Comédie en vers et en prose
La Noce de Village
Représenté pour la première fois en juin 1666 à l'Hôtel de Bourgogne
Personnages
- COLIN, le marié
- NICOLAS, garçon de la noce
- CLAUDINE, la mariée
- GRAND FRANÇOIS, père de Claudine
- GROS JEAN, père de Nicolas
- LE JUGE DU VILLAGE
- LE GREFFIER
- MONSIEUR BERTRAND, Tabellion d'Aubervilliers
- MARION, Fille du Grand François
- UN PAYSAN
- UN VIELLEUX
- TROUPE DE CONVIÉS
- LES DANSEURS
- LES CHOEURS DE VOIX
LA NOCE DE VILLAGE
SCÈNE PREMIÈRE. Colin, Nicolas.
COLIN
Jarnigué, Nicolas.NICOLAS
Et jarnigué toi-même. Margué comme tu fais ; tu deviens tout blasphèmes Partant que je t'ai dit deux paroles.COLIN
Margué. Tatigué, jarnigué, vois-tu bien ? Ventrigué, Je suis un bon garçon, tout franc, mais tatiguene, Je ne suis point un sot, franchement.COLIN
Et si tu l'es tant mieux, Qu'est-ce qui t'en dis rien ? Mais, margué, j'ai deux yeux ; Tu le sais bien.NICOLAS
Et contre qui ce battre.NICOLAS
Pargué, dis moi donc...NICOLAS
Et bien, ne dis donc rien.NICOLAS
Parle donc tout ton son.COLIN
Margué t'as bien du plaid ; Mais vois-tu ! Nicolas ? Je suis, pargué, bon frère, Veux-tu savoir pourquoi que je suis en colère.Plaid : Audience d'un tribunal. [L]
NICOLAS
Et bien pourquoi ? Dis donc.COLIN
C'est que je suis fâché ; Jarnigué l'autre jour comme j'atais caché... Non, c'est que j'acoutoes par le trou de la porte, C'est à dire qu'enfin... Mais bref, tanquia, n'importe. Or donc, car ventrigué, vois-tu bien Nicolas ? Je ne suis point un gnais.NICOLAS
Non dà, tu ne l'es pas.NICOLAS
Et bien, tan mieux pour toi.COLIN
Tant mieux, voirment, accoure, Nicolas, tu sais bien que je fon bon amis, Et tu sais bien encore que je somme pormis La fille au Grand-François avec moi par ensemble.NICOLAS
Et bien.COLIN
Mais ventriguenne, est-ce don qui te semble, Que quand qu'on est pormis, margué, qu'en N'ait rien fait.NICOLAS
Et bien, susse.COLIN
Et bien donc, margué, comme d'effes ; Tu sais bien que je fime avant-hier nos fansailles. Et qu aujourd'hui, margué, je son les épousailles.NICOLAS
Est-ce là tout, Colin ?COLIN
Non-dà, ce n'est pas tout ; Je m'en vois commencer tout par le droit fin bout, Hayer, come esgeveny d'avaNnt notre prairie, J'entris cheul Grand-François pour viriter not mie, Margué j'apercevy par le trou du grand huis, Que tu batifolais tout l'environ du puits Aveuc elle.NICOLAS
Avec qui ?COLIN
Morgues avec Glaudenne ; Aux enseigne, aga quien, que tu prenis la peine De mettre tes deux mains soura vau son brechet, Et puis tu lui baillis comme un colifichet... Margué je m'entends bien ; tu lui disais, Glaudenne, Lorgne-moi par un peu, n'ai-je pas bonne mène ? A donc, tu la ptenis par le chignon du cou, Et tu t'allis fourrer dans le jardin au chou Aveuc elle.NICOLAS
Bon, bon.NICOLAS
Bon, bon.COLIN
Que veux-tu dire ? Bon, bon : car vois-tu bien, si j'avais été prompt, Margué, je t'aurais fait pût-être un grand affront.NICOLAS
Bon, bon, qu'arais-tu fait.COLIN
Si je n'eusse été sage, Margué je l'arais dit par tout notre village. Et quem sonsige-moi ? Ventregué, dans l'honneur Je suis pis qu'un démon, car rien ne me fait peur. Comme dit l'autre, on za biau prenre une fumelle, Margué n'en prend toujours queuque mâle aveuc elle.NICOLAS
Ardé le grand malhûr.COLIN
Et bonhûr si tu veux, Je ne veux point porter les cornes si je peux : Et que sait-on ? Parfois un désespoir peut prendre. Marguene, pour un rien qu'un cocu s'irait prendre, Je le sais, pargué bien, j'en connaissons plusieurs...NICOLAS
Bon, bon.NICOLAS
Bon, bon.NICOLAS
Non.NICOLAS
T'es donc bien michant ?NICOLAS
Tu fais le diable à quatre : Mais Colin, dis-moi donc, pourquoi veux-tu te battre.Diable à quatre : faire beaucoup de bruit, causer beaucoup de désordre (locution qui provient d'une représentation scénique du moyen âge qu'on appelait la grande diablerie à quatre personnages ; celle où il n'y en avait que deux se disait la petite diablerie) [L]
COLIN
Morgué, pour mon plaisir, de quoi te mêles-tu ? Se bat-on pas toujours quand qu'on devient cocu.NICOLAS
Et l'es-tu ?COLIN
Palsangué je m'attends bien de l'être ; Mais morguene avant coup je yeux faire bissêtre ; Jarnigué, par point bas, je veux me battre en deuil.Colin ôte son pourpoint et son rabat.
Déchaussons le rabat, margué, bon pied, bon oeil. La main fait tout.Bissêtre : Mot inusité présentement, qui signifiait malheur, malaventure. [L]
NICOLAS
Quien, c'est pour t'agacer.NICOLAS
Et que me feras-tu ?COLIN
Margué !NICOLAS
Quoi ?COLIN
Ventriguene.NICOLAS
Hey.COLIN
Quien, je le dirai dres ce soir à Glaudenne : Tu le verras plutôt, mais pargué la voici.Glaudenne : Claudine.
SCÈNE II. Claudine, Colin, Nicolas.
COLIN
Ô la chienne !CLAUDINE
[Me] tredine, qu'a-t'il ?NICOLAS
C'est qu'il se bat en deuil.COLIN
Marguenne, hé.CLAUDINE
Bonjour, Nicolas.CLAUDINE
Et de quoi bien aimé ?[COLIN]
Carogne.CLAUDINE
Chouf, Colin.NICOLAS
Pourquas que tu la piques ?COLIN
Margué t'en as menti, boute mieux besicles.Besicles : Familièrement. Vous n'avez pas bien mis vos besicles, vous y voyez mal. [L]
NICOLAS
J'ai menti ?CLAUDINE
Nicolas, tredin, tenez vous coi.SCÈNE III. Le Grand-François, Gros-Jean, Colin, Nicolas.
GROS-JEAN
Qu'est-ce qui n'y a ?GRAND-FRANÇOIS
Tatigué, c'est mon gendre.GROS-JEAN
Nicolas.GRAND-FRANÇOIS
Et Colin, dis donc qu'as tu mangé ?GROS-JEAN
Et que sais tu ?GROS-JEAN
Je t'en réponds, mon borgne, Je te crains margué bien.Lorgner : Observer à la dérobée, en tournant les yeux de côté. [L]
GRAND-FRANÇOIS
Oh, si je non du coeur, vois-tu, j'on du quarriau, Et si t'en veux jaser vien t'en dessous l'ormiau Tu le verras.GROS JEAN
Margué, tu n'es rien qu'un pagnorte.Pagnorte : pagnote. Qui est sans courage, sans énergie. [L]
GRAND-FRANÇOIS
Oh, j'avon pourtant vu le Chaquiau de la Motte. Et si j'avons porté des farcine à Rocroy.GROS JEAN
Oui par dessus l'épaule.GRAND-FRANÇOIS
Et parqué, je le crois.GROS JEAN
Va, va, je savons bien queussuq c'est que la guerre J'on mangé queuquefois du l'art de militaire, Je savons, margué, bien, tirer un coup mousquet Sans nous brûler les doigts a vus tous VOS caquets ; Ô dont vous voyez bien, c'est pour vous faire entendre Que si vous nous baquiais, je saurions nous défendre.GRAND-FRANÇOIS
Ô margué, j'en on vu d'aussi futés que toi ; Quand on se bat, vois-tu, chacun y va pour soi : Crois-tu que je n'on pas queuque fois vu les drilles ? Tatigué tous les coups n'en ne fait pas neuf quilles Et j'en avon tant vu de ces regneux de Guieu, Aveuc ta parmission que je te crève un yeux.Drille : Fantassin, soldat à pied. [L]
COLIN donne un soufflet à Nicolas quand il y pense le moins
Margué, vela pour toy, j'avons notre revanche.NICOLAS
Ouf, j'ai le nez cassé.GRAND-FRANÇOIS
Tatigué, queu Dimanche.GROS JEAN
Marguene, Grand-François, qu'est-ce qu'ou voulez dire ? Est-ce là l'action d'un brave homme de bien ?GRAND-FRANÇOIS
Quoi ?GRAND-FRANÇOIS
Mais marguene, à proupos d'où yien donc la querelle.GRAND-FRANÇOIS
Pargué ni moi non plus.GRAND-FRANÇOIS
Je m'en sais pargué rien ; Colin, pourquoi serait-ce ?COLIN
Margué, veyez-vous bien, que mon péché n'en croisse, Je crois que Nicolas m'a quasi fait cocu, Et vela pourquoi que c'est qu'ou vous seriais battu.GRAND-FRANÇOIS
Cocu !GROS JEAN
Cocu !NICOLAS
Cocu !CLAUDINE
Cocu !COLIN
Cocu, marguene.GRAND-FRANÇOIS
Et n'est-ce que cela, gros sot ?COLIN
Et ce n'est rien.GROS JEAN
Moi ?GRAND-FRANÇOIS
C'est pour lui faire accroire.COLIN
Hé bonne bête, Ce que l'on plante aux pieds vient-il dessus la [truffe] ? Quien pour nous marier je suis ton serviteur, Je son pauvre, vois-tu, mais javon de l'honneur.CLAUDINE
Hé mon Guieu, que t'es chose !COLIN
Oh gna chose qui quienne,Il veut s'en aller.
Je devions nous marier aujourd'hui, mais marguene, Il n'en fera rien, ou... final, je m'entends bien.GRAND-FRANÇOIS
Ho, je suis d'une himeur tout à fait domicile, Mais margué dans l'honneur je suis pis qu'un Satan. Hé comment ! Tout est press...COLIN
Et j'ai le Diable.GRAND-FRANÇOIS
Colin, quien si tu veux que je s[oy]ons bons amis, Marguene il faut tenir le mot que t'as promis.GRAND-FRANÇOIS
Oh, je m'en bats les fesses, Marguene, je te frons, margué, bien tenir tes promesses, Ou je plaiderons bien.GRAND-FRANÇOIS
Jarnigué, je ferons quoique nouviau grabuge.SCÈNE IV. Le Juge, La greffier, Grand-François, Claudine, Gros-Jean, Colin, Nicolas.
Colin présente un siège au juge, et comme il veut se seoir, Colin retie le siège comme pour le nettoyer, et le juge tombe.
LE JUGE, tombant
Hé.LE JUGE
Et bien ?GRAND-FRANÇOIS
Oh, margué, j'en appelle.LE JUGE
Lequel est l'appelant des deux ou l'intimé ?Intimé : L'intimé, l'intimée, personne qui, ayant gagné son procès en première instance, est appelée devant un tribunal supérieur par sa partie. L'appelant et l'intimé. [L]
COLIN
Monsieur...COLIN
Monsieur...COLIN
Monsieur...COLIN
Il est vrai, mais.LE JUGE
Répondez donc.COLIN
Je vous...COLIN
Monsieur enfin...LE JUGE
Si vous êtes absurd és termes de pratique, Il faut donc que quelqu'un pour votre cas s'explique. Parlez-vous, Grand François.GRAND-FRANÇOIS
Monsieur...GROS JEAN
Monsieur...LE JUGE
Hola, tase. Parlez, Colin.COLIN
Marguene...CLAUDINE
Monsieur...COLIN
Oh bien.NICOLAS
Moi ? Je n'ai rien à dire.LE JUGE
Il faut que chacun parle.TOUS ENSEMBLE
Vous saurez donc, Monsieur, que comme je venoua A Je nous esquième tous auparavant allé É Cheux Colin pour y voir la noce d'aujourd'hui I Mais comme je veniens, Monsieur, tout aussitôt, O Qu'en ce rencontre y la je nous seriens battu. ULE GREFFIER
Monsieur, je n'entends goutte.GRAND-FRANÇOIS
Oh bien, Monsieur, vela, j'avons dit l'action, C'est à vous à bailler voute contusion.LE JUGE
Je conclus, concluant par conclusion brève Que vous serez très tous pendus en pleine Grève, Et si vous appelez d'un si beau jugement, Je conclus, concluant, conclusitivement, Pour ne vous plaindre point de notre procédure, Que je ne conclus rien de peur de mal conclure.Le Juge et le Greffier s'en vont.
GRAND-FRANÇOIS
Pargué, d'effet, samon, Mais marguene, Colin, aveuc tout ton sarmon. Que veux-tu dire aussi, tiens si tu m'en veux croire, Margué, tu larras là toute ta belle Histoire, Vela le festin prêt qui vient subitement, Et nargué tu nous viens bailler du compliment, Allons, gros Jean, prenez Nicolas par la patte : Et faut-Il pour un rien qu'un bon ami se batte ? Donne ta main, Colin.COLIN
Marguene...GRAND-FRANÇOIS
Do[nne] don.NICOLAS
Et de quoi ?COLIN
Ô de quoi ?GROS JEAN
Oui de quoi ?NICOLAS
Il n'est margué pas vrai.NICOLAS
Mais ventriguene....NICOLAS
Je le veux bien.NICOLAS
Oui, parguene.COLIN, embrassant Nicolas
Ô bien don je suis ton serviteur.SCÈNE V. Monsieur Bertrand, Grand François, Gros Jean, Claudine, Colin.
NICOLAS
Ah bonjour, vieux frère.GROS JEAN
Bonjour, Monsieur Bertrand.BERTRAND
Bonjour.GRAND-FRANÇOIS
Nous venez vous lire des hereticles ?BERTRAND
Oui, si Dieu plaît.GRAND-FRANÇOIS
Et bien, boutez donc vos besicles.BERTRAND, lit
Par devant Bertrand_Douillet, Tabellion d'Aubervilliers. Furent présents en leurs personnes Jean_Laurens, dit Grand-François, demeurant audit Aubervilliers ; et Perrette_Cre sa femme, d'une part : Guillaume_Buttan, Maître Carillonneur et premier Chasse-chien de la grand'Église dudit lit à Catherine_Vigreux sa femme, lesquels de leur bon gré ont reconnu et confessé avoir fait et font les promesses et accords de mariage qui ensuivent, à savoir de Colin_Battan et de Claudine_Vigreux, tous bourgeois dudit lieu tant du côté paternel que maternel ; l'un à l'autre agés de chacun dix_neuf_ans environ, plus_ou_moins sans conséquence. Pour la grande affection qu'ils se portent, pour avoir gardé par l'espace de dix ans les vaches ensemble, ils ont désiré se conjoindre par lien matrimonial sous le bon plaisir de leurs parents et amis. Lequel Guillaume_Buttan non ici présent pour être détenu au lit d'un coup de pierre au beau milieu du dos, a donné et donne - Colin_Battan son fils et futur époux, par ces présentes, en faveur de mariage un arpent d'héritage assis audit Aubervilliers. Plus une charrue attelée d'un boeuf et d'un âne âgés de quarante cinq_ans ou environ ; ensemble ses habits, savoir un paletot d'écarlate noire doublé de jaune cramoisie, un fonds de chauffe de blanchet gris, une chemise garnie de son colet de toile à boussette. Item une paire de guêtres et de souliers de vache tout neufs ; en outre la somme de onze livres quinze sols six_deniers tournois en belle pistole, et monnaie blanche. Et quant au dit Laurent, dit Grand-François, père de la future épouse, pour la bonne amitié qu'il porte, lui a donné en faveur dudit mariage un quartier et demi de pré fraîchement tondu, assis au lieu et territoire de la_Motte, plus une vache sous poil grivelé avec le pot à traire et autres ustensiles de ménage, et outre son trousseau garni de deux draps et une nappe frangée d'une aune un douze ou environ avec ses bagues et ses joyaux, desquels ledit Colin_Battan, futur époux, s'est tenu à tient pour content, et a donné et donne ladite future épouse de la somme de quatorze sous six_deniers_tournois, pour icelle avoir et prendre sur une masure sise en la plaine de Long-Boyau, et est accordée entre lesdites parties qu'au cas que l'un desdits futurs époux décède sans enfants procrées de leur mariage, le survivant remportera ce qu'il aura apporté ainsi qu'ils ont présentement accordé. Et quant à tout, etc. et obligeant, et renonçant, et fait et passé, etc.
Chasse-chien : Portier, bedeau. [L]
LE GRAND FRANÇOIS
Bon, voilà qui va bien, donnez, je signerons. François, s'écrit-il pas avec deux O ronds ?BERTRAND
Tout comme il vous plaira.GRAND-FRANÇOIS, après avoir signé
Véla qu'a bonne mennsBERTRAND
Allons Monsieur Colin.BERTRAND
Belle demande !GRAND-FRANÇOIS, à Colin qui prend la plume de la main gauche
Bon, peste du jobelin.Jobelin : Jeune jobard, petit jobard. [L]
BERTRAND
De l'autre main !BERTRAND
À vous, Claudine, allons.SCÈNE VI. Marion, les conviés, Grand-François, Colin, Gros-Jean, Nicolas, Claudine, Bertrand.
MARION
Voici tous les Monsieux qui venons la nôce, Mon père, ma Grand dit que vous dongniez la clé Pour avinre des noix dans le grenier au blé.GRAND FRANCOIS
La vela, quien, allons, que l'on boute la nappe.BERTRAND, après que Claudine a signé
Vous écrivez fort bien.CLAUDINE
Mon Guieu, le coeur me tape.BERTRAND
Or ça, Messieurs, adieu.GRAND-FRANÇOIS
Bonsoir, Monsieur Bertrand.BERTRAND
Au moins vous savez bien...GRAND-FRANÇOIS
Marguene, allez-vous-en. Ne savons-je pas bien tout sen qui faudra faire ?On fait paraître une table servit rustiquement.
GRAND-FRANÇOIS, aux Conviés
Vous qerez mal traitez, mais margué, voyez vous, Messieurs, vous y serez tout enfin que chez vous, Boutez-vous donc tretous...COLIN
Pargué sans simonie.SCÈNE VII. Marion, Grand-François, Le Vielleux, Gros-Jean, Nicolas, Claudine, Les conviés.
MARION
Voici les violons.UN VIELLEUX
Bonjour Messieurs.COLIN
Bonjour.UN VIELLEUX
Je ressemblons à l'oisiau de cheu nous, Je ne saurions chiffler si je ne sommes fous.Il boit.
Aveuc vot parmission ; margué, le front me sue.LE VIELLEUX
Véla qu'est bien, ronflons.CHANSON.
Aga Piarot le terrible accident, J'avions fait acheter une fort bonne éclanche, J'esperions la manger, et l'était belle et blanche. Maturenne qui a le coeur grand Voulait régaler nos parents, L'estions auprès du feu les mains dessus les hanches, Je buvions demistié tourjour en attendant, Mais hélas dans le même instant Un matin l'atrapit sur le bout d'une planche, Et nous la croquit sur le champ, Il n'en laissit rien que le manche ; Aga Piarot le tarible accident.UN CHOEUR DE PAYSANS
Pargué, vive Glaudenne.UN AUTRE CHOEUR
Et vive aussi Colin.GRAND-FRANÇOIS
Chacun s'aille coucher, Messieurs, jusqu'à demain.311 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica