Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

L'Homme du Jour

Louis de Boissy· imprimée en 1732· 5 actes· 1 924 vers· 9 personnages

Personnages

  • LE BARON.
  • LE MARQUIS, amant aimé de Lucile
  • Monsieur DE FORLIS, ami du baron
  • LUCILE, fille de Monsieur de Forlis, et promise au baron
  • CÉLIANTE, soeur du baron
  • LA COMTESSE, soeur du baron
  • LISETTE, suivante
  • CHAMPAGNE, valet du marquis
  • UN LAQUAIS.

ACTE I

SCÈNE I. Céliante, Lisette.

CÉLIANTE

Tu dois...

CÉLIANTE

Tant pis !

SCÈNE II. Céliante, La Comtesse, Le Marquis, Lisette.

CÉLIANTE, à Lisette

Vite, dépêchez-vous,

Lisette sort.

SCÈNE III. La Comtesse, Céliante, Le Marquis.

LA COMTESSE, bas, au marquis

Son air est emprunté.

LE MARQUIS, à la Comtesse

Mais il est noble et sage.

CÉLIANTE

Vos bontés...

CÉLIANTE, à part

Qu'elle est extravagante !

SCÈNE IV. La Comtesse, Céliante, Le Marquis, Lisette.

LA COMTESSE

Un tel soin est flatteur.

Céliante sort.

SCÈNE V. La Comtesse, Le Marquis.

LE MARQUIS

Très estimable.

SCÈNE VI. Le Comtesse, Le Marquis, Le Baron.

LE MARQUIS

Je vous en prie.

LE BARON, à la Comtesse

Vous l'exigez !

LE BARON

Oui.

LE BARON

Mais...

LA COMTESSE

Mais...

LA COMTESSE

Tant pis !

LA COMTESSE

Tout des plus.

LA COMTESSE

Jamais.

LA COMTESSE

Oui !

SCÈNE VII. Le Baron, Le Marquis.

LE MARQUIS

C'est moi-même.

ACTE II

SCÈNE I. Le Marquis, Champagne.

CHAMPAGNE

Ici.

LE MARQUIS

Au Baron ?

SCÈNE II. Le Marquis, Le Baron.

LE MARQUIS

Je n'ai rien.

LE MARQUIS

Je ne puis.

LE MARQUIS

Je crains...

SCÈNE III. Le Baron, Le Marquis, Lucile.

LUCILE, d'un air timide au Baron

Je cherchais votre soeur.

LUCILE

Oui.

LE MARQUIS, à Lucile

L'approuve-t-elle ?

LUCILE

Non.

LUCILE

Beaucoup.

LUCILE

Rien.

LE BARON

Bon !

SCÈNE IV. Le Baron, Lucile.

LE BARON

Promptement.

SCÈNE V. Lucile, Céliante, Le Baron.

SCÈNE VI. Céliante, Le Baron.

LE BARON, d'un ton irrité

Ma soeur !

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII. Le Baron, Lisette.

LE BARON

Allez...

SCÈNE IX.

SCÈNE X. Le Baron, Monsieur De Forlis.

LE BARON, embrassant Madame de Forlis

Votre santé, monsieur ?

LE BARON

Bonne.

MONSIEUR DE FORLIS

Quand j'arrive !...

MONSIEUR DE FORLIS

Et pourquoi ?

MONSIEUR DE FORLIS

Un abbé !

MONSIEUR DE FORLIS

Qu'on eût mis dans ma chambre un militaire, passe : Mais un petit collet me déloger ainsi !

Collet : Partie de l'habillement qui joint le cou, qui se met autour du cou. En ce sens on appelle Petit collet, un homme qui s'est mis dans la réforme, dans la dévotion, parce que les gens d'église portent par modestie de petits collets, tandis que les gens du monde en portent de grands ornés de points et de dentelles.

MONSIEUR DE FORLIS

Tes excuses sont bonnes.

LE BARON

Où donc ?

MONSIEUR DE FORLIS

Dans ta salle à manger.

ACTE III

SCÈNE I. Le Baron, Le Marquis.

LE BARON

Le Forlis, par bonheur, fait la méridienne ; Je respire. Entre nous, son amitié me gêne. Sa fille doit parler à l'objet de vos feux.

Faire la méridienne : Lorsqu'on se couche après le dîner, et qu'on prend un peu de repos. [F]

LE MARQUIS

Eh bien ?

SCÈNE II.

SCÈNE III. Lucile, Le Baron, Le Marquis.

LUCILE

À qui ?

SCÈNE IV. Le Baron, Le Marquis, Monsieur De Forlis.

MONSIEUR DE FORLIS, arrêtant le Baron

Je t'arrête au passage, et bien m'en prend, parbleu.

MONSIEUR DE FORLIS

Il m'importe fort peu.

SCÈNE V. Le Baron, Le Marquis, Monsieur De Forlis, La Comtesse.

LA COMTESSE

Par qui donc ?

MONSIEUR DE FORLIS

Comment !

MONSIEUR DE FORLIS

Oui.

LE MARQUIS, à Monsieur de Forlis

Monsieur, je vous promets de vous le ramener.

LE BARON, à Monsieur de Forlis

Je reviendrai, Monsieur, et ne la croyez pas.

ACTE IV

SCÈNE I. Céliante, Monsieur De Forlis.

SCÈNE II. Monsieur De Forlis, Le Baron.

MONSIEUR DE FORLIS

As-tu l'argent chez toi ?

MONSIEUR DE FORLIS

Tu connais tant de monde !

MONSIEUR DE FORLIS

Tu seras accompli si tu tiens ta promesse.

Le Baron sort.

SCÈNE III. Monsieur De Forlis, Céliante.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Céliante, Lisette.

CÉLIANTE

Bon !

SCÈNE VI.

LUCILE

Enfin me voilà seule ! Et bannissant la crainte, Je puis donc respirer, et lire sans contrainte La lettre d'un amant qui règne dans mon coeur ! Sa lecture peut seule adoucir ma douleur.

Elle lit.

« Non, belle Lucile, il n'est point de situation plus singulière que la nôtre, ni d'amant plus malheureux que moi. Je vous vois à toute heure sans pouvoir m'expliquer. Je m'aperçois qu'on vous méprise, et qu'on vous croit sans esprit et sans sentiment, vous qui pensez si juste, et dont le coeur tendre et délicat égale la sensibilité du mien, et c'est tout dire. Vous êtes à la veille d'en épouser un autre, et je n'ose me plaindre. Je pourrais me consoler, si votre mariage ne faisait que mon malheur ; mais il va combler le vôtre ; je le sais, je le vois, et je ne puis l'empêcher ; c'est là ce qui rend mon désespoir affreux : sans une prompte réponse j'y vais succomber. »

Après avoir lu.

Mon coeur est déchiré par un billet si tendre. Ma peine, et mon plaisir ne sauraient se comprendre. Non, mon état n'est fait que pour être senti ! J'ai là tout ce qu'il faut. Vite, répondons-y.

Elle écrit en s'interrompant.

Cher amant ! Si les traits de l'ardeur la plus vive. Si d'un parfait retour l'expression naïve Peuvent te consoler, et calmer tes esprits, Tu seras satisfait de ce que je t'écris. Les maux que tu ressens font mon plus grand martyre.

SCÈNE VII. Lucile, Le Baron.

LUCILE, avec surprise

Ah !

LUCILE, à part

Le cruel embarras !

LE BARON

Voyons.

SCÈNE VIII. Le Baron, Le Marquis, Lucile.

LUCILE

Oui.

LE MARQUIS, à part

Ou son erreur.

LE BARON, au Marquis, qui s'avance

Ah ! Marquis, vous voilà, ma joie est accomplie. C'est ici le moment le plus doux de ma vie. Mon bonheur est au comble, et je viens de trouver Tout ce qui lui manquait, et qui peut l'achever ! Rien n'égale l'esprit de la beauté que j'aime. Je veux que votre oreille en soit juge elle-même ; Écoutez ce billet que Lucile m'écrit : Il va vous étonner autant qu'il me ravit.

Il lit.

« Je sais qu'on me croit sans esprit, mais ce n'est que pour vous seul que je voudrais en avoir ; et si je pouvais réussir à vous persuader que je suis aussi spirituelle que tendre, peu m'importerait que le reste du monde me donnât le nom de sotte et de stupide. L'abattement où m'a plongée la crainte d'être oubliée de vous a dû donner de moi cette idée ; et depuis que je vous vois ici, votre présence me jette dans un trouble qui sert à la confirmer. Je sens que mon coeur fait tort à mon esprit. Il m'ôte jusqu'à la liberté de m'exprimer, et je suis trop occupée à sentir, pour avoir le loisir de parler. »

Après l'avoir lu.

Mais est-il rien, Marquis, qui soit plus adorable ? Et ne trouvez-vous pas cette fin admirable ?

SCÈNE IX. Le Baron, Le Marquis, Lucile, Lisette.

SCÈNE X. Les Aacteurs Précédents, Un Laquais.

LE BARON

Il suffit, je vous suis.

Le laquais sort.

SCÈNE XI. Le Baron, Le Marquis, Lucile, Lisette.

LE MARQUIS, au Baron

Vous allez donc partir ?

SCÈNE XII. Le Marquis, Lucile, Lisette.

LE MARQUIS

Bon !

SCÈNE XIII. Le Marquis, Lucile.

SCÈNE XIV. Le Marquis, Lucile, Lisette.

SCÈNE XV. Le Marquis, Lisette.

SCÈNE XVI. Le Marquis, Monsieur de Forlis.

SCÈNE XVII.

ACTE V

SCÈNE I. Lucile, Lisette.

SCÈNE II. Le Baron, Lucile, La Comtesse.

LUCILE, d'un air troublé

Monsieur, l'avez-vous vu ?

SCÈNE III. Le Baron, La Comtesse.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Le Baron, Monsieur de Forlis.

MONSIEUR DE FORLIS

Dis, de ta négligence.

MONSIEUR DE FORLIS

Je ne t'écoute pas.

LE BARON

Oui, mais...

SCÈNE VI. Le Baron, Monsieur de Forlis, Lisette.

MONSIEUR DE FORLIS

Lisette !

SCÈNE VII. Le Baron, Monsieur De Forlis.

SCÈNE VIII. Le Baron, Le Marquis, Monsieur De Forlis.

SCÈNE IX. Le Baron, Monsieur De Forlis, Le Maquis, La Comtesse.

MONSIEUR DE FORLIS

Non ; mais je le voudrais.

SCÈNE X. Le Baron, Monsieur De Forlis, Le Marquis, La Comtesse, Lucile, Lisette.

LA COMTESSE

Donnez-moi, de la voir je suis impatiente.

Elle prend la lettre et la lit.

LUCILE

Non.

LE BARON

Madame...

LA COMTESSE

Mais, monsieur, écoutez un moment :

Elle lit haut.

« L'abattement où m'a plongée la crainte d'être oubliée de vous, a dû donner de moi cette idée. »

Au baron en s'interrompent.

« Oubliée ! » est-ce vous, qui l'obsédez sans cesse ?

LA COMTESSE, lui présentant le billet

« J'ai donné lieu ! » tenez, répondez à ceci.

Elle lit.

« Depuis que je vous vois ici, votre présence me jette dans un trouble qui sert à la confirmer. »

En s'interrompent.

Est-ce pour vous ? « Depuis que je vous vois ici. » Vous radotez, mon cher !

MONSIEUR DE FORLIS

Je le voudrais.

LE BARON

La lettre...

LISETTE, à part

Il l'a bien mérité.

SCÈNE XI. Le Baron, La Comtesse.

1 924 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica