Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Alfonse Dit l'Impuissant, Tragédie en un Acte

Charles Collé· créée en 1737, imprimée en 1740· 449 vers· 4 personnages

Représenté pour le première fois en 1737 en société à Bagatelle chez la Marquise de Mauconseil.

Personnages

  • ALFONSE, roi de Portugal
  • LÉONOR, reine de Portugal
  • ALVARÈS, beau-frère d'Alfonse, héritier présomptif de la couronne et désigné roi, si Alfonse n'a point d'enfant dans un an
  • ALCIMADURE, eunuque, premier ministre d'Alfonse

SCÈNE I.

SCÈNE II. Alcimadure, Alfonse.

ALFONSE, l'interrompant

Le sceptre va bientôt passer en d'autres mains. Tu sais depuis quel temps un stérile hyménée Au sort d'une princesse unit ma destinée. Je me plaignis en vain, par un subtil détour, Qu'elle ne donnait point de fruits à mon amour : Quand j'épousai la reine, elle était mère et veuve ; De sa fécondité l'Espagne avait la preuve. Je fus accusé seul, et le peuple indécent Me surnomma dès lors Alfonse l'Impuissant. À quoi n'eut pas recours ma honteuse industrie ? Je prenais mon néant pour une léthargie : Juste ciel ! Que ne puis-je oublier cette nuit Qui de mon triste sort ne m'a que trop instruit ! Tout inspirait l'amour dans cette nuit fatale ; Vingt lustres éclairaient la couche nuptiale. Flore l'embellissait des plus brillantes fleurs, Et Zéphyre exhalait ses plus douces odeurs. Sur le lit conjugal, la reine, à demi nue... Ô ciel ! Que de beautés elle offrait à ma vue ! Pour un corps tout de glace inutiles trésors ! Peins-toi, si tu le peux, ma rage, mes transports. Sans cesse complaisante et sans cesse trompée, La Reine, au fond du coeur mortellement frappée, Disait que : « Pour moi seul, sensible à mon malheur, Elle bornait l'amour aux seuls plaisirs du coeur. » Son dépit, qui perçait à travers ce langage, Redoublait ses appas, ma honte et son outrage... Malheureux ! La nature, en me formant le corps, Des sources de la vie a rompu les ressorts. Rien n'a pu surmonter sa haine opiniâtre. Ah ! Nature ennemie ! Ah ! Nature marâtre ! Fallait-il me priver de mes droits les plus doux ! Du dernier des humains je dois être jaloux ; Le plus vil des mortels jouit de l'avantage Dont tu n'as pas daigné me faire aucun partage De ton avare main je n'ai pu l'obtenir. Pourquoi me commencer et ne me pas finir ? Ne m'as-tu donc formé que pour être sans cesse Ton opprobre et celui de toute notre espèce ? Tu ne m'as fait sortir du néant qu'à moitié ; Ah ! Tu devais du moins m'y laisser par pitié.

ALCIMADURE

Seigneur.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Léonor, Alcimadure.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Léonor, Alvarès.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII. Alvarès, Alcimadure.

ALVARÈS, avec transport

Ami, par quels bienfaits.

ALCIMADURE

Seigneur, dans ces moments, ne vous oubliez pas..

Alvarès est mené chez la Reine par deux dames d'honneur qui paraissent et entre les mains desquelles Alcimadure le remet.

SCÈNE IX.

SCÈNE X.

SCÈNE XI ET DERNIÈRE.

Alcimadure entrant par le côté opposé à celui de la chambre de la Reine, où il va, et s'arrêtant au bruit qui se fait.

Alfonse et Alvares, tous deux derrière le théâtre où se passe l'action.

ALFONSE, poignardant Alvarès

Vengeons-nous !

ALCIMADURE, un poignard à la main

Seigneur...

449 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0