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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Ou l'Amie Rivale

La Galerie du Palais

Pierre Corneille· créée en 1633, imprimée en 1637· 5 actes· 1 794 vers· 12 personnages

Représenté pour la première fois en 1633 au Théâtre du Jeu de Paume de la Fontaine par le Troupe de Mondory.

Personnages

  • PLEIRANTE, père de Célidée
  • LYSANDRE, amant de Célidée
  • DORIMANT, amoureux d'Hippolyte
  • CHRYSANTE, mère d'Hippolyte
  • CÉLIDÉE, fille de Pleirante
  • HYPPOLYTE, fille de Chrysante
  • ARONTE, écuyer de Lysandre
  • CLÉANTE, écuyer de Dorimant
  • FLORICE, suivante d'Hippolyte
  • LE LIBRAIRE DU PALAIS
  • LE MERCIER DU PALAIS
  • LA LINGÈRE DU PALAIS
MADAME,

À MADAME de LIANCOUR

Je vous demande pardon, si je vous fais un mauvais présent, non pas que j'ai si mauvaise opinion de cette pièce, que je veuille condamner les applaudissements qu'elle a reçues ; mais parce que je ne croirai jamais qu'une ouvrage de cette nature soit digne de vous être présenté. Aussi vous supplierai-je très humblement de ne pas prendre part à la qualité de la chose, qu'au pouvoir de celui dont elle part ; C'est tout ce que peut vous offrir un homme de ma sorte, et Dieu ne m'ayant pas fait naître assez considérable pour être utile à votre service, je me tiendrai trop récompensé d'ailleurs, si je puis contribuer en quelque façon à vos divertissements. De six comédie qui me sont échappées, si celle-ci n'est la meilleure c'est la plus heureuse, et toutefois la plus malheureuse en ce point, que n'ayant pas eu le bonheur d'être vu de vous il lui manque votre approbation, sans laquelle sa gloire est encore douteuse, et n'ose s'assurer sur les acclamations publiques. Elle vous la vient demander, MADAME, avec cette protection qu'autrefois Mélite a trouvée si favorable. J'espère que votre bonté ne lui refusera pas l'une et l'autre, ou que si vous désapprouvez sa conduite, du moins vous agréerez mon zèle et me permettez de ma dire toute ma vie.

Votre tèrs humble, très obéissant, et très obligé serviteur,

CORNEILLE

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE.

ARONTE

Oui.

SCÈNE II.

SCÈNE III.

SCÈNE IV.

SCÈNE V.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII.

LYSANDRE

Qui ?

SCÈNE IX.

DORIMANT

Qu'on le trouve où qu'il soit ; qu'une grêle de bois Assemble sur lui seul le châtiment des trois ; Et que sous l'étrivière il puisse tôt connaître, Quand on se prend aux miens, qu'on s'attaque à leur maître !

Etrivière : Courroie de cuir, par laquelle les étriers sont suspendus. Donner les étrivières, c'est châtier des valets de livrée, les fouetter avec les étrivières. [F]

SCÈNE X.

ACTE I , SCENE XI.

ACTE II

SCÈNE PREMIERE .

DORIMANT

Railleuse !

SCÈNE II.

SCÈNE III.

SCÈNE IV.

FLORICE

Encore.

SCÈNE V.

SCÈNE VI.

HIPPOLYTE

Et demain ?

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX.

LYSANDRE

Célidée, ah tu fuis ! Tu fuis donc, et tu n'oses Faire tes yeux témoins d'un trépas que tu causes ! Ton esprit, insensible à mes feux innocents, Craint de ne l'être pas aux douleurs que je sens : Tu crains que la pitié qui se glisse en ton âme N'y rejette un rayon de ta première flamme, Et qu'elle ne t'arrache un soudain repentir, Malgré tout cet orgueil qui n'y peut consentir. Tu vois qu'un désespoir dessus mon front exprime En mille traits de feu mon ardeur et ton crime ; Mon visage t'accuse, et tu vois dans mes yeux Un portrait que mon coeur conserve beaucoup mieux. Tous mes soins, tu le sais, furent pour Célidée ; La nuit ne m'a jamais retracé d'autre idée, Et tout ce que Paris a d'objets ravissants N'a jamais ébranlé le moindre de mes sens. Ton exemple à changer en vain me sollicite : Dans ta volage humeur j'adore ton mérite, Et mon amour, plus fort que mes ressentiments, Conserve sa vigueur au milieu des tourments. Reviens, mon cher souci, puisqu'après tes défenses Mes plus vives ardeurs sont pour toi des offenses. Vois comme je persiste à te désobéir, Et par là, si tu peux, prends droit de me haïr. Fol, je présume ainsi rappeler l'inhumaine, Qui ne veut pas avoir de raisons à sa haine. Puisqu'elle a sur mon coeur un pouvoir absolu, Il lui suffit de dire : " Ainsi je l'ai voulu. " Cruelle, tu le veux ! C'est donc ainsi qu'on traite Les sincères ardeurs d'une amour si parfaite ? Tu me veux donc trahir ? Tu le veux, et ta foi N'est qu'un gage frivole à qui vit sous ta loi ? Mais je veux l'endurer, sans bruit, sans résistance ; Tu verras ma langueur, et non mon inconstance ; Et de peur de t'ôter un captif par ma mort, J'attendrai ce bonheur de mon funeste sort. Jusque-là mes douleurs, publiant ta victoire, Sur mon front pâlissant élèveront ta gloire, Et sauront en tous lieux hautement témoigner Que sans me refroidir tu m'as pu dédaigner.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II.

SCÈNE III.

SCÈNE IV.

SCÈNE V.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX.

SCÈNE X.

SCÈNE XI.

SCÈNE XII.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II.

Aronte rentre.

SCÈNE III.

SCÈNE IV.

SCÈNE V.

LYSANDRE

Il faut à mon courroux de plus nobles victimes : Il faut qu'un même coup me venge de deux crimes ; Qu'après les trahisons de ce couple indiscret, L'un meure de ma main, et l'autre de regret. Oui, la mort de l'amant punira la maîtresse ; Et mes plaisirs alors naîtront de sa tristesse. Mon coeur, à qui mes yeux apprendront ses tourments, Permettra le retour à mes contentements ; Ce visage si beau, si bien pourvu de charmes, N'en aura plus pour moi, s'il n'est couvert de larmes. Ses douleurs seulement ont droit de me guérir ; Pour me résoudre à vivre il faut la voir mourir. Frénétiques transports, avec quelle insolence Portez-vous mon esprit à tant de violence ? Allez, vous avez pris trop d'empire sur moi ; Dois-je être sans raison, parce qu'ils sont sans foi ? Dorimant, Célidée, ami, chère maîtresse, Suivrais-je contre vous la fureur qui me presse ? Quoi ? Vous ayant aimés, pourrais-je vous haïr ? Mais vous pourrais-je aimer, quand vous m'osez trahir ? Qu'un rigoureux combat déchire mon courage ! Ma jalousie augmente et redouble ma rage ; Mais quelques fiers projets qu'elle jette en mon coeur, L'amour... Ah ! Ce mot seul me range à la douceur. Celle que nous aimons jamais ne nous offense ; Un mouvement secret prend toujours sa défense : L'amant souffre tout d'elle, et dans son changement, Quelque irrité qu'il soit, il est toujours amant. Toutefois, si l'amour contre elle m'intimide, Revenez, mes fureurs, pour punir le perfide ; Arrachez-lui mon bien : une telle beauté N'est pas le juste prix d'une déloyauté. Souffrirais-je, à mes yeux, que par ses artifices Il recueillît les fruits dûs à mes longs services ? S'il vous faut épargner le sujet de mes feux, Que ce traître du moins réponde pour tous deux. Vous me devez son sang pour expier son crime : Contre sa lâcheté tout vous est légitime ; Et quelques châtiments... Mais, dieux ! Que vois-je ici ?

SCÈNE VI .

SCÈNE VII .

SCENE VIII.

SCÈNE IX.

SCÈNE X.

CÉLIDÉE

Lysandre !

CÉLIDÉE

Monsieur...

SCÈNE XI.

SCÈNE XII.

La LINGÈRE

Justement.

SCÈNE XIII.

SCÈNE XIV.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE.

LYSANDRE

Indiscrète vengeance, imprudentes chaleurs, Dont l'impuissance ajoute un comble à mes malheurs, Ne me conseillez plus la mort de ce faussaire. J'aime encore Célidée, et n'ose lui déplaire : Priver de la clarté ce qu'elle aime le mieux, Ce n'est pas le moyen d'agréer à ses yeux. L'amour, en la perdant, me retient en balance ; Il produit ma fureur et rompt sa violence, Et me laissant trahi, confus et méprisé, Ne veut que triompher de mon coeur divisé. Amour, cruel auteur de ma longue misère, Ou permets à la fin d'agir à ma colère, Ou sans m'embarrasser d'inutiles transports, Auprès de ce bel oeil fais tes derniers efforts. Viens, accompagne-moi chez ma belle inhumaine, Et comme de mon coeur triomphe de sa haine. Contre toi ma vengeance a mis les armes bas, Contre ses cruautés rends les mêmes combats ; Exerce ta puissance à fléchir la farouche ; Montre-toi dans mes yeux, et parle par ma bouche : Si tu te sens trop faible, appelle à ton secours Le souvenir de mille et de mille heureux jours, Où ses désirs, d'accord avec mon espérance, Ne laissaient à nos voeux aucune différence. Je pense avoir encore ce qui la sut charmer, Les mêmes qualités qu'elle voulut aimer. Peut-être mes douleurs ont changé mon visage ; Mais en revanche aussi je l'aime davantage ; Mon respect s'est accru pour un objet si cher ; Je ne me venge point, de peur de la fâcher. Un infidèle ami tient son âme captive, Je le sais, je le vois, et je souffre qu'il vive. Je tarde trop : allons, ou vaincre ses refus, Ou me venger sur moi de ne lui plaire plus, Et tirons de son coeur, malgré sa flamme éteinte, La pitié par ma mort, ou l'amour par ma plainte : Ses rigueurs par ce fer me perceront le sein.

SCÈNE II.

SCÈNE III.

SCÈNE IV.

CÉLIDÉE

Volage, fallait-il, pour un peu de rudesse, Vous porter si soudain à changer de maîtresse ? Que je vous croyais bien d'un jugement plus mûr ! Ne pouviez-vous souffrir de ma mauvaise humeur ? Ne pouviez-vous juger que c'était une feinte À dessein d'éprouver quelle était votre atteinte ? Les dieux m'en soient témoins, et ce nouveau sujet Que vos feux inconstants ont choisi pour objet, Si jamais j'eus pour vous de dédain véritable, Avant que votre amour parût si peu durable ! Qu'Hippolyte vous dise avec quels sentiments Je lui fus raconter vos premiers mouvements, Avec quelles douceurs je m'étais préparée À redonner la joie à votre âme éplorée ! Dieux ! Que je fus surprise, et mes sens éperdus, Quand je vis vos devoirs à sa beauté rendus ! Votre légèreté fut soudain imitée : Non pas que Dorimant m'en eût sollicitée ; Au contraire, il me fuit, et l'ingrat ne veut pas Que sa franchise cède au peu que j'ai d'appas ; Mais, hélas ! Plus il fuit, plus son portrait s'efface ; Je vous sens, malgré moi, reprendre votre place ; L'aveu de votre erreur désarme mon courroux : Ne redoutez plus rien, l'amour combat pour vous. Si nous avons failli de feindre l'un et l'autre, Pardonnez à ma feinte, et j'oublierai la vôtre. Moi-même je l'avoue à ma confusion, Mon imprudence a fait notre division. Tu ne méritais pas de si rudes alarmes : Accepte un repentir accompagné de larmes ; Et souffre que le tien nous fasse tour à tour Par ce petit divorce augmenter notre amour.

SCÈNE V.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII.

1 794 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica