Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Proverbe en prose· Comédie

Le Distrait

Louis Carrogis de Carmontelle· imprimée en 1783· 2 vers· 6 personnages

Personnages

  • MONSIEUR D'ORBEL, habit de velours bleu, brodé
  • LA COMTESSE DE BELLEROCHE, Bien mise
  • LE MARQUIS DE MARIÉRE, Habit brodé, perruque à la Brigadiere, canne et épée
  • LE CHEVALIER DE SAINT-LÉGER, Bien mis
  • VICTOIRE, Femme de Chambre de la Comtesse
  • LE BLOND, Valet de Chambre de la Comtesse

LE DISTRAIT

SCÈNE PREMIÈRE. Le Marquis, Le Chevalier.

LE CHEVALIER, entre en suivant le Marquis, qui se promène

Mais, Marquis, dites-moi donc pourquoi vous dites que vous voulez vous promener aux Tuileries, et que vous me faites entrer ici ?

LE MARQUIS

Est-ce que la promenade ne vous semble pas belle ?

LE CHEVALIER

Comment, la promenade ?

LE MARQUIS

Oui, il est vrai qu'il n'y fait pas beaucoup d'air.

LE CHEVALIER

Pourquoi de l'air, ici ? Toutes les fenêtres sont fermées.

LE MARQUIS

Qu'est-ce que vous parlez de fenêtres, dans un jardin ?

LE CHEVALIER

Nous sommes dans un jardin ?

LE MARQUIS

Mais... C'est que je croyais... Bon !

Il regarde autour de lui.

Vous me distrayez aussi.

LE CHEVALIER

Vous n'en avez pas besoin, je vous assure ; mais pourvu que vous m'écoutiez, soit ici, soit ailleurs ; c'est égal.

LE MARQUIS

Si vous avez à me parler, il faut le dire.

LE CHEVALIER

Je vous l'ai déjà dit ; vous m'avez répondu ; hé bien, allons aux Tuileries, nous causerons plus tranquillement.

LE MARQUIS

C'est vrai ; c'est que j'ai changé d'idée en chemin. Mais voyons à présent, je ne perds pas de vue mon projet.

LE CHEVALIER

Si vous avez un projet différent du mien, et qu'il soit meilleur, j'en profiterai avec grand plaisir ; ce sera même une marque d'amitié de votre part, à laquelle je serai on ne peut pas plus sensible : voyons, je vous écoute.

LE MARQUIS

Si vous le savez, il est inutile de vous le redire ; mais je ne vois pas de meilleur parti à prendre dans ce cas-là, que le mariage.

LE CHEVALIER

Comment, le mariage ! Au lieu d'une Compagnie_de_Cavalerie ?

LE MARQUIS

Je ne veux pas de Compagnie_de_Cavalerie !

LE CHEVALIER

Pourquoi donc ?

LE MARQUIS

Mais songez que je suis Officier-Général.

LE CHEVALIER

Ce n'est pas pour vous ; comment voulez-vous que j'imagine...

LE MARQUIS

Je le croyais.

LE CHEVALIER

C'est pour moi.

LE MARQUIS

Ah ! Vous voulez avoir une Compagnie_de_Cavalerie ?

LE CHEVALIER

Oui ; j'ai déjà eu l'honneur de vous en parler plusieurs fois.

LE MARQUIS

Oui, oui, je me le rappelle.

LE CHEVALIER

Si vous voulez me faire avoir la promesse de la première qui viendra à vaquer, mon argent est tout prêt ; mais il faut en parler sans perdre de temps.

LE MARQUIS

Je ne suis venu ici que pour cela.

LE CHEVALIER

Réellement ?

LE MARQUIS

Oui, et si la Comtesse y consent, ce sera une affaire bientôt finie.

LE CHEVALIER

Est-ce qu'elle connaît quelque Capitaine qui veuille quitter ?

LE MARQUIS

Quoi quitter ?

LE CHEVALIER

Le service.

LE MARQUIS

Ah ! C'est que vous me parlez toujours de votre Compagnie.

LE CHEVALIER

Hé ! Oui, vraiment.

LE MARQUIS

C'est que je confondais.

LE CHEVALIER

Vous me promettez donc de suivre cette affaire ?

LE MARQUIS

Je vous en réponds.

LE CHEVALIER

Il faut solliciter vivement.

LE MARQUIS

Ne vous mettez pas en peine. Je sais comme il faut s'y prendre vis-à-vis de ces Messieurs. Je me ferai écrire partout ; il faut seulement que je sache le nom de votre Rapporteur, et j'irai moi-même...

LE CHEVALIER

Mais je n'ai point de Rapporteur ; que voulez-vous donc dire ?

LE MARQUIS

Si vous n'avez pas encore de Rapporteur, il n'est pas temps de solliciter vos Juges.

LE CHEVALIER

Mes Juges ! À propos de quoi ?

LE MARQUIS

Pour votre Procès.

LE CHEVALIER

Mais je n'ai point de procès.

LE MARQUIS

Comment, ne m'avez-vous pas dit que vous voudriez que votre procès fût jugé avant votre départ pour la campagne ?

LE CHEVALIER

Hé non, je vous ai toujours parlé d'une Compagnie_de_Cavalerie que je veux avoir.

LE MARQUIS

Ah ! Oui, c'est vrai ; campagne, Compagnie ; c'est apparemment parce que ces deux mots se ressemblent, que j'ai brouillé tout cela.

LE CHEVALIER

Oui ; car je ne vous ai point parlé de procès.

LE MARQUIS

Vous avez raison ; c'est la Comtesse qui en a un, et que je me suis chargé de suivre. C'est une femme charmante !

LE CHEVALIER

Je la connais.

LE MARQUIS

Hé bien, que dites-vous de cette affaire-là ? Ne fais-je pas bien ?

LE CHEVALIER

Quelle affaire ?

LE MARQUIS

Est-ce que je ne vous ai pas dit que je l'épousais ?

LE CHEVALIER

Non, vraiment.

LE MARQUIS

Cela me donne beaucoup d'affaires, comme vous voyez.

LE CHEVALIER

Et quand sera-ce ?

LE MARQUIS

Mais je ne sais pas encore ; car voilà plusieurs fois que je viens ici pour lui en parler, et je ne sais comment cela se fait, je l'oublie toujours ; mais cette fois-ci, j'ai mis un papier dans ma boîte pour m'en souvenir.

LE CHEVALIER

Cela fait un mariage bien avancé.

LE MARQUIS

Je ne sais pas si elle y consentira ; car il est difficile de la fixer longtemps sur le même objet. Quand vous lui parlez, elle semble vous écouter ; et elle est à cent lieues de-là.

LE CHEVALIER

Elle est peut-être distraite ?

LE MARQUIS

Oui, elle est distraite ; c'est insupportable cela.

LE CHEVALIER

Oh ! Je vous en réponds !

LE MARQUIS

Elle est comme le Vicomte_de_Montfort, qui a marié sa fille le mois passé ; hé bien, je n'aime pas ce mariage-là. Je les ai vu à l'Opéra ; c'est le plus pauvre Opéra ; il finit de bonne heure, on ne peut pas se promener ; mais pour cela, il n'y a que la campagne. Vous voyez bien que je ne me trompe pas de mot cette fois-ci, et que je ne dit pas Compagnie pour campagne.

LE CHEVALIER

Non, non ; mais j'attendrai que votre mariage soit fait, pour penser à mon affaire.

LE MARQUIS

Oui, vous ferez bien ; parce que ce mariage, le procès de la Comtesse, tout cela m'occupe beaucoup ; on a mille lettres à répondre ; elle veut que je lise un roman nouveau : tout cela ne peut pas s'accorder ensemble, vous en conviendrez bien.

LE CHEVALIER

Sûrement. Je vous laisse.

LE MARQUIS

Pourquoi ? Nous irions à l'Opéra ensemble.

LE CHEVALIER

Mais vous oubliez votre mariage.

LE MARQUIS

Oui, c'est vrai ; cette diable d'affaire-là me tourne la tête ; je n'y pense jamais. Je ne vous reconduis pas.

LE CHEVALIER, s'en allant

Hé, non, non. Vous vous moquez de moi.

SCÈNE II. Le Marquis, Le Blond.

LE MARQUIS

Hola ! Ho ! Quelqu'un !

LE BLOND

Qu'est-ce que veut Monsieur le Marquis ?

LE MARQUIS

Allons, donne-moi ma robe de chambre et mes pantoufles ; je veux me lever.

LE BLOND

Vous badinez, Monsieur le Marquis.

LE MARQUIS

Ah !... Oui, oui.

LE BLOND

On a dit à Madame la Comtesse, que vous étiez ici ; et elle va venir.

LE MARQUIS

Pourquoi cela ? Je m'en vais faire mettre mes chevaux, et j'irai chez elle.

LE BLOND

Mais, Monsieur, vous y êtes chez elle.

LE MARQUIS

Tu as raison ; c'est que je pensais...

LE BLOND

Monsieur, voilà Madame.

SCÈNE III. La Comtesse, Victoire, Le Marquis, Le Blond.

LA COMTESSE

Le Blond, dites à Victoire de venir.

LE BLOND

La voilà, Madame.

LA COMTESSE

C'est bon. Monsieur le Marquis, je suis enchantée de vous voir ; vous avez été hier de la distraction la plus divertissante du monde ; je vous aime à la folie comme cela.

LE MARQUIS

Ce n'est pas là le moyen de m'en corriger, Madame ; au contraire. Cependant, comme on dit souvent, les contraires se rapprochent quelquefois.

LA COMTESSE

Mademoiselle, je veux absolument avoir ma robe.

VICTOIRE

Oui, Madame.

LA COMTESSE

Donnez-moi du rouge.

Elle s'assied à sa toilette.

Asseyez-vous donc, Marquis.

LE MARQUIS

Mais vous ne m'écoutez pas, Madame.

LA COMTESSE

Pardonnez-moi, pardonnez-moi. Ne parlez-vous pas des contraires ?

LE MARQUIS

Des contraires ?

LA COMTESSE

Oui, vous avez dit quelque choses des contraires.

LE MARQUIS

Des contraires ? N'est-ce pas des contrats, plutôt ?

LA COMTESSE

Cela peut bien être.

LE MARQUIS

Vraiment, c'est que cela est vrai ; je ne l'oublierai pas cette fois-ci.

LA COMTESSE

Le_Blond !

LE BLOND

Madame ?

LA COMTESSE

Je ne sais plus ce que je voulais dire, avec vos Contrats.

LE MARQUIS

Ah, je vous le dirai, moi , quand vous voudrez m'entendre.

LA COMTESSE

Je vous entends toujours avec plaisir.

LE MARQUIS

Aurez-vous du monde, aujourd'hui ?

LA COMTESSE

Non, si vous voulez ; c'est même ce que je voulais dire. Le_Blond, qu'on ne me laisse entrer personne.

VICTOIRE

Je m'en vais le dire, Madame.

LE MARQUIS

Je vous suis obligé ; parce que j'ai à vous parler très sérieusement.

LA COMTESSE, à Le Blond

Ma belle-soeur, pourtant.

VICTOIRE

Oui, Madame.

LA COMTESSE

Elle raffole de vous, Marquis.

LE MARQUIS

Moi, je la trouve charmante ! Il y a des femmes comme cela, qui vous séduisent dès le premier moment qu'on les voit.

LA COMTESSE

Victoire, dites à Le_Blond, qu'on laisse entrer aussi le Baron.

VICTOIRE

Est-ce là tout ?

LE MARQUIS

Ah, Madame ! Le Vicomte aussi, je vous en prie.

LA COMTESSE

Le Vicomte ? Eh bien, oui, le Vicomte ; je le veux bien.

VICTOIRE

Je m'en vais le dire.

LA COMTESSE

Attendez. La liste d'hier.

VICTOIRE

Mais, Madame a laissé entrer tout le monde.

LA COMTESSE

Vous le croyez ?

VICTOIRE

J'en suis sûre.

LA COMTESSE

Hé bien, en ce cas-là tout le monde.

VICTOIRE

Madame, aura-t-elle besoin de moi ?

LA COMTESSE

Non, non ; cependant ne vous éloignez pas.

SCÈNE IV. La Comtesse, Le Marquis.

LE MARQUIS

Vous aimez beaucoup le monde, Madame.

LA COMTESSE

Sans doute ; je ne connais que cela. Vous savez comme mon mari m'a rendu malheureuse, pendant trois ans, qu'il m'a tenue renfermée avec lui dans une de ses terres ?

LE MARQUIS

Dans une de ses terres ?

LA COMTESSE

Oui vraiment ; être Trois ans, même pendant l'hiver à la campagne !

LE MARQUIS

À la campagne ?

LA COMTESSE

Oui.

LE MARQUIS

Cela me fait souvenir d'une Compagnie_de_Cavalerie que le Chevalier_de_Saint-Léger veut avoir.

LA COMTESSE

Est-ce qu'il est à Paris, le Chevalier ?

LE MARQUIS

Oui, Madame, il est arrivé avant hier, le jour de ce grand orage ; c'est là ce qui a dérangé le temps, sûrement.

LA COMTESSE

J'en suis très fâchée, car il ne peut pas y avoir de Tuileries aujourd'hui ; et je les aime beaucoup.

LE MARQUIS

Aimez-vous aussi les truites, Madame ?

LA COMTESSE

Comment, les truites ?

LE MARQUIS

Oui, j'en ai mangé à Genève ; c'est excellent.

LA COMTESSE, riant

Ah, ah, ah ! Marquis, vous êtes délicieux !

LE MARQUIS

Oui, c'est délicieux ; c'est ce que je disais ; il vous a fait bien rire hier, n'est-ce pas ?

LA COMTESSE

Comment ? Qui ?

LE MARQUIS

Le_Vicomte ; n'est-ce pas de lui que vous me parliez ?

LA COMTESSE, riant

Ah, ah, ah, ah ! À merveilles !

LE MARQUIS

Je le croyais. Je me trompe quelquefois ; et c'est insupportable.

LA COMTESSE, riant

Non, non ; je vous trouve charmant comme cela. Ah ! Je n'en puis plus.

Elle cherche quelque chose.

LE MARQUIS

Qu'est-ce que vous voulez ? Du tabac ? J'en ai de bon.

LA COMTESSE

Oui, donnez ?

LE MARQUIS, donnant du tabac

Ah, j'oubliais bien !

LA COMTESSE

Quoi ?

LE MARQUIS

Vous voyez bien ce papier-là ; devinez.

LA COMTESSE

Je ne sais pas deviner ; dites-moi tout de suite.

LE MARQUIS

C'est que si vous voulez vous remarier...

LA COMTESSE, cherchant sur sa toilette

Hé bien, avec qui ?

LE MARQUIS

Qu'est-ce que vous cherchez encore ?

LA COMTESSE, cherchant

Parlez, parlez toujours.

LE MARQUIS

Vous seriez la plus heureuse femme du monde, avec moi.

LA COMTESSE, cherchant toujours

Avec vous ?

LE MARQUIS

Oh, sûrement.

LA COMTESSE, cherchant

Je ne le trouve pas ; c'est inconcevable !

LE MARQUIS

Qu'est ce que vous cherchez donc là ?

LA COMTESSE

Un papier que j'avais tout-à-l_heure.

LE MARQUIS

Est-ce une chose de conséquence ?

LA COMTESSE

Oui, et non. C'est une chanson.

LE MARQUIS

J'en ai un recueil ; si vous voulez, je vous le prêterai ; il est très complet depuis 1650.

LA COMTESSE

C'est une chanson nouvelle.

LE MARQUIS

Il y en a beaucoup dedans.

LA COMTESSE

Des chansons nouvelles ?

LE MARQUIS

Oui, pour ce temps-là.

LA COMTESSE, riant

De 1650. Ah, ah, ah, ah ! Vous êtes toujours le même !

LE MARQUIS

Oui, je suis constant ; cela ne réussit pas toujours, comme vous savez, avec les femmes.

LA COMTESSE

Est-ce que vous avez à vous plaindre des femmes, vous, Marquis ?

LE MARQUIS

Pourquoi pas ? À propos de constance, vous souvenez-vous de cet air là, que chante un berger, dans cet Opéra qu'on nous a donné ?...

LA COMTESSE

Silvie ?

LE MARQUIS

Oui, Silvie.

Il chante.

J'aimerais mieux cent fois, perdre tous mes plaisirs, Que de les payer de vos larmes.

Sylvie est une pastorale héroïque en trois actes et un prologue de Pierre Laujon créée le 26 février 1749. Carmontelle en a fait une gouache.

LA COMTESSE

Vous chantez à ravir !

SCÈNE V. La Comtesse, Le Marquis, Le Blond.

LE BLOND

Madame, vos chevaux sont mis.

LA COMTESSE

C'est bon.

LE MARQUIS

Est-ce que vous allez sortir ?

LA COMTESSE

Oui, je m'en vais à la Comédie-Italienne.

LE MARQUIS

Je ne veux pas vous retenir plus longtemps.

LA COMTESSE

Ne venez-vous pas avec moi ?

LE MARQUIS

Non, je ne sortirai pas aujourd'hui ; j'attends quelqu'un à qui j'ai à parler d'affaires.

LA COMTESSE

Ici ?

LE MARQUIS

Oui. Et ! À propos ; c'est à vous.

LA COMTESSE

À moi ?

LE MARQUIS

Oui ; mais ne vous l'ai-je pas dit donc ?

LA COMTESSE

Quoi ?

LE MARQUIS

Que j'avais la plus grande envie de vous épouser.

LA COMTESSE

Je ne sais pas. Quand ?

LE MARQUIS

Aujourd'hui. Je ne suis venu ici, que pour cela.

LA COMTESSE

Je ne m'en souviens pas.

LE MARQUIS

Mais, à quoi donc pensez-vous ? Il me semble pourtant...

LA COMTESSE

Dites.

LE MARQUIS

Que je vous ai chanté un air de Silvie.

LA COMTESSE

Venez, venez à la Comédie ; vous en apprendrez d'autres.

LE MARQUIS

C'est vrai, cela ; car j'aime la Musique, et je retiens tous les airs.

LA COMTESSE

Le_Blond, cherchez une chanson qui était sur ma toilette.

LE BLOND

Oui, Madame.

LA COMTESSE, au Marquis, qui s'en va par une autre porte que celle par où on sort

Où allez-vous donc, Marquis ?

LE MARQUIS

Ah, c'est que je croyais être chez moi ; et j'allais... Je vous demande bien pardon.

LA COMTESSE

Allons, allons-nous-en.

Explication du Proverbe : 33. L'on ne saurait penser à tout.

2 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0