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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Comédie en un Acte et en Vers

La Jeune Indienne

Nicolas Chamfort· créée en 1764· 565 vers· 6 personnages

Représentée pour la première fois à Paris, au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain par la troupe de la Comédie française, le 30 avril 1764.

Personnages

  • BETTI
  • BELTON
  • MOWBRAI
  • MYLFORD
  • UN NOTAIRE
  • JOHN, laquais
ERRATA DE L'EDITION 1764

Le Lecteur est prié de lire cet ERRATA exigé par l'Auteur.

Page 7 vers 29. "forma", lisez "formait". Page 9 vers 4. "les hommes", lisez "des hommes". Page 13 vers 7. "te voici", lisez "te voilà". Page 16 vers 4. "J'écoute de mon mieux ; à toutes je réponds." lisez "J'écoute ; de mon mieux à toutes je réponds." Page 19. vers 8. "Les mortels", lisez "Ces mortels". Page 22. dernier vers, "Si"la terre est stérile", "si le terre est fertile". Page 24. vers 12, "essuyer les dédains", lisez "mendier les dédains". Page 26. "parleraient", lise "parlaient". Page 35. vers 8. "Du sommet", lisez "Au sommet". Page 35. vers 9. "Et sur le bord des mers", lisez, "Et sur le sein des mers". Page 35. vers 15. "Du moment", lisez "Au moment". Page 36. vers 18. "Ils réclamaient", lisez "ils rallumaient." Page 38 vers 2. "à mon sein", lisez "en mon sein".

LA JEUNE INDIENNE

SCÈNE PREMIÈRE. Belton, Mylford.

BELTO

Ah ! J'ai fait mon malheur ! Comment puis-je être heureux ? La jeunesse d'un fils est le vrai bien d'un père. Je regrette mes jours perdus dans la misère, Ces jours si prodigués, dont le plus sage emploi Pouvait me rendre utile à ma famille, à moi. Dès longtemps, cher Mylford, une fougueuse ivresse, L'ardeur de voyager domina ma jeunesse. J'abandonnai mon père, et le ciel m'en punit. Dans un orage affreux notre vaisseau périt ? Je fus porté mourant vers une île sauvage : Un vieillard et sa gille accourent au rivage. J'allais périr, hélas ! Sans eux, sans leur secours ; Quels soins, quels tendres soins ils prirent de mes jours ? Leur chasse me nourrit ; leur force, leur adresse, Pourvut à mes besoins et soutint ma faiblesse. Voilà donc les mortels parmi nous avilis ? J'avais passé quatre ans dans ce triste pays, Quand ce vieillard mourut. L'ennui, l'inquiétude, Mon père, mon état, ma longue solitude, Cet espoir si flatteur d'être utile à mon tour À celle dont les soins m'avaient sauvé le jour, Tout me rendit alors ma retraite importune : J'engageai ma compagne à tenter le fortune. Vous savez tout. Après mille périls divers, Nous fûmes à la fin rencontrés sur les mers, Par un de vos vaisseaux qui nous sauva la vie. Mais quels chagrins encore il faudra que j'essuie ! I faudra retourner vers un père indigné Contre un fils criminel et plus infortune. Soutiendrai-je ses yeux en cet état funeste ! Irai-je de sa vie empoisonner le reste ? Prodigue de ses biens et même de ses jours, Puis-je encore justement prétendre à tes secours ?

MYLFOR

Quoi ! Vous doutez de lui ? Vous ignorez pour vous jusqu'où va sa tendresse ? Vos malheurs vont hâter l'effet de sa promesse. Les charmes d'Arabelle augmentent chaque jour : Je lirai dans son coeur, il sera sans détour. Pour vous, voyez mon oncle ; il est d'un caractère Excellent, sans façon, d'une vertu sévère. La secte dont il tranche les compliments ; Les Quakers, comme on sait, ne sont pas fort galants.

Quakers : secte religieuse dont les membres se donnent le nom de Société Chrétienne des Amis, prit naissance en Angleterre et fut fondée en 1647 par George Fox cordonnier de Leicester. Les Quakers rejettent tout sacrement n'admettent aucun culte extérieur, aucune hiérarchie ecclésiastique. (...) Ils se refusent de prendre part à la guerre, condamnent le spectacle, le chant, les jeux de hasard, la chasse. [B]

SCÈNE II.

SCÈNE III. Mowbrai, Belton.

BELTON, prend le billet et lit

« Monsieur... »

SCÈNE IV. Betti, Belton.

BELTO

Oui.

BELTO

Souvent.

BETTI, avec joie

Belton, embrasse-moi.

SCÈNE V. Betti, Belton, Mylford.

BETTI, à Mylford

Aimes-tu Belton ?

MYLFOR

Oui.

BELTON, à Betti

À quoi me réduis-tu ?

BETT

Pourquoi donc ? Ne peux-tu parler devant moi ? Est-il quelque secret que l'on doive me taire ?

À Belton qu'elle regarde tendrement.

Quand je t'en confiais, éloignais-je mon père ? Tu le veux ?...

Belton fait signe de la tête.

Allons donc !

Betti en sortant, soupire, et regarde plusieurs fois Belton.

SCÈNE VI. Belton, Mylford.

SCÈNE VII. Betti, Belton, Mylford.

MYLFORD, à Belton

C'est mon oncle lui-même.

SCÈNE VIII. Betti, Belton, Mowbrai.

BETTI, à Mowbrai, avec ingénuité

Bien obligé....

MOWBRAI, à Belton

Eh ! Daigne lui répondre.

BELTON, à part

Il va lui percer l'âme.

BETTI, vivement

Ah ! J'en ai...

BELTON, se retournant tendrement

Betti...

SCÈNE IX. Betti, Mowbrai, Belton, John.

MOWBRA

Écoute.

MOWBRA

Fais venir le notaire.

John sort.

SCÈNE X. Betti, Belton, Mowbrai, Le Notaire.

MOWBRA

Approche.

LE NOTAIR

Serviteur.

LE NOTAIR

Betti !

BELTO

Signons.

LE NOTAIRE, laissant tomber sa plume

Bon ! Tu railles, je crois ?

MOWBRAI, avec impatience

Mets ses vertus, te dis-je.

LE NOTAIRE, à Belton

Signez.

Belton signe.

À Betti.

À vous.

565 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica