Parodie en vers· Tragédie en Cinq Actes
Sémiramis
Personnages
- SÉMIRAMIS, tragédie de M. de Voltaire
- L'EXPOSITION
- LE DÉNOUEMENT, sous le nom d'Oroès
- L'INTÉRÊT, sous le nom de Ninias
- LA PITIÉ, sous le nom d'Azéma
- LA CABALE, sous le nom d'Assur
- LES REMORDS, sous le nom des confidents
- L'ACTION
- LE NOEUD
- LE RÉCIT
- LA FICTION
- LE STYLE
- LA TERREUR
- LA LANGUEUR
- LA DÉCORATION
- L'OMBRE DU GRAND CORNEILLE
- PLUSIEURS BEAUTÉS
- TROUPES DE DÉFAUTS
ACTE I
SCÈNE PREMIÈRE. L'Exposition, Le Dénouement.
LE DÉNOUEMENT
Oui c'est le dénouement, oui c'est moi je vous jure, C'est moi qui du Grand-Prêtre emprunte la figure.L'EXPOSITION
C'est vous-même, Seigneur ! Quel important besoin Vous a fait devancer l'intrigue de si loin ? Ne dois-je pas ici paraître la première ?Vers 3 et 4, voir les mêmes vers au même endroit dans Iphigénie de Racine. Vers 4, "intrigue" remplace "aurore".
LE DÉNOUEMENT
Heureux le dénouement qui seyant la lumière Libre du personnage où je suis attaché, Reste à l'endroit où l'auteur l'a caché ! Cessez donc d'insulter un pauvre misérable Que la faute d'autrui seule a rendu coupable ; Au reste, je sais trop le rang que vous avez Madame, je me tais, parlez si vous pouvez,Voir le vers 10 d'Iphigénie de Racine qui cmmence par "Heureux".
Voir le vers 11 d'Iphigénie de Racine : "Libre du joug superbe où je suis attaché".
L'EXPOSITION
L'avouerai-je, Seigneur ? J'ai perdu la parole ; Mais vous, si vous vouliez jouer ici mon rôle ?...LE DÉNOUEMENT
Madame y pensez-vous ? Moi qui suis si discret, Qui sais avec tant d'art ménager un secret, Vous voulez que je sois ici votre interprète ? Mais attendez ... oui...L'Auteur a de temps en temps quitté le ton tragique ; il a cru à l'imitation de M. de V[oltaire]. pouvoir prendre un style inégal. [Bideau de Billardon]
L'EXPOSITION
Quoi ?LE DÉNOUEMENT
La royale cassette Que pour bonnes raisons j'ai fait venir ici, En ce pressant besoin peut vous servir aussi. Aux yeux du spectateur nous n'avons qu'à la mettre. Voici le Diadème, et l'Epée , et la Lettre ! Voilà, sans vous donner la peine de causer, Ce qu'en terme de l'art on appelle EXPOSER.SCÈNE II.
LE DÉNOUEMENT, seule
Elle s'en va contente, et je me moque d'elle. Faut-il donc à parler instruire une femelle ? Voilà comme un sujet souvent mal déclaré Rampe au mépris des lois, et languit ignoré.Voir Sémiramis de Voltaire, v.92 : "Rampe à la cour des rois, et languit ignoré."
ACTE II
SCÈNE PREMIÈRE. Sémiramis, Un Remord.
SÉMIRAMIS
Viens, suis-moi, les remords, qu'on croit si méprisables Sont la seule vertu qui reste à des coupables.Voir Smiramis de Voltaire v. 757, 758 : "Croyez-moi, les remords, à vos yeux méprisables, Sont la seule vertu qui reste à des coupables."
LE REMORD
Non, mais à dire vrai, tout scélérat prudent Ne doit jamais avoir que nous pour confident. N'étant, non plus qu'Assur, là-dessus fur vos gardes, Le secret sera su du moindre de vos gardes ; C'est un de vos défauts.SÉMIRAMIS
Pourquoi le rappeler ? Te plairas-tu toujours à me faire trembler ? Mes défauts, je le sais, ont comblé la mesure J'ai confondu l'amour, l'inceste et la nature, Choqué la vraisemblance, et sur un vain tombeau Jetté les fondements du succès le plus beau ! Misérable ! Et je vis, et je soutiens la vue De ce sacré Public dont le bon goût me tue ! Pourra-t-il retenir ce qu'il pense de moi ! Il se tairait en vain !Voir, Phèdre de Racine, v. 1269 : "Mes crimes désormais ont comblé la mesure."
Voir, Phèdre de Racine, v. 1273, 1274 : "Misérable ! Et je vis ? Et je soutiens la vue"
Voir Phèdre de Racine, v. 848, 849 : "Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi ? Il se tairait en vain. Je sais mes perfidies,"
LE REMORD
Eh, n'ayez point d'effroi.SÉMIRAMIS
Je connais la valeur des belles Tragédies, Seigneur, je ne suis point de ces pièces hardies Qui goûtant au Théâtre une tranquille paix , Ont su se faire un nom qui ne périt jamais. Mourons ; que de mes maux la chûte me délivre ; Est-ce un si grand malheur que de cesser de vivre.Voir Phèdre de Racine v. 851-852 "Il se tairait en vain. Je sais mes perfidies, Oenone, et ne suis point de ces femmes hardies, Qui goûtant dans le crime une tranquille paix Ont su se faire un front qui ne rougit jamais.
Voir Phèdre de Racine, v. 858 : "Est-ce un malheur si grand, que de cesser de vivre ?"
LE REMORD
Je ne suis point, Madame, ici pour vous flatter. Mais je serais honteux de vous trop tourmenter ; Croyez-moi, n'allez point dans la nuit infernale. INTRIGUEZ-VOUS ; voyez, courtisez la cabale La voici justement, qui sous les traits d'ASSUR Porte l'air tapageur, l'oeil fier, et le coeur dur.SCÈNE II. Semiramis, Un Remord, La Cabale.
SÉMIRAMIS
Ah, dissipez ASSUR, mes mortelles allarmes Et pour me protéger daignez prendre les armes. Le peu d'éclat que j'ai vous a rendu jaloux ; Je vous hais, je vous crains, mais j'ai besoin de vous. De mille affreux remords je fuis persécutée, Et par des revenants sans cesse épouvantée : Vous trembleriez vous-même, et tous les esprits forts...LA CABALE
La terreur des vivants peut-il craindre les morts ? Au reste, attendez tout de ma toute-puissance Pourvu que vous ayez un peu de complaisance. Il faut par certains noeuds sceller notre union.Voir Atilla de Pierre Corneille, v.884 : "La terreur des mortels et le fléau de Dieu."
SCÈNE III.
LA CABALE, seule
Comme si loin de nous le maître de la terrre N'eut placé le bon goût qu'au fond de l'Angleterre.Voir Semiramis de Voltaire, v. 351-352 : "Comme si, loin de nous, le dieu de l'univers / N'eût mis la vérité qu'au fond de ces déserts ;"
ACTE III
SCÈNE I. Semiramis, L'Exposition, Le Dénouement, L'Action, Le Noeud, L'Intérêt, Le Récit, Le Fiction, Le Style, La Terreur, La Langueur, La Pitié, La Décoration, Les Remords, L'Ombre du Grand Corneille, Plusieurs Beautés, Troupe de défauts.
L'EXPOSITION
La voilà.SÉMIRAMIS
Bon ! Le NOEUD ?LE NOEUD
Me voici !SÉMIRAMIS
L'INTÉRÊT ?L'EXPOSITION
Il arrive.SÉMIRAMIS
Il se fait bien attendre ;L'INTÉRÊT, entre sous le nom de Ninias
J'aurais dû, j'en conviens, un peu plus tôt me rendre.Le vers porute "plutôt", nous corrigeons en "plus tôt".
LA LANGUEUR
Moi je suis à venir exacte au dernier point.SÉMIRAMIS
Je ne vois point L'INTRIGUE,UN REMORD
On dit qu'il n'en est point.SÉMIRAMIS, à la Terreur
Et vous, que faites vous ?LA TERREUR
TERREUR pour mouvoir l'âme.SÉMIRAMIS
Et vous, belle Azema ?LA PITIÉ
Je fais PITIÉ, Madame.SÉMIRAMIS
Et DÉCORATIONS.SÉMIRAMIS
Que chacun s'il se peut garde son CARACTÈRE Allons je vais parler ; que l'on songe à se taire. Je vous ai fait venir ici de tous côtés Pour vous faire en deux mots savoir mes volontés. Vous connaissez, amis, mes maux et ma faiblesse, Et savez, comme on dit, par où le bât me blesse. Il m'est donc important de choisir un appui Qui puisse me sauver et la chute et l'ennui, Qui détermine enfin ma crise violente, Et soutienne longtemps ma beauté chancelante. Je choisis ; ... n'allez point répliquer point d'humeur, Oui je me donne...LE NOEUD
À qui ?L'INTÉRÊT
Je tremble...LA PITIÉ
Hélas !LA TERREUR
Ciel !UN COUP DE TONNERE
Patatras !UN REMORD
Il vous vient du parterre.L'OMBRE DE CORNEILLE sortant du tombeau
À des traits si hardis mon Ombre se réveille.SÉMIRAMIS
Dieux quelle est ma frayeur ! C'est l'ombre de Corneille, Pourrai-je en cet état paraître devant lui ? Je t'invoque. Ô mon père ! Ô mon unique appui.SÉMIRAMIS
Ciel !L'OMBRE
Qu'il soit, sans former un lien si fatal Le second de son siècle et non pas mon rival. Oui je veux bien encore attendu la disette Qu'on le regarde un jour comme premier poète ; Mais avant que dans lui j'adopte un héritier Dans ma tombe, à ma cendre il faut sacrifier.Voir Sémiramis de Voltaire, v. 713,174 : Je vous fis, sans former un lien si fatal, / Le second de la terre, et non pas mon égal.
Voir Sémiramis de Voltaire, v. 629 : "Si la reine vous cède, et nomme un héritier,"
Voir Sémiramis de Voltaire, v. 1073 : "Dans ma tombe, à ma cendre il faut sacrifier".
SÉMIRAMIS
Est-ce moi qu'il demande ? Ah s'il faut que je tombe, Accorde moi l'honneur d'être auprès de ta tombe ! Il est donc des défauts, ll est donc des excès Que les maîtres de l'art ne pardonnent jamais !Tomber : On dit qu'une pièce de théâtre est tombée pour dire qu'elle n'a pas eu de succès et qu'on ne le jouera plus.
L'OMBRE
Si tu ne tombes pas, pour apaiser ma cendre Avec le temps du moins je te ferai descendre.Voir Sémiramis, v.1084-1085 : "Arrête, et respecte ma cendre ; / Quand il en sera temps, je t'y ferai descendre."
SÉMIRAMIS
Seigneur je me soumets. On peut sans s'avilir Écouter vos arrêts, les craindre et s'y tenir.Voir Sémiramis de Voltaire, v.753-754 : "Et je vous apprendrai qu'on peut, sans s'avilir, / S'abaisser sous les dieux, les craindre, et les servir."
ACTE IV
SCÈNE I. L'Intérêt, La Pitié.
LA PITIÉ
Non je ne prétends pas dans ma douleur profonde Rechercher un ingrat qui meprise le monde.Voir le v. 481 d'Arminius De Campistron : "Et je vous perds ? Aussi dans ma douleur profonde," et Sémiramis de Voltaire, v. 1117 : "Vous voyez trop, cruelle, à ma douleur profonde"
LA PITIÉ
Non tu n'es qu'un perfide, un volage, un parjure Qu'on ne voit qu'à travers une lumière obscure, Et qui jamais ici ne passe... qu'en passant.Voir le vers 1090 d'Oedipe de Corneille : "Dont je n'ai pu tirer qu'une lumière obscure."
LA PITIÉ
Ah ! C'est le DÉNOUEMENT.SCÈNE II. L'Intérêt, Le Dénouement.
LE DÉNOUEMENT
Je viens vous apporter...L'INTÉRÊT
J'entends, c'est une Lettre.LE DÉNOUEMENT
C'est un paquet qu'on m'a chargé de vous remettre.L'INTÉRÊT
De quelle part ?LE DÉNOUEMENT
L'adresse est bien à Ninias. Prenez donc, rendez grace, et ne répliquez pas.Voir Sémiramis de Voltaire, v.1292 : "Adorez, rendez grâce, et ne murmurez pas".
SCÈNE III.
L'INTÉRÊT, seul
Ouvrons vite et voyons quel est tout ce mystère : Oh oh : voici de quoi bien réjouir ma mère.Il parcourt plusieurs papiers et lit les titres.
Lettre sur Sémiramis, Critique de Sémiramis, seconde Critique, troisième Lettre, Apologie, Contre-Critique, etc.
Ceci sent la cabale ! Hélas Sémiramis, A donc plus de Censeurs en ces lieux, que d'Amis !Apercevant Sémiramis.
Ah ! Cachons...SCÈNE IV. Sémiramis, L'Intérêt.
SÉMIRAMIS
D'où te vient cet air triste et sauvage ? Les traits du désespoir sont peints sur ton visage.Voir Esther de Racine, vers 1009 : "L'orgueil et le dédain sont peints sur son visage." et le vers 1343 dans Sémiramis de Voltaire : "Les traits du désespoir sont sur votre visage ;"
L'INTÉRÊT
Madame ce n'est rien.SÉMIRAMIS
Non, tu te tais en vain.L'INTÉRÊT
Mais vous dis-je...L'INTÉRÊT
Rien... c'est... que lui dirai-je ?SÉMIRAMIS
Hem ! quoi ?SÉMIRAMIS
Donne.L'INTÉRÊT
Fi donc ?SÉMIRAMIS
Tu ments, c'est autre chose.SÉMIRAMIS
Contient-il les raisons d'un refus qui m'assomme ?Voir le v. 1367 de Sémiramis de Voltaire : "Contient-il les raisons de tes refus affreux ?" et le vers 368 qui suit.
L'INTÉRÊT
Oui.SÉMIRAMIS
Donne !L'INTÉRÊT
Je ne puis.SÉMIRAMIS
D'ou le tiens-tu ?L'INTÉRÊT
D'un homme.L'INTÉRÊT
Eh quoi. Êtes-vous pour si peu déjà lasse de moi ? Eh bien que ces écrits soient donc le seul supplice, Qui de tous vos excès puissent faire justice.Voir Semiramis de Voltaire, vers 1377 : "Eh bien ! que ce billet soit donc le seul supplice"
SÉMIRAMIS
Qu'ai-je vu ? Des Censeurs, la rage déchaînée, Poursuit cette coupable et cette infortunée !Voir v. 1382 de Sémiramis de Voltaire : "Punis cette coupable et cette infortunée ;"
ACTE V.
SCÈNE PREMIÈRE. Sémiramis, La Pitié.
SÉMIRAMIS
Viens ma chère Pitié, je connais ta tendresse, Et je sais à quel point ma douleur t'intéresse.LA PITIÉ
Madame, ce n'est pas pour vous le reprocher, Mais lorsque vers l'abîme on vous a vû pencher, N'ai-je pas, tel qu'Atlas qui soutient un des Pôles, Oui, ne vous ai-je pas porté sur les épaules ? Dans votre plan pourtant qu'aviez-vous fait pour moi ? Rien.LA PITIÉ
Tenez, à vos périls mon coeur encore s'éveille, Je vois que vous lorgnez le tombeau de Corneille, Et que d'entrer dedans il vous prend un désir.LA PITIÉ
Croyez-moi, n'allez pas jouter contre un tel Maître, Vous trouveriez quelqu'un plus fort que vous, peut-être.SÉMIRAMIS
Vous raillez !LA PITIÉ
Point du tout : mais sérieusement, J'ai cru voir la Cabale entrer secrètement, Sachant que votre fils, et vous, devez descendre Dans la tombe, elle veut tous deux vous y surprendre.SÉMIRAMIS
On en veut à mon fils, dites-vous ? C'est assez, J'y cours de ce pas même, et vous m enhardissez.Voir le vers 236 de Sémiramis de Voltaire : "J'y cours de ce pas même, et vous m'enhardissez :".
SCÈNE II.
LA PITIÉ, seule
Elle y va ; je crains bien que cette conjoncture N'apporte à mon amant quelque triste aventure. N'entends-je pas sa voix parmi ces cris affreux... J'entends tomber quelqu'un, le coup a sonné creux. Ah c'est lui...Voir Sémiramis de Voltaire, v.303 : "Je l'invoque en tremblant : des sons, des cris affreux,"
SCÈNE III. L'Intérêt, La Pitié.
SCÈNE IV. La Cabale, L'Intérêt, La Pitié.
LA CABALE
Tu ments, chien ! Me voici !L'INTÉRÊT
La victime, grands Dieux, nous est donc échappée,Voir Sémiramis de Voltaire, vers 1646 : "Et qu'on rende au trépas ma victime échappée."
LA CABALE, l'épée a la main
Tu n'échapperas pas toi-même à mon épée.L'INTÉRÊT
Je veux rabattre ici de cet air triomphant, Par ordre de l'Auteur rends-toi comme un enfant.LA CABALE
Je me rends.L'INTÉRÊT
Tuons-la.LA PITIÉ
Non.L'INTÉRÊT
Pourquoi, Pitié ?LA PITIÉ
C'est que... Il vaut mieux l'envoyer vivante au Fort-l'Évêque.Fort-l'Évêque : Prison parisienne qui était située rue Saint-Germain l'Auxerrois et fut utilisée entre 1674 et 1780 pour y enfermer entre autres des comédiens d'une façon arbitraire.
SCÈNE V. Sémiramis blessée, et soutenue par deux Beautés, L'Intérêt, La Pitié.
L'INTÉRÊT
Que vois-je ?LA PITIÉ
Quel objet !L'INTÉRÊT
Ah grands Dieux ; C'est ma mère !SÉMIRAMIS, douloureusement
Si j'en meurs, Ah c'est bien la faute de mon père !SÉMIRAMIS
Hélas en descendant, Mon fils, j'ai rencontré quelqu'un à la traverse,... Et j'ai fait... une chute, horrible à la renverse.LA PITIÉ
Pieux ! Où donc ?SÉMIRAMIS
À l'entrée, hélas du monumentL'INTÉRÊT
Mais encor quel hasard ?SÉMIRAMIS
Par centrecoup.L'INTÉRÊT
Comment ?LA PITIÉ
À quoi ?L'INTÉRÊT
Contre qui ?SÉMIRAMIS
Contre la VRAISEMBLANCE. Le coup m'a renvoyé tomber à quatre pas... Et je ne ssais, mon fils, si je n'en mourrai pas, Je suis si MALTRAITÉE et ma douleur est telle... Ah !LA PITIÉ, lui frottant la tête
Là, là ...LA PITIÉ
Hélas !SÉMIRAMIS
Que je vous dicte ici mes volontés. Je veux qu'un noeud sacré tous les deux vous assemble ; Tâchez d'être confiants et de bien vivre ensemble. Gagnez vous tous les coeurs ; si de votre union Vous donnez au Public quelque production...LA PITIÉ
Ah...SÉMIRAMIS
Que la Vraisemblance et la Belle nature, En soient, mes chers enfants, la règle et la mesure. Si des fâcheux Censeurs vous craignez le couroux , En ne m'imitant pas ne craignez point leurs coups. Mais j'ai surtout encore une chose à vous dire...L'INTÉRÊT
Il convient d'abréger un peu quand on expire, Madame, trop parler pourrait vous étouffer, Dans votre lit plutôt allez vous réchauffer, Vous en rechapperez.LA PITIÉ
Plut aux Dieux !236 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0