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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Comédie en vers et en Trois Actes

Le Plagiaire

Louis de Boissy· créée en 1746· 3 actes· 979 vers· 8 personnages

Représentée pour la première fois, par les Comédiens Italiens ordinaires du Roi, le premier Février 1746.

Personnages

  • LA COMTESSE
  • LUCILE, Nièce de la Comtesse
  • LE MARQUIS, Amant caché de Lucile
  • LE BARON, Rival secret du Marquis, et Amant déclaré de la Comtesse
  • LISETTE, Suivante de la Comtesse
  • MONSIEUR DU BERCEAU, Artificier, Décorateur et Maître de Ballets
  • CORALINE, Danseuse
  • ARLEQUIN, valet du Baron

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. La Comtesse, Lisette.

SCÈNE II. La Comtesse, Le Marquis, Lisette, Monsieur du Berceau.

LE MARQUIS, lui présentant Monsieur du Berceau

Je dois vous présenter, Madame, auparavant, Cet homme merveilleux.

SCÈNE III. Le Marquis, Monsieur Du Berceau, Le Marquis.

LE MARQUIS

Quel garant ?

LE MARQUIS

Mes voeux...

SCÈNE IV. Le Baron, Le Marquis.

LE MARQUIS

Non, Baron, non.

LE BARON

Et les airs que tu fais, comme ceux que tu chantes, Marquis, sont la plupart dans les Indes galantes.

Les Indes Galantes, 122ème opéra. C'est un ballet héroïque, composé de trois entrées et d'un prologue dont les vers sont de Fuzelier, et la musique de M. Rameau. Il fut représenté pour la première fois le 13 Août 1735 et est gravé in-4°. [Leiris]

LE BARON, déclame

Un pigeon ressentait l'amour le plus ardent Pour une colombe discrète.

La Marquis joue, et l'interrompt.

Ah ! Suspends les accords de ta voix indiscrète : Entends, entends mes vers, sens en tout l'agrément.

II reprend.

Pour une colombe discrète, Un pigeon ressentait l'amour le plus ardent. Elle ignorait l'excès de sa flamme parfaite.

Le Marquis l'interrompt toujours en chantant, et le poursuit.

Le Baron, piqué.

Que le Diable t'emporte, exécrable chanteur ! Je bouche mon oreille, et je sors de fureur. Cesse de me poursuivre ; arrête-toi, barbare ! Pour éviter tes sons, je fuirais au Tartare.

Il sort.

Tartare : La partie des Enfers qu'habitaient les coupables suivant les croyances des Grecs et des Romains, avait pour limite le Phlégéthon, dont les nombreux replis formaient autour de lui comme une ceinture infranchissable. [B]

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Le Marquis, Monsieur Du Berceau.

LE MARQUIS

Je brûle...

SCÈNE VII. Le Marquis, Monsieur Du Berceau, Le Baron, Lucile, Le Comtesse.

LA COMTESSE, au Baron, dans le fond du Théâtre

Vous allez en juger : sur votre goût, je compte.

Au Marquis et à Monsieur du Berceau.

Meilleurs, je vous préviens.

LA COMTESSE, à Monsieur du Berceau

Décrivez-nous son temple, avant que de le voir.

SCÈNE VIII. Lucile, Le Marquis.

Le théâtre change, et représente le Parvis d'un Temple dont la porte est fermée. La Comtesse et le Baron sont en dedans. Lucile et le Marquis sont en dehors.

LE MARQUIS

Je ne vois point d'issue. Il n'est que cette porte :

Il fait ses efforts pour l'ouvrir, mais inutilement.

Et je ne puis l'ouvrir.

LUCILE

Arrêtez.

LE MARQUIS

Parlez donc.

SCÈNE IX. Le Marquis, Monsieur Du Berceau, Le Baron, Lucile, La Comtesse.

Le Parvis disparaît, et l'on voit l'intérieur du temple.

MONSIEUR DU BERCEAU

Pardonnez une saute imprévue.

MONSIEUR DU BERCEAU

Vos yeux sont-ils contents ?

LE BARON

Mais assez.

LA COMTESSE

À merveille.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Le Marquis, Monsieur Du Berceau.

LE MARQUIS

J'en suis très satisfait ; la preuve, la voici.

Il lui donne de l'argent.

MONSIEUR DU BERCEAU

Je lui donne un danseur qui brille en caprioles, Et Monsieur_le_Baron m'a promis des paroles ; Je les aurai bientôt, vous les mettrez en chant, Chacun doit de concert m'aider de son talent.

Capriole : Plusieurs disent cabriole. En terme de manège, c'est un saut que fait le cheval sans aller en avant, de sorte qu'étant en l'air, il montre les fers, et il détache des ruades. [F]

SCÈNE II. Le Marquis, Le Baron, Monsieur Du Berceau.

LE BARON, à Monsieur du Berceau

Monsieur, voilà les Vers que vous me demandez.

LE BARON, reculant du Marquis

Je crains ses airs de flûte.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Le Baron, Lucile.

Elle sort.

SCÈNE V. Le Baron, La Comtesse.

LE BARON, à part

Le cruel embarras ! Madame, j'obéis.

Il fait semblant de lire.

Dans ce beau jour...

LA COMTESSE

Après ?

LE BARON

Marqué pour votre fête, L'amour...

Rien ne rime avec fête. Il semble manquer un vers mais la lecture ne permet pas d'en être sûr.

LE BARON

Croyez...

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Lucile, Le Baron.

SCÈNE VIII.

SCÈNE X. Le Baron, Coraline.

LE BARON, saisissant le bras de Coraline

Pour le coup, je la tiens.

LE BARON

Qui parle ?

CORALINE

Coraline.

SCÈNE X.

SCÈNE XI. Le Baron, Monsieur Du Berceau.

SCÈNE XII. DIVERTISSEMENT DES OISEAUX.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. La Comtesse, Lisette.

SCÈNE II.

SCÈNE III. La Comtesse, Lucile.

LUCILE, à part

Je respire à présent.

LUCILE

Oui.

LA COMTESSE, à part

Tu mens.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Lucile, Arlequin.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Arlequin, Coraline.

CORALINE

C'est lui.

ARLEQUIN

Coraline !

CORALINE

Arlequin !

CORALINE

Eh ! Bonjour, mon Cousin !

Ils s'embrassent.

ARLEQUIN

Je sers un bel esprit ; le mal se communique.

Bel esprit : bel esprit, genre d'esprit qui ne manque ni de distinction ni d'élégance, mais qui tombe facilement dans la prétention. [L]

CORALINE

À Lucile.

CORALINE, à part

Scapin m'attend. Adieu.

À Arlequin.

Je pars en diligence.

SCENE VIII. Coraline, Arlequin, Scapin.

ARLEQUIN, à Scapin

Votre nom ?

SCAPIN, y donnant un soufflet

De la mienne, reçois ce gage en attendant.

ARLEQUIN

Si j'avais le loisir, je t'en rendrais autant.

Scapin sort avec Coraline.

SCÈNE IX. La Baron, Arlequin.

SCÈNE V. Le Baron, Le Marquis.

Arlequin sort.

LE MARQUIS

Je t'en prie.

LE BARON

J'étouffe.

LE MARQUIS

Explique-toi.

SCENE XI. Le Marquis, Le Baron, La Comtesse, Lucile.

SCÈNE XII et DERNIÈRE. Le Marquis, La Comtesse, Lucile, Monsieur de Berceau.

979 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0