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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Opéra en vers

Zoroastre

Louis de Cahusac, Jean-Philippe Rameau· imprimée en 1756· 5 actes· 805 vers· 20 personnages

Personnages

  • ZOROASTRE, Instituteur des Mages. Mr Poirier
  • AMÉLITE, héritière présomptive du trône de la Bactiane Mlle l'Arrivée, Mzlle Fel
  • ERINICE, Princesse du sang des Rois de la Bactiane. Melle Chevalier
  • ABRAMANE, Grand Prêtre d'Ariman. Mr duChassé
  • CÉPHIE, jeune Bactrienne de la Cour d'Amélite. Melle Davaux
  • ZOPIRE, Prêtre d'Ariman. Mr Person
  • NABANOR, Prêtre d'Ariman. Mr Cuvelier
  • OROMASÈS, Roi des Génies Mr Gelin
  • LA VENGEANCE, Mr Larivée
  • UNE VOIX SOUTERAINE, Mr Desbelles
  • LES FURIES, Mlles Dalière, Dubois, Duval, Mrs Le Roy, Laurent
  • BACTRIENS et BACTRIENNES
  • ESPRITS DES ELÉMENTS
  • LA HAINE
  • LE DÉSESPOIR
  • DÉMONS
  • BERGERS
  • BERGÈRES
  • PASTRES
  • PASTOURELLES
PRÉFACE

On regarde Zorosastre comme l'inventeur de la Magie, (a) l'opinion la plus commune est qu'il fut Roi de la Bactriane.

Il n'est point d'homme de l'antiquité dont on ait écrit et conté tant de fable. On ne s'accorde ni sur le temps, ni sur le lieu de sa naissance ; on n'est guère mieux instruit des climats où il la plus constamment vécu, ni de celui où il a cessé de vivre. (b)

Il fut l'instituteur des Mages, les premiers Philosophes de la terre ; il inventa un bon et un mauvais principe, se combattant sans cesse, jusqu'à ce que l'auteur du bien put remporter une victoire copmplète sur l'auteur du mal. (c) Il donnait au premier le nom d'Oromase ou de Lumière, et au dernier celui d'Ariman ou de Ténèbres. (d)

Il rendait un culte solennel au Soleil et au feu ; mais pas un impulsion sublime de son génie, il n'honorait l'un, (e) que comme le trône, l'autre que comme le symbole du principe immuable, objet unique de son adoration.

Il supposait des Êtres inférieurs répandus dans les différentes sphères, pour y maintenir cette harmonie, si nécessaire ua monde. Selon Plutarque, il entretenait avec ces Génies le commerce le plus intime. C'était là sa magie. (f)

Un personnage aussi célèbre par ses principes et par ses actions, les révolution qu'il a causé dans les esprits, la puissance surnaturelle que les traditions anciennes lui attribuent, les biens sans nombre qu'il a répandu sur l'humanité, ont paru le champ le plsu fertile pour un théâtre qui mériterait d'être mieux connu, et auquel l'opinion commune semble prescrire des bornes que l'art a craint trop longtemps de franchir.

On oppose à ZOROASTRE un prêtre ambitieux, Ministre farouche du mauvais principe ; on le suppose l'inventeur de cette magie, (g) dont le pouvoir redoutable émane des esprits de ténèbres. C'est à lui qu'on attribue l'institution sacrilège du culte des Idoles, et toutes les erreurs grossières qui ont si longtemps égaré L'Univers. (h) On établie, en un mot, Zoroastre et Abramane rivaux de puissance, de gloire et d'amour. La force du sujet offre ainsi d'elle même le spectacle de la vertu toujours persécutée et jamais abattue, triomphante enfin au moment même, où l'artifice, la haine, la vengeance ont porté son infortune jusqu'au dernier période du malheur. (j) Que de grands tableaux, que des machines ingénieuses, quel jeu continuel des plus fortes passions, quelle foule de situation frappantes ne devrait-on pas attendre d'un fonds aussi riche, si le bonheur de l'art l'avait fait tomber en des mains plus gabiles.

(a) On distingue deux sortes de Magie ; la Goetie qui est regardée comme diabolique ; et la Theurgie qui est toujours bienfaisante.

Les bons critiques s'accordent sur la pluralité des Zoroastres, comme sur le pluralité des Hercules ; par ce moyen on peut concilier les actions tout-à-fait contraires attribuées à ce personnage célèbre. Prid. Hist. des J. Pli. Hist. hi. n. c i. Phil. or de Stanley, mise en Latin par Leclerc.

(c) Et gaec duo contra se invicem insurgebant, et de victoria contendebant, donec lux viceret tenebras, et bonum malum. Hyde His. rel. vet. Pers.

(d) Le mauvais principe est nommé indifféremment Arimanieu ou Ariman.

(e) Plis. de et Os. Confu. En. etc.

(f) La Theurgie.

(g) La Goetie.

(h) Zoroastre eut à combattre et à détruire l'Idolâtrie répandue dans la Bactriane, dans le Perse et dans presque tout le reste du monde.

(j) Oromasés annonce ce dénouement Acte deuxième, scène troisième ; par ces deux vers.

Le bonheur a son terme et doit avoir son cours. Il finit dès qu'il est extrême.
L'OUVERTURE SERT DE PROLOGUE

La première patrie est un tableau fort et pathétique du pouvoir barbare d'Adramane, et des gémissements des peuples qu'il opprime. Un doux calme succède : l'espoir renaît.

La seconde partie est une image vive et riante de la puissance de Zoroastre, et du bonheur des peuples qu'il a délivré de l'oppression.

C'est le premier opéra représenté sans prologue. On se récria en 1749 contre cette nouveauté. L'expérience l'a justifiée. Le temps est si précieux au théâtre lyrique, une grande action exige dans ce local une si grande quantité de moyens, la poésie, la peinture, la machine, la musique doivent y être enchaînées par des mouvements si rapides et si variés, qu'on ne peut y ménager les superfluités avec trop de sévérité.

On avait espéré pouvoir offrir dans les habillements de cet opéra, le tableau pittoresque de l'ancienne manière d'Être des Nations qui y ont été introduites. Des obstacles imprévus ont éloigné l'exécution de la plus grande partie du projet. Sans doute naîtra-t-il un jour des circonstance plus heureuses. On peut augurer que les FRançais ne voudront pas se priver longtemps d'un plaisir si conforme à cette instruction devenue générale, qui les distingue avec tant d(avantage de tous les autres peuples de la terre. C'est ici une occasion o=honorable pour eux de sa livrer à ce bon goût naturel qui les engage à sacrifier , de premier coup d'oeil, toutes les vieilles routines qui enchaînent et déshonorent les Arts, aux nouveautés heureuses qui embellissent leurs succès, qui sont le preuve de leurs progrès, et les seuls augures certains de leur durée.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Abramane, Zopire.

Le théâtre représente les jardins des Rois de la Bactriane ; on y voit les traces d'un orage, qui les a ravagés, et qui vient de finir.

Il sort avec Narbanor.

SCÈNE II. Abramane, Erinice.

ERINICE

Il suffit. Réponds-moi des dieux, Je te réponds de ta vengeance.

Ils sortent par les deux côtés opposés.

SCÈNE III. Amélite, Céphie, Zélise, Jeunes Bactriens et Bactriennes.

AMÉLITE

Reviens, c'est l'amour qui t'appelle ; Cher amant, viens régner sur des peuples soumis, Et sur le coeur le plus fidèle. De tes barbares ennemis Brave la rage criminelle ; Calme, par ton retour, et ma terreur mortelle Et les peines dont tu gémis. Reviens, c'est l'amour qui t'appelle ; Cher amant, viens régner sur des peuples soumis, Et sur le coeur le plus fidèle.

Accablée de douleurs, elle se laisse tomber sur un lit de gazon ; sa cour s'empresse, danse autour d'elle, et lui peint successivement les ennuis de l'absence et les doux transports que goûtent les amants, au moment du retour.

SCÈNE IV. Erinice, Amélite, Céphie, Zélise, Jeunes Bactriens et Bactriennes.

SCÈNE V. Erinice, Amélite.

SCÈNE VI. Amélite, Esprits cruels.

ACTE II

Le théâtre représente le Palais d'Oromasès, Roi des Génies.

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Zoroastre, Oromasès.

SCÈNE II. Zoroastre, Oromasès, Esprits des divers Éléments.

OROMASÈS

Aux accents de ma voix, cieux, ô cieux, ouvrez vous ! Entends nos voeux, Maître du monde. Que du sort et des temps l'obscurité profonde, S'anéantisse devant nous.

Les Esprits des éléments font leurs conjurations autour de Zoroastre, pendant le morceau précédent.

OROMASÈS

Il lui donne le Livre de la Vie, que les anciesn persans appelleront dans les suites le Zend. Voy. d'Herb. B. p ?. 931. Hyde Hist Ver. per. ep. ded. Eteh 26 et 31.

C'est un présent du Ciel dont la bonté suprême Sait si bien au danger mesurer le secours. La malheur à sont terme, et doit avoir son cours. Il finit, dès qu'il est extrême.

ZOROASTRE

Tendre Amélite, hélas !...

Tout disparaît. Le Théâtre change. Il représente l'intérieur redoutable du château-fort des rois de la Bactriane

SCÈNE IV. Amélite, entourée des Démons et chargée des chaînes, et Erinice, qui survient.

ERINICE, en fondant sur Amélite, un poignard à la main

Ah ! C'est trop balancer : expire !

Une porte de fer se brise.

SCÈNE V. Amélite, Erinice, Zoroastre, Démons.

ZOROASTRE

Barbare !...

Le poignard lui tombe des main ; les démons disparaissent

AMÉLITE et ERINICE

Zoroastre ?... Ah, Dieux !

SCÈNE VI. Amélite, Zoroastre.

SCÈNE VII. Amélite, Zoroastre, Peuples.

CÉPHIE, CHOEUR

Éclatez transports d'allégresse Brillez dans nos chants et nos jeux. Célébrons le moment heureux Qui nou rend à notre tendresse.

Les peuples viennent en foule célébrer le retour de Zoroastre, et la délivrance d'Amélite.

AMÉLITE, CÉPHIE, CHOEUR

Qu'il triomphe des autres Dieux.

ACTE III

Le théâtre représente les dehors de la ville de Bactre, et le rivage du fleuve qui la partage.

SCÈNE PREMIÈRE. Erinice, Abramane.

L'acte commence avant la fin de la nuit.

ERINICE, en disparaissant

Ah, le perfide !

SCÈNE II.

SCÈNE III. Zoroastre, et sa Suite.

SCÈNE IV. Zoroastre, et sa Suite, Amélite et sa Suite.

SCÈNE V. Zoroastre, et sa Suite, Amélite et sa Suite, Peuples Bactriens.

LE CHOEUR, auquel se joignent Zoroastre et Amélite

Sommeil, fuis de ce séjour. Pour la fête la plus belle, La voix de l'Amour nous appelle ; Volons à la voix de l'Amour.

Les jeunes habitants des rivages divers du fleuve de Bactre, dont l'hymen doit embellir cette fête, arrivent. L'Aurore successivement fait place au grand jour : les rayons nouveaux du Soleil et embellissent le théâtre.

AMÉLITE

Ô lumière vive et pure, Les fleurs, les fruits, la verdure Semblent renaître à ton retour. Les couleurs brillent, l'air s'épure La terre reprend sa parue, Tu lui donnes l'éclat du céleste séjour.

Les jeunes filles, qui doivent être unies à l'objet de leur tendresse, vont adorer l'astre du jour ; et les Peuples célèbrent par leurs danses le retour de la lumière.

SCÈNE VI. Jeunes Gens habitants des Montagnes et les acteurs pérécédents.

Entrée des jeunes habitants des montagnes et ballet avec les jeunes filles que l'hymen leur destine.

ZOROASTRE

Hâtons notre bonheur, venez tendres amants.

Tous les jeunes amants qui doivent être unis, forment un demi cercle autour de Zoroastre et d'Amélite.

Dieu bienfaisant, Être suprême, Tes lois pour notre coeur sont des liens charmants : Tu veux qu'il t'adore et qu'il aime. Daigne écouter nos voeux, et reçois nos serments.

Il présente la main d'Amélite : tous les autres se la présentent en même temps et se la donnent.

AMÉLITE et ZOROASTRE

Je vous jure...

Un coup de tonnerre éclate, l'obscurité s'empare de toutes les parties de l'horizon.

ZOROASTRE

Le jour fuit.

ZOROASTRE

Il protège toujours et ne veut jamais nuire. L'amour est dans nos coeurs, le ciel sera pour nous. Il m'éclaire... Rassurez-vous, Ce n'est qu'un charme affreux, et je vais le détruire.

Un amas d'épais nuages paraît rapidement dans les airs ; il s'ouvre au bruit du tonnerre ; on voit Abramane sur un char enflammé.

SCÈNE VII. Abramane dans les airs, Zoroastre, et sa Suite, Amélite et sa Suite, Peuples Bactriens, Jeunes Gens habitants des Montagnes.

ZOROASTRE

Ah, cruel !

AMÉLITE, qui tombe sur un tronc d'arbre

Je me meurs...

CHOEUR DE PEUPLES, qui fuient

Dieux ! Fuyons tous, fuyons.

SCÈNE VIII. Zoroastre, Amélite, Peuples Bactriens qu'on entend, et qu'on ne voit pas.

ZOROASTRE, en courant aux piéds d'Amélite

Amélite !... Elle expire... Ô ciel !...

LE CHOEUR, dans l'éloignement

Nous périssons.

ZOROASTRE

Troupe légère et bienfaisante, Venez, esprits de paix, accourez en ces lieux.

Les Esprits bienfaisants paraissent et environnent Amélite.

LE CHOEUR, dans l'éloignement

Nous périssons.

ZOROASTRE, à Amélite

Un tyran furieux. Fait voler sur leurs pas la mort et l'épouvante, Il faut ou les sauver, ou périr avec eux. Tendre Amélite, chère amante. Adieu !... Prenez soin de ses jours, Daignez la garantir des périls où je cours.

Il part : les Esprits bienfaisants environnent Amélite et l'emmènent. Dans le même moment des colonnes de feu se détachent du ciel, fondent sur la ville de Bactre et l'embrasent.

ACTE IV

Le théâtre représente le Temple souterrain et secret d'Ariman. On voit, dans le fond, un autel d'ébène, teint de sang.

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Zopire, Abramane.

SCÈNE III. Narbanor, et les acteurs précédents.

SCÈNE IV. Erinice, Abramane, Zopire.

SCÈNE V. Erinice, Abramane, Zopire, Prêtres.

ABRAMANE, en prenant une hache sacrée

Épuisons le flanc Des tristes victimes. Redoutable Ariman, Nourris tes fureurs légitimes Dans des flots de sang.

Abramane, précédé et suivi de prêtres, va à l'autel et il immole les victimes. Pendant ce temps on forme, sur le devant du théâtre les danses que les peuples anciens appelaient danses d'expiation.

ABRAMANE et ERINICE

Ministres redoutés du plus puissant empire, Des mortels et des dieux, de vous-mêmes ennemis ; Vous, esprits, que l'ardeur de nuire Peut seule forcer d'être unis. Volez, volez, troupe cruelle, Donnez un libre essor à toutes vos fureurs. L'amour outragé vous appelle : Accourez à ses cris, implacables vengeurs.

Les Esprits malfaisants sortent en foule de toutes les parties du théâtre. La Haine paraît dans le fond avec les Furies, le Désespoir, etc. Cette troupe s'ouvre et la Vengeance arrive, armée d'une massue hérissée de pointes de fer.

SCÈNE VI. La Vengeance, la Haîne, le Désespoir, les Furies, Erinice, Abramane, Zopire, Prêtres.

LA VENGEANCE

Les biens que notre main dispense Ont plus de douceurs qu'on ne pense : Nous offrons, pour secours, dans leurs maux rigoureux, Aux coeurs outragés, la vengeance, Et le trépas, aux malheureux.

BALLET.

La Haine donne à la Vengeance une poignée de serpents ; le Désespoir lui donne un poignard ensanglanté.

BALLET.

Les esprits infernaux, conduits par la Haine et le Désespoir, accourent à la voix de la Vengeance, armés de serpents, de poignards, de haches, etc. Le Désespoir se saisit de deux flambeaux éteints qui s'allument au feu qui l'embrase. Il les secoue sur la Haine et sur les démons. Leur fureur augmente ; la Haine lui ravit un des flambeaux et ils courent ensemble à l'autel avec leurs suites. Ils font contre la Statue de Zoroastre les plus redoutables conjurations. Ils approchent, lèvent le bras... prêts à frapper, un tourbillon de flammes sort de l'autel, et la statue disparaît.

LA VENGEANCE, encore au pied de l'autel

La flamme le consume !

ABRAMANE, ERINICE, ZOPIRE, LES FURIES, LE CHOEUR

Quel bonheur ! L'enfer nous seconde. Que ses feux embrasent les airs : Qu'ils dévorent la terre et l'onde : Que tout se confonde. Les plus grands maux sont nos biens les plus chers.

Les Esprits infernaux forment un ballet de joie vive, qui termine cet acte, avec la reprise du Choeur précédent.

SCÈNE VII. Une voix souterraine, et les Acteurs précédents.

SCÈNE VIII. Abramane, Erinice, et les Acteurs précédents.

ACTE V

Le théâtre représente le champ antique de Zerdoust, où se faisait l'inauguration des rois de la BActriane. Il est entouré de rochers, coupé de prairies, et borné dans le fond par la chaîne de montagnes, qui sépare cette partie de l'Asie, de l'Indostan/

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Erinice, Zoroastre.

ZOROASTRE, en se détournant

C'est Erinice. Ô Ciel !...

SCÈNE III.

LE CHOEUR DE PEUPLES, qu'on ne voit point

Dieux, ô dieux ! Quel coup terrible !

SCÈNE IV. Céphie, Peuples, Zoroastre.

CÉPHIE, et LE CHOEUR, en paraissant

Jour funeste ! Sort inflexible !

LE CHOEUR DE PRÊTRES armés, qui paraissent en foule au fond du théâtre

Que la fière Erinice Triomphe et régné en ces lieux.

SCÈNE V. Erinice, entourée de Zopire, de Prêtres d'Ariman, armés de cuirasses, de casques, de massue, etc. Abramante, sur un nuage enflammé, et les acteurs précédents.

ZOROASTRE

Quel horrible moment pour le coeur le plus tendre ! Je sens que je succombe à cet affreux revers... Non, non le Ciel est juste, il saura la défendre, Et je saurai du-moins, si je la perds.

Il élève ses mains vers le ciel.

Tombez, monstres, tombez dans le fond des Enfers.

La foudre éclate, tombe sur Abramane, Erinice et les prêtres : les entrailles de la terre s'ouvrent, et ils y sont tous engloutis. Dans le même temps le théâtre change : on voit un édifice éclatant, rempli d'une foule de divers Esprits des Éléments. C'est le premier temple élevé à la lumière. Oromasès, roi des Genies, paraît sur des nuages légers et brillants ; on revoit Amélite entourée des Esprits Élémentaires, qui la délivrent de ses chaînes, etc.

SCÈNE VI. Zoroastre, Céphie, Amélite, Oromasès, Peuples, Esprits Élémentaires.

SCÈNE VII. Zoroastre, Amélite, etc.

Les Esprits bienfaisants couronnent Amélite et Zoroastre : ils les unissent avec des noeuds de fleurs.

SCÈNE VIII et DERNIÈRE. Peuples, Bergers et Bergères, qui viennent en dansant, se mêler à la fête.

AMÉLITE

L'amour vole au son des hautbois. Il vient sur le gazon chanter vos chansonnettes. C'est aux doux accents de sa voix Que vous accordez vos musettes. Tendres bergers un premier choix Remplit tous les voeux que vous faites. Nos coeurs suivront les même loix ; Vous nous verrez toujours heureux comme vous l'êtes. L'amour vole au son des hautbois. Il vient sur le gazon chanter vos chansonnettes. C'est aux doux accents de sa voix Que vous accordez vos musettes.

Les Esprits bienfaisants, les peuples et les bergers, etc., font éclater leur joie et leur amour, en se réunissant tout pour aimer et servir Zoroastre et Amélite. Cette union vive termine la fête, et l'opéra.

On a espéré que des Bergers de l'ancienne Asie seraient vus sans peine sous des habits différents de ceux, dont on a masqué jusqu'ici la bergerie de nos théâtre.

805 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica