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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Les Enfants de Paris

Dancourt· créée en 1699· 5 actes· 2 154 vers· 11 personnages

Représentée pour la première fois le 18 Décembre 1699 au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain.

Personnages

  • MONSIEUR HARPIN
  • MADAME ARGANTE, soeur de M. Harpin
  • CLITANDRE, fils de Monsieur Harpin, et Amant de Climène
  • ANGÉLIQUE, fille de Monsieur Harpin
  • VALÈRE, Amant d'Angélique
  • CLIMÈNE
  • FINETTE
  • MERLIN, valet de Clitandre
  • MADAME BRICHNNE, Intrigante
  • MONSIEUR VILAIN, Commissaire
  • UN LAQUAIS
Dédicace

À S. A ÉLECTORALE MONSEIGNEUR. LE DUC DE BAVIÈRE.

Grand Prince, à qui le Ciel a donné pour partage, Des plus hautes vertus le plus parfait usage ; Toi, qui sans rien devoir à tes nobles Aïeux, Te places par toi-même au rang des Demi-dieux. Lorsqu'à t'offrir ses voeux, ma Muse ose prétendre, Dans ce rang glorieux daigneras-tu l'entendre ? Incertaine, timide et faible, je la vois Qui ne peut qu'en tremblant s'élever jusqu'à toi, Si d'un de tes regards la faveur prévenante N'assure le succès du projet qu'elle tente ; C'est celui d'occuper les précieux moments Que peut laisser ta gloire aux divertissements, Et d'adoucir les soins de ton âme héroïque, Par les amusements de la Scène Comique. Ses innocents plaisirs, ont pour toi des appas ; Et l'on t'a vu cent fois au sortir des combats, T'empresser à les prendre, et tranquille, sourire Des traits ingénieux d'une heureuse satire. Tes Peuples, du spectacle ainsi que Toi charmés, Par ton exemple instruits, par ton goût animés, De tout ce qui te plaît sagement idolâtres, Ont élevé chez eux de superbes Théâtres. Tel on vit autrefois cet illustre Romain, Qui le premier porta le surnom d'Africain, De Térence naissant approuvant les Ouvrages, Pour lui, de Rome entière entraîner les suffrages. Plus fameux, plus héros que ne fut Scipion, Grand Prince, honore-moi de ta protection, Tu me feras par elle, un sort digne d'envie. Des Enfants de Paris reçois ma comédie : Aux lieux de leur naissance, ils ont eu le succès Qui peut leur assurer partout un libre accès : Mais ce succès heureux ne peut les satisfaire, S'ils n'obtenaient aussi le bonheur de te plaire. Dans ta brillante Cour ils osent se montrer, D'un favorable accueil daigne les honorer. Ma Muse alors ardente à la reconnaissance, Fière de t'avoir plu, pleine de confiance, De Toi plus inspirée encor que d'Apollon, Chantera tes hauts faits dans le sacré Vallon, D'où mes nobles chansons dans l'univers portées, Seront avec respect des peuples écoutées ; Je publierai comment par tes premiers exploits L'Ottoman fut d'abord asservi sous tes lois ; Comment par ta valeur l'Empire eut pour barrière Entre Byzance et lui, la Pannonie entière, Et comment vers l'Escaut, par la gloire entraîné, Tu soutenais un Sceptre à ton sang destiné. Je te peindrai partout, à l'exemple d'Alcide, Juste vengeur des lois, indomptable, intrépide, Dans les plus grands périls toujours maître de Toi, Et malgré le sort même esclave de ta foi. Enfin, tout occupé du seul soin de ta gloire, J'écrirai tes vertus au Temple de Mémoire. Heureux, si célébrant un nom tel que le tien, Des horreurs de l'oubli je puis sauver le mien !

D'ANCOURT.

ACTE I

SCÈNE I.

SCÈNE II. Madame Brichonne, Finette.

MADAME BRICHONNE

Il ne vous a pas dit…

MADAME BRICHONNE

Oui, moi-même.

MADAME BRICHONNE

C'est une veuve.

MADAME BRICHONNE

Point, c'est Climène.

MADAME BRICHONNE

Voyez.

Ecu : 1 écu = 3 francs. 1 écu = 3 livres tournois. 1 livre tournois = 20 sols. 1 sol (sou)= 4 liards ou 12 deniers. 1 liard = 3 deniers. 1 pistole = 10 francs ou 10 livres tournois. 1 blanc = 5 deniers. 1 petit sesterce romain = 18 deniers tournois. 1 grand sesterce romain = 1.000 petis sesterces, (25 écus environ). 1 louis d'or = 11 livres.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Finette, Valère.

VALÈRE

Je le crois.

VALÈRE

Quoi ?

VALÈRE

Finette ?

Petite-maître : Fig. et familièrement. Petit-maître, jeune homme qui a de la recherche dans sa parure, et un ton avantageux avec les femmes.

FINETTE

Sans courroux : il faut vous habiller, Non pas comme un faux petit-maître, Mais en notable marguiller, Échevin postulant, apprentif Conseiller ; Et surtout tâcher de paraître, Non, comme ils sont, mais comme ils devraient être.

Marguiller : Celui qui a l'administration des affaires temporelles d'une église, d'une parroisse, qui a soin de la fabrique de l'oeuvre. [F]

Échevin : Anciennement, magistrat municipal. Homme de loi nommé par le seigneur pour rendre la justice aux vassaux.Dans certaines provinces, nom des marguilliers. [L]

Conseiller : Titre qu'on donne à presque tous les Officiers du Royaume. Il n'y a pas jusqu'aux Notaires qui prennent maintenant la qualité de Conseillers Notaires et Gardenotes du Roy. [F]

Apprentif : Celui qui est novice dans les arts et les sciences. [F]

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Angélique, Finette.

ANGÉLIQUE

Tout de bon ?

SCÈNE VII. Finette, Merlin.

FINETTE

Contre Monsieur Harpin ? Touche, cela vaut fait ; Et pour te mieux marquer mon zèle Pour le parti, je vais t'apprendre une nouvelle. Mais, sais-tu garder un secret ?

Cela vaut fait : Tenir lieu de, avoir la signification de. Cela vaut fait, assurez-vous que cela ne manquera pas de se faire. [L]

FINETTE

Sans doute.

FINETTE

Fort bien.

FINETTE

On le voit.

FINETTE

Il l'est à la sourdine.

Sourdine : se dit de toutes choses qui se font en cachette, et sans bruit. [F]

MERLIN

Toi-même ; pourquoi non ? Tu me parais encore assez jeune pour être La maîtresse d'un vieux barbon.

Barbon : vieillard qui est revenu de tous les plaisirs de la jeunesse, qui les condamne et qui les empêche autant qu'il peut. [F]

FINETTE

Oui da.

MERLIN

Le vieux Hibou ? Mais cela ne se peut absolument. Climène Nous en eût fait quelque petit narré.

Narré : Discours par lequel on narre quelque chose. [L]

SCÈNE VIII. Monsieur Harpin, Finette, Merlin.

MONSIEUR HARPIN

Ah, ah, je suis bien aise De rencontrer ici ce maroufle fieffé.

Maroufle : Terme injurieux qu'on donne aux gens gros de corps, et grossiers d'esprit. [F]

Fieffé : Fig. et familièrement. Il se joint à une appellation injurieuse qu'il renforce, comme si cette appellation était un fief dont on décore la personne. [F]

MERLIN

Et moi, Monsieur, je me crois né coiffé, Que ma présence ainsi vous plaise.

Né coiffé : Né coiffé, né avec la coiffe sur la tête, circonstance fortuite à laquelle la superstition attribua de singulières vertus. Fig. Être très heureux. [L]

FINETTE

Tant pis.

MONSIEUR HARPIN

Qui le ruine !

MONSIEUR HARPIN

On n'a pas pu sur l'heure M'apprendre en quel quartier la coquine demeure, Ni son nom : mais je le saurai De ta bouche, pendard, ou je te rosserai.

Pendard : Par exagération, celui, celle qui est digne de pendaison, qui ne vaut rien du tout. [F]

Rosser : Terme populaire. Bâtonnerrudement quelqu'un, le traiter en rosse [méchant cheval] et se dit par extension de toutes sortes de mauvais triatements. [F]

SCÈNE IX. Monsieur Harpin, Finette.

MONSIEUR HARPIN

Tout de bon ?

MONSIEUR HARPIN

Toi ?

MONSIEUR HARPIN

Moi ?

FINETTE

Vous.

MONSIEUR HARPIN

Que faire ?

MONSIEUR HARPIN

Hé bien…

MONSIEUR HARPIN

Tout de bon ?

MONSIEUR HARPIN

Hé bien ?

ACTE II

SCÈNE I. Monsieur Harpin, Madame Brichonne.

MADAME BRICHONNE

Hélas ! Avec moi, qu'est-ce que l'on hasarde ? Un secret est là-dedans enterré : Moi, parler de rien ! Dieu m'en garde. Hé, fi donc, si j'étais tant soit peu babillarde, Un bon tiers de Paris serait déshonoré.

Fi : Particule qui sert à faire une exclamation pour témoigner le mépris, la haine, l'aversion qu'on a pour quelque personne ou quelque chose. [F]

MADAME BRICHONNE

Oui, c'est comme je l'entends, Laissez-moi faire, allez, j'y brûlerai mes livres. Puis cela vient de jeunes gens, Qui volontiers ne sont pas retirants.

Retirer : en termes de Palais, signifie, Retraire, rentrer dans la propriété et possession d'un héritage, d'un bien aliéné, en rendant à l'acheteur le prix qu'il en avait donné. [Ac. 1762]

MADAME BRICHONNE

Assurément.

MONSIEUR HARPIN

La friponne !

MONSIEUR HARPIN

Madame Dorothée.

SCÈNE II.

SCÈNE III. M. Harpin, Finette, Valère.

FINETTE

Monsieur ?

MONSIEUR HARPIN

Il me paraît que ce jeune homme-là Est d'aimable tournure et de bonne défaite : Ma fille, assurément s'en accommodera. Prenons garde…

Défaite : On dit d'une belle fille, qu'elle est de bonne défaite, qu'on lui trouvera bientôt un bon parti. Il est bas et burlesque au figuré. [F]

FINETTE

Hé non, Monsieur, c'est sa planète…

Planète : sens figuré. Probablement, pour "elle tourne autour".

SCÈNE IV. Monsieur Harpin, Valère, Finette, Un Laquais.

SCÈNE V. Valère, Finette.

VALÈRE

Finette.

FINETTE

Monsieur ?

FINETTE

Néant. Allons, tirez, tirez.

Tirer : Terme familier. Aller, s'acheminer. Tirer au large, s'enfuir. [L]

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Clitandre, Finette.

SCÈNE VIII. Clitandre, Merlin.

CLITANDRE

Hé bien, maître faquin, d'où venez-vous ? Un autre Vous donnerait cent coups. Suis-je votre valet, Pour vous chercher ?

Faquin : se dit aussi en quelque sorte figuré, pour un homme sans mérite, sans honneur, sans coeur, digne de toute sorte de mépris. [F]

CLITANDRE

Et combien ?

CLITANDRE

Comment ?

CLITANDRE

Quel secret ?

CLITANDRE

Hé, quelle ?

SCÈNE IX.

SCÈNE X. Madame Argante, Clitandre.

CLITANDRE

La voici.

SCÈNE XI. Madame Argante, Clitandre, Angélique.

ANGÉLIQUE

Moi ?

MADAME ARGANTE

Non pas, l'affaire est sérieuse, Et je sais bien ce que j'en dois penser. Je m'y connais, ce sont des penchants de famille, On ne saurait résister à cela ; Et moi-même, quand j'étais fille, De temps en temps, par-ci, par-là, J'avais aussi ces penchants-là. À présent, Dieu merci, j'en suis bien corrigée, L'expérience m'a changée. Et dans le fond, il n'est ni bon, ni beau, Dès qu'on voit un godelureau, Sans consulter le choix d'un père, De s'en amouracher.

Godelureau : Jeune fanfaron, glorieux, pimpant et coquet qui se pique de galanterie, de bonne fortune auprés des femmes, qui est toujours bien propre et bien mis sans avoir d'autres perfections. Les vieux maris ont sujet d'être jaloux de ces godelureaux qui viennent cajoler leurs femmes. [F]

ANGÉLIQUE

Ma tante ?

SCÈNE XII. Monsieur Harpin, Madame Argante, Angélique, Clitandre.

MADAME ARGANTE

Oui, mon enfant.

MONSIEUR HARPIN

Je n'en crois rien.

MADAME ARGANTE

Laissez-le dire. Voyons.

MADAME ARGANTE

Oui.

MADAME ARGANTE, bas

Chez moi, chez moi.

MONSIEUR HARPIN

Plaît-il ?

MADAME ARGANTE

Quels noms ?

ANGÉLIQUE

Moi ?

SCÈNE XIII. Clitandre, Angélique.

ANGÉLIQUE

Je ne sais.

ANGÉLIQUE

Sans doute.

ACTE III

SCÈNE I. Madame Brichonne, Finette.

MADAME BRICHONNE

Cent louis ?

MADAME BRICHONNE

Cent louis sont bons à gagner. Ce n'est pas avec vous que je veux barguigner : Touchez-là, charmante Finette : Vous le voulez, suffit, c'est une affaire faite, Et pour mieux berner le vieux fou, Je vais m'y mettre, jusqu'au cou. Çà, voyons.

Barguigner : se dit figurément en choses spirituelles des irrésolutions d'esprit, quand un homme a du mal à se résoudre, à donner quelque parole, à conclure une affaire, à se défaire de quelque engagement. [F]

MADAME BRICHONNE

Oui, ma fille.

MADAME BRICHONNE

S'il le croira !

SCÈNE II. Monsieur Harpin, Madame Brichonne, Madame Argante.

SCÈNE III. Monsieur Harpin, Madame Brichonne.

MONSIEUR HARPIN

Tout de bon ?

MADAME BRICHONNE

Assurément.

MONSIEUR HARPIN

Quand viendra-t-elle ?

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Madame Brichonne, Merlin.

MADAME BRICHONNE

Ah, ah !

MADAME BRICHONNE

Chez vous ?

MADAME BRICHONNE

Adieu, Monsieur Merlin.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Finette, Merlin.

FINETTE

Fort bien.

SCÈNE VIII. Madame Brichonne, Finette, Climène.

MADAME BRICHONNE

Doucement.

SCÈNE IX. Climène, Finette.

SCÈNE X. Monsieur Harpin, Madame Brichonne, Climène, Finette.

MONSIEUR HARPIN, à Madame Brichonne

Madame enfin… Finette est de sa connaissance ?

SCÈNE XI. Monsieur Harpin, Madame Brichonne, Climène.

CLIMÈNE, à Madame Brichonne

Madame ?

MONSIEUR HARPIN

Une perdue.

MADAME BRICHONNE

Tout doux.

MONSIEUR HARPIN

Il en est fou.

MADAME BRICHONNE

Hé, paix.

MADAME BRICHONNE

Hé, non, c'est vous.

CLIMÈNE

C'est moi ?

CLIMÈNE

Je tremble.

MADAME BRICHONNE

Hé, paix.

MONSIEUR HARPIN

Quelle bonté !

SCÈNE XII. Monsieur Harpin, Climène, Madame Brichonne, Clitandre, Merlin.

CLITANDRE

Mon père !

MERLIN

Ce l'est.

MONSIEUR HARPIN, à Madame Brichonne

Tais-toi.

CLITANDRE

Madame !

SCÈNE XIII. Monsieur Harpin, Clitandre, Climène, Finette, Angélique, Madame Brichonne, Merlin.

MONSIEUR HARPIN

Approchez.

MONSIEUR HARPIN

Oui.

FINETTE

À Angélique.

Fort bien.

À Monsieur Harpin.

Vous voyez qu'elle enrage.

MONSIEUR HARPIN

Nous verrons.

MONSIEUR HARPIN

Qu'est-ce ?

SCÈNE XIV. Monsieur Harpin, Clitandre, Angélique, Climène, Madame Brichonne, Finette, Merlin, Un Laquais.

ANGÉLIQUE

Ah, Ciel !

MONSIEUR HARPIN

Nous allons voir.

SCÈNE XV. Monsieur Harpin, Clitandre, Angélique, Climène, Valère, Madame Brichonne, Finette, Merlin.

ANGÉLIQUE, en riant

Comme le voilà fait !

FINETTE

Hé, paix.

ANGÉLIQUE, en riant

Rien, mon père.

MONSIEUR HARPIN

Oui, je prétends…

SCÈNE XVI. M. Harpin, Angélique, Clitandre, Climène, Me. Brichonne, Valère, Finette, Merlin, Un Laquais.

SCÈNE XVII. Clitandre, Angélique, Climène, Me. Brichonne, Finette, Merlin.

ACTE IV

SCÈNE I. Finette, Merlin.

FINETTE

Hem !

SCÈNE II. Angélique, Finette.

SCÈNE III. Monsieur Harpin, Madame Argante, Finette.

MONSIEUR HARPIN

Oui, j'ai grand tort !

FINETTE

Comment ?

MADAME ARGANTE

Il faudra voir.

MONSIEUR HARPIN

Allez la voir, ma soeur.

SCÈNE IV. Madame Argante, Finette.

MADAME ARGANTE

Il faut savoir.

MADAME ARGANTE

Oui, lui.

MADAME ARGANTE

Assurément.

MADAME ARGANTE

Non, jamais.

MADAME ARGANTE

J'en ai ouï parler.

FINETTE

Qui ?

MADAME ARGANTE

Un peu.

SCÈNE V. Monsieur Harpin, Angélique, Madame Argante, Finette.

ANGÉLIQUE

Oui, mon père.

MADAME ARGANTE

Il en mourra.

MADAME ARGANTE

Oui, vraiment.

MONSIEUR HARPIN

Ma chère fille !

SCÈNE VI. Monsieur Harpin, Madame Argante, Angélique, Finette, Merlin.

MERLIN

Ouais !

MERLIN

Diablezot, Je n'en crois rien, je ne suis pas si sot. Quoi ! Monsieur pourrait le permettre ?

Diablezot : sorte d'exclamation du langage familier, signifiant vous ne m'y prendrez pas, je ne suis pas assez sot pour cela. [L]

SCÈNE VII. Monsieur Harpin, Merlin, Finette.

MONSIEUR HARPIN

C'est un fripon.

MONSIEUR HARPIN

Son histoire ?

MONSIEUR HARPIN

Hé bien ?

MONSIEUR HARPIN

En es-tu sûr ?

MONSIEUR HARPIN

Non !

MONSIEUR HARPIN

Moi-même.

MONSIEUR HARPIN

Pour mon intérêt ?

MONSIEUR HARPIN

Sans doute.

MONSIEUR HARPIN

À Saint-Lazare.

Saint-Lazare : ou Lazaret. C'est un bâtiment public fait en forme d'hôpital, pour recevoir les pauvres, le pestiférés. [F] Quartier de Paris, hors les murs au XVIIème siècle.

SCÈNE VIII. Finette, Merlin.

ACTE V

SCÈNE I. Monsieur Harpin, Monsieur Vilain.

MONSIEUR HARPIN

Vous êtes, grâce à votre heureux destin, Un fort honnête Commissaire, Le parrain de ma fille, et partant mon compère, Et par-dessus tout cela mon cousin : Aussi, mon cher Monsieur Vilain, Je ne crois pas me tromper quand j'espère Que vous seconderez comme il faut mon dessein.

Compère : se dit en discours ordinaire, de ceux qui sont bons amis et famliers ensemble. La plupart des bourgeois se nomment compères et rien n'est plus ordinaire entre eux que ces termes d'alliance. [F]

SCÈNE II. Monsieur Harpin, Mosnieur Vilain, Madame Brichonne.

MONSIEUR VILAIN

Bonjour, Madame.

SCÈNE III. Monsieur Harpin, Madame Brichonne.

MONSIEUR HARPIN

Je le veux, te dis-je.

MONSIEUR HARPIN

J'en crève.

MONSIEUR HARPIN

À Climène ?

MADAME BRICHONNE

À qui donc ?

MONSIEUR HARPIN

Le pervers !

MONSIEUR HARPIN

Bon, fort bien.

MONSIEUR HARPIN

Le sot !

MONSIEUR HARPIN

Oui, va.

MADAME BRICHONNE

Oui, Monsieur.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Monsieur Harpin, Finette.

MONSIEUR HARPIN

Chez moi ?

MONSIEUR HARPIN

Quoi ?

SCÈNE VI. Madame Argante, Monsieur Harpin, Finette.

SCÈNE VII. Monsieur Harpin, Madame Argante, Monsieur Vilain.

MONSIEUR HARPIN

On vous en instruira.

MONSIEUR VILAIN

Que c'est un ébauché. À la tendresse paternelle Un esprit tout à fait rebelle, Que d'amitié cent fois vous avez recherché : Un insulteur du guet, un coureur de tavernes, Toujours à quelque gueuse en secret attaché, Batteur de Fiacre, et briseur de lanternes.

Gueuse : Celle qui est pauvre, qui est dans la nécessité.

Fiacre : C'est un nom qu'on a donné depuis peu [fin XVIIème] aux carrosses de louage, du nom d'un fameux loueur de carrosses qui s'appelait ainsi, ou plutôt comme l'atteste Mr. Ménage du nom de l'image de Saint Fiacre qui servait de d'enseigne à un certain logis de la rue Saint Antoine de Paris. Quoiqu'il en soit, quand on parle d'un carrosse malpropre, ou mal attelé, on l'appelle par mépris un fiacre. [F]

MONSIEUR HARPIN

Pas mal.

MONSIEUR HARPIN

Oui, ma soeur.

MADAME ARGANTE

Quoi ?

MONSIEUR VILAIN

Non, non.

MADAME ARGANTE

Oui, c'est bien dit.

MADAME ARGANTE

Lui, mon frère ?

SCÈNE VIII. Monsieur Harpin, Madame Argante, Monsieur Vilain, Finette.

SCÈNE IX. Monsieur Harpin, Madame Argante, Monsieur Vilain, Merlin, Finette.

MONSIEUR HARPIN

Non, parle.

MONSIEUR HARPIN

Il sait la chose.

MADAME ARGANTE

Est-ce vol, dis ?

MONSIEUR HARPIN

Au fait, au fait.

MONSIEUR HARPIN

À moi ?

MONSIEUR HARPIN

Je ne sais.

MONSIEUR HARPIN

Je suis trahi.

MONSIEUR VILAIN

Monsieur Harpin !

MONSIEUR HARPIN

Ciel !

SCÈNE X. Monsieur Harpin, Madame Argante, Merlin, Monsieur Vilain, Finette, Un Laquais.

MONSIEUR HARPIN

Le fripon !

SCÈNE XI. Monsieur Harpin, Madame Argante, Monsieur Vilain, Climène, Clitandre, Merlin, Finette.

FINETTE

D'accord.

MADAME ARGANTE

Ah, ah ! Mon frère.

MONSIEUR VILAIN

Mon cousin ?

MONSIEUR HARPIN

Ouf.

MADAME ARGANTE

Oui, mon frère.

SCÈNE XII. Monsieur Harpin, Madame Argante, Monsieur Vilain, Clitandre, Climène, Angélique, Valère, Finette, Merlin.

SCÈNE XIII. Madame Argante, Clitandre, Climène, Valère, Angélique, Monnsieur Vilain, Finette, Merlin.

2 154 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0