRE
Moi aussi ?
LE GENDARME
Parbleu ! Tous les deux.
GUIGNOL
C'est bien fait !
LE PROPRIÉTAIRE
Ah ! Bandit ! Tu me le paieras.
GUIGNOL
C'est ce que nous verrons.
LE GENDARME
Allons, en route ! Ah ! Sapristi, j'ai oublié mon sabre.
GUIGNOL
Ça ne fait rien, je cognerai s'il ne marche pas.
LE PROPRIÉTAIRE, furieux
Moi, un propriétaire, chez le commissaire I
LE GENDARME, criant
Tout le monde chez le commissaire. Allons, en route !
GUIGNOL, frappant sur le propriétaire
Allons, en route !
LE PROPRIÉTAIRE, appelant
Gendarme !
GUIGNOL
Marchez donc !
LE GENDARME
C'est juste. Marchons !
ACTE II
Chez le commissaire.
SCÈNE PREMIÈRE. Le Commissaire et Le Gendarme entrent.
LE COMMISSAIRE
Ainsi, Gendarme, les prisonniers sont là ?
LE GENDARME
Ils sont là !
LE COMMISSAIRE
Tous ?
LE GENDARME
Deux !
LE COMMISSAIRE
Deux seulement ?
LE GENDARME
Ils n'étaient que deux, je ne pouvais pas en arrêter trois !
LE COMMISSAIRE
Qui sait ! Enfin deux, c'est quelque chose, j'ai là votre rapport. Vous êtes entré, pendant qu'on criait au secours, vous avez vu deux hommes qui se battaient ?
LE GENDARME
Je les ai arrêtés.
LE COMMISSAIRE
Vous avez eu raison. Il faut toujours arrêter ! Sans cela nous n'aurions rien à faire ; je vais les interroger. Faites-les venir.
LE GENDARME
Tous les deux ?
LE COMMISSAIRE
Tous les deux.
Le gendarme sort.
SCÈNE II. Le Commissaire, Le Gendarme, Guignol, Le Propriétaire.
LE COMMISSAIRE
Ah ! C'est vous les prisonniers ! Approchez.
GUIGNOL
Voilà.
LE PROPRIÉTAIRE
Monsieur, je...
LE COMMISSAIRE
Silence !
LE GENDARME, glapissant
Silence !
LE PROPRIÉTAIRE
Mais au moins...
LE COMMISSAIRE
Silence !
LE GENDARME, id
Silence !
LE COMMISSAIRE
Maintenant, parlez.
LE PROPRIÉTAIRE
Je suis propriétaire ! J'ai loué une chambre à monsieur ; cette chambre...
LE COMMISSAIRE
Arrivez à l'affaire.
LE PROPRIÉTAIRE
Mais j'y arrive, que diable ! Donnez-moi le temps !
LE COMMISSAIRE
Silence !
LE GENDARME, glapissant
Silence !
LE PROPRIÉTAIRE
Il...
LE COMMISSAIRE
Suffit ! J'ai compris !
LE PROPRIÉTAIRE
Mais je ne vous ai pas expliqué...
LE COMMISSAIRE
Silence !
LE GENDARME, id
Silence !
LE COMMISSAIRE
À l'autre. Approchez-vous.
Guignol, s'approche.
Votre nom ?
GUIGNOL, bégayant
Je... je... ne... ne
Criant.
Aïe !
LE COMMISSAIRE
Comment il ne... ne...
GUIGNOL
C'est le pro... pro...
Criant.
Aïe !
LE COMMISSAIRE
Eh bien ! Qu'est-ce qu'il a fait le pro... pro...
GUIGNOL
Coup... coup... coup...
Criant.
Aïe !
LE COMMISSAIRE
Il a fait le coucou.
GUIGNOL, fait signe que non
Non.
LE COMMISSAIRE
Non !... Ce garçon-là est idiot...
GUIGNOL, bégayant
Oui... oui... oui...
LE COMMISSAIRE
Il avoue au moins, celui-là. Voyons à vous, gendarme, rajoutez-moi ce qui s'est passé.
LE GENDARME
Voilà ! J'entre, je trouve ces deux particuliers, criant, et tenant chacun un bout d'un grand balai.
LE COMMISSAIRE
Qui tapait ?
LE PROPRIÉTAIRE, désignant Guignol
Lui...
GUIGNOL, désignant le propriétaire
Lui...
Criant.
Aïe !
LE COMMISSAIRE, au propriétaire
C'est donc vous ?
LE PROPRIÉTAIRE
Mais pas du tout.
LE COMMISSAIRE
Puisqu'il crie aïe ! C'est qu'il a du mal.
LE PROPRIÉTAIRE
Mais c'est moi qui devrais crier.
LE COMMISSAIRE
Silence !
LE GENDARME, glapissant
Silence !
GUIGNOL
C'est le coup... coup... coup... qui m'a... m'a... m'a... le... le...
LE COMMISSAIRE
J'y suis.
Appelant.
Gendarme !
LE GENDARME
Présent !
LE COMMISSAIRE
Ce garçon était-il aussi idiot quand vous l'avez arrêté ?
LE GENDARME
Je ne crois pas.
LE COMMISSAIRE
Alors c'est clair ! Ce sont les coups qui lui ont paralysé la langue. D'ailleurs il se plaint.
À Guignol.
Ça vous fait donc bien mal ?
GUIGNOL, bégayant
Oui... oui... oui...
Criant.
Aïe !...
LE COMMISSAIRE
J'en étais sûr.
LE PROPRIÉTAIRE
Mais ce n'est pas vrai ; c'est un menteur, Monsieur_le_Commissaire. Il n'est pas bègue... Vous vous trompez.
LE COMMISSAIRE
La justice ne se trompe jamais.
LE GENDARME
Jamais !
LE PROPRIÉTAIRE
Mais c'est moi qui ai reçu les coups.
LE COMMISSAIRE
Prouvez-le. Où sont les marques ?
LE PROPRIÉTAIRE
Je n'en ai pas, heureusement.
LE COMMISSAIRE
Et bien alors ! Lui, il en a au moins ! Vous voyez que j'ai raison ; donc c'est vous que je condamne.
LE PROPRIÉTAIRE
Condamné, moi ! Pour avoir voulu me faire payer ce qu'on me devait. Elle est trop forte !
LE COMMISSAIRE
C'est jugé. Il n'y a plus à revenir.
LE PROPRIÉTAIRE
Mais...
LE COMMISSAIRE
Silence !
LE GENDARME
Silence !
GUIGNOL
Silence !
LE COMMISSAIRE
Vous resterez eu prison, jusqu'à sa guérison.
LE PROPRIÉTAIRE
Jusqu'à sa guérison ! Mais c'est affreux !
LE COMMISSAIRE
Gendarme ! Emmenez monsieur, en prison, et ce pauvre garçon à l'hôpital.
LE PROPRIÉTAIRE
Ah ! Le gueux ! Le pendard ! J'étouffe !
LE COMMISSAIRE
N'insultez pas votre victime !
GUIGNOL, criant
Aïe !
Il s'approche du propriétaire. - Bas.
Dites donc, mon bon propriétaire, mon aimable propriétaire, si vous voulez, me donner quittance de mon terme, je vais essayer de guérir tout de suite.
LE PROPRIÉTAIRE
Ah ! Le brigand ! Monsieur_le_Commissaire, venez donc voir comme il mentait.
LE COMMISSAIRE
Quoi ?
GUIGNOL, criant très fort
Aïe !... Là, là, là ! Aïe !
LE COMMISSAIRE, au propriétaire
Vous, si vous recommencez, je double la dose. En prison, et jusqu'à la guérison de ce pauvre malheureux.
GUIGNOL, au propriétaire
Eh bien !
LE PROPRIÉTAIRE
Tiens ! Voilà la quittance ! Voilà tout ! Mais dis vite que tu es guéri.
GUIGNOL, bas
Merci.
Haut.
M'sieur le commissaire, je suis guéri.
LE COMMISSAIRE
Ah ! Bah !
LE PROPRIÉTAIRE
Quand je vous le disais !
LE COMMISSAIRE
Je ne me trompe jamais, n'est-ce pas, Gendarme ?
LE GENDARME
Jamais !
LE COMMISSAIRE
Vous n'irez pas en prison, mais vous paierez l'amende tout de même.
GUIGNOL, au propriétaire
Moralité : il ne faut jamais tracasser son locataire.
LE GENDARME
Lirelonlaire !GUIGNOL, lui donnant un coup de baton sur la tête
Salue donc mieux que ça. Lireloula !Au public.
Ainsi finit la comédie.
3 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica