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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Juba, Roi de Mauritanie

Jean Galbert de Campistron· imprimée en 1685· 5 actes· 1 130 vers· 7 personnages

Personnages

  • JUBA, Roi de Maurétanie
  • BARCÉ, Reine de Maurétanie, femme de Juba
  • PETREIUS, Général romain du parti de Pompée
  • OPPIUS, Général romain envoyé de César à Juba
  • THÉOCLE, Prince du sang de Maurétanie
  • NARBAL, Confident de Théocle
  • MÉROPE, Confidente de Barcé

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Théocle, Narbal.

SCÈNE III. Barcé, Théocle, Mérope, Narbal.

SCÈNE IV. Barcé, Mérope.

BARCÉ

Eh ! Peut-on les vanter dignement ? On n'en saurait juger que par le sentiment Et dans un tendre coeur une flamme allumée Est vivement sentie et jamais exprimée. Je l'éprouve et toujours je sens ma passion Mille fois au-dessus de mon expression. Toujours des mêmes traits également frappée, Du même souvenir sans relâche occupée, Je crois à tout moment, voir Juba devant moi. Il me plaît, il me charme ; en effet je le vois, Je lui parle, il m'entend et dès que la nuit sombre Répand sur les humains ses pavois et son ombre Si mes yeux accablés, se livrent au sommeil, Juba leur est présent jusqu'à mon réveil. Cette nuit même encore après que mes pensées Dans mon cerveau confus, sans ordre ramassées, Ont longtemps agité mes esprits et mes sens, Enfin après ce trouble et ces transports pressants, Au moment que l'aurore annonçait la lumière, La nature affaiblie a fermé ma paupière Et par un prompt effort, soudain j'ai été voler Jusqu'aux lieux où César vient de nous accabler. J'ai vu les murs de Thapsus et ses champs détestables, Des deux camps irrités, les apprêts formidables, Des éléphants armés, et des forêts de dards, La fureur et la mort volant de toutes parts, Enfin toute l'horreur, le trouble et le carnage Qui suivent des combats, le tumulte et la rage. J'ai vu Juba combattre et mon coeur a frémi, Je craignais pour lui seul chaque trait ennemi. De ces affreux objets fortement travaillée Par un tressaillement, je me suis éveillée Criant à haute voix : dieux conduisez leurs coups, Accablez tout le reste et sauvez mon époux !

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Barcé, Mérope.

SCÈNE II. Barcé, Théocle, Mérope, Narbal.

SCÈNE III. Théocle, Narbal.

NARBAL

Comment Seigneur ?

À partir d'ici, les vers ne sont plus numérotés.

Insertion de quatre vers en marge illisibles.

SCÈNE IV.

NARBAL, seul

Quel étrange projet ! Ciel qu'ai-je entendu ? Je ne puis rassurer mon esprit éperdu. Que va-t-il faire hélas ! Que veut-il que je fasse ? Peut-on porter plus loin l'injustice et l'audace ? Infortuné Narbal ! Fatale extrémité ! Moi j'irai accabler mon roi persécuté ? L'éloigner pour jamais des murs de cette ville, Son unique retraite et son dernier asile ? Ce serait me charger du plus noir des forfaits. Mais puis-je de Théocle oublier les bienfaits ? Ce prince relevant ma naissance commune Jusqu'aux premiers emplois a porté ma fortune. Il m'aima dès l'enfance et se fiant à moi... Mais je sais qu'en naissant, je dois tout à mon roi. C'est un devoir sacré dont rien ne me dispense Plus fort que la mort et que la reconnaissance, Commandé par les lois, imposé par les dieux Qui veulent que les rois soient respectés comme eux. C'est une loi commune et Théocle lui-même Est soumis comme un autre à cet ordre suprême. S'il se rend criminel, dois-je le devenir ? Je pourrais... Je frémis à ce seul souvenir. Grâce au ciel, la vertu me conduit et m'anime Et je sens que mon coeur n'est point fait pour le crime. Le malheur de Juba m'attache encore à lui. S'il revenait vainqueur, on pourrait aujourd'hui Justement présumer qu'en prenant sa défense, J'aspirerai sans doute à quelque récompense Et que l'ambition soutenant le devoir, Je serais entraîné par un flatteur espoir. En de pareils états, l'âme la plus commune Embrasse le parti qui mène à la fortune, Mais de Juba vaincu, les états sont détruits Et les fers où la mort sont les uniques fruits Que je doive espérer en cette conjoncture. Ah ! Que cette raison me touche et me rassure. Allons dieux ! Soutenez, en cette occasion, De vos justes conseils, cette heureuse impression.

Quatre ou six vers illisibles au bas de la page.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Barcé, Mérope.

MÉROPE

J'ai remarqué de loin qu'à flots précipités, Le peuple et les soldats courent de tous côtés Et j'ai jugé par là qu'une guerre civile Agite les esprits et partage la ville.

4 Un demi-vers rayé, illisible.

5 Un mot illisible et un vers barré.

2 Renvoi vers la marge illisible.

3 Quatre vers illisibles insérés au début.

SCÈNE III. Juba, Barcé, Mérope.

BARCÉ

Le roi !

BARCÉ

Ciel...

JUBA

Plein d'un doux transport, j'avance vers ces lieux, Je vole vers la porte avec impatience. Je me nomme d'abord. Oh comble d'insolence ! Ils lancent contre moi leurs parricides traits. Je les menace en vain. Leur fureur continue. La troupe qui me suit, étonnée et éperdue Ne sait quel parti prendre et cesse d'espérer. Sans perdre un seul moment, je la fais retirer. Je m'éloigne, et suivant la fureur qui m'emporte, D'un pas précipité, je cours à l'autre porte. À peine j'y parais que je la vois s'ouvrir. Chacun autour de moi s'empresse de courir. Je n'imagine point par quel secret mystère, On m'est en même temps favorable et contraire. D'un côté, l'on me chasse, et quand on me voit, On s'arme contre moi. De l'autre, on me reçoit, On me rend les honneurs dus à mon diadème. Je vois qu'on obéit à mon pouvoir suprême. Je m'approche. Mes yeux s'ouvrent en ce moment. Je comprends les raisons de cet événement. Je reconnais Narbal. Et son ardeur fidèle M'apprend que mon salut est l'effet de son zèle. Venez, dit-il, marchez et venez achever Ce que j'ai commencé, Seigneur, pour vous sauver. Ne perdons point de temps. Nous courrons à la place Que, sans ordre, occupait toute la populace. Les uns étaient armés. Les autres interdits Observaient les premiers qui poussaient de grands cris. Quand Théocle, suivi d'une troupe perfide, Ose sur moi lever une main parricide. Il vient pour m'immoler. Je frémis de le voir Trahir mon amitié, son sang et son devoir, Et j'allais furieux le punir de son crime. Petreius me ravit cette juste victime. Il aborde ce traître et lui perçant le flanc, Le contraint de vomir son infidèle sang.

Un vers barré remplacé par deux entre les lignes et quatre en marge illisibles.

SCÈNE IV. Juba, Barcé, Petreius, Narbal.

SCÈNE V. Juba, Barcé, Petreius, Mérope, Narbal.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Juba, Petreius.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Juba, Barcé.

BARCÉ

Ne croyez pas Seigneur que mon coeur désavoue Ce généreux dessein si digne qu'on le loue.

Deux vers barrés et remplacés par six autres illisibles.

SCÈNE IV. Juba, Barcé, Petreius.

BARCÉ

Hélas !

SCÈNE V.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Barcé, Mérope.

SCÈNE II. Juba, Barcé, Mérope.

SCÈNE III. Juba, Barcé, Narbal, Mérope.

SCÈNE IV. Juba, Petreius, Oppius, Narbal.

SCÈNE V. Juba, Narbal.

SCÈNE VI. Juba, Barcé, Narbal.

SCÈNE VII. Barcé, Narbal.

SCÈNE VIII. Barcé, Narbal, Mérope.

1 130 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0