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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en prose

Le Docteur Sourabaya

Adolphe Carcassonne· imprimée en 1889· 6 personnages

Personnages

  • ROGER, 12 ans
  • FÉLIX, 10 ans
  • LE DOCTEUR SOURABAYA
  • BONNE-MAMAN
  • UNE BONNE
  • AIDES DU DOCTEUR

LE DOCTEUR SOURABAYA

SCÈNE PREMIÈRE. Roger, Félix.

La chambre de Félix. - Une table au milieu. - Un sofa a droite. - Portes des deux côtés et au fond. Au lever du rideau, Félix est allongé sur le sofa, Roger est assis auprès de lui.

ROGER

Ah ! Ça, mon cher Félix, est-ce que cette maladie va durer longtemps encore ?

FÉLIX

J'en ai peur.

ROGER

Il me semble pourtant qu'elle devrait être guérie.

FÉLIX

Tu n'y penses pas. Vois donc tout ce que j'ai : coliques, douleurs de reins, et surtout un affaiblissement dans la jambe droite qui me fait marcher comme un boiteux. Avec cela...

ROGER

Quoi ! Il y a autre chose ?

FÉLIX

Bien sûr ; avec cela des maux de tête et des étourdissements à ne pas pouvoir rester debout.

ROGER

Et même à dormir debout.

FÉLIX

Tu as l'air de ne pas me croire.

ROGER

Veux-tu que je te dise toute ma pensée ?

FÉLIX

Dis.

ROGER, se levant

Eh bien ! Non, je ne crois pas à ta maladie.

FÉLIX

C'est trop fort !

ROGER

Je crois plutôt que tu tiens à te faire dorloter et surtout à ne pas aller à l'école.

FÉLIX

Ce que tu dis là n'est pas d'un ami.

ROGER

Tu sais combien ta bonne maman est faible pour toi et tu en profiles.

FÉLIX

Elle me voit souffrir et elle cherche à me soulager.

ROGER

Elle n'y est pas encore parvenue.

FÉLIX

Pas encore, c'est vrai.

ROGER

Et je crains qu'elle n'y parvienne pas de longtemps.

FÉLIX

C'est bien possible.

ROGER

J'ai donc raison de croire que tous les maux dont tu te plains ne sont qu'un prétexte.

FÉLIX

Et moi, j'ai raison de croire que tu n'es pas mon ami.

ROGER

Au contraire, tu devrais me remercier de ma franchise. Crois-moi, mon cher Félix, dans ce que tu fais il y a un mauvais service et une mauvaise action.

FÉLIX

Ah ?

ROGER

Le mauvais service retombe sur toi. Si tu continues à ne pas aller à l'école, que deviendras-tu plus tard ? Tu ne sais rien et tu n'apprends rien ; tu seras donc toute ta vie un ignorant.

FÉLIX

Ça ne me chagrine pas.

ROGER

C'est ton droit, puisqu'il ne s'agit que de toi ; mais ce qui devrait te chagriner, et voilà la mauvaise action, c'est la triste existence que tu fais à ta bonne maman. Pauvre femme ! Elle n'a que toi, elle ne pense qu'à toi, et tu la rends malheureuse par tes plaintes et par des souffrances qui...

FÉLIX, l'interrompant et avec humeur

Vas-tu recommencer ?

ROGER

Non, si cela t'ennuie.

FÉLIX

Eh bien ! Oui, cela m'ennuie... Après tout, garde tes observations pour toi et laisse-moi tranquille... Je fais ce que je veux et cela ne te regarde pas... Tu me rends encore plus malade.

Il porte la main à son ventre.

Ah ! Quelles coliques !

Il sort en boitant par la porte de droite.

SCÈNE II.

ROGER

Il a peut-être raison... Qu'ai-je avoir dans ce qu'il dit souffrir ? Qu'ai-je à faire avec ses coliques ? Qu'il soit actif ou paresseux, intelligent ou bête, que m'importe ? Ma foi, qu'il fasse ce que bon lui semble.

Il se dirige vers la porte du fond lorsque Bonne Maman entre ; elle a dans la main un petit sac en papier qu'elle met sur la table.

SCÈNE III. Roger, Bonne Maman.

BONNE MAMAN

Bonjour, mon ami, vous êtes venu voir Félix.

ROGER

Oui, Madame, je suis venu passer un moment avec lui.

BONNE MAMAN

Que vous êtes gentil !... Mais je ne vois pas ce cher enfant.

ROGER

Il reviendra bientôt.

BONNE MAMAN

Encore indisposé ! Toujours souffrant ! C'est affreux à son âge.

ROGER

Voilà longtemps qu'il est ainsi.

BONNE MAMAN

Plus de trois mois. Aussi, mon inquiétude est très vive et elle s'augmente encore chaque jour. Mon cher Félix ! Que de souffrances à la fois ! Maux de tête, coliques, douleurs de reins... Mais ce qui me tourmente le plus, c'est l'affaiblissement de la jambe droite ; je crains une paralysie. Ah ! Si un pareil malheur arrivait, j'en mourrai.

ROGER, à part

Pauvre femme !

BONNE MAMAN

Je le crois, mais cela n'arrivera pas et il ne faut pas désespérer.

BONNE MAMAN

C'est cependant désespérant, car, je le répète, il me semble voir Félix dépérir chaque jour.

ROGER

Il doit, sans doute, manquer d'appétit ?

BONNE MAMAN

Non ; au contraire, il mange très bien.

ROGER

Et il doit avoir des nuits très agitées ?

BONNE MAMAN

Pas du tout, il dort très bien. Je vais auprès de lui chaque nuit et j'ai toujours remarqué que son sommeil est calme et paisible. Sans cela, que serait devenu mon pauvre petit ?

ROGER

N'avez-vous pas consulté un médecin ?

BONNE MAMAN

J'en ai même consulté plusieurs.

ROGER

Eh bien ?

BONNE MAMAN

Ils n'y comprennent rien ; leurs ordonnances n'ont produit aucun effet.

ROGER

Les maux de tête et les coliques ne sont pourtant pas difficiles à guérir.

BONNE MAMAN

Oui, mais la paralysie de la jambe ?

ROGER

C'est là votre plus grande crainte.

Après un silence.

Eh bien ! Écoutez-moi.

BONNE MAMAN

Dites, mon enfant.

ROGER

Un ami de mon père vient d'arriver de l'Inde avec un docteur célèbre dont les cures ont fait grand bruit sur les bords du Gange. Le docteur_Sourabaya est considéré, dans ces pays lointains, comme un véritable sauveur. Tout le monde parle de sa science et des découvertes qu'il a faites. Or, comme il loge à la maison, je vais, si vous le voulez, le prier de se rendre ici ; je suis sûr qu'il viendra tout de suite. Le voulez-vous ?

BONNE MAMAN

Si je le veux ! Mais j'en suis bien heureuse ! Oui, j'accepte avec reconnaissance l'offre obligeante que vous me faites et je vous en remercie de tout mon coeur.

ROGER

Je me rends donc auprès du docteur. Ce ne sera pas long, puisque nous sommes presque voisins.

Il se dirige vers le fond, puis il se retourne.

Ne dites rien à Félix de cette visite. Il faut que le docteur se rende bien compte de son état pour indiquer le traitement à suivre.

BONNE MAMAN

Soyez tranquille. Merci, mon enfant... Ah ! Que je vous embrasse !

Elle court l'embrasser. Roger sort.

SCÈNE IV. Bonne Maman, puis Félix.

BONNE MAMAN

Je n'ai jamais eu autant d'espoir qu'aujourd'hui... Il me semble que ce docteur va guérir mon cher Félix... L'Inde est le pays des merveilles et la science, là-bas, a des secrets qui nous sont inconnus.

Félix rentre et se met à boiter en regagnant le sopha.

BONNE MAMAN

Eh bien ! Mon chéri, comment te sens tu ?

FÉLIX

Très mal, Bonne_Maman, très mal.

BONNE MAMAN

Quoi ! Tu souffres toujours autant ?

FÉLIX

Autant et même plus. Ma jambe est lourde comme elle ne l'a jamais été ; je ne puis presque plus marcher.

BONNE MAMAN

Aie du courage, tu guériras.

FÉLIX

Tu me le dis toujours et je ne suis pas guéri.

BONNE MAMAN

Mais je suis sûre que lu le seras. Voyons, mon chéri, essaie un peu de marcher.

FÉLIX

Pourquoi me fatiguer encore ?.. Enfin, si tu le veux...

Il se lève et il fait quelques pas avec effort et en boitant beaucoup.

Tu vois bien que je ne puis pas.

Il se remet sur le sofa.

Je ne guérirai jamais.

BONNE MAMAN

Moi, je sais le contraire. Il faut avoir un peu de patience.

FÉLIX

C'est bon à dire.

BONNE MAMAN, allant prendre le sac qu'elle a mis sur la table et l'ouvrant

Tiens, voilà pour t'en donner un peu.

FÉLIX

Des gâteaux ?

BONNE MAMAN

Oui, et des meilleurs que j'ai pu trouver... Mange d'abord ce baba, il a l'air excellent.

FÉLIX, mangeant

Il est parfait et je le mange très volontiers. Tu n'en as porté qu'un, Bonne_Maman ?

BONNE MAMAN

Oui, mon chéri, mais je t'ai apporté autre chose.

Elle prend des petits biscuits ronds et plats.

Des biscuits...

FÉLIX

Qu'on appelle des patiences... Je les aime aussi beaucoup.

Il mange.

BONNE MAMAN

Je suis heureuse de te voir manger ainsi.

FÉLIX

Est-ce qu'il n'y en a plus ?

BONNE MAMAN, prenant dans le sac

En voilà encore.

FELIX, mangeant

C'est très bon et, comme tu le dis, ça fait prendre patience... Est-ce qu'il n'y en a plus ?

BONNE MAMAN

Non, mon enfant, ça ne peut pas durer toujours.

FÉLIX

Ne te fâche pas, Bonne_Maman.

BONNE MAMAN

Me fâcher ! Pourquoi ?

Riant.

Ce n'est pas moi, c'est le sac qui est à bout de... patience.

UNE BONNE, entrant et annonçant

Le docteur_Sourabaya.

FÉLIX

Qu'est-ce que c'est que ça ?

BONNE MAMAN

C'est un savant docteur indien qui...

Le docteur entre tenant une trousse qu'il pose sur la table ; il est enveloppé dans une grande robe et il porte une barbe noire. Il est suivi de deux aides également enveloppés dans une robe et portant une barbe ; ils se placent de chaque côté de la porte du fond. - La bonne sort.

SCÈNE V. Bonne Maman, Félix, Le Docteur Sourabaya, Les aides.

LE DOCTEUR, aux aides

Indiana ! Ramayana ! Mayana !

L'AIDE DE DROITE, en s'inclinant profondément

Ramayana !

L'AIDE DE GAUCHE, même jeu

Ramayana !

LE DOCTEUR, à Bonne maman

Salufa, Madama, al noma Brahma...

Se reprenant.

Pardon, Madame, je vous parle indien... C'est un oubli... Excusez-moi.

BONNE MAMAN

Vous n'ayez pas à vous excuser, docteur ; c'est nous qui avons à vous demander pardon du dérangement que nous vous causons en vous faisant venir ici.

LE DOCTEUR

Les docteurs sont faits pour tous les dérangements, même ceux d'intestins... Vous avez ici un malade, n'est-ce pas ?

BONNE MAMAN, indiquant Félix

Oui, docteur, mon cher petit Félix.

LE DOCTEUR, s'approchant de Félix

De quoi souffrez-vous ?

FÉLIX

De la tête, des reins et du ventre.

BONNE MAMAN

Parle aussi de ta jambe engourdie.

LE DOCTEUR

Ah ! Il y a une jambe engourdie ?

BONNE MAMAN

Oui, et c'est ce qui m'inquiète le plus.

LE DOCTEUR

Nous verrons cela tout à l'heure. Commençons par le commencement ; occupons-nous de la tête.

À Félix.

Mettez-vous sur votre séant.

Félix se met sur son séant et le docteur vient poser l'oreille sur sa tète.

BONNE MAMAN

Que faites-vous, docteur ?

LE DOCTEUR, se relevant un instant

J'ausculte le cerveau.

BONNE MAMAN

Ah ?

LE DOCTEUR

En Europe, où la science est encore fort en retard, on ausculte la poitrine. Chez nous, on ausculte aussi le cerveau et l'on voit très clairement ce qui s'y passe.

Il remet l'oreille sur la tête de Félix et il demeure ainsi un instant.

Vous avez presque toujours des douleurs, n'est-ce pas ?

FÉLIX

Oui.

LE DOCTEUR

Et, par moments, elles deviennent plus fortes ?

FÉLIX

Oui.

LE DOCTEUR, se levant

C'est bien cela, j'ai vu.

BONNE MAMAN

Eh bien ! Docteur ?

LE DOCTEUR

Le cerveau s'est gonflé et ce gonflement cause les douleurs éprouvées. Quand ces douleurs deviennent plus vives, c'est qu'il se forme un gonflement sur le gonflement.

BONNE MAMAN

Ah ! Mon_Dieu !

LE DOCTEUR

Cela a été déterminé par un excès de travail.

FÉLIX

Oui, bonne maman, le docteur a raison et j'ai besoin de repos.

LE DOCTEUR

D'un repos absolu.

BONNE MAMAN

Très bien.

LE DOCTEUR

Passons maintenant au ventre. Voyons, avez-vous des coliques do haut en bas ?

FÉLIX

Oui, de haut en bas.

LE DOCTEUR

Pas de long en large ?

FÉLIX

Non, de haut en bas.

LE DOCTEUR

C'est bien cela, c'est un ver perpendiculaire.

BONNE MAMAN

Mon pauvre petit !

LE DOCTEUR

Un ver rongeur de premier degré.

À Félix.

Vous aimez beaucoup les gâteaux, sans doute ?

BONNE MAMAN

Beaucoup, peut-être trop.

N'en accusez pas le sujet, Madame. C'est le ver qui aime les gâteaux et qui manifeste son désir en se remuant et en donnant ainsi des coliques. Il est inutile de s'occuper des maux de reins, ils tiennent à la même cause et j'indiquerai tout à l'heure ce qu'il faut faire.

FÉLIX

Il faut un repos absolu.

LE DOCTEUR

Maintenant, passons à la jambe.

BONNE MAMAN

Oui, docteur.

LE DOCTEUR, à Félix

Quelle est celle dont vous souffrez ?

FÉLIX

La droite ; je n'en souffre pas, mais je ne puis pas m'en servir.

LE DOCTEUR

Ce qui est pire, car il est toujours facile de guérir une douleur. Voyons, levez-vous et marchez.

Félix se lève et il fait quelques pas en boitant très fortement.

LE DOCTEUR

Cela vous fatigue.

FÉLIX

Beaucoup.

Il se rassied sur le sofa.

LE DOCTEUR

Vous éprouvez une grande lourdeur, comme si votre jambe dormait, n'est-ce pas ?

FÉLIX

Oui.

LE DOCTEUR, à Bonne maman

Vous devez sentir aussi un certain engourdissement dans la jambe gauche ?

FÉLIX

Oui.

LE DOCTEUR, à Bonne maman

C'est très grave et vous avez bien raison d'en être préoccupée.

BONNE MAMAN

Vous m'effrayez, docteur.

FÉLIX

Il me faut un repos absolu.

LE DOCTEUR

C'est une paralysie.

BONNE MAMAN, joignant les mains

Je le pressentais.

LE DOCTEUR

Or, écoutez bien ceci : Quand un oeil s'en va, l'autre le suit ; quand un poumon se prend, l'autre se prend aussi. La jambe droite du sujet est prise de paralysie, et voilà que la gauche commence à l'être. Il faut un remède immédiat et énergique.

BONNE MAMAN

De grâce ! Docteur, apportez ce remède.

LE DOCTEUR, indiquant la trousse

Le voilà.

Il ouvre la trousse de laquelle il sort un bistouri et il s'approche de Félix.

FÉLIX

Ah ! Ça ! Qu'est-ce que vous allez faire ?

LE DOCTEUR

Je vais vous couper la jambe droite.

FÉLIX

Hein ?

BONNE MAMAN, au docteur

Que dites-vous ?

LE DOCTEUR

Il le faut, il le faut absolument. Si nous ne coupons pas la jambe droite, la gauche se paralysera, puis, le corps, puis, la tête, puis...

BONNE MAMAN

Puis ?

LE DOCTEUR

Ce sera fini. Il faut donc couper et couper immédiatement.

FÉLIX

Non ! Je ne veux pas !

BONNE MAMAN

Pourtant, mon chéri...

FÉLIX

Je ne veux pas !

LE DOCTEUR, à Félix

Quand le docteur Sourabaya a fait une prescription, il faut qu'on l'exécute.

FÉLIX

Je ne veux pas ! Je ne veux pas !

LE DOCTEUR, allant vers ses aides

Ramayana ! Mayana !

L'UN DES AIDES

Ramayana !

L'AUTRE AIDE

Ramayana !

LE DOCTEUR

Préparationa cordona.

L'un des aides sort une corde de sa robe.

LE DOCTEUR, indiquant Félix

Empoignana garçona, opérationa jamba !

Les aides vont vers Félix qui bondit sur lui-même et se met à courir sur la scène sans songer à boiter. Les aides le poursuivent en criant :

Ramayana ! Mais ils ne peuvent l'atteindre.

LE DOCTEUR, qui est venu près de Bonne maman

Il me semble qu'il est plus dégourdi qu'engourdi.

BONNE MAMAN

En effet et je n'y comprends rien. Après avoir fait, avec, la même rapidité, deux fois le tour de la scène, Félix vient se réfugier auprès de Bonne_maman.

BONNE MAMAN, à Félix

Monsieur mon petit-fils, vous ne pouviez plus marcher et je vous vois courir ; vous étiez très malade et vous voilà très bien. Qu'est-ce que cela signifie ?

FÉLIX

Cela signifie... Cela signifie... Vrai, je n'ose pas.

BONNE MAMAN

Dire la vérité est le meilleur moyen de faire pardonner les fautes commises.

FÉLIX

Eh bien ! Oui, je dirai tout : Pour avoir des gâteaux et ne pas aller à l'école, j'ai fait le malade.

BONNE MAMAN

Gourmand et paresseux ! C'est affreux !... Et dire que j'ai cru à celte maladie !

LE DOCTEUR

Beaucoup trop, en vérité.

BONNE MAMAN

Mais, docteur, vous y avez cru vous-même.

LE DOCTEUR

Non, le docteur Sourabaya ne pouvait croire...

Il ouvre sa robe et il enlève sa barbe, les aide ; en font autant.

À ce que l'ami Roger et ses frères n'ont jamais cru.

FÉLIX

Roger !... Tu m'as fait une fière peur !

ROGER

Je le crois bien. Je me suis servi de tous les mots dont se sert mon cousin Émile, l'étudiant en médecine, et j'ai même pris sa trousse qu'il a laissée hier à la maison. Tu as eu grand peur, mais il fallait mettre fin à la comédie jouée.

FÉLIX

Et je t'en remercie.

À Bonne maman.

Bonne_maman, me pardonnes-tu ?

ROGER

Le pardon est le traitement que j'impose.

FÉLIX

Je suis déjà bien puni, puisque je vois que je n'aurai plus de gâteaux.

BONNE MAMAN

En te pardonnant, je ne puis supprimer ce que tu aimes ; je te porterai donc des gâteaux, mais à l'école et à l'école seulement.

FÉLIX

Bonne_maman, j'y rentre demain, sans faute.

texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica