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un seul est le mot juste.

Parodie en vers· Tragédie en Cinq Actes

Sémiramis

Jean Charles François Bideau de Montigny· imprimée en 1749· 5 actes· 236 vers· 18 personnages

Personnages

  • SÉMIRAMIS, tragédie de M. de Voltaire
  • L'EXPOSITION
  • LE DÉNOUEMENT, sous le nom d'Oroès
  • L'INTÉRÊT, sous le nom de Ninias
  • LA PITIÉ, sous le nom d'Azéma
  • LA CABALE, sous le nom d'Assur
  • LES REMORDS, sous le nom des confidents
  • L'ACTION
  • LE NOEUD
  • LE RÉCIT
  • LA FICTION
  • LE STYLE
  • LA TERREUR
  • LA LANGUEUR
  • LA DÉCORATION
  • L'OMBRE DU GRAND CORNEILLE
  • PLUSIEURS BEAUTÉS
  • TROUPES DE DÉFAUTS

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. L'Exposition, Le Dénouement.

L'EXPOSITION

C'est vous-même, Seigneur ! Quel important besoin Vous a fait devancer l'intrigue de si loin ? Ne dois-je pas ici paraître la première ?

Vers 3 et 4, voir les mêmes vers au même endroit dans Iphigénie de Racine. Vers 4, "intrigue" remplace "aurore".

LE DÉNOUEMENT

Madame y pensez-vous ? Moi qui suis si discret, Qui sais avec tant d'art ménager un secret, Vous voulez que je sois ici votre interprète ? Mais attendez ... oui...

L'Auteur a de temps en temps quitté le ton tragique ; il a cru à l'imitation de M. de V[oltaire]. pouvoir prendre un style inégal. [Bideau de Billardon]

L'EXPOSITION

Quoi ?

SCÈNE II.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Sémiramis, Un Remord.

SÉMIRAMIS

Viens, suis-moi, les remords, qu'on croit si méprisables Sont la seule vertu qui reste à des coupables.

Voir Smiramis de Voltaire v. 757, 758 : "Croyez-moi, les remords, à vos yeux méprisables, Sont la seule vertu qui reste à des coupables."

SÉMIRAMIS

Pourquoi le rappeler ? Te plairas-tu toujours à me faire trembler ? Mes défauts, je le sais, ont comblé la mesure J'ai confondu l'amour, l'inceste et la nature, Choqué la vraisemblance, et sur un vain tombeau Jetté les fondements du succès le plus beau ! Misérable ! Et je vis, et je soutiens la vue De ce sacré Public dont le bon goût me tue ! Pourra-t-il retenir ce qu'il pense de moi ! Il se tairait en vain !

Voir, Phèdre de Racine, v. 1269 : "Mes crimes désormais ont comblé la mesure."

Voir, Phèdre de Racine, v. 1273, 1274 : "Misérable ! Et je vis ? Et je soutiens la vue"

Voir Phèdre de Racine, v. 848, 849 : "Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi ? Il se tairait en vain. Je sais mes perfidies,"

SÉMIRAMIS

Je connais la valeur des belles Tragédies, Seigneur, je ne suis point de ces pièces hardies Qui goûtant au Théâtre une tranquille paix , Ont su se faire un nom qui ne périt jamais. Mourons ; que de mes maux la chûte me délivre ; Est-ce un si grand malheur que de cesser de vivre.

Voir Phèdre de Racine v. 851-852 "Il se tairait en vain. Je sais mes perfidies, Oenone, et ne suis point de ces femmes hardies, Qui goûtant dans le crime une tranquille paix Ont su se faire un front qui ne rougit jamais.

Voir Phèdre de Racine, v. 858 : "Est-ce un malheur si grand, que de cesser de vivre ?"

SCÈNE II. Semiramis, Un Remord, La Cabale.

SCÈNE III.

LA CABALE, seule

Comme si loin de nous le maître de la terrre N'eut placé le bon goût qu'au fond de l'Angleterre.

Voir Semiramis de Voltaire, v. 351-352 : "Comme si, loin de nous, le dieu de l'univers / N'eût mis la vérité qu'au fond de ces déserts ;"

ACTE III

SCÈNE I. Semiramis, L'Exposition, Le Dénouement, L'Action, Le Noeud, L'Intérêt, Le Récit, Le Fiction, Le Style, La Terreur, La Langueur, La Pitié, La Décoration, Les Remords, L'Ombre du Grand Corneille, Plusieurs Beautés, Troupe de défauts.

L'EXPOSITION

La voilà.

LE NOEUD

Me voici !

SÉMIRAMIS

L'INTÉRÊT ?

L'EXPOSITION

Il arrive.

L'INTÉRÊT, entre sous le nom de Ninias

J'aurais dû, j'en conviens, un peu plus tôt me rendre.

Le vers porute "plutôt", nous corrigeons en "plus tôt".

SÉMIRAMIS, à la Terreur

Et vous, que faites vous ?

SÉMIRAMIS

Et DÉCORATIONS.

LE NOEUD

À qui ?

L'INTÉRÊT

Je tremble...

SÉMIRAMIS

À l'imprimeur.

Tous les Acteurs marquent leur surprise.

LA PITIÉ

Hélas !

LA TERREUR

Ciel !

UN COUP DE TONNERE

Patatras !

L'OMBRE DE CORNEILLE sortant du tombeau

À des traits si hardis mon Ombre se réveille.

SÉMIRAMIS

Ciel !

L'OMBRE

Qu'il soit, sans former un lien si fatal Le second de son siècle et non pas mon rival. Oui je veux bien encore attendu la disette Qu'on le regarde un jour comme premier poète ; Mais avant que dans lui j'adopte un héritier Dans ma tombe, à ma cendre il faut sacrifier.

Voir Sémiramis de Voltaire, v. 713,174 : Je vous fis, sans former un lien si fatal, / Le second de la terre, et non pas mon égal.

Voir Sémiramis de Voltaire, v. 629 : "Si la reine vous cède, et nomme un héritier,"

Voir Sémiramis de Voltaire, v. 1073 : "Dans ma tombe, à ma cendre il faut sacrifier".

SÉMIRAMIS

Est-ce moi qu'il demande ? Ah s'il faut que je tombe, Accorde moi l'honneur d'être auprès de ta tombe ! Il est donc des défauts, ll est donc des excès Que les maîtres de l'art ne pardonnent jamais !

Tomber : On dit qu'une pièce de théâtre est tombée pour dire qu'elle n'a pas eu de succès et qu'on ne le jouera plus.

L'OMBRE

Si tu ne tombes pas, pour apaiser ma cendre Avec le temps du moins je te ferai descendre.

Voir Sémiramis, v.1084-1085 : "Arrête, et respecte ma cendre ; / Quand il en sera temps, je t'y ferai descendre."

SÉMIRAMIS

Seigneur je me soumets. On peut sans s'avilir Écouter vos arrêts, les craindre et s'y tenir.

Voir Sémiramis de Voltaire, v.753-754 : "Et je vous apprendrai qu'on peut, sans s'avilir, / S'abaisser sous les dieux, les craindre, et les servir."

ACTE IV

SCÈNE I. L'Intérêt, La Pitié.

LA PITIÉ

Non je ne prétends pas dans ma douleur profonde Rechercher un ingrat qui meprise le monde.

Voir le v. 481 d'Arminius De Campistron : "Et je vous perds ? Aussi dans ma douleur profonde," et Sémiramis de Voltaire, v. 1117 : "Vous voyez trop, cruelle, à ma douleur profonde"

LA PITIÉ

Non tu n'es qu'un perfide, un volage, un parjure Qu'on ne voit qu'à travers une lumière obscure, Et qui jamais ici ne passe... qu'en passant.

Voir le vers 1090 d'Oedipe de Corneille : "Dont je n'ai pu tirer qu'une lumière obscure."

LE DÉNOUEMENT

Je voudrais en secret vous parler un moment.

La Pitié se retire.

SCÈNE II. L'Intérêt, Le Dénouement.

L'INTÉRÊT

De quelle part ?

LE DÉNOUEMENT

L'adresse est bien à Ninias. Prenez donc, rendez grace, et ne répliquez pas.

Voir Sémiramis de Voltaire, v.1292 : "Adorez, rendez grâce, et ne murmurez pas".

SCÈNE III.

L'INTÉRÊT, seul

Ouvrons vite et voyons quel est tout ce mystère : Oh oh : voici de quoi bien réjouir ma mère.

Il parcourt plusieurs papiers et lit les titres.

Lettre sur Sémiramis, Critique de Sémiramis, seconde Critique, troisième Lettre, Apologie, Contre-Critique, etc.

Ceci sent la cabale ! Hélas Sémiramis, A donc plus de Censeurs en ces lieux, que d'Amis !

Apercevant Sémiramis.

Ah ! Cachons...

SCÈNE IV. Sémiramis, L'Intérêt.

SÉMIRAMIS

D'où te vient cet air triste et sauvage ? Les traits du désespoir sont peints sur ton visage.

Voir Esther de Racine, vers 1009 : "L'orgueil et le dédain sont peints sur son visage." et le vers 1343 dans Sémiramis de Voltaire : "Les traits du désespoir sont sur votre visage ;"

SÉMIRAMIS

Hem ! quoi ?

SÉMIRAMIS

Donne.

L'INTÉRÊT

Fi donc ?

SÉMIRAMIS

Contient-il les raisons d'un refus qui m'assomme ?

Voir le v. 1367 de Sémiramis de Voltaire : "Contient-il les raisons de tes refus affreux ?" et le vers 368 qui suit.

L'INTÉRÊT

Oui.

SÉMIRAMIS

Donne !

L'INTÉRÊT

Je ne puis.

L'INTÉRÊT

D'un homme.

L'INTÉRÊT

Eh quoi. Êtes-vous pour si peu déjà lasse de moi ? Eh bien que ces écrits soient donc le seul supplice, Qui de tous vos excès puissent faire justice.

Voir Semiramis de Voltaire, vers 1377 : "Eh bien ! que ce billet soit donc le seul supplice"

SÉMIRAMIS

Qu'ai-je vu ? Des Censeurs, la rage déchaînée, Poursuit cette coupable et cette infortunée !

Voir v. 1382 de Sémiramis de Voltaire : "Punis cette coupable et cette infortunée ;"

ACTE V.

SCÈNE PREMIÈRE. Sémiramis, La Pitié.

SÉMIRAMIS

Vous raillez !

SÉMIRAMIS

On en veut à mon fils, dites-vous ? C'est assez, J'y cours de ce pas même, et vous m enhardissez.

Voir le vers 236 de Sémiramis de Voltaire : "J'y cours de ce pas même, et vous m'enhardissez :".

SCÈNE II.

SCÈNE III. L'Intérêt, La Pitié.

SCÈNE IV. La Cabale, L'Intérêt, La Pitié.

L'INTÉRÊT

La victime, grands Dieux, nous est donc échappée,

Voir Sémiramis de Voltaire, vers 1646 : "Et qu'on rende au trépas ma victime échappée."

LA CABALE, l'épée a la main

Tu n'échapperas pas toi-même à mon épée.

LA CABALE

Je me rends.

L'INTÉRÊT

Tuons-la.

LA PITIÉ

Non.

LA PITIÉ

C'est que... Il vaut mieux l'envoyer vivante au Fort-l'Évêque.

Fort-l'Évêque : Prison parisienne qui était située rue Saint-Germain l'Auxerrois et fut utilisée entre 1674 et 1780 pour y enfermer entre autres des comédiens d'une façon arbitraire.

SCÈNE V. Sémiramis blessée, et soutenue par deux Beautés, L'Intérêt, La Pitié.

L'INTÉRÊT

Que vois-je ?

LA PITIÉ

Quel objet !

SÉMIRAMIS

Par centrecoup.

L'INTÉRÊT

Comment ?

LA PITIÉ

À quoi ?

L'INTÉRÊT

Contre qui ?

LA PITIÉ, lui frottant la tête

Là, là ...

LA PITIÉ

Hélas !

LA PITIÉ

Ah...

236 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0