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Comédie en vers· Comédie Représentée dans le Ballet du Roi

L'Amant Ridicule

François de Boisrobert· créée en 1655· 236 vers· 4 personnages

Représentée pour la première fois en 4 février 1653 au Château du Louvre.

Personnages

  • LÉANDRE, amoureux d'Isabelle
  • ALONCE, cousin de Léandre
  • ISABELLE, amoureuse de Léandre
  • LAURE, suivante d'Isabelle

ACTE I

SCÈNE I. Léandre Isabelle.

LÉANDRE

Quoi divine Isabelle on a donc résolu De vous donner Alonce, et vous l'avez voulu ? Il est vrai qu'au mépris de tout ce que nous sommes, Le sort vous abandonne au plus brutal des hommes.

H.C. Lancaster rapproche ce texte de la comédie de Thomas Corneille "Don Bertrand de Cigarral" (1651)

H.C. Lancaster indique que la comédie de Boirobert "La Belle plaideuse" (1653) commence par une scène identique entre deux amoureux.

SCÈNE II. Léandre, Isabelle, Lavre.

LAURE

Isabelle, rentrez, que faites vous là-bas ? Quoi ! Suivre ce blondin en tous lieux pas à pas ? Quoi ! L'attendre à la rue après tant de défenses ? Par ma foi vous prenez de trop grandes licences.

Blondin : qui a les cheveux blonds, ou une perruque blonde. "Les coquettes aiment fort les blondins, ce sont de vrais séducteurs de femmes." Molière [F]

LÉANDRE

Oui, oui, cela t'est hoc.

Hoc : On dit proverbialement Cela m'est hoc, pour dire, je suis assuré de gagner ce procès, d'avoir cette succession, de faire mon coup. [F]

LAURE

Ce que je vous disais n'est pas de mon estoc. Monsieur je ne suis ni sotte ni bête. Je vous crois libéral, je vous crois fort honnête, Mais notre maître enfin vous croit gueux comme un rat, Et j'ai dépit de voir qu'il vous préfère un fat, À cause qu'il est riche.

Estoc : Signifie aussi le fer, la pointe d'un arme. C'était autrefois une épée longue et étroite qui ne servait qu'à percer. [F]

Gueux : Indigent, qui est réduit à mendier. [FC]

LÉANDRE

Ô Dieux ! Quelle injustice, De faire de ce veau d'or un si grand sacrifice ! Ce fat est mon parent, et comme il ne sait pas Que mon coeur d'Isabelle adore les appas, Il m'a voulu déjà, mener deux fois chez elle.

Appas : Se dit en choses morales de ce qui sert à attraper les hommes, à les attirer, à les inviter à faire quelque chose. Plus précisément ici, les appas sont les qualités attirantes d'une femme.

SCÈNE III. Alonce, Léandre, Isabelle, Laure.

ALONCE

La sottise est grossière. Ma foi les jeunes gens vont par les Maisons, Sont digne de pitié, ce sont de francs oisons. Il a lu dans Balzac, il a lu dans Voiture, Voyez comme l'oison se sert de sa lecture !

Voiture, Vincent (1597-1648) : Poète précieux connu, entre autres, pour ses sonnets et ses lettres.

Balzac, Louis-Guez de (1597-1654) : écrivain français originaire d'Angoulâme, surnommé le restaurateur de la langue française. Ses oeuvres les plus connues sont ses lettres.

LÉANDRE

Le monde est un beau livre où je m'instruirai mieux Que dans tous les auteurs.

Voir Molière "L'Ecole des Maris", Acte I, sc. 2, ARISTE vers 191-192 : "Et l'école du monde, en l'air dont il faut vivre Instruit mieux, à mon gré, que ne fait aucun livre." [H.C. Lancaster]

ALONCE

Fi des comparaisons !

Fi : Particule qui sert à faire une exclamation pour témoigner le mépris, la haine, l'aversion qu'on a pour quelque personne ou quelque chose. [F]

ALONCE

Mais beau cousin, que vois-je ? Où tend votre harangue ? Votre prunelle joue ainsi que votre langue, Et je ne me trompe, en faisant le transi Madame vous répond de la prunelle aussi.

Harangue : Discours qu'un orateur fait en public. Se dit aussi ne mauvaise part, des discours trop longs, fréquents et ennuyeux, ou de ceux qui contiennent quelque réprimande, quelque reproche. [F]

LAURE

Oui.

SCÈNE IV. Alonce, Léandre.

SCÈNE V. Isabelle, Laure, Léandre, Alonce.

236 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0