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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Judith

Claude Boyer· créée en 1695· 5 actes· 1 486 vers· 9 personnages

Représenté pour la première fois au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain le 4 mars 1695.

Personnages

  • JUDITH, veuve de Manassés
  • MISAËL, Betulien, Amoureux de Judith
  • OZIAS, chef du Peuple
  • ACHIOR, chef des Ammonites
  • ABRA, suivante de Judith
  • CHOEUR de BÉTULIENS
  • HOLOFERNE, prince d'Assyrie, Général des Assyriens
  • VAGAO, un des officiers de sa Chambre
  • CHOEUR D'ASSYRIENS
PRÉFACE

C'est une erreur qui a infecté beaucoup d'esprits, qu'il était presque impossible d'accommoder heureusement au théâtre les sujets qui sont tirez de l'écriture Sainte, et de l'histoire chrétienne. Indigné contre une opinion si fausse et si pernicieuse, je crus d'abord qu'elle n'était fondée que sur la prévention qui n'examine rien, et dont la force impérieuse entraîne ordinairement la multitude ; mais après avoir creusé jusques dans la source de cette erreur, je vis qu'elle venait de l'ignorance de l'art, de la faiblesse du génie, de la stérilité des inventions, et fur tout du peu de goût et de sensibilité qu'on a pour les choses de la Religion. J'avoue qu'il est mal aisé d'assembler tout ce qui est nécessaire à la composition de cette sorte d'ouvrages, d'autant plus qu'il y a peu de modèles dans ce genre d'écrire, et peu d'auteurs qui soient d'humeur de les imiter. La plupart ne font que suivre et marcher après les autres ; privés du secours des bons exemples, ils n'osent hasarder un autre langage. C'est une route nouvelle presque inconnue à nos Anciens, et ou ceux qui l'ont suivie aussi bien que les plus habiles de nos Modernes se font quelquefois égarés. Ce qui peut encore les rebuter davantage, c'est qu'étant accoutumés à forger les événements qui n'ont ni suite ni vraisemblance, à donner de grands noms historiques aux fictions fabuleuses, et à confondre ainsi la vérité et le mensonge, ils n'osent avec raison traiter des sujets, qu'on ne peut altérer sans une espèce de sacrilège. Ils ignorent le talent d'inventer, ou en font un mauvais usage. Ils ne savent pas qu'il consiste à parer la vérité, non à la défigurer ; à l'enrichir, non à la déshonorer ; et qu'enfin le secours des épisodes doit soutenir les sujets, et non pas les étouffer. Mais ce qui leur paraît de plus rebutant et de plus épineux, c'est que pour donner à ces ouvrages les ornements qu'ils demandent, il faut se remplir des grandes vérités de la religion, et tirer de l'Écriture sainte ces riches expressions que nous fournit la divine poésie du Psalmiste et des Prophètes, et qui sont fort au dessus de tout ce que l'ingénieuse et savante Antiquité a de plus grand et de plus magnifique. Il faut savoir choisir et ménager les sentiments de piété qui sont amenés par la matière, et il ne faut en charger ces poèmes, que lorsqu'ils sont destinés pour des communautés religieuses, et des assemblées particulières. Le théâtre doit instruire et divertir le public, mais les instructions de piété n'y doivent être ni fréquentes ni affectées, il faut qu'elles soient regardées comme des sentiments qui sont attachés aux caractères des acteurs, et qui servent à l'action qui se passe sur la scène.

Quand je propose des règles si sévères et si sublimes, je n'ai pas la présomption de croire que je les ai entièrement remplies dans Judith. Ce poème quelque succès qu'il ait eu n'est qu'un essai qui ne donne tout au plus qu'une faible idée de la perfection à laquelle des génies plus élevez que le mien pourraient à peine parvenir. La seule chose dont il m'est permis de m'applaudir, c'est d'avoir choisi un sujet dont la beauté a soutenu ma faiblesse. Je ne sais par quel hasard il a échappé aux yeux de ceux qui m'ont précédé.

Toutes les histoires peuvent-elles fournir rien de plus élevé et de plus propre pour la grande tragédie que l'histoire de Judith ? N'y voit-on pas le merveilleux et le pathétique dans toute sa force ? On y voit une veuve consacrée au Seigneur, dévouée à la cendre et au cilice, dans l'obscurité d'une vie humiliée et pénitente, s'arracher subitement à sa retraite, se mettre à la tête d'Israël, commander les Anciens du Peuple, et entreprendre la défaite d'Holopherne, quelle gloire ! Quelle grandeur ! Quelle merveilleuse nouveauté ! On y voit une veuve si sage et si réservée quitter ses modestes habits, ajouter à sa beauté naturelle tout ce que l'artifice et l'orgueil mondain peut inventer de pompeux et de charmant pour surprendre et pour séduire, aller au camp des ennemis avec cet équipage, exposer sa vertu à la brutalité d'un vainqueur barbare, l'attendrir par le langage le plus engageant, et le plus flatteur. Où peut-on trouver une plus violente opposition d'intérêts et de devoirs, et un plus grand contraste de sentiments et de passions ? Quel plus digne sujet peut occuper l'auteur tragique, s'il veut conserver la vérité de l'Histoire sans blesser la sainteté de la matière.

Qu'il serait à souhaiter que de pareils sujets fussent quelquefois représentés sur la scène française pour édifier et divertir en même temps. La Comédie se doit faire honneur à elle-même en faisant honneur à la Religion. Les Comédiens ont-ils moyen plus sûr et plus glorieux pour confondre ceux qui s'obstinent sans cesse à décrier leur profession ? Quel attrait plus puissant pour réconcilier avec le théâtre ceux qui en sont les ennemis déclarés ? Comme toute sorte de gloire appartient au siècle de LOUIS LE GRAND, après y avoir vu les duels et les blasphèmes abolis, l'hérésie exterminée, l'ordre et la discipline par tout rétablis, il faut qu'on y voie la piété florissante au milieu des plaisirs, les spectacles consacrés, le théâtre sanctifié. Quand je parle si avantageusement des matières saintes, je ne prétends pas exclure les sujets profanes, quand ils sont traités sagement et purgés de tout ce qui peut offenser la pudeur, et révolter le spectateur raisonnable.

Si j'étais d'humeur de grossir cette préface, je pourrais faire une dissertation de l'unité de la scène qu'on ne trouve point dans ma tragédie. J'avouerai qu'à l'examiner dans toute la sévérité de la règle, la critique est raisonnable ; mais s'il fallait s'en tenir à cette parfaite unité qu'on me demande, on aurait à reprocher ce défaut presque à tous les ouvrages de théâtre. Si Monsieur de Corneille se fût imposé cette règle, que serait devenue cette belle scène que Rodrigue fait avec Chimène quand il va la trouver chez elle ? Que s'il faut justifier mon ouvrage en particulier, il me suffit du moins pour établir l'unité morale, que ce commerce qui est entre la Ville et le Camp pour l'exécution de ce qui se passe sur la scène, se puisse faire vrai semblablement dans moins de temps qu'il n'en faut pour satisfaire à la règle des vingt-quatre heures ; et d'ailleurs cette unité de scène se doit expliquer plus favorablement pour mon ouvrage, puisque la proximité du camp et de la ville était absolument nécessaire dans les sièges du temps de Judith où l'on ne pouvait battre les murailles de la ville assiégée, qu'avec des machines.

Je ne dirai rien de l'épisode de Misaël, il a paru si naturel et a été si heureux, que ce serait me rendre indigne de l'approbation qu'il a eu, si je voulais la justifier. Je ne répondrai point aux objections qu'on m'a faites par un jugement précipité, qui n'a pas examiné ce qui précède, et ce qui suit les endroits qu'on a condamnés. Je répondrai encore moins à la critique qui est fondée sur le goût et non pas sur la règle.

Mais je ne saurais me taire sur l'étrange critique qui s'est répandue contre les pièces saintes. Ce bruit est devenu un scandale public, et semble nous faire entendre qu'il faudrait proscrire la piété et la bannir du théâtre, comme si nous étions encore dans ce siècle barbare et ignorant, où les spectacles publics représentaient nos plus sacrez mystères d'une manière qui rendait ridicule ce qui devait être le sujet de l'attention la plus sérieuse et de la plus profonde vénération. Veut-on consacrer le théâtre aux matières profanes, aux événements les plus horribles, aux parricides, aux empoisonnements, aux passions outrées, aux amours incestueuses.

J'avoue que les sujets les plus extraordinaires peuvent instruire et divertir quand ils sont maniés par des mains savantes et heureuses ; mais peut-on douter que les matières saintes quand elles tombent en de pareilles mains, puissent recevoir un tour assez agréable pour plaire et mieux encore pour édifier le spectateur chrétien. Nous avons un illustre exemple dans Polyeucte, et puisque Judith dont l'Histoire est si délicate et si difficile à traiter, n'a pas déplu dans la forme que je lui ai donnée, que ne peut-on pas attendre de ceux qui avec une Muse plus forte que la mienne, voudront entreprendre de semblables ouvrages, et leur donner tous les ornements de la scène. Puissent-ils confondre l'envie, ou plutôt s'attirer cette critique qui s'est déchaînée sur ce qui fait tant d'honneur à Judith.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Ozias, Choeur des Bétuliens.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Ozias, un Bétulien.

UN BETULIE

Le voici.

SCÈNE IV. Ozias, Achior.

OZIA

Mais ce qui rend ce coup plus sensible aux Hébreux, C'est que nous ignorons par quel sort malheureux, Par quels crimes nouveaux, par quelle ingratitude, Au retour d'une dure et longue servitude, Ils attirent sur eux ces cruels châtiments. Vous voyez de quels cris, de quels gémissements, Un long siège a rempli la triste Bétulie ; Dans quel gouffre de maux elle est ensevelie. On voit au pied du mont un effroyable amas De tentes, d'étendards, d'armes et de soldats ; Tous frémissent de rage et brûlent de combattre, Tandis qu'environnez de ce Camp idolâtre Les Hébreux sont ici sans force et sans vigueur Abattus par la soif et défaits par la peur. Tout le peuple périt, ou se plaint, ou murmure, Ici tout manque, et l'eau s'y donne par mesure. Sur le moindre aliment qu'on partage entre nous, Tombent mille regards avides et jaloux. On voit plus d'une mère étouffant la nature Vouloir de son enfant faire sa nourriture. À tous ces malheureux je partage mes soins ; Prompt, ardent, mais trop faible à remplir leurs besoins. Mon zèle, en divisant ces secours charitables, Devient presque inutile à tant de misérables. Mais pour comble de maux écoutez et tremblez. Veilles, prières, pleurs et jeûnes redoublez N'ont pu forcer l'oracle à rompre le silence. Pour lasser sa rigueur par la persévérance, Le Grand Prêtre a couvert de sang le saint Autel, Et des cris des enfants fatigué l'Éternel, Par un zèle importun il combat sa colère, L'oracle est inflexible et s'obstine à se taire.

SCÈNE V. Judith, Ozias, Achior, Abra.

JUDITH

Moi.

SCÈNE VI. Ozias, Achior.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Achior, Misaël.

SCÈNE II. Abra, Achior, Misaël.

SCÈNE III. Abra, Misaël.

SCÈNE IV. Judith, Misaël, Abra.

JUDITH

Arrêtez.

SCÈNE V. Judith, Abra.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Judith, Abra, Misaël, Achior.

SCÈNE VIII. Achior, Misaël.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Holoferne, Vagao.

HOLOFERN

Vous voulez éblouir d'une belle apparence Et mon ambition et mon impatience. Je sers un Roi qui veut ardeur, activité, Vainqueur rapide, heureux, il veut être imité. Fier d'avoir su gagner une pleine victoire Sur le Mède jaloux et rival de sa gloire, Il veut au monde entier faire adorer ses lois. Pour en faire avertir les Peuples et les Rois, Ses ordres sont portez aux deux bouts de la Terre ; Mais quoi-que menacez d'une cruelle guerre, On vit Peuples et Rois sans présents, sans honneurs, Renvoyer fièrement tous ses Ambassadeurs. Vous souvient-il alors par quel serment terrible Il jura de venger un affront si sensible, Il m'ordonna de vaincre et sans perdre un moment De sacrifier tout à son ressentiment. Pressé par sa fureur, armé de sa puissance, Je pars, sors de Ninive, et plein de confiance Je marche à la victoire, et suis par tout vainqueur ; Chaque moment grossit ce torrent de bonheur. Au nom des Rois, qu'on vit si fiers, si téméraires Je reçois des honneurs forcés ou volontaires ; L'encens fume par tout, tout est semé de fleurs ; L'air retentit de chants et d'éloges flatteurs ; Tout m'applaudit, par tout joie et magnificence Honorent mon triomphe, élèvent ma puissance. Mais vous voyez ici tout d'un coup arrêtez Les flots impétueux de mes prospérités, Au pied de ces rochers dont l'accès difficile D'un peuple désarmé fait le plus sûr asile, Mon pouvoir retenu languit honteusement. Qu'un assaut général sans perdre un seule moment Ouvre un libre passage au cours de ma victoire : De ce retardement je dois compte à ma gloire ; Il est honteux pour moi que le Roi que je sers Soit un seul jour plus tard maître de l'univers. Pénétrons ces rochers, rien n'est inaccessible Aux vifs et prompts efforts d'une armée invincible. Mais quels cris m'ont frappé ?

SCÈNE II. Un officier assyrien, Holoferne, etc.

SCÈNE III. Holoferne, un autre officier assyrien.

SCÈNE IV. Holoferne, Misaël, des officiers, suite.

MISAË

J'atteste devant toi l'astre qui nous éclaire, Tabernacle sacré d'un Dieu que je révère, Que je ne dirai rien contre la verité ; Non que j'affecte ici cette sincérité, Pour racheter ma vie et mendier ta grâce ; Quelque cruel que soit le coup qui me menace, Je suis trop malheureux pour craindre ton courroux. Sache donc que le Ciel irrité contre nous Ayant mis dans tes mains sa gloire et son tonnerre, Fait tomber sur les Juifs tous les maux de la guerre : Mais la vertu des Juifs est capable de tout, Et leur persévérance ira jusques au bout. Malgré la soif, malgré la rigueur de tes armes, Consternez, accablez de mortelles alarmes, Nous voulons résister, sûrs à force de pleurs De rendre enfin le Ciel sensible à nos malheurs, Et d'attirer sur nous des sources abondantes. Porte, porte plus loin tes armes triomphantes : Le Ciel en protégeant la sainte Nation, Livre le monde impie à ton ambition. On t'a vu par l'effort d'une noble furie Chez cent Peuples soumis briser l'idolâtrie ; On t'a vu foudroyer par tes puissantes mains Des chimériques Dieux les simulacres vains, Réduire leurs Autels et leurs Temples en poudre, Embraser tous leurs bois si dignes de la foudre, Ces infâmes réduits, et dont l'obscurité Des forfaits les plus noirs cachaient l'impiété. Tu devais au vrai Dieu faire ce sacrifice : Mais bien loin de servir sa gloire et sa justice, On dit que l'on a vu ton bras victorieux Renverser les Autels, exterminer les Dieux, Qu'a dessein seulement de déclarer ton Maître Le seul Dieu de la terre, et le seul digne de l'être.

SCÈNE V. Un officier assyrien, Holoferne, Misaël, l'officier assyrien.

SCÈNE VI. Holoferne, Judith, Misaël, Abra, suite.

JUDITH

Vive et règne à jamais ton Roi vainqueur des Rois, Que tous ses ennemis soient soumis à ses lois, Et que par le secours du bras que tu lui prêtes Il porte encor plus loin son nom et ses conquêtes. Quand la terre s'étonne et se tait devant toi, Peux-tu pour m'écouter descendre jusqu'à moi ? On connaît ta sagesse, on vante ta conduite. Sur un nom si fameux j'ai hasardé ma fuite ; J'ai dû présumer tout d'un coeur comme le tien, Dans ton Camp, dans tes fers la vertu ne craint rien. J'aime mieux être ici captive, misérable, Qu'être en proie aux malheurs d'une Ville coupable, Que le Ciel irrité ne veut plus secourir, Et que ses jugements condamnent à périr. En vain je leur fais voir la force de tes armes, On ne veut écouter mes conseils ni mes larmes ; Ils persistent toujours dans l'horrible dessein De souffrir jusqu'au bout et la soif et la faim. Ils sont si transportez de cette aveugle rage, Que sans se rebuter de l'horreur du breuvage, Ils veulent avaler le sang des animaux ; Même pour ajouter le crime à tant de maux, On les voit d'une ardeur sacrilège, intrépide, Se jeter sur l'autel, et d'une bouche avide Dévorer les présents que nul impunément Ne peut jamais toucher de la main seulement. Sur tant d'impiété, sur tant d'impatience, Le Ciel se lasse enfin d'écouter sa clémence, Les livre entre tes mains, et bien loin aujourd'hui D'aimer un peuple ingrat et de veiller sur lui, Il veut exterminer cette race rebelle. Profite d'un avis important et fidèle.

SCÈNE VII. Judith, Holoferne.

SCÈNE VIII. Judith, Abra.

JUDITH

Hé, que puis-je prétendre D'un triomphe honteux dont j'ai lieu de trembler ? Si j'ai vu le Tyran s'attendrir, se troubler, Vois-tu pas quel scrupule empoisonne ma joie ? Tu vois pour le succès ce qu'il faut que j'emploie, Quels ornements, quels soins, quel langage flatteur. Quel chemin ai-je pris pour entrer dans son coeur ? Et pour y faire naître un amour exécrable ? Quel emploi pour Judith ! Quelle honte m'accable ! Misaël est ici, pour comble de douleur, De tout ce que je fais le triste spectateur : J'aigris son désespoir par un lâche artifice ; Je rachète sa mort par un autre supplice ; J'exerce contre lui la dernière rigueur ; Et quand de toute part je lui perce le coeur, Je travaille à gagner un Tyran que j'abhorre : Et vous y consentez, puissant Dieu que j'adore. Mais pourquoi ces remords et ces scrupules vains ? J'ai fléchi le plus grand, le plus fier des humains. Goûtons le doux espoir d'une pleine victoire. (Malheureuse Judith) quelle ivresse de gloire, Quel orgueil insensé te fascine les yeux ? Quoique l'espoir de vaincre un Tyran odieux Soit un motif illustre, et que le Ciel l'ordonne, Détestons à jamais l'amour que je lui donne. Que de troubles cruels s'élèvent dans mon coeur ? De tout ce que prévoit la timide pudeur J'ai peine à soutenir l'épouvantable idée. Hélas ! que dira-t-on du Dieu de la Judée ; Si par un artifice infâme et criminel Il faut perdre Holoferne, et sauver Israël ? Pour le faire périr, pour en purger la terre, Le Ciel, le juste Ciel n'a-t-il pas son tonnerre ? Allons hors de ce Camp dont l'air est infecté, Où tout est corrompu par son impiété, Allons prier le Ciel que sans blesser sa gloire Il me fasse achever cette affreuse victoire.

ACTE IV

SCÈNE PREMIERE. Holoferne, Vagao.

SCÈNE II. Holoferne, Vagao, Abra.

SCÈNE III. Judith, Abra.

SCÈNE IV. Misaël, Judith, Abra.

SCÈNE V. Vagao, Judith, Misaël.

SCÈNE VI. Misaël, Judith, Abra.

SCÈNE VII.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Ozias, un Bétulien.

SCÈNE II. Ozias, Achior, un Bétulien.

SCÈNE III. Misaël, Ozia, Achior, un Bétulien.

SCÈNE IV. Misaël, Abra, Ozias.

SCÈNE V. Abra, Misaël, Ozias, un Bétulien.

SCÈNE VI. Judith, Ozias, Misaël, Achior.

SCÈNE VII. Judith, Abra, Misaël.

1 486 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica