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un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Comédie en un Acte, en Vers

Le Réveil d'Epiménide à Paris.

Claude de Carbon de Flins· créée en 1790· 791 vers· 15 personnages

Représentée sur le Théâtre de la Nation par les Comédiens Français ordinaires du Roi, le premier Janvier 1790.

Personnages

  • ÉPIMÉNIDE, habillé comme au siècle de Louis XIV, joué par M. St. Fal
  • ARISTE, joué par M. Naudet
  • JOSÉPHINE, fille d' Ariste, joué par Mme. Petit
  • D'HARCOURT, amant de Joséphine, joué par M. Talmat
  • MADAME BROCHURE, joué par Mlle. Joli
  • GORGI, faiseur de feuilles, joué par M. Dazincourt
  • FATRAS, Avocat-Général, joué par M. Dugazon
  • UN ABBÉ, joué par M. Dazincourt
  • RATURE, censeur royal, joué par M. Vanhove
  • CABRIOLE, maître à danser, joué par M. Dugazon
  • CRISANTE, gentilhomme breton, joué par M. Larochelle
  • NICOLAS, paysan, joué par M. Bellemont
  • UN CAPITAINE, joué par M. Champville
  • UN GRENADIER, joué par M. Gérard
  • UN SOLDAT, joué par M. Marchand. En uniforme de la Garde Nationale
AVERTISSEMENT

Cette petite pièce a été accueillie avec bonté. Le seul rôle de Censeur a excité quelques murmures. On a trouvé de l'exagération dans ce trait, « Je ne sais pas écrire » ; je n'ai qu'un mot à répondre : je connais l'original que j'ai voulu peindre, et si je le nommais, je ne trouverais plus de contradicteurs.

Après le huitième représentation du « Réveil d'Épiménide », on a donné sur le Théâtre de Monsieur un comédie épisodique intitulée l' »Epiménide français » ; cette pièce n'est autre chose que le « Réveil d'Épiménide » arrangé pour un théâtre de foire ; on a tout pris, le sujet, les personnages, les scènes, et mêmes des vers : j'étais à la première représentation, et j'ai beaucoup applaudi ; mais j'en avais honte, car c'était applaudir à ma pièce. Je me trouvais à côté d'un bel esprit attaché à ce théâtre ; lorsque le paysans dit ce vers :

« Nous avons lu les droits de l'homme ; » ?

Le bel esprit s'écria : « Non, il n'y a rien d'égal à cela dans l'Épiménide qui de donne aux Français » ; cela peut être, mais ce vers est copié mot pour mot dans le Réveil d'Épiménide.

L'auteur du Théâtre de Monsieur a gardé l'anonyme ; mais c'est, dit-on, un ancien auteur des Boulevards : si cela n'est pas, cela doit être. Messieurs les Auteurs de la Chronique de Paris, dont le journal est à la fois équitable et piquant, ont bine voulu faire la plupart de ces remarques.

Tous les autres journalistes ont dit que le vol était permis depuis les jours de la liberté ; et ils ont jugé que pour l'esprit, le goût, la mesure et le style, l'« Épiménide du Théâtre de Monsieur » était fort supérieur à celui du Théâtre de la Nation. Ce jugement ne m'a ni fâché ni surpris ; je n'ai point été humilié par la préférence, je n'aurais pu l'être que par la comparaison.

Il existe, dit-on, deux autres « Épiménides » ; l'une est de Poisson, et l'autre du président Haynaut : je ne les ai pas lus ; et je ne connais de comédies épisodiques que « Les Fâcheux » de Molière, le « Mercure Galand » de Boursault, et deux charmantes pièces de La Harpe, « Les Muses rivales » et « Molière à la nouvelle Salle. »

Quelques gens trouveront peut-être un peu d'Aristocratie dans la scène du Délateur ; mais les bons esprits et les gens vraiment courageux m'en sauront gré ; nous sommes assez puissants pour pardonner : au jour du combat, le courage est dans l'audace ; au jour de la victoire ; il est dans la « Modération ».

C'est ce même esprit qui conduira toujours ma plume dans l'ouvrage périodique si fidèle au titre de « Modérateur ». Quelques gens ont pensé que ce titre ne convenait pas à un journal rédigé par un grand poète ; mais ils ne sont pas trompés. M. de Fontanes confirme tous les jours cette vérité que les esprits les plus élevés sont aussi les plus sages, tandis que les esprits médiocres et les homme sans caractère, n'ayant point d'assiette par eux-mêmes, sont entraînés par les événements et l'esprit public, vers ces deux extrêmes, plus voisins qu'on ne croit, la licence ou la servitude.

LE RÉVEIL D'ÉPIMÉNIDE

SCÈNE PREMIÈRE. Ariste, Joséphine, D'Harcourt.

ARISTE

Il a vu dans la Grèce La perfidie et la faiblesse Remplacer les mâles vertus Qui, des Persans soumis, la rendirent maîtresse. Il a vu s'élever les murs de Romulus, Il vit la liberté sur les pas de Brutus, Venger le trépas de Lucrèce ; Il vit cette cité, si longtemps chère à Mars, Rome, qui cinq cents ans n'avait point eu d'émule, Régner par les vertus, la victoire et les arts, Et ce sceptre, si grand dans la main des Césars, Tomber dans les mains d'Augustule. C'est en France surtout qu'il vit en peu d'instants Les moeurs et les événements Se succéder toujours l'un à l'autre contraires, Et le trône flotter sans bornes et sans barrières, Entre le Monarque et les Grands ; Parmi les nobles fous qui suivaient les croisades, Tous les excès s'unir à la dévotion, Et le refrain d'une chanson Se mêler au bruit du canon Qui défendait les barricades ; Il a vécu naguère en ces jours si fameux Où brillèrent Condé, Turenne et la victoire, Où Louis fit servir ses peuples à sa gloire, Immola tout pour elle, et ne fit rien pour eux, Admiré des sujets qu'il rendit malheureux.

Mur de Romulus : Rome créée par la légende par Romulus.

Brutus : Romain célèbre pou son amour d ela iberté. Son ppère et son frère tué par Tarquin le Superbe. Il contrefit le fou. Après l'outrage fait à Lucrèce, il se fit connaître et fit chasser les rois de Rome.

Condé, Louis II, prince de (1621) : Vainquit les Espsagnols à la bataille de Rocroy à 22 ans. Prit le parti contre Mazarin lors de la Fronde et fut battu par Turenne au Faubourg Saint-Antoine en 52. Après une vie mouvementée pour les armes, il finit sa vie au Château de Chantilly en défenseur des Arts dont Molière.

JOSÉPHINE

Ici seule...

SCÈNE II. Joséphine, D'Harcourt.

D'HARCOURT

Une aventure ?

SCÈNE III. Épiménide, Ariste.

ÉPIMÉNIDE

Fort bien.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Épiménide, Joséphine, D'Harcourt.

JOSÉPHINE, à d'Harcourt dans l'éloignement

Non, laissez-moi, Monsieur, je veux le voir de près.

D'Harcourt reste dans une allée de manière à être vu des spectateurs.

ÉPIMÉNIDE

Amélie !

SCÈNE VI. Les mêmes. Gorgi, un crayon à la main, écrivant sur des tablettes.

SCÈNE VII. Épiménide, Joséphine, D'Harcourt.

SCÈNE VIII. Les mêmes. Mme. Brochure.

D'HARCOURT

Nous.

MADAME BROCHURE

À peu près.

ÉPIMÉNIDE

Racine....

MADAME BROCHURE

On ne lit plus de vers.

ÉPIMÉNIDE

Quoi !....

SCÈNE IX. Les mêmes, Gorgi, Rature.

SCÈNE X. Rature, Épiménide, D'Harcourt.

D'HARCOURT

Le grand mal.

D'HARCOURT

Cependant les censeurs ont compté sur leur liste, Le sage Dalembert, l'auteur de Rhadamiste, Même il en est encor que l'on pourrait citer.

D'Alembert, Jean le Rond (1717-1783) : Philosophe, et savant du XVIIIème, co-auteur de l'Encyclopédie avec Diderot. Il était ami de Voltaire.

D'HARCOURT

Mais vous ?

D'HARCOURT

Espérez.

RATURE

Je savais censurer.

Il sort.

SCÈNE XI. D'Harcourt, Joséphine, Épiménide.

SCÈNE XII. Les mêmes, ARISTE.

ARISTE à Epiménide

Vos gens vont arriver.

SCÈNE XIII. Les mêmes, FATRAS.

SCÈNE XIV. Joséphine, D'Harcourt, Crisante, Nicolas, Épiménide.

D'HARCOURT, à Joséphine

Quoi ! Vous riez de son courroux ?

ARISTE, continuant à Epiménide

Gentilhomme Breton, fort de ma connaissance,

CRISANTE, à Ariste

C'est un de mes vassaux.

SCÈNE XV. Les mêmes, excepté Crisante.

SCÈNE XVI. Les mêmes, un Abbé.

L'ABBÉ, chantant sur l'air de « J'ai perdu mon Euridice. »

J'ai perdu mes bénéfices, Rien n'égale ma douleur....

ÉPIMÉNIDE

Quoi donc !

SCÈNE XVII. Cabriole ; les mêmes, excepté l'Abbé.

ÉPIMÉNIDE

Oui !

ÉPIMÉNIDE

Oui, Monsieur.

CABRIOLE, s'en allant en dansant

Ainsi refleurira le grand Art de la Danse.

D'HARCOURT

Oui Monsieur.

SCÈNE XVIII. Épiménide, Joséphine, Ariste, D'Harcourt, Gorgi, Rature, Mme. Brochure, Cabriole, Damon.

DAMON, à l'Abbé, montrant Epiménide

C'est donc lui ?

MADAME BROCHURE

Croyez-vous ?

ÉPIMÉNIDE

Sans doute.

SCÈNE XIX. Les acteurs précédents, excepté Damon.

SCÈNE XX et DERNIÈRE. Épiménide, Joséphine, Ariste, D'Harcourt, Nicolas, un Officier et deux Soldats de la Garde Nationale.

UN TAILLEUR. (Soldat)

Monsieur, je suis tout prêt.....

LE TAILLEUR

Est Fusilier.

ÉPIMÉNIDE

Mon Procureur ?

LE PROCUREUR. (Soldat.)

Est Grenadier.

ÉPIMÉNIDE

Et mon Notaire ?

LE NOTAIRE. (Soldat.)

Est Capitaine.

791 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica