Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Le Pédagogue Amoureux

Chevalier· imprimée en 1665· 5 actes· 1 588 vers· 12 personnages

Personnages

  • ALBERT, père de Clarice, et Amant de Céliane
  • MAURICE, père de Céliane
  • CLÉONTE, fils d'Élise, et Amant de Clarice
  • CLITANDRE, Amant de Céliane, et Rival d'Albert
  • ÉLISE, mère de Cléonte et de Judith
  • JUDITH
  • CLARICE, fille d'Albert, et Amante de Cléonte
  • CÉLIANE, Amante de Clitandre, et fille de Maurice
  • CROQUET, Valet de Cléonte, et Amant d'Isabelle
  • RAGOTIN, Valet de Clitandre, et Amant de Clémence
  • ISABELLE, suivante de Clarice
  • CLÉMENCE, suivante de Céliane
MADEMOISELLE,

À SON ALTESSE ROYALE MADEMOISELLE

Lorsque j'eus l'honneur de paraître devant V. ALTESSE en qualité d'Acteur, je n'espérais pas avoir un jour le glorieux avantage de m'y voir en celle d'Auteur ; et véritablement, MADEMOISELLE, j'en aurais une surprise sans égale, n'était que toute la Terre sait bien que quiconque a le bonheur d'être regardé de votre Royale Personne, fût-il le plus stupide du monde, ne peut manquer d'avoir quelque étincelle d'esprit, quand la splendeur du vôtre a réfléchi sur le sien. Si bien, MADEMOISELLE, que les merveilleuses qualités dont VOTRE ALTESSE brille, ne laissent rien partir d'auprès d'elle qui n'en emporte des clartés considérables ; et comme j'étais le plus ignorant de tous les hommes avant cet heureux moment, je puis dire que si j'ai quelque talent, qu'il ne me vient que d'avoir paru en votre auguste présence. Jugez donc, Mademoiselle, si ce ne serait pas vous faire une espèce de larcin, si je ne vous offrais un Ouvrage qui est plus à Vous qu'à moi, n'ayant rien en ma personne que ce que j'ai gardé de l'idée de vos charmantes perfections ; joint que comme il n'est point d'Auteurs qui ne vous aient consacré leurs plus chères productions, ce serait manquer à mon devoir, si je ne suivais de si dignes traces ; il est toujours bien avantageux de suivre un chemin quand il mène au Temple de la Vertu. Je m'y vois donc, MADEMOISELLE ; et mon Pédagogue qui n'a pas moins de vertu que d'amour, vient immoler toute la sienne à la vôtre : il est bien juste que tout ce qui vous est tributaire vous rende son hommage. Je ne doute pas que V. ALTESSE qui n'a rien que d'achevé en elle, ne remarque en cette Pièce quantité de fautes et de conduite et de jugement, et même dans la justesse des Vers, pour peu qu'elle daigne s'abaisser à lire un si défectueux Ouvrage ; mais, MADEMOISELLE, y a-t-il rien au monde qui puisse avoir quelque chose de considérable à l'aspect de VOTRE ALTESSE, hors la gloire d'en approcher ? Non, non, MADEMOISELLE, ni moi, ni tous les Auteurs du Siècle, ne peuvent rien exposer à vos yeux qui ne soit plein de défauts auprès de votre haut mérite. Voilà ce qui peut m'excuser envers VOTRE ALTESSE, de l'audace que je prends de lui faire un présent si peu digne d'elle ; et sa bonté qui est plus grande mille fois que ma témérité, fait que j'en ose espérer le pardon avec la grâce de me dire d'un zèle aussi respectueux que soumis,

MADEMOISELLE,

DE VOTRE ALTESSE,

Le très humble, et très obéissant et très obligé Serviteur,

CHEVALIER.

ACTE I

SCÈNE I. Cléonte, Croquet.

SCÈNE II. Albert, Isabelle.

Cléonte et Croquet restent dans une allée du Théâtre et Albert met Isabelle dehors, et enferme Clarice.

SCÈNE III. Cléonte, Croquet, Isabelle.

SCÈNE IV. Clitandre, Ragotin.

CLITANDRE

Et je suis...

SCÈNE V. Élise, Judith.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Clarice, Isabelle.

ACTE II

SCÈNE I. Élise, Judith.

SCÈNE II. Élise, Isidore, Judith.

CLARICE, sous le nom d'Isidore, bas

C'est Élise elle-même.

SCÈNE III. Élise, Isidore.

SCÈNE IV. Élise, Cléonte, Isidore, Judith, Croquet.

ISIDORE, bas

Il parle de moi.

ISIDORE

Je les saurai fort bien morigéner tous deux.

Morigéner : Instruire aux bonnes moeurs et corriger les mauvaises. [FC]

SCÈNE V. Cléonte, Isidore, Croquet.

CROQUET

Monsieur, vous allez donc nous pédagoguiser ; Mais quoique vous portiez le nom de Pédagogue Vous êtes trop bénin pour vouloir être rogue : Pourtant si nous allions vous contredire un peu, La Férule, je crois, jouerait souvent son jeu.

Pédagoguiser : faire le Pédagogue, enseigner.

Férule : Sceptre de pédant, dont il se sert pour frapper dans la main des écoliers qui ont manqué à leur devoir. On le dit aussi du coup qui fait la correction. [F]

ACTE III

SCÈNE I. Ragotin, Clémence.

SCÈNE II. Clitandre, Clémence, Ragotin.

SCÈNE III. Clémence, Isabelle.

SCÈNE IV. Cléonte, Isidore.

ISIDORE

Libenter.

SCÈNE V. Isidore, Isabelle.

SCÈNE VI. Élise, Isidore.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII. Cléonte, Croquet.

SCÈNE IX. Cléonte, Clitandre, Croquet, Ragotin.

CLÉONTE

Hélas !

SCÈNE X. Albert, Maurice, à sa porte avec Albert, Ragotin.

MAURICE

Adieu.

SCÈNE XI.

ACTE IV

SCÈNE I.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Isidore, Croquet.

CROQUET

Oui-da.

CROQUET

J'ai...

CROQUET

Oui...

CROQUET

Pardon...

CROQUET

Or donc...

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Isabelle, Croquet.

CROQUET

Il est vrai que ce cuistre est un méchant garçon.

Cuistre : Nom de mépris. Valet de Collège. Pédant, homme grossier. [FC]

SCÈNE VI. Cléonte, Isidore, Croquet.

CLÉONTE

Quoi donc ?

CLÉONTE

Quel heur !

SCÈNE VII. Élise, Cléonte, Isidore.

CROQUET

Peste de ton honneur et de ton agissage, Loin de nous consoler tu nous mets dans la rage.

Agissage : Mot inventé par l'auteur pour désigner la façon d'agir d'Isidore.

ACTE V

SCÈNE I. Cléonte, Isidore, Croquet.

CROQUET

Il ne faut pas douter dedans cette rencontre, Bien peu d'être pour nous, il est tout à fait contre ; Car pour avoir fait mettre Isabelle dehors, Il faut qu'il ait au moins un Diable dans le corps, Ou bien qu'il soit sans pair en l'art de fourberie.

Pair : se dit premièrement de quelques oiseaux qui s'apparient pour la génération, comme des perdrix, des pigeons, et particulièrement de la tourterelle. C'est un homme sans pair, pour dire, qui sont au dessus des autres, qui n'ont rien qui leur puisse estre comparé. [F]

SCÈNE II.

SCÈNE III. Albert quittant Maurice à sa porte.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Clitandre, Ragotin.

SCÈNE VI. Clitandre, Clémence, Ragotin.

RAGOTIN

Je la veux à mon tour faire tenir à quatre, Et de moi d'aujourd'hui vous ne viendrez à bout.

Tenir à quatre : Se faire tenir à quatre, opposer la plus vive résistance, le refus le plus déterminé. [L]

RAGOTIN

Mais pourquoi faire donc tant de la renchérie ?

Faire tant de renchérie : on dirait plutôt actuellement au figuré : Faire tant de surenchère.

SCÈNE VII. Clitandre, Ragotin.

SCÈNE VIII. Maurice, Céliane, Clitandre, Ragotin.

RAGOTIN

Je vois, réponds. La bourse, ou je te mousquetonne.

Mousquetonne : Petit mousquet qui est plus court, mais plus gros de calibre que les mousquets ordinaires. [F]

MAURICE, quittant sa fille pour mettre l'épée à la main

Traître, tu périras avant que je la donne.

SCÈNE IX. Clitandre, Albert, Maurice.

ALBERT, sortant brusquement de chez lui, et laissant sa porte ouverte

Qui va là ? Quel malheur ? Quel bruit ai-je entendu ?

ALBERT

Qu'est-ce ci, justes Dieux !

Clémence sortant de chez elle une chandelle à la main.

SCÈNE X. Albert, Maurice, Isidore, Clitandre.

CLITANDRE

Cherchons donc le profane ; Il se rendra, le traître, ou je l'attraperai, Car j'aurai Céliane, et la ramènerai.

Il sort.

Profane : Familièrement. Personne qu'on ne veut point admettre dans une société. [L]

SCÈNE XI. Albert, Maurice, Isidore.

SCÈNE XII. Albert, Maurice, Élise, Cléonte, Isidore, Judith.

CLÉONTE

J'obéis.

ÉLISE, aux Vieillards

Qu'est-ce qui vous invite ?

SCÈNE XIII. Maurice, Albert, Élise, Judith, Cléonte, Isidore.

MAURICE

Quoi ?

RAGOTIN

Par hasard.

SCÈNE XIV. Élise, Clitandre, Albert, Maurice, Judith, Ragotin, Isidore.

SCÈNE XV. Isabelle, Élise, Clitandre, Albert, Maurice, Judith, Ragotin, Isidore.

ISABELLE

Elle-même.

ALBERT

Ma fille.

ISIDORE

Le premier mot de la ligne suivante est absolument illisible.

[...] , moi-même.

ISABELLE

Oui !

CLÉMENCE

De bon coeur.

1 588 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica