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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Comédie en Trois Actes et en vers

Les Barbons Amoureux et Rivaux de leurs Fils.

Chevalier· imprimée en 1663· 3 actes· 867 vers· 10 personnages

Personnages

  • BONIFACE, Père de Polixène et de Lucidor, et Amant d'Aminte
  • POLICARPE, Père d'Aminte et de Clidamant, et Amant de Polixène
  • CLIDAMANT, Fils de Boniface, et Amant de Polixène
  • LUCIDOR, Fils de Boniface, et Amant d'Aminte
  • POLIXENE, Fille de Boniface, Amante de Clidamant
  • AMINTE, Fille de Policarpe, et Amante de Lucidor
  • GUILLOT, Valet de Clidamant, et Amant de Béatrix
  • RAGOTIN, Valet de Lucidor, et amant de Lisette
  • BEATRIX, suivante de Polixène
  • LISETTE, suivante d'Aminte
MONSIEUR,

À MONSIEUR DE LA MARLIÈRE, PREMIER CAPITAINE COMMANDANT LE RÉGIMENT DE LORRAINE, ET MARESCHAL DE BATAILLE ES ARMÉES DU ROI.

Après les bontés que vous m'avez témoignées, et les charmantes caresses que vous m'avez faites, il semble qu'il y aurait une espèce d'ingratitude en moi, si je ne vous offrais cet Ouvrage, non pas comme un remerciement des faveurs que j'ai reçues de Vous ; mais seulement pour vous faire voir l'envie que j'ai de le reconnaître, si j'avais quelque chose de proportionné à vos mérites. Quand je songe que j'ose donner des BARBONS, qui n'ont rien que folâtre dans leurs actions, à un Homme qui n'en a jamais fait que d'héroïques ; il faut que j'avoue que c'est une témérité à moi qui n'eut jamais de semblable, et que si je ne vous avais demandé la permission de vous les présenter, et que Vous ne m'eussiez promis avec votre bonté ordinaire, de les agréer je n'aurais jamais osé Vous les offrir, tant je tremble à vous faire un présent si peu digne de Vous. Cependant, MONSIEUR, puisque Vous daignez le recevoir, ayez un peu de complaisance, et pour l'Auteur, et pour la Pièce, si jamais Vous Vous abaissez jusqu'à la lire, parce que comme les perfections et les défauts sont incompatibles, lorsque vous qui n'avez rien que de parfait, viendrez à regardez cet Ouvrage, qui n'a rien de bon que la gloire de Vous être offert, Vous pourriez, peut-être, au lieu de vous y divertir, y rencontrer des causes de chagrin : c'est pourquoi je vous ai préparé à toute indulgence possible, si vous voulez vous obliger vous-même, en obligeant l'Auteur, qui n'a point eu d'autre dessein en vous consacrant ce Poème, que de le rendre immortel sous la faveur de Votre Illustre Nom, qui me facilitera les moyens de laisser d'éternelles marques de la passion le plus sincère dont on puisse être,

MONSIEUR, Votre très humble, et très obéissant serviteur,

CHEVALIER.

À MONSIEUR DE LA MARLIÈRE

SONNET.

Vous voyant posséder des talents merveilleux, Je brûle de vanter votre Valeur extrême ; Mais ne sachant pas faire un Vers miraculeux, Comment exalterai-je un mérite suprême ? Il faudrait exceller en langage des Dieux, Pour louer un Guerrier, qu'on révère, qu'on aime, Dont les fameux exploits font qu'on dit en tous lieux, Qu'on ne voit rien de semblable à lui-même. Ma Muse, quoique faible, efforce ici ta voix, Et fais, si tu le peux, connaître à cette fois, Que d'une noble ardeur, tu te sens animée ; Mais comme il a le coeur plus grand que l'Univers, Le rayon de sa Renommée, Fait cent plus de bruit qu'un million de Vers.

CHEVALIER.

ACTE I

SCÈNE I. Clidamant, Guillot.

GUILLOT

Vous ne savez que trop me le faire connaître. D'abord que quelque avis vous est donné par moi. Coquin, me dites-vous, c'est bien à faire à toi, De venir discourir, il vaudrait mieux te taire, Ce faquin veut ici trancher du nécessaire, Faire l'olibrius, cessez petit mignon, De traiter avec moi de pair à compagnon, Et gardez le respect d'une telle manière, Que nous ne vivions plus tant à la familière ; Voilà le beau régal que me font vos discours ; Mais alors qu'il vous faut servir dans vos amours, Peste, que vous savez bientôt changer de note ! Vous vous radoucissez d'une façon bigote, Cher Guillot, dites-vous, rien n'est égal à toi, Tu mérites beaucoup, je t'aime plus que moi : Quoique simple valet, tu ne tiens rien du rustre, Mille perfections qui te rendent illustre, Me font avoir pour toi tout à fait du penchant ; Et puis quand vous avez fait le bon chien couchant, Que vous croyez de moi n'avoir jamais affaire, Vous m'envoyez au diable, et sans autre mystère : Monsieur, je ne suis plus d'humeur à le souffrir, Rêvez, mourrez d'amour, je vous verrai mourir.

Faquin : Fig. Un homme de néant, mélange de ridicule et de bassesse. [L]

Olibrius : Terme familier. Celui qui fait le méchant garçon ou l'entendu, et qui n'est le plus souvent que ridicule. [L]

Bigot : Qui est livré à une dévotion étroite et superstitieuse. [L]

Chien couchant : Fig. Faire le chien couchant, flatter bassement quelqu'un pour gagner ses bonnes grâces. [L]

CLIDAMANT

C'est bien à vous maraud, à me railler de même. Savez-vous bien qu'après votre insolence extrême Je devrais vous casser les jambes et les bras ?

Maraud : Terme injurieux qui se dit des gueux, des coquins qui n'ont ni bien ni honneur, qui sont capables de faire toutes sortes de lâchetés. [F]

SCÈNE II. Lucidor, Ragotin.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Boniface, Policarpe.

SCÈNE V. Boniface, Policarpe, Guillot.

POLICARPE

Cherchons quelque autre endroit où nous pouvoir parler.

Ils sortent et Guillot demeure seul.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Guillot, Ragotin.

RAGOTIN

Serviteur.

GUILLOT

Dieu te gard, qui t'amène en ce lieu ?

Dieu te gard : licence poétique, Dieu te garde.

RAGOTIN

Adieu.

GUILLOT

Oui, quand nous aurons fait nouvelles pactions.

Paction : Ce mot aujourd'hui ne se dit ordinairement qu'en parlant d'affaires, et il signifie accord et convention qui se fait entre quelques personnes. [R]

GUILLOT

Oui, car nous nous voyons déjà porte-poulets. N'est-ce point être aussi Postillons de Silvie ?

Porte-poulet : terme inconnu. Probable valet qui portait des messages amoureux. Péjoratif.

Postillons de Silvie : terme inconnu. Postillon, courrier qui porte l'ordinaire [F]. Silvie pour la rime Silve : Pièce de poésie, composée dans un moment de fougue, et sans grande méditation. [Acad. 1762]

RAGOTIN

Souvent sans regarder avril, mai ni décembre, On nous fait maquignons de haquenée en chambre. Mais nous sommes ici des messagers d'honneur.

Hanequée : Cheval ou jument docile, et marchant ordinairement à l'amble. Fig. et familièrement. C'est une grande haquenée, c'est une grande femme mal faite et dégingandée. [L]

Maquignon : Qui vend des chevaux, ui le srefait, et qui couvre leurs défauts. Se dit au figuré des gens d'intrigue qui se mêlent de donnes des avis, de faire des mariages, de vendre des Offices, des Bénéfices, et qui font tout autre traffic odieux. [F]

GUILLOT

Il brûlerait. Toi-même, tu me viens de dire, que ces gueuses En apparence sont toutes des affronteuses.

Gueux, gueuse : Familièrement. Être gueux comme un rat, comme un rat d'église, comme un peintre, c'est-à-dire être fort pauvre. [L]

Affronteur : Qui trompe. [L]

SCÈNE VIII. Guillot, Ragotin, Béatrix, Lisette.

LISETTE

Hélas !

RAGOTIN

Achève.

ACTE II

SCÈNE I. Polixène, Aminte, Béatrix, Lisette, sortant chacune de leur maison.

AMINTE

Dites.

POLIXENE

Votre frère.

SCÈNE II. Polixène, Aminte, Clidamant, Lucidor, Béatrix, Lisette, Ragotin.

RAGOTIN

Ce fait est terminé, Vous avez bon marché, c'est un marché donné.

Marché donné : Se dit de quelque chose qu'on a eu à très bas prix. Fig. et en un autre sens, marché donné, avantage inespéré.

CLIDAMANT, à Polixène

Que faut-il que j'espère ?

SCÈNE III. Lucidor, Clidamant, Béatrix.

LUCIDOR s'en allant, dit à Clidamant

Venez-vous ?

SCÈNE IV. Clidamant, Béatrix, Guillot.

GUILLOT, passant devant eux

Je le sais bien, bonsoir.

GUILLOT, repassant encor

Adieu jusqu'au revoir.

CLIDAMANT, à Guillot

Il tire sa bourse.

Tiens donc. Tiens Béatrix.

GUILLOT, revenant tout effaré

Au voleur ! Arrêtez.

CLIDAMANT

Non.

GUILLOT, il heurte à la porte de Boniface

Grand-merci. Boniface est-il là ?

SCÈNE V. Guillot, Béatrix.

BEATRIX

Non.

GUILLOT

Bonne mijaurée ! Avez-vous été bien muguetée et fleurée ? Mon Maître vous a-t-il débité le fleuron ? Est-il dans votre coeur cet amant fanfaron ? Ce charmant Damoiseau ? Ce Dameret superbe ? Qui prétend sous le pied me couper bientôt l'herbe ? Coquine, vous savez fort bien l'art d'écouter, Quand le godelureau vient pour vous en conter ; Mais alors que Guillot vous dit qu'il vous adore, Vous le dédaignez caigne, et faites la pécore ; Il voit paraître en vous un certain air honteux, Vous faites la fâchée, et vous baissez les yeux, Comme si je n'étais pas de votre calibre ; Courtisez vos coquets, cela vous est fort libre : Je vous dirai pourtant sans me mettre en courroux, Qu'un homme comme moi, vaut un peu mieux que vous, Madame la friponne, ou pour mieux dire gueuse ; Vous me portez bien l'air d'une franche coureuse, Pour aller bien souvent en carrosse à cinq sous, Et tâcher d'attirer quelques muguets à vous : Pour peu que vous alliez en ces lieux en voyage, Qui sait si mon honneur fera bientôt naufrage.

Mijaurée : En st. plaisant et moqueur, fille ou femme dont les manières sont ridicules et pleines d'affèterie. [FC]

Fleuron : Fleuron et fleurette s'est dit, par plaisanterie, pour fleurette simplement, au sens de propos galant. [L]

Damaret : celui qui affecte trop de propreté, et qui veut paraître de bonne mine pour plaire aux Dames. [F]

Godelureau : Jeune fanfaron, glorieux, pimpant et coquet qui se pique de galanterie, de bonne fortune auprès des femmes, qui est toujours bien propre et bien mis sans avoir d'autres perfections. [F]

Pécore : Bête, stupide qui a du mal à concevoir quelque chose. [F]

Caigne, cagne : Vieux mot qui signifiait autrefois chienne. Il ne se dit plus que par injure à des femmes qu'on veut taxer d'infâme prostitution. [F]

Coquet : se dit de celui qui fait le galant, qui cherche à plaire à plusieurs personnes. [FC]

Carosse à cinq sous : Premier transport en commun urbain économique. Chevalier a écrit une comédie "L'Intrigue des Carosses à cinq sous" en 1663.

Muguet : En style famil. et plaisant, galant auprès des Dames ; recherché dans sa parure. [FC]

GUILLOT

Voilà mon pauvre esprit tout sans dessus dessous, Au diable soit l'amour, et la chienne de fille, Mais je vois Ragotin, que cherche ici ce drille ?

Drille : Aujourd'hui [XIXème] et familièrement. Un vieux drille, un soldat qui a vieilli dans le service ; et, figurément, un homme qui a vieilli dans la ruse, dans les mauvaises affaires, dans le libertinage. [L]

SCÈNE VI. Guillot, Ragotin.

SCÈNE VII. Policarpe, Boniface, [Guillot et Ragotin, cachés].

RAGOTIN, de l'endroit où il est caché

Voyez donc les vieux traîtres.

SCÈNE VIII. Polixène, Policarpe, Boniface, Guillot et Ragotin, cachés.

POLIXENE, impatiente de savoir qui c'est

Mais Monsieur, quel est-il ?

POLIXENE, surprise

Justes Dieux !

POLIXENE, s'en allant froidement

Mon Père, j'ai fait voeu d'être Religieuse.

SCÈNE IX. Aminte, Policarpe, Boniface, Guillot et Ragotin, cachés.

AMINTE, impatiente de savoir qui c'est

Quel peut-être, Monsieur, cet homme si parfait ?

AMINTE, surprise

Dieux !

SCÈNE X. Guillot, Ragotin, sortant d'où ils étaient cachés.

ACTE III

SCÈNE I. Clidamant et Guillot, sortent chacun d'un côté du Théâtre.

CLIDAMANT

Comment ?

CLIDAMANT

Un Rival !

GUILLOT

Alors qu'il faut fourber j'ai bien de la vertu, Ne soyez plus chagrin, je sais bien les manières, Au bonhomme dans peu de tailler des croupières ; S'il croit de votre objet faire bientôt son bien, Qu'il ferme bien la main, disant qu'il ne tient rien. Monsieur, je veux ma foi, devenir bas d'estame, Si devant qu'il soit nuit, vous n'avez votre femme. Mais j'aperçois venir notre autre langoureux, Et bien, ne voilà pas deux hommes bien chanceux ?

Fourber : Tromper adroitement, finement. Ceux qui agissent avec sincérité, sont ceux qu'on fourbe le plus aisément. [F]

Tailler des croupières : Fig. Malmener quelqu'un, lui susciter des embarras. [L]

Estame : Laine tricotée avec des aiguilles. On fait des bas d'estame, des gants, des chemisettes, des bonnets, etc. [F]

SCÈNE II. Clidamant, Lucidor, Guillot, Ragotin.

CLIDAMANT

Non.

GUILLOT

Ne criez donc plus ; songez au nécessaire ; Et puisque vos deux soeurs pour vous veulent tout faire, Que vous êtes certains qu'elles aimeront mieux Vous avoir, que d'avoir vos rivaux chassieux, Malgré ce qu'ils feront pour vous ôter vos belles, Je prétends aujourd'hui vous livrer vos femelles Faisant ce que je dis, vous voyez par mon stec, Que nos Barbons n'auront qu'à s'en torcher le bec. Je veux être pendu si je ne les enlève.

Chassieux : Qui a de la chassie, Humeur onctueuse et jaunâtre sécrétée sur le bord de chaque paupière par les glandes de Meibomius. [L]

Stec : terme non identifié.

Bec : Fig. et populairement. Il n'a qu'à s'en torcher le bec, il ne doit pas compter sur ce qu'il désire. [L]

SCÈNE III. [Les mêmes, cachés,] Policarpe, Boniface.

GUILLOT, du coin du Théâtre où il est

Attendez-moi sous l'orme, Si c'est votre dessein de les prendre d'assaut, Vous ne soufflerez point, rien ne sera trop chaud.

Orme : Fig. Attendez-moi sous l'orme, se dit quand on donne un rendez-vous auquel on n'a pas dessein de se trouver. [L] Regnard a écrit une comédie avec cette expression en 1694.

BONIFACE

Dieu vous en veuille ouïr ! Enfin, cher Policarpe, il nous faut réjouir, Requinquons-nous tous deux pour danser à la noce ; Je ne suis pas si vieux, ni vous encore si rosse, Que nous ne puissions plus nous donner du bon temps ; Pour se bien divertir, vive les vieilles gens !

Rosse : Cheval sans force, sans vigueur. On dit proverbialement et figurément, qu'il n'est si bon cheval qui ne devienne rosse, pour dire, qu'Il n'y a point d'homme si robuste, si vigoureux, ou d'un esprit si fort, qui ne s'affaiblisse par l'âge. [L]

POLICARPE

Nous en ferions encor la nique à la jeunesse, Je prétends bien danser avec vous la Duchesse, Les Branles, la Mignonne, et tous les Menuets, La Courante à la Reine avec les Tricotets.

Faire la nique : Il ne se dit qu'en cette locution du style familier, faire la nique à... Mépriser ; se moquer, ne pas se soucier de... [FC]

Branle : Espèce de danse. Le branle ou branle gai est le nom générique de toutes les danses où un ou deux danseurs conduisent tous les autres, qui répètent ce qu'ont fait les premiers. [L]

Tricotet : Ancienne danse très vive. [L]

BONIFACE

Quand même on nous croirait vieux comme était Hérode, Je veux que nous dansions les danses à la mode, Les Cinq-pas, la Guimbarde ont la vogue en ce temps ; Et tous ces petits sauts qui font danser les Grands. Mais il nous faut devant terminer nos affaires.

Populairement. Vieux comme Hérode, très vieux, très connu. Cela est vieux comme Hérode. Cette locution vient probablement de ce que Hérode le Grand a été dit aussi Hérode le Vieux, par rapport à ses descendants. [L]

BONIFACE

Il faut que nous fassions à présent notre coup, Car nous voilà tantôt comme entre chien et loup ; La nuit s'approche, allons.

Ils entrent chez eux.

Entre chien et loup : À petit jour, le soir ou le matin, c'est-à-dire quand le jour est si sombre qu'on ne saurait distinguer un chien d'avec un loup. [L]

SCÈNE IV. Clidamant, Lucidor, Guillot, Ragotin.

CLIDAMANT, à Guillot

Et bien, que faut-il faire ?

GUILLOT

Il se faut préparer pour cette grande affaire, J'ai dans mon Incamo, d'infaillibles secrets, Qui pour vous obliger s'en vont être tous prêts. Mais il faut avertir Ragotin de la chose.

Il lui parle à l'oreille.

Va faire promptement cette métamorphose.

Incamo : terme non identifié. Possible rapprochement avec Incamérer qui consiste à rapprocher des terres au domaine de la chambre écclésiastique. Ici, Incoma au figuré domaine privé

GUILLOT, à son Maître

Vous, tenez-vous au guet Et vous verrez bientôt un admirable trait.

Ils vont prendre chacun un habit de femme.

SCÈNE V. Clidamant, Lucidor.

SCÈNE VI. Clidamant, Lucidor, Guillot et Ragotin, déguisés en femmes, Policarpe et Boniface, tenant chacun leurs filles avec une corde..

Guillot et Ragotin, ont chacun une corde dont ils prennent les deux bras que les vieillards ont de libres, et s'approchent près des Maîtresses de leurs Maîtres.

AMINTE

Dieux !

RAGOTIN

Ne vous fâchez point, Ragot est prêt de vous Qui vous livre à son Maître, et vous sort d'esclavage.

Il l'ôte de l'endroit où elle est attachée, et se met à sa place, et la donne à son Maître. Guillot, en fait autant.

BONIFACE

Oui.

GUILLOT, affectant une grosse voix

Bon Papa, pourquoi donc me chantez-vous injure ?

SCÈNE VII. Clidamant, Lucidor, Policarpe, Boniface, Guillot, Ragotin, Polixène, Aminte, Béatrix, Lisette.

CLIDAMANT, à son Père et à l'autre

Ah ! Messieurs, se peut-il que vous nous donniez ?

867 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica