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un seul est le mot juste.

Tragédie en vers· Tragédie en Cinq Actes et en vers

Tiridate

Jean Galbert de Campistron· créée en 1691· 5 actes· 1 310 vers· 12 personnages

Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain, le 12 février 1691.

Personnages

  • ARSACE, Fondateur de l'Empire des Parthes
  • TIRIDATE, Fils d'Arsace
  • ARTABAN, second Fils d'Arsace
  • ERINICE, Fille d'Arsace
  • TALESTRIS, Reine de Cilicie
  • ABRADATE, Prince du Sang d'Arsace
  • MITRANE, Seigneur Parthe, ami de Tiridate
  • BARSINE, Confidente de Talestris
  • ORASIE, Confidente d'Erinice
  • TIMAGÈNE, Officier des Gardes d'Arsace
  • GARDES
  • SUITE
PRÉFACE

Factum est autem post hoec ut sorerem speciossimam vocabulo Thamar adamaret Amnon filius David, et deperiret ire eam valdè ita ut propter amorem ejus oegrotaret, Lib. II. Reg. cap. 13.

Il arriva ensuite qu'Amnon fils de David devint si éperdument amoureux de sa soeur Thamar, que l'excès de sa passion le rendit malade à l'extrémité. Au second Livre des Rois, chap. 13.

Voilà précisément le sujet de ma Tragédie. Le respect que nous devons aux Livres sacrés m'a empêché de le traiter sous les noms qui nous l'ont fourni. Je n'ai pas cru qu'il me fut permis de changer les faits importants de cette Histoire, et il m'était également défendu de les exposer sur le Théâtre tels qu'ils font véritablement. Je me suis donc borné à prendre les caractères, et quelques-uns des mouvements de David, d'Amnon, et d'Absalon, et de les donner à Arsace, à Tiridate, et à Artaban. J'ai été moins réservé pour la disposition de ma Fable, et je me suis hardiment servi de tous les incidents naturels ou pathétiques, que j'ai pu tirer de l'Écriture.

J'avoue qu'aucun Historien ne fait mention de l'amour de Tiridate pour sa soeur : mais plusieurs assurent qu'il perdit la vie par une langueur dont la cause fut toujours inconnue. Cette circonstance m'a déterminé à lui donner le penchant funeste qui le rend criminel, et qui le fait mourir dans un temps où il devrait vivre le plus heureux et le plus puissant Roi de la terre. Tout ce que je dis des Parthes, de leur origine, de l'établissement de leur Empire, de leurs Victoires contre les successeurs d'Alexandre, de leurs moeurs, de leurs coutumes, et de leurs Lois, est vrai à la lettre. Il n'y a qu'à lire Suidas et Justin, qui le rapportent de la même manière.

Je ne répondrai point aux critiques que l'on m'a faites. Je prie seulement ceux qui ont condamné mon cinquième Acte, de songer qu'un Auteur est indispensablement oblige de rendre un compte exact de ce que deviennent ses principaux personnages. Il ne faut pas douter que cette nécessité ne produise toujours quelque Scène moins vive que les autres : mais il est impossible de l'éviter, à moins que de faire un monstre en Tragédie, et de manquer à la régie du Théâtre la plus essentiellement prescrite, et la plus religieusement observée.

On a publié que les Parthes ne se faisaient pas un scrupule d'épouser leur soeur. Je ne sais sur quel fondement on a avancé ce fait. Pour moi quelque soin que j'aie pris, je n'ai pu trouver d'exemples de ces mariages que chez les Perses : encore fut-ce plutôt une condescendance des Mages pour Cambise, qu'une coutume généralement reçue, et suivie par toute la Nation. Je ne dis rien là-dessus que sur l'autorité d'Hérodote. Bien des gens se sont révoltés contre l'amour de Tiridate avant que d'avoir vu de quelle façon il est traité : il y en a même que les applaudissements qu'il a reçus, n'ont pas guéris de leur prévention. Je suis bien aise de leur dire que les sentiments les plus extraordinaires sont ceux qui réussissent le plus sur la scène, pourvu qu'ils soient justes et adoucis. Je suis si persuadé cette vérité, que s'il m'arrive d'écrire encore quelque Poème dramatique, je m'estimerai fort heureux de trouver un sujet comme celui-ci : et le succès qu'il a eu ne servira qu'à me faire prendre plus de précaution et de soin, afin de mériter du Public pour mon premier Ouvrage, l'estime qu'il a témoigné pour ce dernier.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Abradate, Artaban.

SCÈNE II. Abradate, Talestris, Barsine.

SCÈNE III. Talestris, Barsine.

SCÈNE IV. Tiridate, Talestris, Barsine, Mitrane.

TIRIDATE

Hélas !

SCÈNE V. Tiridate, Mitrane.

SCÈNE VI. Arsace, Tiridate, Artaban, Mitrane, Timagène.

ARSACE

Je ne suis point surpris de ces voeux que vous faites ; Je n'attendais ! Pas moins d'un fils tel que vous êtes ; Et c'est ce qui m'excite à ne rien négliger Pour terminer vus maux, ou pour les soulager. Un autre loin, mon fils, en ces lieux nous assemble, Vous n'êtes point unis, je le sais, et j'en tremble ; Vos chagrins mutuels ne sont plus inconnus. Hélas ! De quels soupçons êtes-vous prévenus. Suivrez-vous les transports d'une jalouse rage, Et voulez-vous enfin détruire mon ouvrage. Je règne : mais songez, Prince, par quels chemins Le Sceptre de l'Asie a passé dans mes mains. Né libre sur les bords que le Tanaïs lave, L'insolence des Grecs me traitait en esclave. À peine ma raison m'apprit mon triste état, Que je formai contr'eux un illustre attentat. Mais Alexandre encore au comble de sa gloire, Tranquille reposait au sein de la Victoire ; Et ton divin génie arbitre des mortels, Sur les Trônes détruits s'élevait des Autels : Il mourut ce Héros, la trahison, l'envie, Au milieu de sa Cour terminèrent sa vie. Ce que dans les combats Mars craignait de tenter, Une main parricide osa l'exécuter. D'abord qu'il ne fut plus, on vie ses Capitaines Découvrir leurs projets, leur orgueil, et leurs haines ; Et chacun demandant le prix de ses travaux, S'attribuer l'Empire, et braver ses Rivaux. C'est alors, qu'avec soin ramassant dans nos terres Les Soldats échappés de tant de longues guerres. Je vengeai les Persans des outrages reçus Aux combats de Granique, et d'Arbelle, et d'Issus. L'Orient avec joie en perdit la mémoire, Et reprit sa fierté des fruits de ma victoire. Les Parthes par moi seul, libres et triomphants ; Promirent d'assurer mon rang à mes enfants. Mon pouvoir par leurs Lois devint héréditaire ; Ainsi mon sang sorti d'une source vulgaire, Conduit par ma vertu, guidé par mes exploits Mérita le destin du sang des plus hauts Rois. Vous jouirez, mes fils, de cet honneur suprême, Vos fronts seront un jour ornes du diadème ; Mais pour le maintenir dans toute sa splendeur Qu'une étroite amitié fonde votre grandeur. Les Grecs seraient encore absolus dans l'Asie, S'ils avaient de leurs coeurs banni la jalousie. Donnez à l'Univers un exemple éternel, Des merveilleux effets de l'amour fraternel Exemple entre les Grands d'autant plus admirable, Qu'à peine la mémoire en conserve un semblable. L'âge et mes longs travaux affaiblissent mes sens, Déjà ma vigueur cède à l'injure des ans : Ma course va finir ; et de toute ma gloire, La mort ne laissera qu'une éclatante histoire : Mais lorsque de mes jours s'éteindra le flambeau, Faites que sans regret je descende au tombeau, Sur de votre union, et beaucoup moins illustre, D'avoir à l'Orient rendu son premier lustre, Et détruit ses Tyrans par mes efforts heureux, Que d'avoir mis au jour deux fils si généreux.

SCÈNE VII. Arsace, Artaban.

SCÈNE VIII.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Arsace, Timagène.

SCÈNE II. Arsace, Tiridate, Mitrane, Timagène.

SCÈNE III. Tiridate, Mitrane.

TIRIDATE

Le seul trépas. Hors lui, je n'ai rien à prétendre. Aux Dieux avec ardeur j'ose le demander ; Ils me haïssent trop, loin de me l'accorder ; Ils semblent ajouter des forces à ma vie, Puisqu'encor mes tourments ne me l'ont point ravie. Du fer, ou du poison, l'infaillible secours, Au gré de mes désirs, pourrait trancher mes jours. Il est vrai : mais il faut t'avouer ma faiblesse, D'invincibles liens me retiennent sans cesse. Non, que quand je m'apprête à me percer le sein La Nature s'étonne, ou change mon dessein, En me peignant la vie avec trop d'avantage : Mais mon amour lui seul surmonte mon courage. Je chéris mon tourment tout violent qu'il est, Ma passion m'occupe, et ma douleur me plaît. Je viens de te montrer jusqu'au fond de mon âme ; Juge de mes malheurs par l'excès de ma flamme ; Renferme dans ton sein l'aveu que je t'en fais, Que tout autre que toi les ignore à jamais, Et que j'expire avant que la Princesse apprenne La source de mes maux, et l'objet de ma peine. À lui cacher mes feux j'applique tous mes soins, Quelle horreur si les yeux en étaient les témoins ! Je l'aime sans espoir : mais ma fureur jalouse Ne saurait consentir qu'Abradate l'épouse. Je ne la verrai point récompenser ses feux, Et tant que je respire, il ne peut être heureux. De tout ce que je dis, de tout ce que je pense, Je sens avec effroi que ma vertu s'offense. Mais telle est de mon sort l'insurmontable loi ; Que tous mes sentiments se forment malgré moi ; Mon coeur n'en conçoit plus que ma raison avoue, Et de tous ses conseils, ma passion se joue.

SCÈNE IV. Tiridate, Artaban, Mitrane.

SCÈNE V. Artaban, Abradate.

SCÈNE VI. Erinice, Abradate, Orasie.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Talestris, Mitrane, Barsine.

MITRANE

Madame...

SCÈNE II. Talestris, Tiridate, Barsine, Mitrane.

SCÈNE III. Tiridate, Mitrane.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Tiridate, Erinice, Orasie.

ERINICE

Laisse-nous.

SCÈNE VI. Tiridate, Erinice.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Tiridate, Mitrane.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Timagène, Tiridate.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Tiridate, Abradate.

TIRIDATE

Non, vivez.

SCÈNE VI. Tiridate, Abradate, Erinice.

SCÈNE VII. Tiridate, Erinice.

SCÈNE VIII. Tiridate, Artaban, Erinice.

SCÈNE IX. Tiridate, Artaban.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Artaban, Erinice.

SCÈNE III. Arsace, Erinice, Artaban.

SCÈNE IV. Arsace, Artaban, Talestris, Barsine.

SCÈNE V. Arsace, Artaban, Talestris, Erinice, Barsine, Orasie.

SCÈNE VI. Arsace, Artaban, Talestris, Mitrane, Barsine, Orasie.

SCÈNE VII. Arsace, Tiridate, Abradate, Artaban, Erinice, Talestris, Mitrane, Timagène, Suite.

1 310 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0