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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragi-comédie en vers

Fédéric

Claude Boyer· créée en 1659, imprimée en 1660· 5 actes· 1 779 vers· 9 personnages

Représenté pour la première fois le 14 novembre 1659 au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne.

Personnages

  • YOLAND, princesse de Sicile, déguisée en roi, sous le nom de Manfrede
  • FÉDÉRIC, amiral de Sicile, amoureux d'Yoland
  • CAMILLE, reine de Naples, réfugiée en Sicile
  • VALÈRE, fils de Fédéric, Favori du roi
  • FABRICE, fils de Fédéric, amoureux de Camille
  • MARCELLIN, confident d'Yoland
  • OCTAVE, écuyer de Fédéric
  • FLORISE, confidente de Camille
  • SUITE
MONSEIGNEUR LE DUC DE GUISE

MONSEIGNEUR,

La profession particulière que je fais de révérer en votre Altesse ces grandes qualités, qui vous ont rendu un des plus Illustres Princes de l'Europe, m'oblige de vous en donner des marques par l'offre d'un Ouvrage qui a été honoré de l'approbation publique. La Fortune qui se mêle de disposer des productions de l'Esprit, aussi bien que du destin des hommes, a traité FÉDÉRIC si favorablement, que j'ai présumé qu'il pouvait se présenter à votre Altesse, par le seul privilège de son heureux ascendant. Comme dans les pièces de Théâtre le bonheur fait souvent une partie du mérite ; J'ai cru, Monseigneur, que Vous voudriez bien laisser à celle-ci toute la gloire que lui vient de sa bonne fortune, et même suspendre en sa faveur l'usage de ce talent merveilleux, qui vous fait juger de toutes choses avec un discernement si fin et si délicat. Vous voyez, Monseigneur, quelle confiance je prends de cette bonté héroïque qu'on admire en votre Altesse, qui vous rend l'amour de tout le monde, et qui est sans doute le plus rare et le plus précieux ornement de la grandeur. C'est de cette qualité, qui est comme attachée à votre sang et à votre personne, que j'espère pour FÉDÉRIC, tout inconnu qu'il est à votre Altesse, l'honneur de votre protection. J'en reçois tous les jours des marques si avantageuses, qu'elles ont déjà épuisé tout le fonds de ma reconnaissance : Il ne me reste que le seul secours d'une Muse, qui commence de faire quelque bruit dans le monde ; C'est d'elle que j'attends des efforts extraordinaires pour se rendre digne de cette faveur. Depuis qu'elle a l'honneur d'approcher votre Altesse votre Vertu fait toute son étude ; et je sens qu'elle est inspirée si fortement par la beauté d'une idée si sublime, qu'elle se promet d'avoir un jour assez de voix pour célébrer le mérite d'un des plus grand Héros de notre siècle, et pour faire voir à tout le monde avec combien de zèle, d'attachement et de respect, je veux être toute ma vie, Monseigneur, de votre Altesse, Le très humble, et très obéissant serviteur,

BOYER.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Marcellin, Le Roi.

SCÈNE II. Le Roi, Camille, Marcellin, Florise.

SCÈNE III. Fédéric, Le Roi, Marcellin.

FÉDÉRIC

Quel secret !

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Fédéric, Valère, Fabrice.

SCÈNE VI.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Fédéric, Octave.

SCÈNE II. Camille, Fédéric, Florise.

SCÈNE III. Camille, Florise.

SCÈNE IV. Fabrice, Camille, Florise.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Valère, Fabrice.

SCÈNE VII. Le Roi, Valère, Fabrice, Marcellin.

SCÈNE VIII. Le Roi, Marcellin.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Fédéric, Marcellin.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Fédéric, Octave.

SCÈNE IV. Fédéric, Valère, Octave.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Valère, Le Roi, Marcellin.

MARCELLIN, en entrant avec le roi

Fédéric m'a promis d'en éclaircir Valère.

VALÈRE

Seigneur.

SCÈNE VII. Le Roi, Marcellin.

SCÈNE VIII. Le Roi, Camille, Marcellin, Florise.

SCÈNE IX. Marcellin, Le Roi.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Fédéric, Octave.

SCÈNE II. Fabrice, Fédéric, Octave.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Fabrice, Camille, Florise.

SCÈNE V. Camille, Florise.

SCÈNE VI. Le Roi, Camille, Florise.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII. Le Roi, Marcellin.

SCÈNE IX. Valère, Le Roi, Marcellin.

SCÈNE X. Le Roi, Octave, Valère, Marcellin.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Marcellin, Camille, Florise.

SCÈNE II. Camille, Florise.

SCÈNE III. Fabrice, Camille, Florise.

SCÈNE IV. Camille, Fédéric, Fabrice, Florise.

FÉDÉRIC

La Fortune m'accable ; et peut-être, princesse, Répondra-t-elle mal au désir qui me presse ? Au moment qu'elle rend tous mes désirs contents, Je crains sa trahison sur un bien que j'attends : Mais quelques biens enfin que m'offre la Fortune, Il faudra qu'entre nous la gloire en soit commune. Cependant, apprenez quel est notre bonheur. À peine aux yeux de tous les lois et la faveur M'avaient en plein Conseil accordé la couronne ; Qu'alarmé tout d'un coup sur un bruit qui m'étonne, Que le hardi Roger venait fondre sur nous, Je cours à nos vaisseaux plein d'un ardent courroux, J'anime tous nos chefs contre cette insolence. Déjà mes deux enfants brûlants d'impatience, Avaient tout disposé pour ce combat naval, Et n'attendaient de moi que l'ordre et le signal. Roger, quoi qu'assuré qu'on ne peut nous surprendre, Songe à nous attaquer plutôt qu'à se défendre ; Et comme se flattant d'un succès glorieux, Il pousse avec les siens des cris victorieux. Nous allons tous à lui ; mes deux fils me secondent ; À l'espoir que j'en ai leurs courages répondent : D'abord nous accrochons son vaste galion, Comme le trône affreux de la rébellion. Nous entrons, et forçons toute la résistance Des premiers que Roger commet à sa défense. Là Roger seul fait ferme, abat plusieurs des miens. La valeur, qui partout abandonne les siens, Semble se retirer au coeur de ce rebelle. "Ô toi qui d'une femme embrasses la querelle, Ose seul m'attaquer (me dit-il fièrement)" Je répons à sa voix par des coups seulement. Il se défend si bien, que d'abord j'ose croire Que sa défaite enfin me vaudrait quelque gloire : Je redouble mes coups ; lui se sentant blessé, M'approche, me saisit, et me tient embrassé ; Jusqu'au bord du tillac son désespoir m'entraîne : À ce monstre mourant je m'arrache avec peine ; Lui qui craint d'être pris, s'élance dedans l'eau, Et son orgueil périt dans ce vaste tombeau.

Tillac : Pont supérieur d'un navire.

SCÈNE V. Fédéric, Valère, Camille, Fabrice, Florise.

SCÈNE DERNIÈRE. Yoland, Camille, Fédéric, Valère, Fabrice, Marcellin, Florise.

YOLAND, à Camille

Me pardonnerez-vous...

VALÈRE

Ô ciel !

1 779 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica