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un seul est le mot juste.

Tragédie en vers

Genseric

Antoinette du Ligier de la Garde Deshoulières· créée en 1680· 5 actes· 1 524 vers· 12 personnages

Représentée sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, au mois de janvier 1680.

Personnages

  • GENSERIC, roi des Vandales et d'Afrique
  • EUDOXE, veuve de Valentinien III, empereur d'Occident
  • LA JEUNE PRINCESSE EUDOXE, amante du prince Trasimond, fils aîné de Genseric
  • TRASIMOND, fils de Genseric, amant de la j eune Eudoxe
  • HUNERIC, second fils de Genseric, promis à Sophronie
  • SOPHRONIE, fille du comte Boniface, autrefois gouverneur d'Afrique, promise à Huneric, et amante de Trasimond
  • ISPAR, confident de Genseric, et dans les intérêts de Sophronie
  • JUSTINE, confidente de Sophronie
  • CAMILE, confidente de l'impératrice et de la jeune Eudoxe
  • AMILCAR, capitaine des gardes de Genseric
  • NARBAL, confident de Trasimond
  • UN GARDE

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Eudoxe, Camille.

SCÈNE II. Eudoxe, Ispar, Camile.

SCÈNE III. Eudoxe, Trasimond, Camile, Narbal.

SCÈNE IV. Trasimond, Narbal.

SCÈNE V. Trasimond, Sophronie, Justine, Narbal.

SOPHRONIE

Ô dieux !...

TRASIMOND

Madame...

SCÈNE VI. Sophronie, Justine.

ACTE II

SCÈNE PREMIERE. Sophronie, Justine.

SCÈNE II. Genseric, Sophronie, Huneric, Ispar, Justine.

SCÈNE III. Genseric, Huneric, Ispar.

GENSERIC

Je n'attendais pas tant d'une ardente jeunesse. J'aime à ne voir en vous qu'un prince ambitieux. Cependant Trasimond régnera dans ces lieux ; Et, quoiqu'à cet aîné mon âme vous préfère, Vous serez, malgré moi, sujet de votre frère, Si nous n'allons ravir un sceptre à nos voisins, Pour réparer en vous la faute des destins. Nous pouvons tout oser dans l'état où nous sommes ; Nous avons des vaisseaux, de l'argent et des hommes. Les princes nos voisins, par la guerre affaiblis, Dans un lâche repos semblent ensevelis : Mais il faut, pour aller envahir leurs provinces, Un prétexte qui serve à dépouiller leurs princes. Le peuple, qui toujours redoute les tyrans, Ne se laisse éblouir qu'à des droits apparents. Ils nous manquent, mon fils. Étrangers dans Carthage, L'hymen nous peut donner un si grand avantage. Celui qui doit unir Sophronie avec vous, Ne nous apportera rien qui ne soit à nous : Le temps en a rendu l'alliance inutile. L'Empereur d'Orient n'a ni nièce ni fille ; Et je ne vois qu'Eudoxe : en vous donnant la main, Elle peut vous conduire à l'Empire Romain. Vous aurez à venger et la mort de son père, Et l'hymen de Maxime où l'on força sa mère. Tous ces crimes déjà semblent être punis ; Rome s'est vue en proie à des maux infinis : Elle a vu par nos mains ses maisons désolées, Ses temples embrasés, leurs richesses pillées. Mais on peut redoubler la peine des forfaits, Autant qu'elle est utile aux desseins qu'on a faits. Et des séditieux quelque malheureux reste Peut encore une fois lui devenir funeste.

SCÈNE IV. Genseric, Ispar.

SCÈNE V. Genseric, L'Impératrice, Ispar, Camile.

SCÈNE VI. L'Impératrice, Eudoxe, Camile.

SCÈNE VII. L'impératrice, Camille.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Trasimond, Narbal.

SCÈNE II. Trasimond, Eudoxe, Narbal.

EUDOXE, à Trasimond qui est quelque temps à la regarder sans lui rien dire

Vous ne me dites rien, Seigneur : ah ! Tout conspire...

SCÈNE III. Genseric, Eudoxe, Trasimond, Ispar, Narbal.

GENSERIC

Je le crois.

GENSERIC

Vous.

SCÈNE IV. Trasimond, Narbal.

SCÈNE V. Trasimond, Sophronie, Narbal, Justine.

TRASIMOND

Moi, Madame ?

SCÈNE VI. Trasimond, Narbal.

ACTE IV

SCÈNE PREMIERE. Huneric, Ispar.

SCÈNE II. Trasimon, Huneric, Ispar.

SCÈNE III. Eudoxe, Trasimond, Camile.

SCÈNE IV. L'Impératrice, Eudoxe, Trasimond, Camile.

SCÈNE V. L'Impératrice, Eudoxe, Camile.

SCÈNE VI. L'Impératrice, Eudoxe, Sophronie, Camile.

L'IMPÉRATRICE

Voici le roi, Madame.

SCÈNE VII. Genseric, L'Impératrice, Eudoxe, Sophronie, Camile, Amilcar, Capitaine des gardes.

SCÈNE VIII. L'Impératrice, Genseric, Eudoxe, Ispar, Camile, Un Garde.

SCÈNE IX. L'Impératrice, Genseric, Eudoxe, Ispar, Camile, Amilcar.

SCÈNE X. L'Impératrice, Eudoxe, Camile.

SCÈNE XI. Eudoxe, Camile.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Sophrinie, Justine.

SCÈNE II. Sophronie, Ispar, Justine.

SCÈNE III. Genseric, Sophronie, Ispar, Justine.

SCÈNE IV. Genseric, Ispar, Amilcar.

GENSERIC

Hé bien ?

SCÈNE V. Genseric, Trasimond, Ispar, Amilcar.

SCÈNE VI. Genseric, Amilcar.

SCÈNE VII. Genseric, Huneric, Amilcar, Ispar.

HUNERIC

Seigneur...

SCÈNE VIII. Genseric, L'Impératrie, Huneric, Ispar, Amilcar.

HUNERIC, sort

Allons le secourir.

SCÈNE IX. Genseric, Ispar.

SCÈNE X. Genseric, Justine, Ispar.

JUSTINE

Je vais vous découvrir de tristes vérités : Aussi bien, pour sa gloire il n'est plus temps de feindre. À tout ce qu'elle a fait l'amour l'a su contraindre ; Trasimond dans son coeur répandit ce poison, Et chez elle l'amour devança la raison : Elle ne put souffrir qu'une étoile cruelle Eût forcé Trasimond d'aimer une autre qu'elle : Elle vous découvrit son amour, ses desseins ; Et, voyant quel danger il courait en vos mains, Par un de ces retours aux amants ordinaire, Elle anima le peuple à ce qu'il vient de faire. Elle crut que son coeur se rendrait aux bienfaits ; Et ce prince a paru plus ingrat que jamais. Je n'ai donc travaillé que pour une rivale, Me dit-elle, et la paix à moi seule est fatale ? Quoi donc ! Par mon crédit, par mon empressement, Justine, dans ses bras j'aurai mis mon amant ? Non : troublons les plaisirs que l'amour lui prépare, Sur elle que ce fer me venge d'un barbare. À ces mots, chez Eudoxe elle porte ses pas, À dessein de punir ses criminels appas. Dans ce fatal moment, aux pieds de la princesse, Le prince Trasimond exprimait sa tendresse : Le sort de sa rivale irrite sa douleur, Elle lève le bras pour lui percer le coeur : Eudoxe se dérobe au coup qui la menace. Le prince avance et veut réprimer cette audace : Le bras qu'elle a levé tombe, perce son sein, Et trompe, en le perçant, un furieux dessein. Des mains de Sophronie on voit tomber les armes ; Sa bouche est sans soupirs, et ses yeux sont sans larmes. L'excès de sa douleur la rend sans mouvement : Mais, voyant expirer son malheureux amant, Elle pousse des cris, et sa main criminelle Ramasse le poignard et le tourne contre elle : Elle tombe, Seigneur, auprès de Trasimond ; Son sang avec le sien s'écoule et se confond. Elle paraît sensible à ce plaisir funeste, Et voulant lui donner le moment qui lui reste r Approche, me dit-elle, en se faisant effort, Console-toi, Justine, et ne plains point mon sort ; Je touche sans regret à mon heure fatale, Du moins dans le tombeau je serai sans rivale. Puisque Trasimond meurt, j'y descends sans effroi ; Eudoxe est mille fois plus à plaindre que moi. À ces mots elle expire, en vain mes soins fidèles...

1 524 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica