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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers· Reine D'Ecosse

Marie Stuard

Edme Boursault· créée en 1683, imprimée en 1691· 5 actes· 1 674 vers· 12 personnages

Représenté pour la première fois le 17 décembre 1683 au Théâtre de l'Hôtel Guénégaud.

Personnages

  • MARIE STUARD, reine d'Écosse
  • ELISABETH, reine d'Angleterre, fille d'Henri VIII et d'Anne de Boleyn
  • Le Duc de NORFOLK, autrefois favori d'Élisabeth
  • Le Comte de MORRAY, frère naturel de Marie Stuart
  • Le Comte de NEWCASTLE
  • LANCASTRE, confident d'Elisabeth
  • MELVIN, écuyer de Marie Stuard
  • KENEDE, suivante de Marie Stuard
  • ALBIONE, suivante de Marie Stuard
  • KILLEGRE, capitaine des gardes d'Elisabeth
  • EURIC, lieutenant des gardes d'Elisabeth
  • Gardes

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Le Comte de Newcastle, Euric.

SCÈNE II. le Duc de Norfolk, le Comte de Newcastle.

LE DUC DE NORFOLK

Comte.

LE COMTE DE NEWCASTLE

Seigneur ?

SCÈNE III. le Comte de Newcastle, le Comte de Morray.

LE COMTE DE NEWCASTLE

Hé bien, Seigneur ?

SCÈNE IV. Lancastre, le Comte de Morray, le Comte de Newcastle.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Elisabeth, Le Comte de Morray, Lancastre, Gardes.

LE COMTE DE MORRAY

Pour ma soeur.

ELISABETH

L'aime-t-il ?

LE COMTE DE MORRAY

Il l'adore.

SCÈNE II. Elisabeth, Lancastre.

SCÈNE III. Le Duc de Norfolk, Elisabeth, Euric, Lancastre, Gardes.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Le Duc de Norfolk, Euric.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Le Duc de Norfolk, Euric.

SCÈNE VIII. Le Duc de Norfolk, Marie Stuard, Euric, Gardes.

LE DUC DE NORFOLK

Venez, venez, Madame ?

SCÈNE IX. Killegre, Marie Stuard, Le Duc de Norfolk, Euric, Gardes.

SCÈNE X. Elisabeth, Marie Stuard, Le Duc de Norfolk, Lancastre, Killegre, Euric, Gardes.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Elisabeth, Lancastre.

SCÈNE II. Elisabeth, Le Comte de Morray, Le Comte de Newcastle, Lancastre.

SCÈNE III. Elisabeth, Le Duc de Norfolk.

LE DUC DE NORFOLK

Oui, Madame, vos voeux et non pas l'équité. Pour moi, qui ne cherchais qu'à vous montrer mon zèle Dans le funeste emploi que je reçus contre elle, Et qui par vos discours instruit de sa fureur, Avait conçut pour elle une invincible horreur ; Contre tous ses appas m'étant mis en défense, Sa beauté sur mon coeur n'eut aucune puissance ; Et ma sévérité repoussant tous ses traits, Envisageait son crime et non pas ses attraits. Pour mieux le découvrir, vous le savez, Madame, Je voulus pénétrer dans le fond de son âme : Mes souhaits sur ce point furent tous accomplis, Et j'en développais jusqu'au moindre replis. Qui trouvai-je ? Parlons : la vérité l'ordonne. Loin d'aucun attentat contre votre couronne ; Loin d'une avidité à verser votre sang Pour s'ouvrir une voie à votre auguste rang ; Je trouvais dans l'opprobre une reine incapable. De former un d ?sir qui put être coupable. Je trouvai la vertu que l'on tyrannisait Sans se plaindre un moment des maux qu'on lui faisait. Je vis la cruauté, le mensonge, la haine Poursuivre le trépas de l'innocente reine, Qui préférant la gloire à de fragiles biens, Pour conserver vos jours eut donné tous les siens. Enfin, je fus surprise dans cette conjoncture De voir tant d'injustice, et si pue de murmure ; Et mon coeur de retour de sa prévention, Ne put se refuser à la compassion. Je ne présumais pas qu'une princesse illustre M'eut confier son nom pour en tenir le lustre, Et par quelle raison l'aurais-je présumer ? À flatter l'injustice étais-je accoutumé ? J'ai tâché, les effets ont dû vous en instruire, D'augmenter votre gloire, et non de la détruire. Mon corps percé de coups vous est un sûr garant Qu'entre vos pairs et moi le zèle est différent. Ces pairs, qui vers le crime ont des pentes rapides, De votre sang peut-être un jour seront avides. Quel exemple, Madame, allez-vous effrayer ? Et quel affreux chemin leur faites-vous frayer ? Assassins d'une reine, à la moindre querelle, Ils feront contre vous ce qu'ils ont fait contre elle : Et ce crime impuni va suffire aux anglais Pour les autoriser à proscrire leurs rois.

SCÈNE IV. Marie Stuard, Le Duc de Norfolk.

MARIE STUARD

Ô ciel !

SCÈNE V. Killegre, Marie Stuard, Le Duc de Norfolk.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Le Duc de Norfolk, Le Comte de Newcastle, Gardes.

SCÈNE II. Le Comte de Morray, Le Comte de Newcastle, Gardes.

LE COMTE DE NEWCASTLE

Seigneur, je vois venir la reine.

SCÈNE III. Elisabeth, Le Comte de Morray, Le Comte de Newcastle, Gardes.

LE COMTE DE MORRAY

Que faites-vous, Madame ?

SCÈNE IV. Elisabeth, Le Duc de Norfolk, Le Comte de Morray, Le Comte de Newcastle, Gardes.

LE COMTE DE MORRAY

Ô ciel !

LE DUC DE NORFOLK

Commandez.

SCÈNE V. Elisabeth, Le Comte de Morray, Le Comte de Newcastle, Suite.

SCÈNE VI. Le Comte de Morray, Le Comte de Newcastle.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Marie Stuard, Killegre, Melvin, Kenede, Albione, Gardes.

SCÈNE II. Marie Stuard, Le Comte de Morray, Melvin, Kenede, Albione.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Elisabeth, Le Comte de Morrya, Lancastre, Gardes.

SCÈNE V. Le Comte de Newcastle, Elisabeth, Le Comte de Morray, Lancastre, Gardes.

ELISABETH

Hola, Gardes.

EURIC

Madame.

LE COMTE DE NEWCASTLE

Pour commencer sa peine ordonnez qu'il m'écoute. La douloureuse mort de son auguste soeur, Tout barbare qu'il est, va lui percer le coeur. Si de mes trahisons le repentir extrême Peut vous autoriser à m'écouter vous-même, Vous n'avez plus à craindre aucun trouble intestine ; Tout cède à l'ascendant de votre heureux destin. Faites que la pitié succède à votre haine : Des larmes d'une reine honorés une reine : L'adorable Stuard vient de finir son sort ; Et vous allez frémir au récit de sa mort. Au funeste appareil de son cruel supplice Elle arrête le ciel qu'on lui fait injustice : Que pendant sa prison, quoiqu'elle ait enduré, Jamais contre vos jours elle n'a conspiré ; Et que du fond des coeurs ayant seul connaissance Dieu, qu'on ne trompe point, savait son innocence. Là, de tendres soupirs s'étant joints à sa voix, Seigneur, écoutez-moi pour la dernière fois, Dit-elle. Je suis mère, et mon coeur qui soupire Croit que pour vous toucher ce nom seul doit suffire. Un fils que de mes pleurs j'ai souvent arrosé, Au plus grand des malheurs est peut-être exposé : Ce sang de tant de rois le déplorable reste, Est peut-être élevé dans un culte funeste. Dans un péril si grand devenez son appui. Contre ses ennemis déclarez-vous pour lui. Montrez-vous en le père ; et pour faveur insigne Avant que de régner faites qu'il en soit digne. J'implore pour tous deux votre divin secours : Et je vous recommande et mon âme et ses jours. Pendant que de son coeur la tendresse s'explique, L'abominable objet de la haine publique, Par une indignité qu'elle n'attendait pas, Ose se présenter pour lui lier les bras. Sensible à cette opprobre, une modeste plainte A trahi la douleur qu'elle tenait contrainte : Réserve, a-t-elle dit, cet infâme lien Pour fléchir quelque nom moins fameux que le mien : Quoique jusqu'au tombeau la fortune me brave Je veux mourir en reine et non pas en esclave ; Et malgré le silence où s'obstinent les rois Jusqu'au dernier soupir je soutiendrai leurs droits. Ses filles, cependant, les yeux baignés de larmes, De son pudique sein font entrevoir les charmes. Pour ouvrir un passage à l'acier criminel Dont la reine innocente attend le coup mortel, Par un cruel devoir, dont la rigueur les tue, Quelques moments après elles voilent sa vue, Et cachent pour jamais les malheureux appas Qui sans l'aveu du coeur ont fait tant d'attentats, Leur zèle consommé par ce dernier service, Et la victime prête à ce grand sacrifice, Plus on est attentif à ce lugubre aspect, Plus on sent de pitié, de terreur, de respect. Tous les coeurs sont touchés ; tous les yeux sont humides ; Et tous les gens de bien plaignant son triste sort D'un éloge funèbre accompagnent sa mort. Enfin, Madame, enfin, humblement prosternée Je pardonne, dit-elle, à qui m'a condamnée ; Fasse le juste ciel que ces juges pervers Aient le coeur plus austère, et les yeux mieux ouverts ; Et que leur cruauté sur moi seule épuisée, L'innocence à la mort ne soit plus exposée. Pendant ces derniers mots le ministre inhumain Qui d'un glaive funeste avait armé sa main, Fidèle exécuteur de votre injuste haine, A tranché le destin de cette grande reine. Mais, ô prodige affreux ! Qui me vient de troubler ! Prodige, dont vous-même avez lieu de trembler ! Deux fois sur l'échafaud la tête bondissante A répété deux fois qu'elle était innocente ; Et dans tous les esprits répandu tant d'effroi Que tous les spectateurs ont frémi comme moi. Pour venger son trépas l'ardeur qui les anime A choisi son bourreau pour première victime ; Et si votre pouvoir n'arrête ce transport, Tous ses juges, sans doute, auront un même sort. Pour moi qui désormais aurai honte de vivre, Il faut qu'à leur fureur mon désespoir me livre ; Et pour mieux me punir, s'ils épargnent mes jours, C'est à votre justice où sera mon secours. Je l'attends.

Il sort.

SCÈNE VI. Elisabeth, Le Comte de Morray, Lancastre, Gardes.

SCÈNE DERNIÈRE. Elisabeth, Lancastre.

1 674 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica