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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Le Geôlier de Soi-Même

Thomas Corneille· créée en 1655· 5 actes· 1 850 vers· 14 personnages

Représenté pour la première fois en 1655 au Théâtre du Marais.

Personnages

  • LE ROI de Naples
  • FÉDÉRIC, Prince de Sicile
  • ÉDOUARD, Infant de Sicile
  • LAURE, Princesse de Naples
  • ISABELLE, Princesse de Salerne
  • JULIE, Confidente de Laure
  • FLORE, Confidente d'Isabelle
  • OCTAVE, Écuyer de Fédéric
  • ENRIQUE, Officier du Roi de Naples
  • SANCHE, Officier du Roi de Naples
  • ALPHONSE, Domestique d'Isabelle
  • JODELET
  • PASCAL
  • SOLDATS

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Fédéric, Octave.

SCÈNE II. Isabelle, Flore.

SCÈNE III. Fédéric, Isabelle, Flore.

FÉDÉRIC

Hélas ! Faut-il ici que ma triste mémoire Vous retrace un tableau de ma première gloire, Et qu'elle représente à mon esprit confus L'inestimable prix d'un bien que je n'ai plus ? Dans ce noble trafic des choses les plus rares Que forme la Nature aux lieux les plus barbares ; De pierres, de joyaux, perles, et diamants, Je bornai mon emploi dès mes plus jeunes ans, Et jamais la Fortune avec plus d'abondance D'un coeur ambitieux ne flatta l'espérance : Tout rit à mes souhaits, et sans de grands efforts J'acquiers en peu de temps de si riches trésors, Que leur possession, qu'un bon Astre me donne, Valait presque à mes yeux l'espoir d'une Couronne ; Mais ces divers trésors, avec soin amassés, À mes bouillants désirs ne furent point assez : L'appas d'un plus grand bien ayant su me surprendre, L'ardeur de l'acquérir me fait tout entreprendre, Et le bruit répandu de ce pompeux Tournoi En impose à mon coeur l'ambitieuse loi : Pour n'être point connu, je pars seul et sans suite, À mon heureux destin je remets ma conduite, Et l'espoir d'un grand gain m'attirant en ces lieux, Tout ce que j'ai de rare et de plus précieux, Sans regarder à quoi ma passion m'engage, Je l'expose sans crainte aux périls du voyage : J'arrive cependant, tout répond à mes voeux, Je vends, trafique, échange, obtiens ce que je veux, Et riche de nouveau d'un trésor adorable À ma félicité rien n'était comparable, Quand surpris au retour de Voleurs en ce bois, J'éprouve du Destin les ordinaires lois, Et vois avec douleur ma fortune asservie À quitter tout mon bien pour conserver ma vie. Dure nécessité, devais-je t'obéir, Et lâche en ce besoin moi-même me trahir ? Seul contre eux, il fallait repousser cet outrage, Et si ma résistance eût animé leur rage, Du moins j'aurais lavé dans mon sang répandu La honte de survivre au bien que j'ai perdu.

SCÈNE IV. Fédéric, Isabelle, Alfonse, Flore.

FÉDÉRIC, bas

On va parler de moi.

FLORE

Madame...

ISABELLE

Que d'orages subits troublent votre bonace !

À Fédéric.

Ô vous, dont maintenant le plaignais la disgrâce, Voyez que du Destin l'implacable courroux Éclate sur les Grands aussi bien que sur vous.

Bonace : Calme de la mer, qui se dit quand le vent est abattu, ou a cessé. La bonace trompe souvent le Pilote. [F]

SCÈNE V. Jodelet, Pascal.

JODELET, armé des mêmes armes que Fédéric avait portées au tournoi

Holà, Nymphes, holà ! Mes cris ne servent guères, Et j'apostrophe en vain ces Nymphes bocagères, Mes holà redoublés leur font doubler le pas.

Doubler : signifie quelquefois simplement, Augmenter, renforcer. Doubler la garde, doubler la dose, doubler l'ordinaire. Doubler le pas, c'est à dire, obliger à aller plus vite. [F]

JODELET

Gaïette est mon pays, et chacun m'y connaît...

Gaïette : Cajeta, Gaëte, port au nord-ouest de Naples, dans le golfe de Gaëte.

JODELET

Mon Père...

JODELET

Oui dea, je le sais bien, et j'y prétends jouter.

Dea : vraisemblablement, est la même chose que "dame". Exclamation très usitée aujourd'hui dans la conversation. [SP]

SCÈNE VI. Enrique, Soldats.

SCÈNE VII. Enrique, Jodelet, Soldats.

JODELET, bas

La vilaine enquête que voilà ? J'avais réponse à tout hormis à qui-va-là. Mais st.

St : Terme indéclinable, dont on se sert pour commander le silence. [F]

JODELET

Où ?

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Laure, Julie.

LAURE

Pour t'en punir, Julie, écoute mon secret, Écoute ma faiblesse. Il te souvient peut-être D'un Peintre qu'à la Cour moi seule ait pu connaître ? Entre plusieurs tableaux d'un travail curieux Qu'un jour cet Étranger vint offrir à mes yeux, J'en vis un dont la riche et brillante bordure Relevait hautement l'éclat de la peinture. J'en admirais l'éclat, quand dès le premier trait Je connus tout_à_coup que c'était mon portrait. Je regarde le Peintre, et lui presque immobile : "Je le tiens, me dit-il, du Prince de Sicile. Portrait, unique objet de mes plus chers désirs, (A dit ce triste Prince avec mille soupirs.) Puisque la guerre ouverte entre nos deux Couronnes Fait vivre sans espoir l'amour que tu me donnes, Va, retourne à ta source, et cesse chaque jour Par ton appas flatteur d'irriter mon amour. Alors il me le donne, et son ordre m'engage À venir dans vos mains remettre ce cher gage. Au moins le Sort pour lui n'aurait plus de rigueur S'il croyait que sa vue eût ému votre coeur ; Je vous le laisse ; Adieu, Madame." Il se retire ; Et s'éloignant de moi je l'entends qui soupire. Je revois ce Portrait, mais las ! Au lieu du mien Ce peintre déguisé m'avait laissé le sien, Et je reconnais trop au trouble qu'il me cause, Que le Peintre et le Prince étaient la même chose. Que dirai-je enfin ? Depuis ce triste jour En secret il m'aima, je souffris son amour, Il me la jura vraie, et j'en reçus pour gage Tout ce que peut jamais promettre un grand courage. Le reste tu le sais. Rodolphe ambitieux Voulant dans un Tournoi triompher à mes yeux, S'est vu par Fédéric, trop jaloux de ma gloire, Arracher d'un seul coup la vie et la victoire. Hélas ! Où me réduit ce funeste revers ! S'il est pris, il est mort, et s'il fuit, je le perds ; Mon amour le retient, et ma crainte le chasse. En ce fâcheux état juge de ma disgrâce.

SCÈNE II. Le Roi, Laure, Julie.

SCÈNE III. Le Roi, Laure, Octave, Sanche, Julie.

OCTAVE, à Laure bas

Ah, Madame.

SCÈNE IV. Le Roi, Laure, Enrique, Sanche, Julie, Octave.

SCÈNE V. Le Roi, Enrique, Sanche, Octave, Jodelet, Soldats.

JODELET

Qu'on me désenharnache, ou qu'on me fasse seoir, La charge est lourde.

Desharnacher : oter les harnais d'un cheval. Dites au cocher qu'il ne desharnache pas ses chevaux, il les faudra remettre bientôt au carrosse. On dit aussi populairement et par extension, qu'une personne est desharnachée, lorsqu'elle est à demi deshabillée, ou qu'il manque plusieurs choses à son ajustement.

JODELET

Apprenez à vous taire, ou parlez sagement, Je ne sache en ma race aucun forlignement. Pour qui donc me prend-on ?

Forlignement : de Forligner, ne pas suivre la vertu et les bons exemples de ses Ancestres, de ceux dont on est issu, faire quelque chose indigne de leur race. [F]

JODELET

Que diable celui-ci me vient-il jargonner ? Moi, Prince ? Moi, son Maître ?

Jargonner : parler un langage corrompu, ou qui n'est pas intelligible. [F]

JODELET

Ô, comme ils me vendent ! Avec tous leurs respects les matois s'entrentendent.

Entrentendre : s'entendre, être d'accord. [SP]

SCÈNE VI. Jodelet, Enrique, Octave, Soldats.

OCTAVE

Fédéric.

OCTAVE

De Sicile.

JODELET

Ce que c'est que d'avoir la mémoire labile ! Je l'oubliais déjà.

Labile : épithete qui se donne à une méchante mémoire, qui laisse tout échapper. Les ingrats ont la memoire labile à l'égard des bienfaits qu'ils ont reçus. [F]

JODELET

Du Roi ?

JODELET

Quand c'est pour mon profit, j'ai la mémoire bonne, Je prétends festiner du matin jusqu'au soir.

Festiner : Faire festin. Cette noce dura huit jours, pendant lesquels on ne fit que danser, festiner, et se resjouir. [F]

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Fédéric, Isabelle.

FÉDÉRIC

Quoi, Madame...

SCÈNE II. Fédéric, Isabelle, Enrique.

ISABELLE, à Fédéric

Oyons l'ordre du Roi.

SCÈNE III. Fédéric, Isabelle, Enrique, Jodelet, Octave, Soldats.

Il sort.

JODELET

Gouverneur, je vous prie, Le vin est-il fort bon dans cette hôtellerie ? Tout bien considéré, nous ne serions point mal D'en humecter un peu l'humide radical.

Radical : Qui sert de base et de fondement, qui ressemble à la racine. Les Médecins disent qu'il y a dans tous les animaux un humide radical, qui est le principe de la vie. [F]

JODELET

Il est donc à propos. Qu'attendant le repos j'y repose mes os, Car comme l'on m'a fait tantôt courir grande erre, Je suis las de porter ces instruments ce guerre.

Erre : qui ne se dit qu'en ces phrases : Aller grande erre, Aller belle erre, pour dire, Aller bon train. [F]

SCÈNE IV. Fédéric, Octave.

SCÈNE V. Fédéric, Laure, Julie, Octave.

OCTAVE, montrant à Fédéric Jodelet qui entre

Seigneur.

SCÈNE VI. Fédéric, Laure, Julie, Octave, Jodelet, Gardes.

FÉDÉRIC

Oui, Seigneur.

JODELET

Oui, j'en sais quelque chose, Je suis fort périlleux. On dit qu'un Sanglier... Mais ce n'est pas à moi de m'en glorifier. L'histoire en parlera ; puis telles vanteries Parmi nous autres Grands sont des forfanteries.

Vanterie : Discours trop avantageux de soi-même. Le reproche qu'on fait aux Gascons, est de leurs continuelles vanteries. [F]

Forfanterie : Action de forfante. Les Comédiens Italiens font mille forfanteries sur le théâtre. [F]

JODELET

Ah ! Vous m'égratignez, belle bouche, il suffit ; Je vous le disais bien, mon pauvre coeur pantelle, Et déjà devant vous ne bat plus que d'une aile.

Panteler : être pantelant. Il est de peu d'usage. Ce mot vient de l'Anglais to pant, qui signifie haleter. [F]

SCÈNE VII. Fédéric, Jodelet, Octave, Gardes.

JODELET

Me serait-il loisible. D'en faire le début par le concupiscible ?

Concupiscible : terme de Philosophie, qu'on joint et qu'on oppose à irascible. L'appétit concupiscible nous porte à souhaiter, à nous procurer le bien ; l'irascible à fuir, à nous défendre du mal. [F]

FÉDÉRIC

Vous-même.

JODELET

Ai-je d'un assassin l'envisagement blême ? Vous perdez le respect.

Envisagement : Action d'envisager. L'envisagement du sort qui l'attendait. Th. Corneille a employé ce mot dans le sens de figure. [L]

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Isabelle, Flore.

ISABELLE

Je le crois.

SCÈNE II. Laure, Isabelle, Julie, Flore.

ISABELLE

Lui-même.

SCÈNE III. Fédéric, Laure, Julie.

SCÈNE IV. Fédéric, Laure, Jodelet, Julie, Octave, Gardes.

JODELET

Aussi je lui promets une chambellanie. Mon Écuyer.

Chambellanie : Par plaisanterie, dignité de chambellan. [L]

OCTAVE

Seigneur.

JODELET

Il est vrai.

JODELET

C'est ce que j'eusse dit, si mon âme extatique N'eût pas...

Extatique : Qui est ravi en extase. Un esprit extatique. [L]

JODELET, à Fédéric

Quand je réplique, Sachez que c'est à vous à tenir le tacet.

À Laure.

Donc Beauté...

Tacet : Terme de Musique, qui se dit de certaines parties qui se taisent, tandis que les autres chantent. On dit aussi d'un homme qui ne dit mot, qu'il tient le tacet. [F]

JODELET

Et bien, je la veux trouver laide, Elle est sotte, elle est grue, elle a l'esprit bourru, La taille déhanchée ; et le corps malotru, Elle a l'oeil chassieux, le nez fait en citrouille, La bouche... Pardonnez si je vous chante pouille, Ma Reine, ce Faquin m'a tout colérisé. Il en sera, ma foi, déchambellanisé ; Vous me plaisez pourtant, et je vous trouve belle.

Pouille : Injure grossière. Il ne se dit qu'au pluriel. [Sauf ici]. Il lui a chanté pouilles. Il lui a dit mille pouilles. Il lui a dit toutes les pouilles imaginables. Il est du style familier. [Ac 1762]

Colériser : Irriter. Mettre en colère, donner de l'humeur. [SP]

JODELET

En ce cas, Faites pour moi l'amour, je n'y résiste pas, S'entend pour le parler, car pour fuir tout conteste, Dès lors ma gravité fait arrêt sur le reste. Mais plus de Fédéric, car je hais le détour.

Conteste : Terme de Palais. Procés, contestation. Ce mariage n'est pas assuré, il est en conteste, on le plaide. Les Juges sont partagés, et sont en conteste sur leurs opinions. [F]

JODELET

Halte, et pour cause.

À Laure.

S'il est vrai, comme il l'est, qu'il soit de ma grandeur Que je vous parle ici par un Ambassadeur, J'entends que de tout point ma grandeur s'accomplisse, Et que vous répondiez par une ambassadrice. Tandis qu'ils jaseront, les poings sur nos côtés, Nous ferons guerre à l'oeil sur nos deux gravités. Reculez donc d'un pas.

À Julie.

Vous, jouez de la langue.

Guerre à l'oeil : figuré, observer avec soin ce qui se fait afin de profiter des conjonctures. [L]

Gravités : Il se dit de la qualité d'une personne grave, sérieuse et sage. Garder sa gravité. La gravité d'un magistrat. Il impose par la gravité de son maintien, de ses paroles. [Ac 1762]

SCÈNE V. Fédéric, Laure, Enrique, Jodelet, Octave, Julie, Gardes.

JODELET

La paix, et Dieu vous gard.

Il rentre.

Gard : licence poétique pour la rime : Dieu vous garde.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Fédéric, Octave.

OCTAVE

Ils tiennent le Conseil afin de députer, C'est ce qu'attend le roi ; mais je me persuade Que l'Infant a dessein d'être de l'Ambassade.

Députer : Envoyer quelqu'un de son Corps vers quelque Prince, ou quelque Assemblée, pour lui rendre ses devoirs et sousmissions, pour lui représenter ses besoins, lui faire des remontrances, pour faire et negocier ses affaires, assister à quelques déliberations, ou autres choses semblables. [F]

FLORE, à Isabelle, qui paraît et s'arrête à l'entrée du Théâtre

Madame, ils sont ensemble.

SCÈNE II. Fédéric, Isabelle, Flore, Octave.

FÉDÉRIC

Madame...

SCÈNE III. Le Roi, Isabelle, Flore, Sanche, Suite.

SCÈNE IV. Le Roi, Enrique, Sanche, Suite.

SCÈNE V. Le Roi, Édouard, Sanche, Suite du Roi et d'Édouard.

LE ROI

Aussi lorsque j'ai vu qu'un honteux stratagème... Mais le voici qui vient.

Jodelet paraît au fond du Théâtre avec Fédéric et Enrique.

JODELET, à Enrique, montrant Édouard

Et ce nez aquilin est mon Frère l'Infant ?

Le Roi sort parlant avec Fédéric.

SCÈNE VI. Édouard, Jodelet, Suite d'Édouard.

JODELET

Si vous n'êtes point louche, Du moins vous avez l'oeil honnêtement farouche, Et vous m'envisagez d'un certain lorgnement, À vous faire traiter peu fraternellement.

Lorgnement : Action de lorgner. [L]

Lorgner : regarder quelqu'un de travers et du coin de l'oeil ; ce qui se fait quelquesfois par mépris, par haine, par orgueuil. [F]

JODELET

Donc au lieu de venir me donner l'accolade, D'embrasser cette cuisse, et ce bras triomphant, Vous faites le badin, petit cadet infant ?

Badin : Qui est folâtre, peu sérieux, qui fait des plaisanteries. Les enfants sont naturellement badins. il n'y a rien plus agréable qu'un amour badin. [F]

JODELET

Vous êtes un Infant mal nourri ; mais n'importe, J'en conçois l'enclouure, et je sais bien par où Vous faire devenir un peu moins loup-garou.

Enclouure : Terme de vétérinaire. Blessure d'un cheval qui s'est encloué. Fig. Empêchement, noeud d'une difficulté. [L]

JODELET

Insolent ? Patience. Vous pourrez tout du long rengainer l'insolence, Et quand nous compterons ensemble ric à ric, Connaître de quel bois se chauffe Fédéric.

Ric à ric : À la rigueur, exactement, sans pardessus. Ce Marchand est si exact, qu'il ne donne la mesure que ric à ric, fort juste. C'est un créancier difficile qui se fait payer ric à ric, sans grâce ni composition. [F]

ÉDOUARD

Fédéric !

ÉDOUARD

Mais...

JODELET

Mais vous raisonnez peut-être à votre dam, Qui méconnaît son frère est digne du carcan, Et si je lâche un mot...

Dam : en langage ordinaire, signifiait autrefois, perte et dommage, et n'est plus en usage qu'en cette phrase : S'il lui arrive du mal, à son dam ; pour dire, ce sera lui qui en souffrira le dommage. [F]

Carcan : est maintenant un genre de supplice qui note d'infâmie, et qu'on fait soufrir aux banqueroutier et autres malfaiteurs, en les attachant par le cou avec un anneau de fer à un poteau dans la place publique, afin qu'ils soient exposée à la risée publique. [F]

JODELET

Je le suis, il suffit, Peu m'importe de quand, puisque chacun le dit, Et comme pour garant j'en ai la foi publique, Si vous êtes le seul qui me défédérique, J'incague vos raisons prêtes à m'alléguer Autant de fois qu'il faut pour les bien incaguer.

Défédériquer : ne plus me considérer comme Fédéric.

Incaguer : défier quelqu'un, se moquer de lui. C'est un homme qui me menace beaucoup, mais je l'incague. [F]

SCÈNE VII. Le Roi, Édouard, Laure, Jodelet, Suite d'Édouard, Gardes.

UN GARDE

Seigneur.

JODELET

Être un Infant vous sauve cent nasardes, Car me devant respect, et l'ayant mal gardé, Le moindre châtiment c'est être nasardé.

Nasarde : Recevoir, essuyer des nasardes, être moqué, insulté. [L]

Nasarder : Fig. et familièrement. Se moquer de quelqu'un avec des marques de mépris. [L]

LE ROI, à Édouard

Et bien Prince ?

LE ROI

Où ?

SCÈNE VIII. Le Roi, Fédéric, Édouard, Laure, Enrique, Sanche, Octave, Suite.

ÉDOUARD

Ah ! Sire.

1 850 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0