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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Clotilde

Claude Boyer· imprimée en 1659· 5 actes· 2 008 vers· 8 personnages

Personnages

  • CLOTILDE, Fille de Deuthère
  • DEUTHÈRE, Veuve du Comte de Béziers
  • CLIDAMANT, Favori du Roi
  • THEODEBERT, Roi de Metz
  • CLODOMIRE, Fils de Théodebert
  • SIGILE, Capitaine des Gardes du Roi
  • LUCINDE, Confidente de Deuthère
  • THÉOSILE, Confidente de Clotilde
Dédicace

À MONSEIGNEUR LE PROCUREUR GÉNÉRAL, MINISTRE D'ÉTAT, et MONSEIGNEUR,

Que je prends la liberté de vous consacrer un Ouvrage, qui n'a pas déplu à tout le monde, ce n'est pas sa bonne fortune qui m'en donne la pensée, et le courage. Je n'ai considéré dans cette occasion que cette obligation indispensable où je me trouve, de rendre mon premier hommage au plus illustre Protecteur des Muses. J'ai cru, MONSEIGNEUR, que ce peu de gloire qu'elles m'ont acquis, m'obligeait à reconnaître celles qu'elles reçoivent de Vous ; et qu'après avoir solennisé la vôtre dans mon coeur, avec des profonds sentiments de respect et d'admiration, je devais rendre ma reconnaissance publique, et révérer en votre Personne, aux yeux de tout le monde, la plus éclatante Vertu de notre Siècle. Quand je pourrais me dispenser d'un devoir si nécessaire et si glorieux, il me serait malaisé de résister à la violente inclination qu'un de vos plus zélés Serviteurs a de vous honorer de toutes les façons : comme il s'est acquis un pouvoir absolu sur tout ce qui est à moi, il a voulu que je vous fisse un présent de ce que j'avais de plus précieux. Vous voyez, MONSEIGNEUR, que je me sers de toute sorte de raisons pour combattre la timidité d'une Muse qui sort des ténèbres, et d'un silence de plusieurs années. Quand je songe au péril qu'il y a d'exposer à vos yeux un Ouvrage dépouillé de tous les ornements de la Scène, et de ces grâces empruntées, qui lui ont fait tant d'honneur ; cette Muse, qui a paru si hardie dans ses sentiments, ne l'est plus dans ses résolutions : je sens que toute sa témérité tremble devant cette grande lumière, et cette profonde sagesse, qui vous ont rendu un des premiers Arbitres de la Fortune publique, et qui vous ont mis si avant dans la confiance de la suprême intelligence de l'État. Mais enfin, MONSEIGNEUR, je me suis laissé tenter à la réputation de cette admirable bonté, qu'on estime d'autant plus en vous, qu'elle se trouve si rarement ailleurs avec le souverain mérite, et qu'il est difficile de l'accorder avec l'orgueil des Fortunes éminentes. C'est de cette rare et précieuse qualité que j'espère d'obtenir pour Clotilde l'honneur de votre protection, et pour moi la permission de vous dire que je suis avec une passion très ardente et très respectueuse,

MONSEIGNEUR,

Votre très humble et très obéissant Serviteur.

BOYER.

Pour Monseigneur le Procureur Général, Ministre d'État, et Surintendant des Finances

SONNET.

Être aimé du Peuple et du Roi ; Sauver sa gloire toute pure De ce licencieux murmure, Qui gronde contre un grand emploi ; Garder sa parole et sa foi Dans un siècle plein d'imposture ; Parmi des honneurs sans mesure, Être toujours égal à soi ; Dans la plus éclatante vie Confondre la haine et l'envie Par la généreuse bonté ; Du Héros le plus adorable, C'est là l'idée incomparable, Dont FOUQUET est la vérité.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Clotilde, Lucinde.

SCÈNE II. Deuthère, Lucinde.

DEUTHERE, parlant à Clotilde

Laissez-nous. Hé bien...

SCÈNE III. Clidamant, Deuthere, Lucinde.

SCÈNE IV. Lucinde, Deuthere.

SCÈNE V. Le Roi, Deuthere.

SCÈNE VI. Sigile, Le Roi.

SCÈNE VII. Le Roi, Clodomire.

CLODOMIRE

Hélas !

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Deuthere, Sigile, Lucinde.

SCÈNE II.

DEUTHERE

Non, non, elle devait s'empêcher de lui plaire, Retenir tous les traits qui pouvaient le charmer, Ou ne s'en servir pas, jusqu'à s'en faire aimer. Mais, aveugle, regarde où la douleur t'entraîne, Aveugle, applique mieux tes fureurs et ta haine, Épargne une innocente, et cours à Clidamant, La cause ou le prétexte à ce grand changement. Voilà l'indigne auteur d'un sort si déplorable : Mais enfin qu'a-t-il fait qui le rende coupable ? Il punit justement mon infidélité, Et j'excuse un perfide, après l'avoir été. C'est contre un Roi qu'il faut que ton courroux éclate, Contre un Roi sans honneur, contre cette âme ingrate, Qu'un peu plus de beauté que ma Fille a sur moi, Qu'un peu plus de jeunesse a fait manquer de foi. Mais hélas ! ma fureur cherche un autre coupable ; Ce traître, cet ingrat, ce perfide, est aimable ; Ce traître sur le Trône a charmé tous mes sens, Et retient ma fureur par des traits si puissants, Qu'au fort de mon courroux, pleine d'impatience, Je ne puis voir sur qui faire choir ma vengeance. Qu'une âme en cet état souffre un cruel tourment ! Ouvre quelque passage à mon ressentiment : L'effort impétueux d'un désespoir extrême Ne sachant où se perdre, agit contre moi-même. Je meurs de jalousie, et de haine, et d'amour. Tâche sur tant d'horreurs à jeter quelque jour ; Donne quelque remède à des maux si sensibles ; Ordonne, si tu veux, des efforts impossibles, Pour me tirer d'un gouffre où tout choix m'est fatal, Et souviens-toi que rien n'est pire que mon mal.

SCÈNE III. Deuthere, Clotilde, Lucinde.

CLOTILDE

Madame...

SCÈNE IV. Lucinde, Deuthere.

SCÈNE V. Clidamant, Deuthere, Lucinde.

DEUTHERE

De vous.

SCÈNE VI. Deuthere, Lucinde.

SCÈNE VII. Le Roi, Deuthere, Clidamant, Lucinde.

SCÈNE VIII. Le Roi, Clidamant.

SCÈNE IX. Clodomire, Le Roi.

CLODOMIRE

Hélas !

CLODOMIRE

Plutôt...

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Deuthere, Clidamant.

SCÈNE II. Deuthere, Lucinde.

SCÈNE III. Clodomire, Deuthere, Lucinde.

SCÈNE IV. Le Roi, Clodomire.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Le Roi, Clotilde.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII. Le Roi, Clidamant.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Deuthere, Clodomire.

SCÈNE II. Deuthere, Clodomire, Clotilde.

SCÈNE III. Clodomire, Deuthere.

SCÈNE IV. Clodomire, Le Roi, Clidamant.

SCÈNE V. Clodomire, Clidamant.

SCÈNE VI. Sigile, Clidamant.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Clotilde, Théosile.

THÉOSILE

Songez...

SCÈNE II. Clotilde, Clidamant.

SCÈNE III. Clotilde, Deuthere.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Le Roi, Sigile.

SCÈNE VI. Sigile, Le Roi, Clodomire.

CLODOMIRE, ayant l'épée à la main, arrêté par Sigile

Laisse agir ma fureur...

SCÈNE VII. Le Roi, Clidamant.

CLIDAMANT

Apprenez dans sa mort un crime, dont l'horreur Surpasse votre crime, et toute ma fureur. J'allais Clotilde, et votre amour extrême La destinant au Trône en dépit d'elle-même, J'allais vous satisfaire, et mon ressentiment Brûlait d'exécuter votre commandement. Le coeur triste, et saisi d'une douleur mortelle, Clotilde était couchée au bord de la Moselle, Du côté qu'elle bat les murs de ce Palais. Se yeux sur un objet recueillant tous leurs traits, Par de profonds pensers attachés au rivage, Du trouble de son coeur faisaient voir une image, Par les traits différents de ces prompts changements Qu'imprimeraient au-dehors ses divers sentiments. La Comtesse parait ; je la vois toute émue, Et ses émotions redoublent à ma vue. D'un accent furieux, qui me comble d'effroi, Viens voir traître... (dit-elle, en s'éloignant de mo) Muette de fureur, sans me dire le reste, S'expliquant seulement par un regard funeste, Elle court : puis jetant ses yeux de toutes parts, Et sur Clotilde enfin arrêtant ses regards ; Ah ! tu mourrais perfide. À ces mots elle vole ; Je la suis aussitôt du corps, de la parole, Et tâche par mes cris à rompre son dessein. Clotilde, qui la voit un poignard à la main, Se lève, sans songer à fuir ou se défendre ; Et poussant vers ses yeux un regard doux et tendre, Où courrez-vous, ma Mère ? À cet accueil si doux La Nature s'éveille, et suspend son courroux. Moi qui crois son courroux plus fort que la tendresse, Je m'élance aussitôt entre elle et la Princesse, Je lui saisis le bras, elle échappe, et soudain Frappe Clotilde.

LE ROI

Hélas !

SCÈNE VIII. Le Roi, Clotilde, Clodomire.

SCÈNE DERNIÈRE. Sigile, Le Roi, Clodomire, Clotilde.

2 008 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica