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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Tachmas

Jean Galbert de Campistron· imprimée en 1685· 2 actes· 460 vers· 8 personnages

Personnages

  • SOLIMAN, souphi de Perse
  • TACHMAS, prince de Perse, frère de Soliman
  • NÉGARE, princesse de sang royal de Perse
  • LYCAN, favori du souphi
  • PHÉNICE, confidente de Négare
  • ISMAËL, capitaine des gardes de Soliman
  • OSMAN, confident de Tachmas
  • SUITE DU SOUPHI

ACTE I

SCÈNE I. Négare, Phénice.

SCÈNE II. Négare, Phénice, Tachmas, Osman.

SCÈNE III. Tachmas, Lycan, Osman.

[SCÈNE IV.]

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Soliman, Lycan, Tachmas, suite.

SCÈNE II. Soliman, Ismaël.

SCÈNE III. Soliman, Négare, Phénice, Ismaël.

SOLIMAN

Vous me troublez, Madame. Hélas, qu'osez-vous dire ? Vous de qui la présence et le si noble entretien Seront toujours ma joie, et ma gloire, et mon bien, Vous, hélas ! Car enfin, je ne veux plus vous taire Un amour dont ma bouche avait fait un mystère. De feux trop violents, mon coeur se sent brûler Pour pouvoir plus longtemps, vous les dissimuler. Et quand d'un coup mortel, je sens mon âme atteinte Il doit m'être permis de pousser quelque plainte. Je ne vous dirai point que, dès le premier jour, Mon amour égala le plus ardent amour. Vous ne savez que trop, adorable princesse, Que vous m'inspirez point de commune tendresse Et que les traits perçants qui naissent de vos yeux, Portent des coups mortels ou la mort en tous lieux. Je l'ai bien essayé d'étouffer, cette flamme naissante, Mais malgré ma raison, malgré tous mes efforts, Vos yeux et mon amour ont été les plus forts. Enfin, madame, enfin, tout ce qu'on peut attendre De l'amour le plus fort, de l'amour le plus tendre, Peut-être, pour Tachmas votre âme prévenue, De ce que je vous dis ne sera point émue. Je le sens : le chagrin, l'espoir et la douleur, La rage, tour à tour, s'emparent de mon coeur. Madame et vous voyez que ma perte est certaine Si vous n'avez pitié des maux que j'ai soufferts, Si vous n'adoucissez la rigueur de mes fers Peut-être votre coeur, trop troublé de mes feux, Dédaignera, Madame, et mes soins et mes voeux. Qu'en dois-je croire hélas ! Qu'une crainte cruelle M'afflige en ce moment d'une douleur mortelle. À mes pressants discours, vous ne répondez rien ?

1 même ne sera pire qu'à peine,

1 Mots manquants.

460 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0