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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Laodamie, Reine D'Epire.

Catherine Bernard· créée en 1688· 5 actes· 1 434 vers· 8 personnages

Personnages

  • LAODAMIE, Reine d'Epire
  • NÉRÉE, sa soeur
  • GELON, Prince de Sicile
  • SOSTRATE, Prince d'Epire
  • PHENIX, Ministre d'Etat
  • MILON, Confident de Sostrate
  • ARGIRE, Confidente de la Reine
  • PHÈDRE, Confidente de la Princesse

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. La Reine, La Princesse, Argire.

SCÈNE II. La Reine, Argire.

LA REINE

Te l'avouerai-je, hélas ! Mais que puis-je cacher, Quand je vois mes malheurs de leur comble approcher ? Apprends donc à quels maux je vais être livrée, Tu sais quelle amitié m'unit avec Nérée ; Mais, Dieux ! Bientôt Gelon épouse cette soeur, Et Gelon en secret est maître de mon coeur, Par le dernier traité d'Alexandre mon père, Le triste hymen d'Attale est pour moi nécessaire, Il faut exécuter ses ordres absolus, Mille raisons d'État m'en pressent encor plus. Ma couronne est tremblante, et mon peuple est rebelle. Déjà trop fatigué d'une guerre cruelle, Si j'attire sur lui de nouveaux ennemis, Des rebelles sujets se croiront tout permis. Par l'interêt d'un trône où je suis enchaînée Il faut que je subisse un cruel hyménée ; Mais mon coeur se révolte, et sans cesse combat, Et les ordres d'un père, et la raison d'État. Hélas, Argire, hélas, que nous serions heureuses S'il fallait que toujours ces flammes dangereuses, Pour naître dans nos coeurs, attendissent du moins D'un amant empressé les ardeurs et les soins ! Mais qouvent un penchant qui domine en notre âme, Prévient ce qui devrait allumer notre flamme, S'entretient de soi-même, et nous engage plus Que les plus tendres soins qu'on nous aurait rendus, Tel est l'amour forcé qui vers Gelon m'entraîne : Rien ne flatta jamais cette secrète peine ; Je le voyais pourtant n'engager point sa foi, Ses hommages encor pouvaient tourner vers moi. Mon âme, malgré moi, d'une manière avide Saisissait un espoir si faux, si peu solide ; Et d'une vaine erreur le charme éblouissant Formait à mes devoirs un obstacle puissant. Pour m'ôter cette erreur trop chère à ma foi blesse, Je pris soin d'engager Gelon à la Princesse. Combien m'en coûta-t-il ! À quels combats livré, | Combien mon triste coeur se vit-il déchiré ! Quels efforts ! Je croyais à moi-même sévère, Que l'on guérit l'amour quand on le désespère, Mes soins pour l'engager eurent trop de succès, Ma rivale en jouit. Hélas à quel excès Est allé cet amour qui me doit sa naissance ! Il n'en fallait pas tant pour m'ôter l'espérance, Inutile secours pour ma faible raison, Je croyais de leurs feux tirer ma guérison, Et de chagrins jaloux je me trouve saisie ! Quel remède à l'amour ! Ciel ! Que la jalousie....

SCÈNE III. Gelon, La Reine, Argire.

SCÈNE IV. La Reine, Argire.

SCÈNE V. La Reine, Sostrate, Argire, Milon.

SCÈNE VI. Sostrate, Milon.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. La Princesse, Phèdre.

SCÈNE II. La Reine, La Princesse, Phèdre.

SCÈNE III. La Princesse, Sostrate.

SCÈNE IV. La Princesse, Phèdre.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. La Princesse, Phèdre.

PHÈDRE

Mais...

SCÈNE VII. La Princesse, Phèdre, Phenix.

LA PRINCESSE

Ah, Ciel !

SCÈNE VIII.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. La Reine, Argire.

SCÈNE II. La Reine, Gelon, Argire.

SCÈNE III. La Reine, Argire.

SCÈNE IV. La Reine, Sostrate, Argire.

SCÈNE V. La Reine, Argire.

SCÈNE VI. La Reine, Argire, Phenix.

SCÈNE VII. La Reine, Argire.

SCÈNE VIII. La Reine, La Princesse, Argire.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. La Princesse, Phèdre.

SCÈNE III. La Princesse, Gelon, Phèdre.

SCÈNE IV. Gelon, Sostrate.

SCÈNE V. Sostrate, Milon.

SCÈNE VI. La Reine, Sostrate.

SCÈNE VII. La Reine, Phenix.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Gelon, Phenix.

SCÈNE II. La Reine, Gélon.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. La Reine, Phèdre.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. La Reine, Argire.

SCÈNE VII. La Reine, La Princesse, Argire.

SCÈNE VIII. La Princesse, Argire.

SCÈNE IX. La Princesse, Phèdre, Argire.

SCÈNE X. La Princesse, Phenix, Argire.

PHENIX

Sostrate a pu penfer que Gelon était Roi. L'ordre d'être arrêté qui menaçait sa tête ; La Reine qui tout haut crie encor qu'on l'arrête, Tout excite sa rage et trouble son esprit ; De son cruel abord rien ne nous garantit. Mille traits sur le Peuple ont marqué sa furie. Les plus audacieux tremblent lors pour leur vie. La Reine à son péril dédaigne de songer ; Ce n'est que pour Gelon qu'elle craint le danger. Loin d'éviter la mort à lui seul préparée, Elle est près de ce Prince à son péril livrée. Elle croit détourner les coups par son aspect, Et que pour sa présence on aura du respect. Rien n'arrête Sostrate, il se fait un passage : Tu vas régner, Gelon, reçois donc mon hommag , Lui dit-il ; mais lui-même il se livre à la mort. Gelon vers lui s'avance, et par un prompt effort Dans le sang du perfide il lave son offense. Sostrate meurt. Milon en veut tirer vengeance : Il lance un trait fatal, quel démon le conduit ! La Reine en est frappée, et dans l'instant il fuit. Elle fait quelques pas pour aller jusqu'au Temple, Nous laissant de son zèle un glorieux exemple : On veut la secourir, mais le coup est mortel. Elle invoque Diane, et meurt sur son Autel. Nous poursuivons Milon, notre fureur l'accable Nous avons déchiré ce monstre abominable. On voit moins un combat qu'un carnage odieux : Gelon aux ennemis paraît un de nos Dieux, Mais un Dieu courroucé, juste vengeur du crime. Chaque coup de sa main immole une victime. La fuite est le seul bien qui les puisse tirer Des maux, où par eux même ils ont su se livrer.

SCÈNE DERNIÈRE. La Princesse, Gelon, Phenix, Argire, Phèdre

1 434 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0