Proverbe en prose· Quarante-Quatrième Proverbe
L'Auteur et l'Amateur
Personnages
- MONSIEUR DELOUREVILLE, Amateur
- MONSIEUR PASTOUREAU, poète
- BÉRY, Laquais de Monsieur Deloureville
L'AUTEUR ET L'AMATEUR
SCÈNE PREMIÈRE. Monsieur Deloureville, Béry.
MONSIEUR DELOUREVILLE
À quelle heure vous a-t-on dit qu'on répétait ?
BÉRY
Monsieur, les musiciens arriveront à six heures.
MONSIEUR DELOUREVILLE
À six heures ?
BÉRY
Oui, Monsieur.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Allons, c'est bon. Apportez-moi ces papiers qui sont dans le salon.
BÉRY
Je les ai mis ici, sur votre bureau.
Il s'en va.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oui, les voilà.
SCÈNE II.
MONSIEUR DELOUREVILLE, feuilletant des papiers
De la musique travaillée, ce n'est point là ce qu'il nous faut, je lui ai dit... Bon, en voici un autre qui ne fait pas un seul vers alexandrin dans son récitatif...
SCÈNE III. Monsieur Deloureville, Monsieur Pastoureau, Béry.
BÉRY, annonçant
Monsieur Pastoureau.
MONSIEUR PASTOUREAU
Monsieur, ces Messieurs m'ont dit qu'ils avaient eu l'honneur de vous parler de moi, et que vous aviez eu la bonté de leur dire que vous verriez volontiers mon poème.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Ah, oui, je me rappelle, c'est un Opéra-Ballet ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Oui, Monsieur, c'est Jupiter et Léda.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Jupiter et Léda. Ah, Monsieur, c'est une chose bien difficile à faire qu'un Opéra. Asseyez-vous donc.
MONSIEUR PASTOUREAU
Monsieur, je serai charmé que vous vouliez bien me donner vos conseils ; je les suivrai avec grand plaisir.
MONSIEUR DELOUREVILLE
J'ai toujours été épouvanté de cette entreprise ; c'est ce qui fait que je n'ai jamais osé la tenter : je sais bien tous les moyens qu'il faut employer pour réussir, et bien des auteurs m'ont eu l'obligation de leurs succès ; mais c'est après bien du travail.
MONSIEUR PASTOUREAU
J'espère, Monsieur, que vous voudrez bien avoir les mêmes bontés pour moi.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oui-dà, voyons, voyons votre poème.
MONSIEUR PASTOUREAU
Voici, Monsieur, comme je commence. Je veux d'abord une ouverture analogue au premier Acte.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Monsieur, ce n'est pas cela, ce n'est pas cela.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais je vous demande pardon, je veux une musique douce, qui peigne le repos, l'ennui même, s'il est possible. Je ne veux que des flûtes très adoucies...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Vous voyez bien que vous voilà tout-à-fait hors des principes.
MONSIEUR PASTOUREAU
Comment, Monsieur, je ne peux pas commencer par des flûtes ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Non, Monsieur, gardez-vous-en bien ; vous ne trouveriez pas de musicien, qui voulût se charger de mettre votre poème en musique, et il aurait raison.
MONSIEUR PASTOUREAU
Pourquoi donc cela ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Rien n'est plus aisé à comprendre. Avec des flûtes, où serait le premier coup d'archet ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais le premier coup d'archet...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Ne saurait se retrancher, non, Monsieur, vous n'y êtes pas.
MONSIEUR PASTOUREAU
Eh bien, Monsieur, voyez toujours le plan de mon poème.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Monsieur, Monsieur, vous aurez de la peine...
MONSIEUR PASTOUREAU
Lorsqu'on lèvera la toile, on verra l'Olympe assemblée ; les Grâces, les Jeux et les Ris dansent dans une Gloire ; Jupiter bâille. Neptune vient parler à Jupiter, qui se réveille : Junon est inquiète ; les Grâces, les Ris et les Jeux disparaissent et suivent Jupiter. La Jalousie s'offre à Junon et elle la suit.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Eh, Monsieur, vous n'y êtes pas, ce n'est pas cela, ce n'est pas cela.
MONSIEUR PASTOUREAU
Quoi, Monsieur, vous n'êtes pas enchantée de cet acte-là ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Non, Monsieur, l'acte du Ciel n'est jamais le premier, vous n'y êtes pas.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais, Monsieur, cela fait une espèce de Prologue ; il me semble qu'on ne peut pas mieux commencer.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oh ! non, ce n'est pas cela, il faudrait...
MONSIEUR PASTOUREAU
Ah ! Monsieur, dites ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Non, non, voyons la suite.
MONSIEUR PASTOUREAU
La décoration représente un bocage, au bord de la mer. Léda paraît suivie des Nymphes, qui dansent pour l'amuser, mais Léda, après avoir reçu leur hommage, leur ordonne de s'éloigner ; elle confie son amour pour le Triton Glaucus, à Corinne son amie. La mer s'agite : elle espère qu'elle va voir son amant : il paraît un cygne qui s'approche d'elle ; elle le croit envoyé par Glaucus ; elle le caresse, et elle est entourée d'un nuage épais, dans lequel elle est enlevée. Les Nymphes se réunissent pour plaindre Léda. Choeur de plaintes qui attirent Glaucus, et lui apprennent son malheur. Il va implorer Neptune.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Mais, Monsieur, un moment, vous voyez bien que vous n'y êtes pas.
MONSIEUR PASTOUREAU
Comment, Monsieur ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Votre acte ne finit pas par un ballet, je n'approuve point cela.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais, cependant à présent...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Je le sais bien ; et puis Glaucus n'a pas un entretien avec Léda.
MONSIEUR PASTOUREAU
Il n'en aura point, Monsieur.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Il n'en aura point ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Non, Monsieur, je ne veux point de récitatif, ni de scènes.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Vous n'en voulez point ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Non, Monsieur, tout est en action.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Vous ne réussirez pas, Monsieur, ce n'est pas cela.
MONSIEUR PASTOUREAU
Voyez jusqu'au bout.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Je vous attends à l'Enfer.
MONSIEUR PASTOUREAU
Je n'ai point d'Enfer.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Point d'Enfer ! Point d'Enfer ! Et vous faites un Opéra ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Oui, Monsieur.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Mais, Monsieur, il faut des oppositions.
MONSIEUR PASTOUREAU
Je ne dis pas le contraire.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Allons, voyons, voyons ; mais vous n'y êtes pas, si vous ne mettez pas d'Enfer. Faites donc un...
MONSIEUR PASTOUREAU
Quoi, Monsieur ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Je vous dirai après, continuez.
MONSIEUR PASTOUREAU
La scène représente le Palais de Neptune, bâti en coquilles, en corail, en perles, et toutes les productions de la mer, que l'on trouve dans les cabinets_d_Histoire_Naturelle.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Il doit être formé de glaçons verts et de pierres rouges, avec des herbes. Vous n'y êtes pas.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais tout cela n'est pas cher, et je ne veux rien épargner pour Neptune ; je veux que cette décoration soit peinte par Agricola.
Christoph Ludwig Agricola (1667-1719), peintre de paysages.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Monsieur, Monsieur, ce n'est pas cela !
MONSIEUR PASTOUREAU
Glaucus vient attendre Neptune. Monologue de Glaucus. Neptune paraît, il l'implore contre le cygne qui a enlevé Léda. La Cour de Neptune est composée de tritons et de Néréides. Junon paraît sur un arc_en_ciel, et se plaint à Neptune, de ce qu'il trouve que Jupiter, pour lui faire une infidélité, prenne la forme d'un habitant de la surface des eaux. Neptune lui promet de s'en plaindre au Destin, et il lui fait donner une fête par la suite. Ixion, dont l'amour pour Junon la fait suivre partout, l'assure qu'il va la venger, en dérobant le feu du Ciel, pendant que Jupiter est sur la Terre, pour lui brûler ses ailes de cygne. Il part. Les habitants des eaux sont alarmés, et craignent la sécheresse que ce feu pourra produire. Junon remonte sur son arc_en_ciel, en recevant leur prière d'arrêter le projet d'Ixion.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Eh, Monsieur, vous confondez ici...
MONSIEUR PASTOUREAU
Monsieur, cela marche très bien.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Non, vous dis-je, vous n'y êtes pas.
MONSIEUR PASTOUREAU
Comment ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Ce n'est pas cela ; ne voyez-vous pas que voilà tous les Éléments confondus, et qu'il faut les distinguer ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Voilà l'air, le feu, et l'eau ensemble.
MONSIEUR PASTOUREAU
Non, Monsieur, ma fête est d'habitants des eaux.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Mais le feu, où sera-t-il ?
MONSIEUR PASTOUREAU
À la fin.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Quoi, l'Enfer au dernier Acte ? On n'a jamais fini par des Démons ; ce n'est pas cela, vous n'y êtes pas.
MONSIEUR PASTOUREAU
Je n'ai point de Démons.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Point de Démons, point d'Enfer ! Impossible de réussir ; vous n'y êtes pas. Il faudrait du moins...
MONSIEUR PASTOUREAU
Parlez, Monsieur, je vous écoute.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Non, non ; nous verrons après.
MONSIEUR PASTOUREAU
Jupiter a transporté Léda à la Chine.
MONSIEUR DELOUREVILLE
À la Chine ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Oui, Monsieur.
MONSIEUR DELOUREVILLE
À la Chine, c'est bien quelque chose ; mais je ne vois pas là d'Enfer ; et puis ce serait trop tard.
MONSIEUR PASTOUREAU
Permettez. Il est obligé de retourner au Ciel pour punir Ixion. Pendant ce temps-là, le Roi de la Chine veut enlever Léda. Mercure fait venir les combattants de Jupiter, les Chinois sont repoussés ; le Roi est prisonnier. Glaucus paraît et apprend à Mercure que le Destin lui a accordé Léda, et que Jupiter et Junon, en faveur de cet arrêt, se sont raccommodés. Mercure rend la liberté au Roi de la Chine et à ses combattants. Le Roi donne une Fête chinoise à Glaucus et à Léda, qui chantent un duo, à quoi un choeur chinois répond. Ixion, qui est précipité du Ciel après le retour de Jupiter, met, en tombant, le feu à un artifice chinois, superbe, qui termine l'Opéra. Vous voyez bien, Monsieur, que voilà du feu.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oui ; mais ce n'est pas là sa place, non plus que celle des combattants : il faut corriger cela, et suivre la marche indiquée.
MONSIEUR PASTOUREAU
Monsieur, aidé de vos conseils, je ne demande pas mieux ; mais voyez, du moins, les vers, s'ils sont lyriques.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Montrez. Avec de la docilité, vous pourrez faire quelque chose ; mais vous n'y êtes pas encore : je vous aiderai, parce que je vous trouve des dispositions. Voyons quelques morceaux.
MONSIEUR PASTOUREAU
Voici, si vous voulez, le Monologue de Glaucus, dans le Palais de Neptune.
MONSIEUR DELOUREVILLE
À la bonne-heure.
MONSIEUR PASTOUREAU
Cruel Destin, suspends ta rigueur ! Charmant Amour, dont je chéris la flamme, Ne veux-tu régner dans mon coeur, Que pour troubler mon âme ?Je crois, Monsieur, que cela doit vous plaire ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
On voie bien que vous avez des idées ; mais ce n'est pas cela... Je voudrais...
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais, Monsieur, la prière au Destin amène le dénouement.
MONSIEUR DELOUREVILLE
C'est la tournure de ce Monologue qui devrait être autrement.
Rêvant.
Cruel Destin, suspends la rigueur !C'est une invocation ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Oui, Monsieur.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Je sens bien cela ; mais je voudrais tourner ce vers-là...
MONSIEUR PASTOUREAU
Comment ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Je ne dis mot.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Passez-moi l'écritoire, je vous prie.
MONSIEUR PASTOUREAU
La voilà.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Voyons.
Il prend une plume.
Cruel Destin, suspends ta rigueur !Je ne peux pas vous passer cela.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Ne me distrayez pas... Je voudrais mettre... Non... Pourquoi pas ?
Rigoureux Destin, suspend ta cruauté...Non, non ; ce n'est pas cela non plus. Que diable, Attendez.
Cruel Destin, suspends... suspends Cruel Destin...MONSIEUR PASTOUREAU
Vous n'avez que ta rigueur à mettre.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Je crois que vous avez raison. Voyons.
Cruel Destin, suspends... ta rigueur !Oui, c'est ce qu'il fallait mettre.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais, je l'avais mis aussi.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Suspends ta rigueur ?MONSIEUR PASTOUREAU
Oui, vraiment, voyez.
Lui montrant.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oui, oui, vous avez raison. Allons, je vous passe ce vers-là. Mais pour...
Charmant Amour, dont je chéris la flamme.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais, Monsieur, que direz-vous à la place ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Ce que je dirais ?... Mille choses au lieu de cela.
Charmant Amour...Mais voyez donc comme cela est commun !
MONSIEUR PASTOUREAU
Je conviens... mais voudriez-vous mettre ; ; ; ;
Tendre Amour, dont je chéris la flamme ?MONSIEUR PASTOUREAU
Il faut adoucir le reproche que je fais à l'Amour.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Sans doute ; par conséquent, vous n'y êtes pas. Voici ce qu'il faut dire.
Il rêve.
Ne m'interrompez pas. Oui, non ; c'est que ce que vous dites-là à l'Amour, me dérange. Comment y a-t-il ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Charmant Amour, dont je chéris la flamme.MONSIEUR DELOUREVILLE
Charmant Amour...MONSIEUR PASTOUREAU
Dont je chéris la flamme.MONSIEUR DELOUREVILLE
Un moment donc. Je ne suis pas content de cela ; vous n'y êtes pas du tout.
Ne veux-tu régner...MONSIEUR PASTOUREAU
Oui, parce que le Musicien aura de quoi faire une roulade, sur le mot régner.
MONSIEUR DELOUREVILLE
J'entends bien ; mais...
Ne veux-tu régner dans mon coeur,Vous n'y êtes pas.
Dans mon coeur, ne veux-tu régner.MONSIEUR PASTOUREAU
Comme cela, vous ne rimeriez plus à...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Comment, je ne rimerais plus ?
MONSIEUR PASTOUREAU
Non, Monsieur.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Pourquoi cela, Monsieur ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oui, mais le second.
MONSIEUR PASTOUREAU
Que pour troubler mon âme ?MONSIEUR DELOUREVILLE
Non pas, s'il vous plaît, je ne veux pas de ce vers-là. Vous me trouverez difficile...
MONSIEUR PASTOUREAU
Monsieur, je ne dis pas...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Mais je ne vous passerai pas cela. Je veux absolument que vous disiez...
MONSIEUR PASTOUREAU
Voyons, Monsieur, je m'en rapporte entièrement à vous.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Vous allez voir, vous allez voir, j'ai une idée. Dites-moi une rime à flamme... Non, je le tiens.
Ne veux-tu régner dans mon coeur... Dans mon coeur...Eh, mon_Dieu !...
Dans mon coeur...MONSIEUR PASTOUREAU
Que pour troubler mon âme ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Que pour ?MONSIEUR PASTOUREAU
Troubler mon âme.MONSIEUR DELOUREVILLE
Troubler mon âme ?N'est pas mal.
Que pour troubler mon âme ?J'en suis très content ! Vous voyez bien qu'à force de chercher on trouve.
Que pour troubler mon âme ?
Le voilà, il faut l'écrire.
MONSIEUR PASTOUREAU
Mais c'est écrit, voilà comme il était fait.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oui ?
Il lit.
Ah, c'est vrai. Cela ne fait rien. Je suis très content, à présent, de ce monologue.
MONSIEUR PASTOUREAU
Monsieur, j'espère que par la suite, aidé de vos lumières...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Vous y pouvez compter, je me ferai un plaisir de vous dire naturellement ce que je pense.
MONSIEUR PASTOUREAU
Je vous en serai très obligé.
MONSIEUR DELOUREVILLE
Il n'y a que ce moyen-là de former les jeunes gens. Ah ça, je suis très aise d'avoir fait connaissance avec vous.
MONSIEUR PASTOUREAU
C'est moi, Monsieur...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Je verrai ces Messieurs, mais dites-leur toujours que je suis très content de votre poème, parce qu'avec les petites corrections que j'y ferai comme cela, je compte qu'il ira.
MONSIEUR PASTOUREAU
Monsieur, je leur dirai, et si vous permettez, quelquefois j'aurai l'honneur...
MONSIEUR DELOUREVILLE
Oui, le matin surtout, parce qu'on travaille mieux. Adieu, Monsieur_Pastoureau, charmé de vous avoir vu.
MONSIEUR PASTOUREAU
Où allez-vous donc, Monsieur ?
MONSIEUR DELOUREVILLE
Adieu. Je passe de l'autre côté, puisque vous le voulez.
Explication du Proverbe : 44. Plus de bruit que de besogne.
33 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica