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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Andromède

Pierre Corneille· créée en 1650, imprimée en 1651· 6 actes· 1 772 vers· 28 personnages

Représenté pour la première fois 13 janvier 1650 au Théâtre du Petit-Bourbon.

Personnages

  • CÉPHÉE, roi d'Éthiope, père d'Andromède
  • CASSIOPE, reine d'Éthiopie
  • ANDROMÈDE, fille Céphée et de Cassiope
  • JUPITER
  • JUNON
  • NEPTUNE
  • MERCURE
  • LE SOLEIL
  • VÉNUS
  • MELPOMÈNE
  • ÉOLE
  • CYMODOCE, néréïde
  • EPHYRE, néréïde
  • CYDIPPE, néréïde
  • NÉRÉIDES
  • HUIT VENTS
  • PHINÉE, prince d'Éthiopie
  • PERSÉE, fils de Jupiter et de Danaé
  • TIMANTE, capitaine des gardes du roi
  • AMMON, ami de Phinée
  • AGLANTE, nymphe d'Andromède
  • CÉPHALIE, nymphe d'Andromède
  • LIRIOPE, nymphe d'Andromède
  • Un page de Phinée
  • PHORBAS
  • CHOEUR DU PEUPLE
  • Une voix
  • Suite du roi
Madame,

À M.M.M.M.

C'est vous rendre un hommage bien secret, que de vous le rendre ainsi, et je m'assurer que vous aurez de la peine vous-même à reconnaître que c'est à vous que je dédie cet ouvrage. Ces quatre lettres hiéroglyphiques vous embarrasseront aussi bine que les autres, et vous ne vous apercevrez jamais qu'elles parlent de vous jusqu'à ce que je vous les explique. Alors vous m'avouerez sans doute que je suis fort exact à ma parole, et fort ponctuel à l'exécution de vos commandements. Vous l'avez voulu, et j'obéis, je vous l'ai promis, et je m'acquitte. C'est peut être vous en dire trop pour un homme qui se veut cacher quelque temps à vous-même, et pour peu que vous fassiez de réflexion sur mes dernières visites, vous devinerez à demi que c'est à vous que ce compliment s'adresse. N'achevez pas je vous prie, et laissez moi la joie de vous surprendre par la confidence que je vous en dois. Je vous en conjure par tout le mérite de mon obéissance, et ne vous dis point en quoi les belles qualités d'Andromède approchent de vos perfections, ni quel rapport ses aventures ont avec les vôtres ; ce serait vous faire un miroir, où vous verriez trop aisément, et vous ne pourriez plus rien ignorer de ce que j'ai à vous dire. Préparez-vous seulement à recevoir, non pas tant comme un des plus beaux spectacles que le France ait vu, que comme une marque de respectueuse de l'attachement inoubliable à votre service, dont fait voeur, MADAME,

Vous très humble, très obéissant, et très obligé serviteur.

CORNEILLE

ARGUMENT

Cassiope femme de Céphée roi d'Éthiopie fut si vaine de sa beauté, qu'elle osa la préférer à celle des Néréïdes, dont les nymphes irritées firent sortir de la mer un monstre, qui fit de si étranges ravages sur les terres de l'obéissance du roi son mari, que les forces humaines ne pouvant donner aucun remède à des misères si grandes, on recourut à l'Oracle de Jupiter Ammon. La réponse qu'en reçurent ces malheureux princes fut un commandement d'exposer à ce monstre Andromède leur fille unique, pour en être dévorée. Il fallut exécuter ce triste arrêt, et cette illustre victime fut attachée à un rocher, où elle n'attendait que la mort, lorsque Persée fils de Jupiter et de Danaé passant par hasard, jeta les yeux sur elle. Il revenait de la conquête glorieuse de la tête de la Méduse qu'il portait sous son bouclier, et volait au milieu de l'air, au moyen des ailes qu'il aurait attachées aux deux pieds de la façon qu'on nous peint Mercure. Ce fut d'elle-même qu'il apprit la cause de sa disgrâce, et l'amour que ses premiers regards lui donnèrent, lui fit en même temps former le dessein de combattre ce monstre, pour conserver des jours qui lui étaient devenus si précieux. Avant que d'entrer au combat il eut loisir de tenir parole de ses parents que les fruits en seraient pour lui, et reçut les effets de cette promesse, si tôt qu'il eut tué le monstre. Le roi et la reine donnèrent avec grande joie leur fille à son libératuer, mais la magnificence des noces dut troublée par la violence que voulut faire Phinée frère du roi et oncle de la Princesse, à qui elle avait été promise avant son malheur. Il se jeta dans le palais royal avec une troupe de gens armés ; et Persée s'en défendit quelque temps sans autre secours que celui de sa valeur et de quelques amis généreux : mais se voyant près de succomber sous le nombre, il se servit enfin de cette tête de Méduse, qu'il tira de sous son bouclier, et l'exposant aux yeux de Phinée et des assassins qui le suivaient , cette fatale vue les convertit en autant de statues de pierre, qui servirent d'ornement au même palais qu'ils voulaient teindre de sang de ce héros. Voilà comme Ovide raconte cette fable, où j'ai changé beaucoup de choses tant par la liberté de l'Art, que par la nécessite des ordres du théâtre, et pour lui donner plus d'agrément.

En premier lieu j'ai cru plus à propos de faire Cassiope vaine de la beauté de sa fille que de la sienne propre, d'autant qu'il est fort extraordinaire qu'une femme dont la fille est en âge d'être mariée, ait encore d'assez beaux restes pour s'en vanter si hautement ; et qu'il n'est pas vraisemblable que cet orgueil de Cassiope pour elle-même eut attendu si tard à éclater, vu que c'est dans sa jeunesse que la beauté étant plus parfaite et le jugement moins formé, donnent plus de lieu à des vanités de cette nature, et non pas alors que cette même beauté commence d'être sur le retour, et que l'âge a mûri l'esprit de la personne qui s'en serait enorgueillie en un autre temps.

Ensuite, j'ai supposé que l'Oracle d'Ammon n'avait pas condamné précisément Andromède à être dévorée par le monstre, mais qu'il avait ordonné seulement qu'on lui exposât tous les mois une fille, qu'on tirât au sort pour voir celle qui lui était livrée, et que cet ordre ayant déjà été exécuté cinq fois, on était au jour qu'il fallait suivre pour la sixième.

J'ai introduit Persée comme un chevalier errant qui s'est arrêté depuis un mois dans la cour de Céphée, et non pas comme se rencontrant par hasard dans le temps qu'Andromède est attachée au rocher. Je lui ai donné de l'amour pour elle, qu'il n'ose découvrir, parce qu'il la voir promise à Phinée ; mais qu'il nourrit toutefois d'un peu d'espoir, parce qu'il voit son mariage différé jusques à la fins des malheurs publics. Je l'ai fait plus généreux qu'il n'est dans Ovide, où il n'entreprend la délivrance de cette Princesse, qu'après que ses rapports l'ont assuré qu'elle l'épouserait, sitôt qu'il l'aurait délivrée. J'ai changé aussi le qualité de Phinée, que j'ai fait seulement le neveu du roi dont le roi le nomme frère : le mariage de deux courin me semblant plus supportable dans nos façons de vivre, que celui de l'oncle et de la nièce, qui eut pu sembler un peu plus étrange à mes auditeurs.

Les peintres qui cherchent à faire paraître leur Art dans les nudités, ne manquent jamais à nous représenter Andromède nue au pied du rocher où elle est attachée, quoi qu'Ovide n'en parle point. Ils me pardonneront si je ne les ai pas suivis dans cette invention, comme j'ai fait en celle du cheval Pégase, sur lequel ils montrent Persée pour combattre le monstre, quoi qu'Ovide ne lui donne des ailes aux talons. Ce changement donne lieu à une machine toute extraordinaire et merveilleuse, et empêche que Persée ne soit pris pour Mercure : outre qu'ils ne le mettent pas en cet équipement sans fondement, vu que le même Ovide raconte, que sitôt que Persée eut coupé la monstrueuse tête de Méduse, Pégase tout ailé sortit de cette Gorgone, et que Persée s'en put saisir dès lors pour faire des courses par le milieu de l'air.

Nos globes célestes où l'on marque pour constellation Céphée, Cassiope, Persée et Andromède, m'ont donné jour à la faire enlever tous quatre au Ciel sur la fin de la pièce pour y faire les noces de ces amants, comme si la Terre n'en était pas digne.

Au reste, comme Ovide ne nomme point la ville où il fait arriver cette aventure, je ne me suis point enhardi à la nommer. Il dit pour toute chose que Céphée régnait en Ethiopie, sans désigner sous quel climat. La topographie modernes des ces contrées-là n'est pas fort connue, et celle du temps de Céphée encore moins. Je me contenterai donc de vous dire qu'il fallait que Céphée régnât en quelque pays maritime, que se ville capitale dut sur les bords de la mer, et que les peuples fussent blancs quoqu'Etiophien ; Ce n'est pas que les Mores les plus noirs n'aient leur beauté à leur mode, mais il n'est pas vraisemblable que Persée qui était grec et né dans Argos, fur devenu amoureux d'Andromède, si elle eut été de leur teint. j'ai pour moi le consentement de tous les peintres, et surtout l'autorité du grand Héliodore qui ne fonde la blancheur de la divine Chariclée que sur un tableau d'Andromède. Ma scène sera donc s'il vous plaêt dans la capitale de Céphée, proche de la mer, et pour le nom, vous lui donnerez tel qu'il vous plaira.

Vous trouverez cet ordre gardé dans les changements de théâtre, que chaque acte aussi bien que le prologue a sa décoration particulière, et du moins une machine volante avec un concert de musique, que je n'ai employée qu'à satisfaire les oreilles des spectateurs, tandis que leurs yeux sont arrêtés à voir descendre ou remonter une machine, ou s'attachent à quelque chose qui leur empêche de prêter attention à ce que pourraient sire les acteurs, comme fait le combat de Persée avec le monstre : mais je me suis bien gardé de rien faire chanter qui fut nécessaire à l'intelligence de la pièce, parce que communément les paroles qui se chantent étant mal entendues des auditeurs, pour la confusion qu'y apporte la diversité des voix qui les prononcent ensemble, elles auraient fait une grande obscurité dans le corps de l'ouvrage, si elles avaient eu à instruire l'auditeur de quelque chose d'important. Il n'en va pas de même des machines, qui ne sont pas dans cette tragédie comme des agréments détachés, elles en sont le noeud et le dénouement, et y sont si nécessaires que vous n'en sauriez retrancher aucune, que vous ne fassiez tomber tout l'édifice. J'ai été assez heureux à les inventer et à leur donner place dans la tissure de ce poème, mais aussi fait-il que j'avoue que le sieur Torrelli s'est surmonté lui-même à en exécuter les dessins, et qu'il a eu des inventions admirables pour les faire agir à propos, de sorte que s'il m'eut du quelque gloire pour avoir introduit cette Vénus dans le premier acte, qui fait le noeud de cette tragédie par l'Oracle ingénieux qu'elle prononce, il lui en est du bine davantage pour l'avoir fait venir de si loin et descendre au milieu de l'air par cette magnifique étoile, avec tant d'art et de pompe, qu'elle remplit tout le monde d'étonnement et d'admiration. Il en faut dire autant des autres que j'ai introduites et dont il a inventé l'exécution, qui en a rendu le spectacle si merveilleux qu'il sera mal aisé d'en faire un plus beau de cette nature. Pour moi je confesse ingénument que quelque effort d'imagination que j'aie fait depuis, je n'ai pu découvrir encore un sujet capable de tant de d'ornements extérieurs où les machines pussent être distribuées avec tant de justesse : je n'en désespère pas toutefois, et peut-être que le temps en fera éclater quelqu'un assez brillant et assez heureux pour me faire dédire de ce que j'avance. En attendant recevez celui-ci comme le plus achevé qui ait encore paru sur nos théâtres, et souffrez que la beauté de la représentation supplée au manque de beaux vers que vous ne trouverez pas en si grande quantité que dans Cinna, ou dans Rodogune, parce que mon principal but ici a été de satisfaire la vue par l'éclat et la diversité du spectacle, et non pas de toucher l'esprit par la force du raisonnement, ou le coeur par la délicatesse des passions. Ce n'est pas que j'en ai fui ou négligé aucunes occasions., mais il s'en est rencontré si peu, que j'aime mieux avouer que cette pièce n'est que pour les yeux.

PROLOGUE

DÉCORATION DU PROLOGUE. L'ouverture du théâtre présente de front aux yeux des spectateurs une montagne, dont les sommets inégaux, s'élevant les uns sur les autres, portent le faîte jusque dans les nues. Le pied de cette montagne est percé à jour par une grotte profonde qui laisse voir la mer en éloignement. Les deux côtés du théâtre sont occupés par une forêt d'arbres touffus et entrelacés les uns dans les autres. Sur un des sommets de la montagne paraît Melpomène, le muse de la tragédie, et à l'opposite dans le ciel, on voit le soleil s'avancer dans un char tout lumineux, tiré par les quatre chevaux qu'Ovide lui donne.

Le Soleil, Melpomène.

Le SOLEIL

Viens, je t'attends, et te fais place.

Mélpomène vole dans le char du soleil, et y ayant pris place auprès de lui, ils unissent leurs voix, et chantent cet air à la louange du roi. Le dernier vers de chaque couplet est répété par le choeur de la musique.

Le SOLEIL

Voilà ce que je dis sans cesse Dans tout mon large tour. Mais c'est trop retarder le jour ; Allons, muse, l'heure me presse, Et ma rapidité Doit regagner le temps que sur cette province, Pour contempler ce prince, Je me suis arrêté.

Le Soleil part avec rapidité, et enlève Melpomène avec lui dans son char pour aller publier ensemble la même chose au reste de l'univers.

ACTE I

DÉCORATION du PREMIER ACTE. Cette grande masse de montagnes et ces rochers élevés les uns sur les autres qui la composaient, ayant disparu e un moment par un merveilleux artifice, laissent voir en leur place la ville capitale du royaume de Céphée, ou plutôt la place publique de cette ville. Les deux côtés et le fond de théâtre sont des palais magnifiques, tous différents de structure, mais qui gardent admirablement l'égalité et les justesses de la perspective. Après que les dieux ont eu loisir de se satisfaire à considérer leur beauté, la rein Cassiope paraît comme passant par cette place pour aller au temple : elle est conduite par Persée, encore inconnu, mais qui passe pour un cavalier de grand mérite qu'elle entretient des malheurs publics, attendant que le roi la rejoigne pour aller à ce temple de compagnie.

SCÈNE PREMIÈRE. Cassiope, Persée, Suite de la Reine.

CASSIOPE

écoutez : la douleur se soulage à se plaindre ; Et quelques maux qu'on souffre ou que l'on aie à craindre, Ce qu'un coeur généreux en montre de pitié Semble en notre faveur en prendre la moitié. Ce fut ce même jour qui conclut l'hyménée De ma chère Andromède avec l'heureux Phinée : Nos peuples, tous ravis de ces illustres noeuds, Sur les bords de la mer dressèrent force jeux ; Elle en donnait les prix. Dispensez ma tristesse De vous dépeindre ici la publique allégresse ; On décrit mal la joie au milieu des malheurs, Et sa plus douce idée est un sujet de pleurs. Ô jour, que ta mémoire encore m'est cruelle ! Andromède jamais ne me parut si belle ; Et voyant ses regards s'épandre sur les eaux Pour jouir et juger d'un combat de vaisseaux : " telle, dis-je, Vénus sortit du sein de l'onde, Et promit à ses yeux la conquête du monde, Quand elle eut consulté sur leur éclat nouveau Les miroirs vagabonds de son flottant berceau. " À ce fameux spectacle on vit les Néréides Lever leurs moites fronts de leurs palais liquides, Et pour nouvelle pompe à ces nobles ébats À l'envi de la terre étaler leurs appas. Elles virent ma fille ; et leurs regards à peine Rencontrèrent les siens sur cette humide plaine, Que par des traits plus forts se sentant effacer, éblouis et confus je les vis s'abaisser, Examiner les leurs, et sur tous leurs visages En chercher d'assez vifs pour braver nos rivages. Je les vis se choisir jusqu'à cinq et six fois, Et rougir aussitôt nous comparant leur choix ; Et cette vanité qu'en toutes les familles On voit si naturelle aux mères pour leurs filles, Leur cria par ma bouche : " en est-il parmi vous, Ô nymphes ! Qui ne cède à des attraits si doux ? Et pourrez-vous nier, vous autres immortelles, Qu'entre nous la nature en forme de plus belles ? " Je m'emportais sans doute, et c'en était trop dit : Je les vis s'en cacher de honte et de dépit ; J'en vis dedans leurs yeux les vives étincelles : L'onde qui les reçut s'en irrita pour elles ; J'en vis enfler la vague, et la mer en courroux Rouler à gros bouillons ses flots jusques à nous. C'eût été peu des flots : la soudaine tempête, Qui trouble notre joie et dissipe la fête, Enfante en moins d'une heure et pousse sur nos bords Un monstre contre nous armé de mille morts. Nous fuyons, mais en vain ; il suit, il brise, il tue ; Chaque victime est morte aussitôt qu'abattue. Nous ne voyons qu'horreur, que sang de toutes parts ; Son haleine est poison, et poison ses regards : Il ravage, il désole et nos champs et nos villes, Et contre sa fureur il n'est aucuns asiles. Après beaucoup d'efforts et de voeux superflus, Ayant souffert beaucoup, et craignant encore plus, Nous courons à l'oracle en de telles alarmes ; Et voici ce qu'Ammon répondit à nos larmes : " pour apaiser Neptune, exposez tous les mois Au monstre qui le venge une fille à son choix, Jusqu'à ce que le calme à l'orage succède ; Le sort vous montrera Celle qu'il agréera : Différez cependant les noces d'Andromède." Comme dans un grand mal un moindre semble doux, Nous prenons pour faveur ce reste de courroux. Le monstre disparu nous rend un peu de joie : On ne le voit qu'aux jours qu'on lui livre sa proie. Mais ce remède enfin n'est qu'un amusement : Si l'on souffre un peu moins, on craint également ; Et toutes nous tremblons devant une infortune Qui toutes nous menace avant qu'en frapper une. La peur s'en renouvelle au bout de chaque mois ; J'en ai cru de frayeur déjà mourir cinq fois. Déjà nous avons vu cinq beautés dévorées, Mais des beautés, hélas ! Dignes d'être adorées, Et de qui tous les traits, pleins d'un céleste feu, Ne cédaient qu'à ma fille, et lui cédaient bien peu : Comme si choisissant de plus belle en plus belle, Le sort par ces degrés tâchait d'approcher d'elle, Et que pour élever ses traits jusques à nous, Il essayât sa force et mesurât ses coups. Rien n'a pu jusqu'ici toucher ce dieu barbare ; Et le sixième choix aujourd'hui se prépare : On le va faire au temple ; et je sens malgré moi Des mouvements secrets redoubler mon effroi. Je fis hier à Vénus offrir un sacrifice, Qui jamais à mes voeux ne parut si propice ; Et toutefois mon coeur, à force de trembler, Semble prévoir le coup qui le doit accabler. Vous donc, qui connaissez et mon crime et sa peine, Dites-moi s'il a pu mériter tant de haine, Et si le ciel devait tant de sévérité Aux premiers mouvements d'un peu de vanité.

SCÈNE II. Céphée, Cassiope, Phinée, Persée, suite du Roi et de la Reine.

Le ciel s'ouvre durant cette conversation du roi avec Phinée, et fait voir dans un profond éloignement l'étoile de Vénus qui sert de machine pour apporter cette déesse jusqu'au milieu du théâtre. Elle s'avance lentement sans que l'oeil puisse découvrir à quoi elle est suspendue, et cependant le peuple a loisir de lui adresser ses voeux par cet hymne que chantent les musiciens.

SCÈNE III. Vénus, Céphée, Cassiope, Persée, Phinée, Choeur de musique, Suite du Roi et de la Reine.

SCÈNE IV. Cassiope, Persée, Suite de la Reine.

CASSIOPE

Le sujet ?

PERSÉE

Votre joie.

ACTE II

DÉCORATION DU SECOND ACTE. Cette place publique s'évanouit en un instant pour faire place à un jardin délicieux, et ces grands palais sont changés en autant de vases de marbre blanc, qui portent alternativement, les uns des statues d'où sortent autant de jets d'eau, les autres des myrtes, des jasmins et d'autres arbres de cette nature. De chaque côté se détache un rang d'orangers dans de pareils vases, qui viennent former un admirable berceau jusqu'au milieu du théâtre, et le séparent ainsi en trois allées, que l'artifice ingénieux de la perspective fait paraître longue de plus de mille pas. C'est là qu'on voit Andromède que ces nymphes qui cueillent des fleurs, et en composent une guirlande dont cette princesse veut couronner Phinée, pour le récompenser, par cette galanterie, de la bonne nouvelle qu'il lui vient d'apporter.

SCÈNE PREMIÈRE. Andromède, Choeur de Nymphes.

ANDROMÈDE

Que dis-tu ?

UN PAGE, chantant sans être vu

Qu'elle est lente, cette journée !

SCÈNE II. Phinée, Andromède, Choeur de Nymphes, Suite de Phinée.

PHINÉE

Comment ?

Cet air chanté, le page de Phinée et cette nymphe font un dialogue en musique, dont chaque couplet à pour refrain l'oracle que Vénus a prononcé au premier acte en faveur de ces deux amants, chanté par les deux voies unies, et répété par le choeur entier de la musique.

SCÈNE III. Phinée, Andromède, Timante, Choeur de Nymphes, Suite de Phinée.

SCÈNE IV. Céphée, Phinée, Andromède, Persée, Timante, Choeur de Nymphes, Suite du Roi et de Phinée.

PHINÉE

Qu'entre eux-mêmes ces dieux se montrent donc d'accord. Quelle crainte après tout me pourrait y résoudre ? S'ils m'ôtent Andromède, ont-ils quelque autre foudre ? Il n'est plus de respect qui puisse rien sur moi ; Andromède est mon sort, et mes dieux, et mon roi ; Punissez un impie, et perdez un rebelle ; Satisfaites le sort en m'exposant pour elle : J'y cours ; mais autrement je jure ses beaux yeux, Et mes uniques rois, et mes uniques Dieux...

Ici le tonnerre commence à rouler avec un si grand bruit, et accompagné d'éclairs redoublés avec tant de promptitude, que cette feinte donne de l'épouvante aussi bien que de l'admiration, tant elle approche du naturel. On voit cependant descendre Éole avec huit vents, dont quatre sont à ses deux côtés, en sorte toutefois que les deux plus éloignés sont comme volants en l'air tout conte ce même nuage. Les quatre autres paraissent deux à deux au milieu de l'air sur les ailes du théâtre, deux à la main gauche et deux à la main droite : ce qui n'empêche pas Phinée de continuer ses blasphèmes.

SCÈNE V. Éole, Huit vents, Céphée, Persée, Phinée, Andromède, Choeur des Nymphes, Suite du Roi et de Phinée.

Ce commandement d'Éole produit un spectacle étrange et merveilleux tout ensemble. Les deux vents qui étaient à ses côtés suspendus en l'air s'envolent, l'un à gauche et l'autre à droite ; deux autres remontent avec lui dans le ciel sur le même nuage qui le vient d'apporter ; deux autres, qui étaient à sa main gauche sur les ailes du théâtre, s'avancent au milieu de l'air, où ayant fait un tour, ainsi que de deux tourbillons, ils passent au côté droit du théâtre, d'où les deux derniers fondent sur Andromède et l'ayant saisie chacun par un bras, ils l'enlèvent de l'autre côté jusque dans les nues.

ANDROMÈDE

ô ciel !

SCÈNE VI. Céphée, Persée.

ACTE III

DÉCORATION DU TROISIÈME. Il se fait ici une si étrange métamorphose qu'il semble qu'avant que de sortir de ce jardin Persée ait découvert cette monstrueuse tête de Méduse qu'il porte partout sous son bouclier. Les myrtes et les jasmins qui le composaient sont devenus des rochers affreux dont les masses inégalement escarpées et bossues suivent si parfaitement le caprice de la nature, qu'il semble qu'elle ait plus contribué que l'art à les placer ainsi des deux côtés du théâtre : c'est en quoi l'artifice de l'ouvrier est merveilleux, et se fait voir d'autant plus qu'il prend soin de se cacher. Les vagues s'emparent de toute la scène, à la réserve de cinq ou six pieds qu'ils laissent pour leur servir de rivage ; elles sont dans une agitation continuelle, et composent comme un golfe enfermé entre ces deux rangs de falaises ; on en voit l'embouchure se dégorger dans la pleine mer, qui paraît si vaste et d'une si grande étendue qu'on jurerait que les vaisseaux qui flottent près de l'horizon, dont le vue est bornée, sont éloignés de plus de six lieues de ceux qui les considèrent. Il n'y a personne qui ne juge que cet horrible spectacle et le funeste appareil de l'injustice des Dieux et du supplice d'Andromède ; aussi la voit-on au haut des nues, d'où les deux vents qui l'ont enlevée l'apportent avec impétuosité et l'attachement au pied d'un de ces rochers.

SCÈNE PREMIÈRE. Andromède au pied d'un rocher, Deux vents qui l'attachent, Timante, Choeur de Peuple sur le rivage.

ANDROMÈDE

ô dieux !

ANDROMÈDE

Laisse-moi...

SCÈNE II. Cassiope, Andromède, Timante, Choeur de Peuple.

CASSIOPE

Attirer et leur monstre et leur foudre sur moi ; Mais je ne les irrite, hélas ! Que contre toi : Sur ton sang innocent retombent tous mes crimes ; Seule tu leur tiens lieu de mille autres victimes ; Et pour punir ta mère ils n'ont, ces cruels dieux, Ni monstre dans la mer, ni foudre dans les cieux. Aussi savent-ils bien que se prendre à ta vie, C'est percer de mon coeur la plus tendre partie ; Que je souffre bien plus en te voyant périr, Et qu'ils me feraient grâce en me faisant mourir. Ma fille, c'est donc là cet heureux hyménée, Cette illustre union par Vénus ordonnée, Qu'avec tant de pompe il fallait préparer, Et que ces mêmes dieux devaient tant honorer ! Ce que nos yeux ont vu n'était-ce donc qu'un songe, Déesse ? Ou ne viens-tu que pour dire un mensonge ? Nous aurais-tu parlé sans l'aveu du destin ? Est-ce ainsi qu'à nos maux le ciel trouve une fin ? Est-ce ainsi qu'Andromède en reçoit les caresses ? Si contre elle l'envie émeut quelques déesses, L'amour en sa faveur n'arme-t-il point de dieux ? Sont-ils tous devenus ou sans coeur, ou sans yeux ? Le maître souverain de toute la nature Pour de moindres beautés a changé de figure ; Neptune a soupiré pour de moindres appas ; Elle en montre à Phébus que Daphné n'avait pas ; Et l'Amour en Psyché voyait bien moins de charmes, Quand pour elle il daigna se blesser de ses armes. Qui dérobe à tes yeux le droit de tout charmer, Ma fille ? Au vif éclat qu'ils sèment dans la mer, Les tritons amoureux, malgré leurs Néréides, Devraient déjà sortir de leurs grottes humides, Aux fureurs de leur monstre à l'envi s'opposer, Contre ce même écueil eux-mêmes l'écraser, Et de ses os brisés, de sa rage étouffée, Au pied de ton rocher t'élever un trophée.

On voit ici Persée descendre du haut des nues.

SCÈNE III. Andromède attachée au rocher, Persée en l'air sur le cheval Pégase, Cassiope, Timante, et le Choeur sur le rivage.

CHOEUR de musique, cependant que Persée combat le monstre

Courage, enfant des Dieux ! Elle est votre conquête ; Et jamais amant ni guerrier Ne vit ceindre sa tête D'un si beau myrte ou d'un si beau laurier.

Myrte : Arbrisseau toujours vert. Fig. et poétiquement, l'amour, à cause que le myrte, chez les anciens, était consacré à Vénus. [L]

Les vents obéissent aussitôt à ce commandement de Persée, et on les voit en un moment détacher cette princesse, et la reporter par-dessus les flots jusqu'aux lieux d'où ils avaient apportée au commencement de cet acte. En même temps Persée revole en haut sur son cheval ailé ; et, après avoir fait un caracol admirable au milieu de l'air, il tire du même côté qu'on a vu disparaître la Princesse : tandis qu'il vole, tout le rivage retentit de cris de joie et de chants de victoire.

SCÈNE IV. Trois Néréïdes s'élevant du milieu des flots.

SCÈNE V. Neptune, les Néréïdes.

Il fond au milieu de la mer.

Les Néréides se plongent aussi dans le mer.

ACTE IV

Décoration du quatrième acte. Les vagues fondent sous le théâtre, et ces hideuses masses de pierre dont elles battaient le pied font place à la magnificence d'un palais royal. On ne le voit pas tout entier, on n'en oit que le vestibule, ou plutôt la grande salle, qui doivent servir aux noces de Persée et d'Andromède. Deux rangs de colonnes de chaque côté, l'un de rondes, et l'autre de carrées, en font les ornements : elles sont enrichies de statues de marbre blanc d'une grandeur naturelle, et leurs bases, corniches, amortissements, étalent tout ce que peut la justesse de l'architecture. Le frontispice suit le même ordre, et par trois portes dont il est percé, il fait voir trois allées de cyprès où l'oeil s'enfonce à perte de vue.

SCÈNE PREMIÈRE. Andromède, Persée, Choeur de Nymphes, Suite de Persée.

SCÈNE II. Andromède, Choeur de Nymphes.

SCÈNE III. Andromède, Phinée, Ammon, Choeur de Nymphes, Suite de Phinée.

SCÈNE IV. Phinée, Ammon, Suite de Phinée.

Junon se fait voir dans un char superbe, tiré par deux paons, et si bien enrichi, qu'il paraît digne de l'orgueil de la déesse qui s'y fait porter. Elle se promène au milieu de l'air, dont nos poètes lui attribuent l'empire, et y fait plusieurs tours, tantôt à droite et tantôt à gauche, cependant qu'elle assure Phinée de sa protection.

SCÈNE V. Junon dans son char au milieu de l'air, Phinée, Ammon, suite de Phinée.

SCÈNE VI. Céphée, Cassiope, Andromède, Persée, Ammon, Timante, Choeur du peuple.

ACTE V

DÉCORATION DU CINQUIÈME ACTE. L'architecture ne s'est pas épuisé en la structure de ce palais royal. Le temple qui lui succède a tan davantage sur lui, qu'il fait mépriser ce qu'on admirait : aussi est-il juste que la demeure des Dieux l'emporte sur celle des hommes, et l'art du sieur Torrelli est ici d'autant plus merveilleux qu'il fait paraître une grande diversité en ces deux décorations, quoiqu'elles soient presque le même chose. On voit encore en celle-ci deux rangs de colonnes comme en l'autre, mais d'un ordre si différent, qu'on n'y remarque aucun rapport. Celles-ci sort du porphyre, et tous les accompagnements qui les soutiennent et qui les finissent, de bronze ciselé, dont la gravure représente quantité de dieux et de déesses. La réflexion des lumières sur ce bronze en fait sortir un jour tout extraordinaire. Un grand et superbe dôme couvre le milieu de ce temple magnifique, l'artifice de l'ouvrier jette une galerie toute brillante d'or et d'azur. Le dessous de cette galerie laisse voir le dedans du temple par trois portes d'argent ouvragées à jour : on y verrait Céphée sacrifiant à Jupiter pour le mariage de sa fille, n'était que l'attention que les spectateurs prêteraient à ce sacrifice les détournerait de celle qu'ils doivent à ce qui se passe dans le parvis que représente le théâtre.

SCÈNE PREMIÈRE. Phinée, Ammon.

PHINÉE

N'en cherchons les douceurs, ami, que les dernières. Rarement un amant les peut goûter entières ; Et quand de sa vengeance elles sont tout le fruit, Ce sont fausses douceurs que l'amertume suit. La mort de son rival, les pleurs de son ingrate, Ont bien je ne sais quoi qui dans l'abord le flatte ; Mais de ce cher objet s'en voyant plus haï, Plus il s'en est flatté, plus il s'en croit trahi. Sous d'éternels regrets son âme est abattue, Et sa propre vengeance incessamment le tue. Ce n'est pas que je veuille enfin la négliger : Si je ne puis fléchir, je cours à me venger ; Mais souffre à mon amour, mais souffre à ma faiblesse Encore un peu d'effort auprès de ma princesse. Un amant véritable espère jusqu'au bout, Tant qu'il voit un moment qui peut lui rendre tout. L'inconstante, peut-être encore toute étonnée, N'était pas bien à soi quand elle s'est donnée ; Et la reconnaissance a fait plus que l'amour En faveur d'une main qui lui rendait le jour. Au sortir du péril, pâle encore et tremblante, L'image de la mort devant les yeux errante, Elle a cru tout devoir à son libérateur ; Mais souvent le devoir ne donne pas le coeur ; Il agit rarement sans un peu d'imposture, Et fait peu de présents dont ce coeur ne murmure. Peut-être, ami, peut-être après ce grand effroi Son amour en secret aura parlé pour moi : Les traits mal effacés de tant d'heureux services, Les douceurs d'un beau feu qui furent ses délices, D'un regret amoureux touchant son souvenir, Auront en ma faveur surpris quelque soupir, Qui s'échappant d'un coeur qu'elle force à ma perte, M'en aura pu laisser la porte encore ouverte. Ah ! Si ce triste hymen se pouvait éloigner !

SCÈNE II. Cassiope, Andromède, Phinée, Suite de la Reine.

ANDROMÈDE

Je dirai plus, Phinée ; et pour vous faire grâce, Je veux ne rien devoir à cet heureux secours Dont ce vaillant guerrier a conservé mes jours ; Je veux fermer les yeux sur toute cette gloire, Oublier mon péril, oublier sa victoire, Et quel qu'en soit enfin le mérite ou l'éclat, Ne juger entre vous que depuis le combat. Voyez ce qu'il a fait, lorsque après ces alarmes, Me voyant toute acquise au bonheur de ses armes, Ayant pour lui les dieux, ayant pour lui le roi, Dans sa victoire même il s'est vaincu pour moi. Il m'a sacrifié tout ce haut avantage ; De toute sa conquête il m'a fait un hommage ; Il m'en a fait un don ; et fort de tant de voix, Au péril de tout perdre, il met tout à mon choix : Il veut tenir pour grâce un si juste salaire ; Il réduit son bonheur à ne me point déplaire ; Préférant mes refus, préférant son trépas À l'effet de ses voeux qui ne me plairait pas. En usez-vous de même ? Et votre violence Garde-t-elle pour moi la même déférence ? Vous avez contre vous et les dieux et le roi, Et vous voulez encore m'obtenir malgré moi ! Sous ombre d'une foi qui se tient en réserve, Je dois à votre amour ce qu'un autre conserve ; À moins que d'être ingrate à mon libérateur, À moins que d'adorer un lâche adorateur, Que d'être à mes parents, aux dieux mêmes rebelle, Vous crierez après moi sans cesse : " à l'infidèle ! " C'était aux yeux du monstre, au pied de ce rocher, Que l'effet de ma foi se devait rechercher ; Mon âme, encore pour vous de même ardeur pressée, Vous eût tendu la main au mépris de Persée, Et cru plus glorieux qu'on m'eût vue aujourd'hui Expirer avec vous que régner avec lui. Mais puisque vous m'avez envié cette joie, Cessez de m'envier ce que le ciel m'envoie ; Et souffrez que je tâche enfin à mériter, Au refus de Phinée, un fils de Jupiter.

SCÈNE III. Céphée, Cassiope, Andromède, Suite du Roi et de la Reine.

SCÈNE IV. Cépéhe, Cassoipe, Andromède, Aglante, Suite du Roi et de la Reine.

SCÈNE V. Céphée, Cassiope, Andromède, Phrobas, Aglante, Suite du Roi et de la Reine.

SCÈNE VI. Céphée, Cassiope, Andromède, Persée, Phorbas, Aglante, Suite du Roi et de la Reine.

SCÈNE VII. Mercure, Céphée, Cassiope, Andromède, Persée, Phorbas, Aglante, Suite du Roi et de la Reine.

Mercure revole en haut après avoir parlé.

Tandis qu'on chante, Jupiter descend du ciel dans un trône tout éclatant d'or et de lumières, enfermé dans un nuage qui l'environne. À ses deux côtés, deux autres nuages apportent jusqu'à terre Junon et Neptune, apaisés par les sacrifices des amants ; ils se déploient en rond autour de celui de Jupiter, et, occupant toute la face du théâtre, ils font le plus agréable spectacle de toute cette représentation.

SCÈNE VIII. Jupiter, Junon, Neptune, Céphée, Cassiope, Andromède, Persée, Phorbas, Aglante, Suite du Roi et de la Reine.

Sitôt que Junon a dit ces vers, elle fait prendre place au Roi et à Persée auprès d'elle. Neptune fait le même honneur à la reine et la princesse Andromède ; et tous ensemble remontent dans le ciel qui les attend, cependant que le peuple, pour acclamation publique, chante ces vers qui viennent d'être prononcés par Jupiter.

1 772 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica