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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Maximian

Thomas Corneille· créée en 1662· 5 actes· 1 966 vers· 11 personnages

Représenté pour la première fois en février 1662 au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne.

Personnages

  • CONSTANTIN, Empereur
  • MAXIMIAN, père de Fauste
  • FAUSTE, femme de Constantin
  • CONSTANCE, soeur de Constantin
  • SÉVÈRE, lieutenant Général des Armées de l'Empereur
  • LICINE, amant de Constance
  • MAXIME, capitaine des Gardes de l'Empereur
  • MARTIAN, confident de Maximin
  • FLAVIE, confidente de Fauste
  • LUCIE, confidente de Constance
  • Suite de l'Empereur

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Maximian, Licine.

SCÈNE II. Maximian, Licine, Maxime, Martian.

SCÈNE III. Maximian, Martian.

MAXIMIAN

Non, Sévère a moins lieu de se faire connaître, Et si nos Mécontents par un secret appui Ont besoin pour agir d'être assuré de lui, Il faut dans le dessein qui me fait entreprendre Cacher à d'autres yeux la part qu'il voudra prendre. Fauste étant le seul prix qui le puisse attirer, Si le crime est connu, que peut-il espérer ? Croira-t-il de sa mort que le sachant coupable L'assassin d'un époux lui soit jamais aimable, Et si ce doux espoir ne flatte ses souhaits, Voudra-t-il embrasser d'inutiles forfaits ? Pour moi qui me cachant hasarde toute chose, Je ne refuse point d'avouer ce que j'ose. Tout mon but est le Trône, et pour y parvenir, Les chemins les plus sûrs me plaisent à tenir. Ne dis point que l'éclat à ma gloire est contraire, Ce scrupule n'est bon qu'à quelque âme vulgaire, Et pour te l'arracher, souviens-toi, Martian, Qu'en moi, qu'en me servant tu sers Maximian. Si j'ai de l'Avenir à craindre quelque blâme, C'est qu'un indigne exemple ait pu trop sur mon âme, Quand Dioclétian m'inspira le dessein De quitter comme lui le pouvoir souverain. Séduit par ses conseils j'abandonnai l'Empire, Et quand à leur faiblesse on m'a trop vu souscrire, Le crime sera beau s'il peut me racheter La honteuse vertu qui me le fit quitter. C'est sur ce grand projet, c'est sur cette espérance Que j'ai de Constantin souhaité l'alliance, Afin que par ces noeuds mon pouvoir augmenté M'offrit à l'immoler plus de facilité. Ne différons donc plus puisqu'il faut entreprendre, La Couronne est à moi, cherchons à la reprendre, Et par de grands effets hâtons-nous d'enseigner Qu'on doit nommer vertu tout ce qui fait régner.

SCÈNE IV. Maximian, Fauste, Flavie, Martian.

SCÈNE V. Fauste, Flavie.

SCÈNE VI. Fauste, Sévère, Flavie.

SÉVÈRE

Triste soulagement dans un mal sans remède ! Votre coeur est un bien que mon amour possède, Et quand il me tient lieu de cent Trônes offerts, On me l'ôte à regret, mais enfin je le perds, Accablé du devoir qui veut qu'on le retire, Qu'importe qu'il se rende, ou bien qu'on le déchire, La violence est-elle une plus douce loi, Et pour me l'arracher en est-il plus à moi ? Non, non, de vos bontés ces preuves obligeantes Ne font que rendre encor mes douleurs plus pressantes. Plus votre amour me tient ses charmes découverts, Plus ma rage s'augmente à voir ce que je perds. Au lieu de me montrer qu'en un sort si contraire, Je dois tous mes malheurs au seul ordre d'un père, Qu'à cet ordre à regret vous avez obéi, Dites-moi, s'il se peut, que vous m'avez trahi. Vous montrant insensible à tout ce que j'endure, Prêtez à ma raison le secours du murmure, Affectez des mépris dont l'outrageant aveu Affaiblissaient ma perte en console mon feu ; Et puisque le devoir a bien su vous apprendre À m'arracher ce coeur où j'eus droit de prétendre. Par tout ce que la haine a de plus obstiné, Arrachez-moi l'amour que vous m'avez donné. Mais que dis-je ? Les maux à qui ma vertu cède, Égalent-ils l'horreur d'un si cruel remède ? Puisque enfin votre coeur en daigne soupirer, Laissez-les moi, ces maux, je veux les adorer. Au repos le plus doux j'en préfère la peine, Si pour la voir finir il me faut votre haine ; Vos mépris combleraient les rigueurs de mon sort. Madame, pardonnez à ces confus transports, Je cède, et me dérobe à l'erreur qui m'abuse, Je veux, et ne veux pas, je demande et refuse, Je trouve un nouveau mal où je crois voir un bien. Mais hélas ! En est-il pour qui n'espère rien ?

FAUSTE

Je l'étouffe pour elle, étouffez-le pour moi.

Le vers 353 était attribué à Fauste, il semble qu'il appartient à Sévère.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Constantin, Maxime.

CONSTANTIN

Du titre de César je fais sa récompense ; Mais sais-tu que pour lui je fais moins qu'on ne pense, Et que l'éclat du rang où ma faveur le met De mon ingratitude est le honteux effet ? Jaloux de la vertu dont le charme l'inspire, Pour m'ôter un rival je partage l'Empire Et m'empresserais moins à le faire régner, Si je n'en acquérais le droit de l'éloigner. Il soupirait pour Fauste, et jamais l'espérance N'avait d'un plus beau feu soutenu la constance, Quand la guerre allumée armant pour moi son bras, Le plonge en des malheurs qu'il ne prévoyait pas. Tandis que sa valeur soutient mon Diadème, Mon hymen résolu lui vole ce qu'il aime ; Fauste cède, mais las ! Son chagrin fait trop voir Que son obéissance est due à son devoir. Quelque effort, quelques soins que mon adresse emploie, La Couronne est trop peu pour lui rendre sa joie. Par là juge à quel point s'alarme mon amour Quand je vois aujourd'hui Sévère de retour. Non que ce feu secret qu'il a peine à contraindre, Offre à ma jalousie aucun sujet de craindre. Quelque trouble en son coeur qu'il ait droit de jeter, Fauste a trop de vertu pour m'en inquiéter, Elle en triomphera, mais enfin je prends garde Que ce coeur est un bien que ce trouble hasarde, Et qu'à le voir souvent, quoi que puisse sa foi, Il est bien malaisé qu'il n'en soit moins à moi. Tu sais que je l'adore, et que son hyménée Tenait de tous mes voeux l'avidité bornée ; Mais je ne puis souffrir que dans des noeuds si doux, L'Amant n'ait point de part au bonheur de l'Époux. Sans cesse à mon repos ce dur chagrin s'oppose, La douceur de l'effet se corrompt par sa cause, Et mon coeur que confond ce juste désespoir, En faveur de l'amour est jaloux du devoir. Ne t'étonne donc plus du chois que j'ai su faire. En couronnant ma soeur il engage Sévère, Et par ce prompt hymen l'oblige d'étouffer Un amour dont lui seul a droit de triompher. Outre qu'avecque lui partageant ma puissance, Je l'éloigne des lieux où je crains sa présence, Et le faisant régner où je ne serai pas, J'empêche... Mais Constance adresse ici ses pas ; Sachons ses sentiments.

SCÈNE II. Constantin, Constance, Maxime, Lucie.

SCÈNE III. Constance, Lucie.

SCÈNE IV. Constance, Licine, Lucie.

SCÈNE V. Constance, Sévère, Lucie.

SÉVÈRE

Madame...

SCÈNE VI. Maximian, Sévère.

SÉVÈRE

Seigneur.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Fauste, Sévère.

FAUSTE

Achevez.

SCÈNE II. Maximian, Fauste, Sévère.

SCÈNE III. Maximian, Fauste, Licine.

SCÈNE IV. Constantin, Maximian, Fauste, Licine, Suite.

SCÈNE V. Constantin, Maximian, Fauste, Licine, Martian, Maxime, Suite.

CONSTANTIN

Quoi, sur Maximian ton insolente rage Résolvait lâchement d'achever son ouvrage !

Les vers 1047 à 1052 étaient la suite des 2 vers précédents attribués à Constantin. Cela ne semble pas vraisemblable, le locuteur ne peut-être que Maximian.

CONSTANTIN

Allez, Maxime.

SCÈNE VI. Constantin, Maximian, Fauste.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Maximian, Constance.

SCÈNE II. Maximian, Sévère.

SCÈNE III. Constantin, Maximian, Sévère, Suite.

MAXIMIAN

Ô Ciel !

CONSTANTIN, donnant le billet à Maximin

Voyez, Seigneur, s'il a part au dessein.

SCÈNE IV. Constantin, Maximian, Fauste, Sévère, Maxime, Suite.

SCÈNE V. Maximian, Fauste.

FAUSTE

Hélas !

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Constantin, Constance.

CONSTANCE

Et Martian ?

SCÈNE II. Constantin, Fauste, Constance.

SCÈNE III. Constantin, Maximian, Fauste, Constance.

SCÈNE IV. Constantin, Maximian, Fauste, Constance, Maxime.

SCÈNE V. Constantin, Maximian, Fauste, Constance, Sévère, Maxime, Suite.

CONSTANTIN

Ah, Sévère !

SÉVÈRE

Ah, Seigneur.

FAUSTE

Dieux !

SCÈNE VI. Constantin, Maximian, Fauste, Constance, Suite.

SCÈNE VII. Constantin, Maximian, Fauste, Constance, Licine, Suite.

FAUSTE suivant Maximian

Ah, Seigneur.

1 966 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0