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un seul est le mot juste.

Tragi-comédie en prose· Comtesse de Barcelone

Cassandre

François de Boisrobert· créée en 1653, imprimée en 1654· 5 actes· 1 716 vers· 9 personnages

Représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne en 1653.

Personnages

  • CASSANDRE, Comtesse de Barcelone
  • LE DUC DE CARDONE, Régent de Catalogne
  • ASTOLFE, Fils du Duc de Cardone, amoureux de Cassandre
  • ISABELLE, Fille du Duc de Cardone, Amante de Moncade
  • DON REMON DE MONCADE, Amoureux d'Isabelle
  • DON PEDRE D'ARAGON, Amoureux d'Isabelle
  • DON LOPE, Capitaine des Gardes de la Princesse
  • BERALDE, écuyer d'Astolfe
  • DON BERNARD DE ROCCAS, Gouverneur de la Princesse
MONSEIGNEUR,

À MONSEIGNEUR LE DUC DE NEMOURS, ARCHEVEQUE ET DUC DE REIMS, Premier Pair de France.

Si vous vous souvenez que ce fut en votre présence, qu'une grande Princesse souffrit avec plaisir la première lecture qui a été faite de cette tragi-comédie ; Vous vous souviendrez aussi des avis obligeants qui me furent donnés par Vous et par Elle, pour en augmenter les agréments ; et ainsi vous n'aurez pas été fort surpris de la grande réputation qu'elle s'est acquise. Mais vous aurez sans doute quelque sujet de vous étonner, de ce qu'aujourd'hui que je l'expose hardiment, et avec tant de confiance à la vue du monde, après la glorieuse approbation que vous lui avez donnée, j'ose vous demander pour elle une nouvelle protection. je sais bien, MONSEIGNEUR, que ce qui a eu une fois le don de vous plaire, et d'attirer vos louanges, ne doit plus appréhender le blâme ni le mépris. Je sais que cet esprit clairvoyant et judicieux, par lequel vous ne brillez pas moins que par la splendeur de votre naissance, a ses privilèges particuliers qui seraient respectés dans les académies les plus sûres. Aussi quelques couleurs que je donne à la vanité que j'ose montrer ici d'avoir mérité votre estime ; on voit bien que ce n'est pas tant une grâce que je vous demande, puisque j'apprends aux Lecteurs, que je l'ai déjà reçue, qu'un hommage que je vous rends, et que ce n'est pas tant un témoignage que je veux exiger de vous pour ma gloire, puisque vous l'avez déjà si bien établie, qu'un tribut que je cherche à payer à votre Vertu. Mais, MONSEIGNEUR, j'ai quelque sujet de craindre encore que ce dernier dessein ne me réussisse pas mieux que l'autre, comme je confesse ingénument, que je dois à vos bontés les principales grâces de cet ouvrage. On ne manquera pas de dire que c'est plutôt une restitution qu'un présent que je vous faits, et que quelque ardeur qui paraisse dans mon zèle, vous n'auriez rien reçu de moi, si vous ne m'aviez rien donné. Si les délicats s'avisent de me faire cette objection, souffrez que je leur réponde, que vous avez cela de commun avec les Dieux, dont vous tirez votre origine, que comme ils ne verraient point de fleurs ni de parfums sur leurs autels s'ils ne les avaient donnés aux hommes ; Ainsi, MONSEIGNEUR, si vous n'aviez répandu sur moi quelques rayons de vos propres grâces, je n'en connaissais point d'étrangères qui fussent dignes de vous, ni n'eusse jamais pu vous témoigner assez parfaitement de moi-même avec quel respect, et quelle vénération je suis,

MONSEIGNEUR,

De V. A.

Le très humble et très obéissant serviteur,

BOIS-ROBERT, Abbé de Châtillon.

AU LECTEUR

Je m'assure, LECTEUR, que cette tragi-comédie, que toute la Cour et toute la Ville ont trouvée si belle sur le théâtre, ne te paraîtra guère moins agréable sur le papier, et que tu la trouveras aussi bien soutenue par la délicatesse et par la majesté de ses vers, que par la dignité de son sujet. Si Villegas Espagnol assez obscur, qui a été assez heureux pour trouver un si beau noeud, eut eu la même fortune dans le dénouement, cette seule production l'aurait sans doute égalé aux plus fameux inventeurs de sa nation, et de son siècle : Si comme cette pièce est assez rare, il arrive par hasard qu'elle vienne à tomber entre tes mains ; j'ai la vanité d'espérer que tu priseras peut-être moins les richesses et les profusions de l'auteur, que ma petite économie.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Le Duc de Cardone, Astrolfe.

SCÈNE II. Astolfe, Cassandre, Doris.

SCÈNE III. Don Remond de Moncade, Don Pedre d'Aragon, Cassandre, Don Lope, Capitaine des gardes.

SCÈNE IV. Don Pedre, Moncade, Beralde.

MONCADE

M'avez vous pas promis de rendre ce poulet ?

Poulet : signifie aussi un petit billet amoureux qu'on envoie aux Dames galantes, ainsi nommé, parce qu'en le pliant on y faisait deux pointes qui representaient les ailes d'un poulet. [F]

SCÈNE V.

SCÈNE VI.

ASTOLFE, surprenant Beralde lui arrache ces deux lettres

De qui sont ces poulets sont-ils d'une maîtresse.

Poulet : Fig. Billet de galanterie, missive d'amour. [L]

SCÈNE VII. Cassandre, Moncade, Astolfe.

Astolfe, lit toujours, et ne voit point la Princesse.

ASTOLFE

Oui, Madame.

CASSANDRE, en s'en allant

Malheureuse Cassandre.

SCÈNE VIII. Astolfe, Moncade.

MONCADE

Pourquoi ?

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Isabelle, Astolfe.

SCÈNE II. Isabelle, Cassandre.

SCÈNE III. Astolfe, Cassandre, Isabelle.

SCÈNE IV. Le Duc de Cardone, Astolfe.

ASTOLFE

J'ai plus.

LE DUC

Découvrez si quelqu'un nous écoute en ces lieux, Ce secret révélé dont vous doutez encore, Astolfe, me perdrait, comme il vous déshonore. Lorsque sur la frontière en la fleur de ses ans Le Prince fut blessé parmi ses combattants, Voyant que l'on jugeait sa blessure mortelle, Et que sa moitié chaste autant qu'elle était belle De neuf mois était grosse, et prête à mettre au jour, L'unique et premier fruit qu'eût produit leur amour, Avant que la nouvelle en fût plus loin semée, Il assembla les grands et les chefs de l'armée, Et les fit tous jurer que sa mort arrivant, Ils prêteraient serment à l'enfant survivant, Qu'à la Mère Régente on resterait fidèle, Et me fit Gouverneur de ses États sous elle. Don Bernard de Rocas que sur tous il aimait, Et qu'à l'égal de moi son Astolfe estimait, Fut encore nommé par ce prévoyant maître, Gouverneur de l'enfant qui devait bientôt naître, N'osant pas me laisser toute l'autorité, Quelque preuve qu'il eût de ma fidélité. Or comme il plut aux Dieux, il en perdit la vie, Et cette perte encor fut d'une autre suivie : La Princesse accoucha parmi tant de douleurs, Que par sa mort cruelle elle accrut nos malheurs, Laissant une orpheline et mourante et plaintive, Qu'on ne crut pas trois jours devoir demeurer vive ; Sa langueur fut connue, et Don Bernard et moi, Dans un si grand péril nous unîmes de foi : La Duchesse ma femme en la même semaine, Accoucha d'une fille et plus forte et plus saine, Et voyant qu'en l'armée on se mutinait fort, Pour cet enfant mourant qu'on croyait déjà mort, Nous supposâmes l'autre ; et comme on faisait ligue, Et que chaque parti formait déjà sa brigue, Je portai dans mes bras l'enfant vivant et sain, Et Don Bernard et moi rompîmes leur dessein. Connaissez, disions-nous, ô fidèle noblesse, Et vous braves soldats votre unique maîtresse, Honorez-la vivante et saine entre nos bras, Et que son innocence apaise vos débats. Enfin cette rumeur par nous fut apaisée, Nous laissâmes régner ma fille supposée, Quoi qu'examinant l'autre on put déjà trouver, Des signes évidents qu'on la pourrait sauver : Enfin on la sauva : mais pourtant chose étrange, Nous n'avons plus osé toucher à cet échange, De peur que des sujets prompts à se mutiner, N'eussent en mal jugeant lieu de s'imaginer, Qu'au lieu de replacer au trône l'héritière, On ne la supposât comme on fit la première. Je vois que mon discours vous a percé le coeur : Mais il est vrai, mon fils, Cassandre est votre soeur. Fuyez avec horreur l'objet de votre inceste, Abandonnez, mon fils, un sujet si funeste, L'absence est un remède aux maux les plus cruels, Prés d'elle, vos remords seraient continuels, Fuyez, préparez vous à partir dans une heure, Et ne regardez plus cette horrible demeure.

ACTE III.

SCÈNE PREMIÈRE. Don Remon de Moncade, Don Pedred'Aragon.

SCÈNE II. Don Pedre, Moncade, Béralde.

SCÈNE III. Don Pedre d'Aragon, Beralde.

BERALDE, à part

Il se tire à l'écart.

Je me suis bien tiré d'un pas fort dangereux, Mais on ne peut longtemps fourber deux amoureux.

Fourber : Tromper adroitement, finement. Ceux qui agissent avec sincérité, sont ceux qu'on fourbe le plus aisément. [F]

SCÈNE IV. Moncade, Don Pedre.

MONCADE

Il s'en éloigne, et Don Pedre l'aborde.

Oui, quoi qu'à son amour je n'ose rien prétendre.

SCÈNE V. Moncade, Don Pedre, Isabelle, Beralde.

MONCADE, à l'autre bout du théâtre

Après cette action que puis-je espérer d'elle ?

MONCADE, à part

Don Pedre se tire à un coin pour observer Moncade.

Que tu souffres, mon coeur, un étrange martyre.

ISABELLE, à part

Il s'ébranle à la fin.

SCÈNE VI. Moncade, Don Pedre.

SCÈNE VII. Cassandre, Moncade.

SCÈNE VIII. Astolfe, Cassandre.

ASTOLFE

Ah qu'allez-vous juger, D'un coeur qui vous adore et qui ne peut changer ? Hélas qu'allez-vous dire ? Hélas qu'allez-vous croire ? J'atteste tous les Dieux dont j'ai blessé la gloire, Que mes respects pour vous sont bien moins limités, Que ceux qu'on doit avoir pour leurs divinités ; Que seule vous bornez ma gloire et mon envie ; Que je vous aime plus mille fois que ma vie ; Que hors de votre vue il n'est point de plaisirs, Ni de biens, ni d'honneurs qui flattent mes désirs. Si cette vérité vous peut entrer dans l'âme, Si vous la concevez, vous me plaindrez, Madame, Car vous participez à la bonté des Dieux, Et vous avez le coeur aussi doux que les yeux. Je sais que malgré moi je m'en vais vous déplaire ; Contre mon innocence armez votre colère, Vous m'allez regarder comme un grand criminel, Je vais couvrir mon nom d'un opprobre éternel ; Vous m'allez accabler de reproches, et d'injures, Vous m'allez estimer le plus grand des parjures ; Quoi que j'aie abhorré toujours la trahison, Vous m'allez nommer traître, et vous aurez raison ; Mais sans considérer vos sensibles atteintes, Sourd aux reproches vains qui vont suivre vos plaintes, Il faut que je vous dise un adieu surprenant : Et que je m'abandonne en vous abandonnant. Qui l'eût cru, ma Princesse ? Hélas je vais paraître, À vos sens étonnés, ce que je ne puis être, Vous m'allez croire ingrat sans honneur et sans foi, Mais ce que vos fureurs vont vomir contre moi, Paraîtra d'autant juste en ma cruelle absence, Que je n'ose en partant montrer mon innocence ; Quoi que sans expirer je ne puisse partir, Quoi que mon triste coeur n'y puisse consentir, Quoi que je sente bien qu'en ma douleur extrême, Me séparant de vous je m'arrache à moi-même, Il faut de vos beaux yeux me priver désormais, Princesse, il faut vous dire un adieu pour jamais.

SCÈNE IX.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Le Duc, Astolfe.

ASTOLFE, à part

Ah c'est signer ma mort.

SCÈNE II. Le Duc, Don Lope, Astolfe.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Cassandre, Moncade.

MONCADE

Oui, Madame,

CASSANDRE, après avoir rompu la lettre, qu'elle lui jette

Adieu tâchez d'en faire autant de votre flamme.

SCÈNE V. Cassandre, Le Duc, Don Lope, Moncade.

MONCADE, en faisant une profonde révérence

À part.

Je ne pers pas l'espoir de l'heur où je prétends : Mais je vois pour ce coup que j'ai mal pris mon temps.

Heur : rencontre avantageuse. (...) [F] [antonyme de malheur]

CASSANDRE

Elle s'assied.

Enfin nous voici seuls ; vous pouvez prendre un siège,

Elle lui fait signe de s'asseoir. Il s'en défend.

Votre âge et votre rang ont un grand privilège, Seyez vous.

LE DUC

J'obéis.

CASSANDRE

Je n'attendais pas moins de ce noble courage, Qui mieux que la fortune eut la gloire en partage ; Et qui d'un esprit ferme adroit et vigilant, A si bien soutenu mon État chancelant. Je me dois souvenir tout le temps de ma vie, De la fidèle ardeur dont vous m'avez servie, Ce que j'ai de sujets sont autant de témoins, Que si mon sort est doux, il est doux par vos soins, Et de ce sentiment mon âme est possédée, Plus de mes premiers ans je retrace l'idée. Ah si cette innocence en mon coeur eût duré, Le dangereux tyran qui s'en est emparé, Ne me forcerait pas toute honte bannie, À chercher votre appui contre sa tyrannie. Vous n'ignorez pas, Duc, qu'avec moi vos enfants, Se trouvant élevés dès leurs plus jeunes ans, Sitôt que j'eus connu leur merveilleuse enfance, Ce que je ne souffrais que par accoutumance, Je l'aimai par raison et l'aimAI tendrement, Je croyais les aimer tous deux également : Mais insensiblement sans cesser de me plaire, La soeur vint à céder au mérite du frère. Cet enfant agréable, à toute heure à mes yeux, Prompt, zélé, complaisant, ardent, officieux, Si du moindre souci j'avais l'âme pressée, Prévenait mes désirs, devinait ma pensée, Ne cherchait qu'à me plaire : et certes ses respects, Ne pouvaient en cet âge encor m'être suspects. Comme à me bien servir il mit tout son étude, Et que j'avais tourné ses soins en habitude, Je ne m'aperçus pas qu'à ses regards pressants, Qui lors me paraissaient tous purs, tous innocents, Il mêla des soupirs dont l'ardeur continue, En un âge plus mûr enfin me fut connue, Dirai-je sans rougir qu'au feu qui s'alluma, Comme à ceux qui brillaient, mon coeur s'accoutuma, Et que je répondis à cette ardente flamme, Sans prévoir les malheurs qui menaçaient mon âme ? Oui, j'aimai cet ingrat, et l'aimai jusqu'au point, De lui donner un coeur qu'il ne demandait point, Croyant que son mérite égalait ma naissance, Je l'ai fait maître enfin de toute ma puissance, Je l'ai fait triompher des Rois qui m'adoraient, Et qui mieux qu'à mon sceptre à ce coeur aspiraient. Oui Duc, ce choix fatal dont on m'a tant pressée, Pour qui toute l'Espagne était intéressée, N'a regardé qu'Astolfe au mépris de ces Rois, Et je ne pouvais faire un plus indigne choix. Admirez le caprice et l'humeur de ce traître : Dés que de ma fortune il s'est senti le maître, Dés qu'il m'a vu soumise, et qu'aux yeux de sa soeur : Il s'est vu de mon âme absolu possesseur, Oubliant cette amour si parfaite et si tendre, Avec un fier mépris que je n'ai pu comprendre, Le perfide en bizarre est sorti de ce lieu, Et m'a dit sans m'entendre un éternel adieu.

SCÈNE VI. Le Duc, Astolfe, Cassandre, Don Lope.

CASSANDRE

Ici Cassandre fait signe à Don Lope de sortir.

Astolfe ?

LE CAPITAINE DES GARDES

Seigneur.

LE CAPITAINE DES GARDES

Dieux cet ordre m'étonne.

LE CAPITAINE DES GARDES

Rendez moi votre épée.

CASSANDRE, à part

Ah j'en mourrai d'ennui.

ASTOLFE

Prenez la.

LE CAPITAINE

Suivez moi.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Cassandre, Beralde.

CASSANDRE

Quelle innocence, ô Dieux. Hé bien voyons que c'est, Et si j'ai mal jugé révoquons notre arrêt. Mais je vois deux billets écrits. « À la Princesse » : Je crois que c'est à moi que ce premier s'adresse, Lisons. Vous cependant, allez, mais promptement Me chercher Isabelle en son appartement.

Lettre d'Astolfe à la Princesse.

« Si devant que me condamner, Vous lisez cet écrit qui me vient de mon père, Madame, vous aurez quelque peine à le faire ; Et vous me pourrez pardonner. Sa juste violence a borné mes souhaits, Je pars pour éviter le blâme, Et sors de vos États pour n'y rentrer jamais, Jugez de la douleur que doit souffrir mon âme. » Ce sens est bien obscur, ouvrons l'autre, et voyons S'il n'éclaircira point ce que nous ignorons.

LETTRE DU DUC DE CARDONNE À ASTOLFE.

« Quand j'ai souffert, mon fils, qu'on vous fit violence, Je me la faisais plus qu'à vous, Et contre votre résistance, Je n'ai montré qu'un feint courroux. Recevez cette clef d'une porte secrète, Que vous verrez dans le pied de la Tour, Dérobez-vous avant le jour, Et dans Paris, cherchez votre retraite, Votre soeur trop facile à vous donner sa foi, Doit gêner votre esprit d'une peine terrible, Ce crime noir m'est bien sensible, Quoi qu'il ne soit su que de moi. Fuyez, mon fils, et s'il vous est possible, Oubliez une amour horrible, Que je regarde avec effroi. » ........................... Dans un gouffre nouveau cette lettre me plonge, Ai-je lu, justes Dieux, ou si j'ai fait un songe. Ah ! Si j'ai vu l'horreur dont je me sens frémir, D'un sommeil éternel puissé-je ici dormir, Mais d'un sens plus rassis relisons cette lettre, Ô Ciel tu vois son crime, et tu l'as peu permettre,

Elle lit.

De ton foudre vengeur fait il si peu de cas ? Il gronde sur ce monstre, et ne l'écrase pas : Ciel tu le laisses vivre, et ta vaine tempête Se perd sur des rochers pour épargner sa tête.

Elle relit.

« Votre soeur trop facile à vous donner sa foi, Doit gêner votre esprit d'une peine terrible ? Fuyez, mon fils, et s'il vous est possible, Évitez une amour horrible, que je regarde avec effroi. » La chose est trop visible, il a séduit sa soeur, Pour elle il m'abandonne, il en est possesseur ; À sa seule Princesse il n'a pas fait injure, Ce monstre avec l'amour outrage la nature. Il étale son crime, il me le fait sentir, Et croit en être quitte avec un repentir. Mais, je la vois venir cette impudique femme, Qui m'a volé le coeur de cet amant infâme. Avez-vous bien le front de paraître en ces lieux, Ôtez-vous, misérable, ôtez-vous de mes yeux.

SCÈNE II. Cassandre, Isabelle.

SCÈNE III. Le Duc de Cardone, Cassandre, Isabelle.

LE DUC

Isabelle.

CASSANDRE

Et comment ?

LE DUC

Je vais vous obéir.

Le Duc s'en va.

SÈNE IV. Cassandre, Isabelle.

SCÈNE V. Cassandre, Isabelle, Beralde.

SCÈNE VI. Don Bernard, Astolfe.

SCÈNE VII. Le Duc, Astolphe, Don Bernard, Beralde.

SCÈNE VIII. Cassandre tenant Isabelle par la main, Astolfe, Le Duc, Isabelle, Beralde, Don Bernard.

SCÈNE DERNIÈRE. Moncade, Cassandre, Isabelle, Astolfe, Le Duc.

1 716 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0